Ava GARDNER (1922 / 1990)

… l'éternelle incomprise

Ava Gardner

La légende qui entoura Ava Gardner tout au long de sa vie est telle qu'à la liste de tous ses rôles au cinéma, on pourrait en ajouter un de plus : celui que la presse et l'opinion publique lui firent tenir. Un rôle aux antipodes de la vérité et à l'opposé de la vraie nature de la principale intéressée.

Aujourd'hui, Ava disparue, naissent régulièrement des biographies aussi erronées après sa mort que les informations l'étaient de son vivant.

La plupart du temps, elle naît à Brogden, avec un nombre de frères et soeurs variant entre cinq et sept. Ses parents, fermiers ruinés sont jetés sur les routes avec des millions de chômeurs comme les personnages des «Raisins de la colère» de John Steinbeck. Son père mourra seul, quelque part au bord d'une route et sa mère trouvera un emploi dans un hôtel pour que sa fille échappe à la convoitise des hommes dans son camp de réfugiés.

Comme c'est triste ! Et si bien écrit ! Mais voyons ce qu'il en est véritablement…

Christian Grenier

Ava en famille…

Ava GardnerAva Gardner jeune fille

Ava Gardner naît à Grabtown, Caroline du Nord, le 25 Décembre 1922. Enfant “surprise”, née bien après ses deux frères et ses quatre soeurs. Béatrice, l'aînée, est déjà mariée, tandis que Raymond, le premier est décédé de manière tragique.

S'ils ne sont pas riches, les Gardner ne connaissent pas la misère. Jonas, le père métayer, loue ses terres auprès d'un propriétaire terrien. Dans cet univers, les enfants sont heureux, d'autant plus que l'excellente cuisine de Mary Elizabeth est réputée dans toute la région.

Petite fille, la future déesse de l'écran se comporte comme un véritable garçon manqué. Véritable “cambrousarde”, elle grandit en liberté, faisant les 400 coups avec les gamins des fermes avoisinantes. Elle, qui se promène souvent les pieds nus, n'a qu'un souci majeur : devoir mettre des chaussures pour aller à l'école !

Pour autant, on est bien élevée quand on est une Gardner; on tient les garçons à distance, on arrive vierge au mariage et on ne trompe pas son mari. Un soir, adolescente, Ava se laisse embrasser sur le perron de la maison par un garçon qui la ramène du cinéma. Maman Gardner, sortie comme une furie, met le séducteur en fuite. Ne serait-ce son âge, aujourd'hui, il courrait encore !

Hélas, le frère survivant d'Ava met accidentellement le feu à la métairie. Matériel, récolte et bâtiment perdus, il faut songer à partir. Jonas entreprend alors de tenir un magasin régional, une sorte de bazar de première nécessité pour les fermiers, tandis que Mary Elizabeth s'occupe d'une petite pension de famille pour les dockers.

Les choses se compliquent encore lorsque Jonas, tombé malade, s'avère incapable de travailler. Mary Elizabeth se retrouve seule à mener la barque de la famille Gardner. Seule avec le cancer qui la ronge, mais qu'elle tait à son entourage. Elle a renoncé à son seul petit plaisir depuis longtemps : le cinéma du dimanche. Elle adorait le cow-boy chantant Gene Autry, tandis que sa benjamine de fille, qui l'accompagnait souvent, lui préférait Clark Gable.

Altruiste, la jeune enfant envisage d'arrêter ses études pour aider sa maman, mais Mary Elizabeth se montre intransigeante : les études sont la seule chance pour Ava de ne pas finir comme elle. Et de l'envoyer chez sa sœur Béatrice, à New-York, un père agonisant n'étant pas un spectacle indispensable à la bonne éducation des jeunes filles…

Ava chez Mickey…

En secondes noces, Béatrice a épousé un photographe. Le couple s'est installé à New York. Le mari prend des photos de sa jeune belle soeur. Il expose le plus joli des clichés dans la vitrine de son échoppe. Un homme, entré dans la boutique, se présente comme un talent scout de la Metro Goldwyn Mayer et demande les coordonnées du modèle. L'avisé beau frère réunit les meilleures photographies d'Ava pour les présenter lui-même au bureau New-Yorkais de la Métro.

Contre toute attente, la compagnie convoque l'intéressée pour un essai dans ses studios New-yorkais. Ava rejoint donc sa soeur dans la grande ville. Le photographe du studio accueille la jeune prétendante terrorisée d'un sourire réconfortant : "Comment vous appelez-vous ? - Gnava Gadné ! - Bon, on va faire un essai muet !". On fait… Et la belle de détaler à toute vitesse sur ses talons neufs, se jurant bien qu'on ne l'y reprendra plus !

Ava GardnerAva Gardner & Mickey Rooney

Pourtant, la compagnie ne l'a pas oubliée, et lui adresse une convocation à Hollywood. Les deux soeurs prennent un appartement qu'elles vont conserver plus longtemps qu'elles ne le pensaient. Car Ava ne peut pas savoir que son destin bascule lorsqu'elle entre dans les bâtiments de la M.G.M. En effet, comme c'est la tradition, on lui fait visiter tous les départements du studio et les plateaux des films en cours de tournage. Soudain, elle voit s'avancer vers elle un être humain bizarrement petit, enroulé dans des châles andalous avec, sur la tête, ce qui semblait être une corbeille à papiers remplie de fleurs et de fruits artificiels. La chose s'avance et, lui tendant la main : "Bonjour, je suis Mickey Rooney déguisé en Carmen Miranda !".

Visonnant l'essai de la nouvelle recrue, Louis B.Mayer déclare : "Elle ne sait strictement rien faire mais elle est formidable. Je la garde ! ". De son côté, Rooney Mickey l'invite à dîner. A cette époque, il était une star à la popularité incroyable, idole de l'Amérique profonde et interprète d'une série de films à bon marché qui rapportaient des fortunes colossales, la fameuse série des «Andy Hardy…».

Mais, maman Gardner ayant été claire, Ava se montre obéissante : "Jamais avant le mariage !". Mariage il y eut donc. Le 10 janvier 1942, à Brooklyn, Ava Gardner épouse Joe Yule junior, plus connu sous le nom de Mickey Rooney. Le tout-Hollywood se montre stupéfait et, il faut bien le dire, quelque peu outré : une starlette nigaude épouse l'idole de l'Amérique, c'est un peu rapide comme ascension !

Ava devait se déclarer ravie de sa nuit de noces: Mickey aimait les femmes et savait le leur montrer. Ensemble, ils allèrent rendre visite à Mary Elizabeth et à toute sa famille. L'acteur traita sa belle-mère comme une reine, ses belles-sœurs comme des déesses. Il chanta, dansa, fit des imitations et tout le monde rit comme jamais… Sauf maman, qui pleurait de joie : Ava avait épousé un prince !

Pendant ce temps, Ava Gardner fait ses premières apparitions devant les caméras. Très longtemps, elle ne sera pas créditée aux génériques, pas même à celui du film dont Mickey est la vedette, «Babes on Broadway» (1941). Il n'est d'ailleurs pas certain que sa filmographie, pour cette première période, soit définitivement établie.

Ava et Artie…

Ava GardnerAva Gardner & Artie Shaw

La vie reprend son cours. Mickey retrouve ses occupations de star et le costume d'Andy Hardy. De son côté, Ava assume pleinement son emploi de starlette… qui ne sait rien faire ! De temps à autre, un photographe lui balance un maillot pour une série de clichés “sur la plage de Malibu”, en fait un tas de sable dans la cour du studio où toutes les starlettes se sont vautrées des années durant !

Parfois, on l'habille rapidement pour l'envoyer sur un plateau. Un technicien, affecté à cette honorable tâche, lui tend un gobelet contenant n'importe quoi de fortement alcoolisé pour que les choses s'enchaînent avec simplicité. Entre 1942 et 1943, elle participe ainsi à une quinzaine de tournages pour la MGM, sans jamais voir son nom défiler au générique. On est crédité uniquement quand on parle. Mais si Ava se montre assidue aux cours de diction, elle est encore loin de maîtriser le langage châtié d'Harvard !

Souvent, elle sollicite Mickey pour qu'il lui donne quelques conseils. Mais son époux, qui la trouvait très bien comme ça, préfère l'initier au… ping-pong ! Son métier, c'était d'être belle, et elle était la plus belle de toutes. Alors…

Alors, si être la femme de Mickey lui suffisait, ça ne suffisait pas à Mickey, repris par sa soif de conquêtes. La jeune épousée demande le divorce, tout en refusant d'entendre parler de pension alimentaire, trouvant insensé que l'on soit payée pour n'être plus aimée ! Le 21 mai 1943, 16 mois après son union, le couple n'en était plus un.

Alors Howard passa…

Un des hommes les plus puissants du monde, le milliardaire Howard Hugues, s'intéressa à Ava Gardner dès son arrivée à Hollywood, mais Rooney l'avait pris de vitesse. Ava divorcée, Howard Hughes et Ava Gardner croit son heure arrivée… A tort. L'homme d'affaires use sans succès de tous les moyens à sa disposition, la couvrant d'or, de dollars ou de tout le stock de chez Cartier. Mais Ava se montre intraitable, même si elle trouve confortable d'avoir toujours à sa disposition un avion privé n'importe où dans le monde.

… et Artie resta !

Libre, bien payée, décidée à vivre pour elle, l'oisive demoiselle regagne New York où elle mène la “belle vie” aux sons des grands orchestres, résignée à ne jamais être une actrice et à demeurer célibataire. A hanter ainsi les night clubs, elle finit par taper dans l'œil du clarinettiste et chef d'orchestre Artie Shaw, grand amateur de beautés flamboyantes. Ces deux là sont faits l'un pour l'autre. En octobre 1945, ils se marient.

Artie est fasciné par la beauté d'Ava, mais se désole de ses ignorances. Il entreprend alors de cultiver l'esprit laissé en friche de sa très belle épouse. Certaine de faire plaisir à son intellectuel de mari, Ava entre un jour dans une librairie et s’offre le roman de Katleen Windsor, «Ambre». Contre toute attente, ce brave Artie entre dans une colère noire : comment pouvait-elle envisager de lire une telle stupidité, écrite par une femme inculte, probablement aussi hystérique que frigide  !? Quelques mois plus tard, estimant sans doute que sa porcelaine chinoise a la tête trop dure, il l'abandonne pour épouser… l'écrivaine hystérico-frigide Kathleen Windsor ! (réflexion du web-maître : "Quel con !").

A 23 ans, Ava, qui pensait se marier un jour pour la vie, se retrouve une deuxième fois divorcée !

Ava et Frankie…

Ava GardnerAva Gardner & Frank Sinatra

La Metro, ne sachant jamais que faire de son éternel espoir, n'hésitait jamais à la prêter à gauche ou a droite, moyennant un fort substantiel “loyer”. Ava s'en va donc ailleurs tourner un film de gangsters avec un jeune débutant, Burt Lancaster. Bien dirigée dans «The Killers/Les tueurs» de Robert Siodmak (1946), elle fait une entrée aussi soudaine qu'inattendue dans la catégorie autant “sélect” que fermée des vamps de films noirs. Peu consciente encore que sa prestation va faire d'elle une icône incontournable du cinéma américain et de sa vie de femme un enfer sans comparaisons, la belle reprend sa tournée des boîtes de nuit dès la fin du tournage…

Pendant ce temps, «Les tueurs», triomphe sur les écrans, propulsant la nouvelle vedette au firmament des étoiles qui ne se montreront pas filantes. Alors qu'elle a renoncé depuis longtemps à l'idée de sa réussite, les producteurs la réclament à corps et à cris. Une kyrielle de films, souvent sans autre intérêt que l'étalage de sa grande beauté, s'enchaînent à vive allure, lui permettant de donner la réplique à quelques icones mâles du cinéma Américain, comme Fred MacMurray («Singapore» en 1947), Gregory Peck («The Great sinner/Passion fatale» en 1949) ou… Clark Gable («The Hucksters» en 1947), son idole d'adolescence ! La planète cinéma semble désormais considérer qu'Ava Gardner est capable de mettre le feu à un presbytère rien qu'en s'asseyant sur une chaise !

Devenue une vedette “torride”, on ne lui permet pas pour autant de donner son avis sur la façon de tenir ses rôles. C'est Clark Gable qui, le premier, vient à son secours, l'aidant dans son jeu, la conseillant et faisant des heures supplémentaires bénévoles (réflexion du web-maître: "Tu parles !") pour l'aider dans son travail. L'actrice lui en sera éternellement reconnaissante et ils resteront amis pour la vie. Mais pour la jeune fille timide qu'elle ne cessera jamais d'être, porter seule la responsabilité du succès ou de l'échec d'un film alors qu'elle ne sait même pas ce qu'elle doit y faire est une épreuve de force psychologique et morale insurmontable. La consommation d'alcool s'intensifie, seule chose qui lui permette “d'y aller” sans s'évanouir et de prendre un tant soit peu les choses à la légère.

Côté coeur…

L'étoile Ava Gardner, qui émet enfin ses première lueurs, vient de rencontrer la planète de sa vie, le crooner Frank Sinatra, lequel voit en cette même période son heure de gloire inexorablement péricliter. Dès l'officialisation de cette rencontre, les boucliers se lèvent tout aussi haut que les langues se délient. Si Frank lui promet le mariage, fermement décidé à divorcer de son épouse Nancy, Lana Turner met sa remplaçante en garde, le chanteur lui ayant fait exactement la même déclaration avant de rompre sans préavis.

Cependant, contre toute attente, Frankie honore sa promesse le 7 novembre 1951. Année faste pour l'actrice qui enchaîne parallèlement quelques films mémorables : «Pandora and the Flying Deutchman», «Show Boat» et «Lone Star/L'étoile du destin», avec l'ami Clark Gable.

Ava Gardner et Maria Vargas…

Ava Gardner'The Barefoot Contessa' (1954)

L'amour torride qu'éprouvent le crooner et l'actrice va devenir le sujet préféré des échotiers des années 50 et l'une des grandes histoires d'amour emblématiques du XXeme siècle.

Frank Sinatra se montre d'une jalousie maladive envers Artie Shaw, qui fait partie du passé d'Ava, et surtout envers Howard Hugues, qui fait partie de son présent et ne la lâche pas d'une semelle. Et comme il se trouve au bord de la ruine, il lui est difficile de supporter la cour empressée que fait à son épouse l'homme le plus riche du monde.

Au terme d'un tourbillon de passion et de querelles aussi violentes qu'imprévisibles, de réconciliations inattendues et de bagarres homériques, le couple divorce en 1957, on pourrait dire d'épuisement, après une séparation de trois ans entrecoupée de cyclones mémorables.

Entre-temps, poursuivi sans cesse par la presse du monde entier, le couple aura fait du chemin. Frank aura tourné «Tant qu'il y aura des hommes», reçu un Oscar et repris sa place au panthéon des stars, tandis qu'Ava aura fait connaissance avec l'Europe, et plus particulièrement l'Espagne.

Lors du tournage de «Pandora», son premier film en couleurs, elle a découvert les côtes espagnoles et reste, depuis, fascinée par ce pays. Les mœurs rudes et fières des Espagnols, l'alcool et le flamenco : tout lui plaît. En ce début des années 50, rares sont les touristes qui s'aventurent en terre franquiste. Pourtant, sur cette terre ibérique, Ava se sent chez elle. Son salaire d'actrice, minable à Hollywood, fait ici d'elle ici personne richissime qui peut vivre sans compter. Ainisi, elle prend l'habitude de se réfugier régulièrement dans ce pays, avant de s'y installer complètement en 1955.

Depuis qu'elle a pris la fuite, 3 000 photos par semaine sont exigées par des fans en délire, tandis qu'Hollywood la réclame. L'actrice se soumet, non par conviction mais pour se débarrasser enfin de ce contrat qui la lie à la MGM comme un pacte avec le diable.

Ava est au pinacle. Chacun de ses films est un succès. Elle gagne encore en prestige avec «Mogambo» (John Ford, 1953) où elle retrouve Clark Gable au fin fond de l'Afrique, tout en se liant d'amitié avec Grace KellyGrace Kelly. Les deux complices reprennent à cette occasion les rôles respectifs de Jean Harlow et Mary Astor dans la version 1932, Clark se succédant à lui-même («Red Dust», de Victor Fleming). Sa prestation haute en couleurs vaut à la première de ces dames son unique nomination aux Oscars.

Elle n'a pas pour autant consommé tout son pain blanc. «The Barefoot Contessa/La comtesse aux pieds nus» va faire d'elle une légende éternelle du cinéma. Le film semble calqué sur la vie de Rita Hayworth, qui refusa d'ailleurs le rôle avec fracas. Si Joan Collins et Elizabeth Taylor, moins fines bouches, sont prêtes à s'entretuer pour devenir Maria Vargas, Linda Darnell, Jennifer Jones et Yvonne de Carlo ont elles aussi sorti leurs griffes. Mais Joseph Mankiewicz, le réalisateur, ne veut qu'Ava pour le rôle. La MGM la prête à contre coeur pour une somme invraisemblable ! Face à Humphrey Bogart, Ava se révèle grandiose, parfaite, magique, inoubliable.

Ava Gardner, l'actrice au coeur nu…

Ava GardnerAva Gardner au crépuscule

Eloignée de Frank, Ava entretient une liaison ultra médiatisée avec le célèbre toréador Luis Miguel Dominguin, enlevé à Yvonne de Carlo et qu'elle va à son tour se faire souffler par Lucia Bose. Divorcée, libre, hispanisée, elle devient à la fois un symbole des années 50 et une éternelle pourchassée par la presse capable d'inventer n'importe quoi à son sujet. Elle rejoint le cercle très fermé des “errantes” de grand luxe photographiées régulièrement sur le bitume des aéroports.

On lui prête tout un tas d'histoires et de débauches aussi invraisemblables les unes que les autres. On la soupconne de harceler Frank Sinatra alors qu'ils sont les meilleurs amis du monde !

Sur un plan professionnel, elle tourne encore quelques grands films de prestige où elle se montre à chaque fois meilleure et de plus en plus belle.

Après «The Naked Maja/La maja Nue» (Henry Koster, 1959), la voici enfin libérée des chaînes de la MGM. Plus rien ne l'oblige à quitter sa chère Espagne. Les aventures Sinatra et Dominguin enterrées, elle profite d'un semblant de paix, même si elle fait la “une” de tous les magazines dès qu'elle sort de chez elle !

Désormais livrée à elle-même, elle ne s'autorise que quelques apparitions dans des super-productions suffisamment rémunératrices, comme «Fifty Days at Peking/Les 55 jours de Pékin» (1963) ou «Seven Days in May/Sept jours en mai» (1963).

Elle fait pourtant un retour fracassant, inouï, dans «Night of the Iguana/La nuit de l'iguane» de John Huston (1964), histoire de faire voir au monde qui est Ava Gardner : la meilleure et la plus belle de toutes !

La meilleure, la plus belle, mais aussi la dernière. En 1964, les fracassantes beautés de l'âge d'or du cinéma américain sont déjà révolues. Seule Ava Gardner brille haut et clair au firmament des stars hollywoodiennes. La presse ne l'abandonne pas, relayant encore ses liaisons avec Walter Chiari ou George C.Scott.

En 1968, subitement lassée, Ava quitte l'Espagne pour s'installer en Angleterre, oubliant à jamais l'alcool et les airs de guitare sèche pour se cacher dans les brouillards londoniens et s'occuper de son petit chien, Morgan.

Elle brillera pourtant longtemps encore, invitée de prestige dans de coûteuses productions comme «Earthquake/Tremblement de Terre» (1974) ou «The Cassandra crossing/Le pont de Cassandra» (1976), faisant également les beaux jours de la télévision («The Long Hot Summer», «Knots Landing»,…) jusqu'en 1986, année où son destin va la rattraper.

Cette année là, en effet, elle est foudroyée par une attaque quelques jours après le dernier tournage du téléfilm «Harem». Elle ne s'en remet que partiellement, perdant à jamais l'usage de son bras gauche.

Quatre années plus tard, une pneumonie a définitivement raison d'elle. Le 11 janvier 1990, Ava Gardner meurt à Londres, laissant son autobiographie inachevée. Sa dépouille mortelle est rapatriée vers sa terre natale où elle repose auprès des siens, non loin du musée qui lui est consacré.

Ava Gardner n'avait pas d'enfant. Elle n'a jamais accepté de pension alimentaire de ses ex-époux, venant parfois en aide à Mickey Rooney lorsqu'il traversa des passes difficiles. La légende raconte que sa dernière sortie publique aurait été un concert de Frank Sinatra. L'histoire est si jolie qu'elle mérite d'être véridique.

Documents

Sources : Céline Collassin, documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Citation : "Je ne suis pas une bonne comédienne… Je n'aime pas et n'ai jamais aimé le monde du cinéma." (Ava Gardner)

Texte original de Céline Collassin, adapté par Christian Grenier (septembre 2008)
Ed.7.2.2 : 4-2-2016