Françoise ARNOUL (1931)

… un "animal doué de bonheur"…

…un "animal doué de bonheur"… Françoise Arnoul

Ah ! Françoise Arnoul ! Toute une époque ! Pas si lointaine que cela d'ailleurs, et tous les jeunes gens nourris au lait du cinéma du samedi soir, comme ceux de la génération suivante, la première à téter d'une télévision encore en noir et blanc, s'en souviennent encore ! Même Bernard Pivot devait avouer s'être laissé aller à des pensées impures…

Depuis peu rangée des caméras pelliculaires, Françoise offrit sur le tard aux cinéphiles, jadis boutonneux, le cadeau d'une autobiographie riche en témoignages précieux sur les nombreuses personnalités de l'art et du spectacle dont elle eut le bonheur de croiser la route.

Se prendre comme sujet pour mieux parler des autres, telle est la gageure brillamment soutenue par la plus fantasmatique des «Compagnes de la nuit». Je n'ai qu'un mot: «Merci pour le geste».

Christian Grenier

Les oranges amères…

Françoise ArnoulFrançoise Arnoul (1936)

Née le 3 juin 1931, Françoise Gautsch, d'origines alsaciennes, voit pourtant le jour à Constantine, au hasard d'une affectation paternelle.

Son père, Charles GautschCharles Gautsch, est en effet militaire de carrière. Sorti de Polytechnique, il s'accordait suffisamment de talent dramatique pour oser soumettre quelques unes de ses créations aux lecteurs de la Maison de Molière. Au cours de l'une des ces représentations, il fit la connaissance d'une charmante actrice, Janine HenryJanine Henry. Née Gradwhol, dans une famille juive, celle-ci semblait à l'aube d'une carrière prometteuse lorsqu'elle épousa notre futur général.

Papa ayant sollicité les colonies, c'est donc sur la terre algérienne que la petite Françoise apparaît en ce bas monde, entre un frère aîné, Jean-Claude, et leur benjamin à venir, Jean-Pierre. Après un retour dans la capitale française, la famille s'installe à Rabat (Maroc), vers le milieu des années trente.

Comme tous les petites Françaises, la fillette fait son entrée à l'école au tournant de sa sixième année. Révélant un certain talent pour la récitation, elle obtient l'honneur d'être retenue pour présenter le spectacle de fin d'année et la griserie de recevoir ses premiers applaudissements personnels.

La seconde guerre mondiale…

Les militaires n'ayant pas le loisir d'interpréter les ordres gouvernementaux, Mme Gautsch, dont il ne faut pas négliger les origines en ces temps peu glorieux, est tenue de se faire “recenser”.

De son côté, préférant la danse au piano, l'insouciante Françoise enfile bientôt un magnifique tutu taillé dans une moustiquaire pour accompagner sa maman dans un spectacle donné au profit de la Croix Rouge Française. Tandis que Janine triomphe dans une adaptation du «Knock» de Jules Romains (elle y incarne Mme Pons, “la dame en violet”), notre jeune rat se fend, au milieu de cinq autres “rongeurs”, d'un petit numéro en solo, dont elle tire toute la fierté que l'on peut imaginer chez une enfant de cet âge. Au cours de cette tournée, l'artiste en herbe ne mesure pas le privilège qui lui est donné de rencontrer un «Homme du Niger» en la personne du grand Harry BaurHarry Baur.

Le 8 novembre 1942, les Américains débarquent en Afrique du Nord, faisant sauter “l'épée de Damoclès” familiale…

Devenu moins utile, peut-être trop bavard, le militaire est prié de faire valoir ses droits à la retraite. La manne paternelle devenue insuffisante, la famille s'installe à Casablanca où M. Gautsch prend le commandement d'une flotille de pêche industrielle. Encore éloignée des réalités quotidiennes, notre adolescente rêveuse connaît ses premières amours cinématographiques : Pierre Richard-WillmPierre Richard-Willm, André Le GallAndré Le Gall, Errol FlynnErrol Flynn

Nous irons à Paris…

Françoise Arnoul«Rendez-vous de juillet» (1949)

"Paris martyrisé… Mais Paris libéré !" (1944). Si papa est retenu sur la terre africaine par ses affaires, le reste de la famille, après un bref passage par Bagnères-de-Bigorre, s'installe dans un petit appartement parisien (1945). La jeune fille, inscrite au Lycée Molière, se montre totalement imperméable aux mystères des mathématiques. En revanche, véritable championne de la composition française, elle goûte aux plaisirs du théâtre et de l'écriture. De cette passion partagée avec quelques copines (Yvonne Roussel, soeur de Michèle Morgan, Danièle Heymann (fille de Claude), naîtront quelques spectacles plus ou moins originaux dont la portée ne dépassera pas le cercle de parents et d'amis.

Ces demoiselles sortent souvent : théâtre, cinéma… Un jour, Yvonne offre à Françoise l'occasion d'une rencontre avec sa célèbre soeur, venue honorer une présentation de «La symphonie pastorale». Un autre, la voici abordée dans la rue par un inconnu, Marc AllégretMarc Allégret, qui se prétend réalisateur et lui promet de la recontacter. Effectivement, elle est reçue par son assistant, Roger VadimRoger Vadim, qui lui parle d'un film pour lequel une autre débutante est déjà retenue, Brigitte BardotBrigitte Bardot. Mais l'affaire tourne court…

Nous y sommes !

Ayant abandonné ses études à l'issue de sa “seconde”, Françoise est tenue de se trouver une occupation, sinon un emploi. Sans complexe, elle choisit le cinéma ! Ben tiens, pourquoi pas, tant qu'on y est ! Ca ne pouvait que faire plaisir à maman ! Et pour convaincre le général, on lui emprunte en pseudonyme son quatrième prénom, Arnoul !

Elève à l'Institut d'art dramatique de Mme Bauer-Thérond, la jeune fille “s'asseoit sur les mêmes bancs” que Michel Drach, Roger Hanin ou encore Roger Carel. Après un projet avorté au sein de la troupe de Robert DhéryRobert Dhéry, elle obtient une figuration dans une oeuvre dont nous parlons souvent, tant y figurent de nombreux visages qui devaient éclairer nos salles obscures au cours des décennies suivantes, «Rendez-vous de juillet», de Jacques Becker (1949). Bien que sa réplique soit coupée au montage, on peut la reconnaître aisément…

Les premiers rôles…

Françoise ArnoulFrançoise Arnoul (1949)

Le présent appartenait alors aux jeunes actrices n'ayant pas froid aux yeux. Retenue après une audition, la jeune Françoise Arnoul décroche son premier véritable rôle dans une production bien oubliée du non moins discret Willy Rozier, qui dévoila pourtant d'autres Manina… Dans «L'épave» (1949), sombre drame réaliste, l'héroîne apparaît dénudée dans quelques scènes. On apprendra par la suite que notre jeune vedette, mineure au moment des “faits”, fut remplacée à ces occasions par une doublure la mettant à l'abri des tracasseries administratives et policières !

Heureusement, la prestation suivante saura calmer les inquiétudes paternelles. Dans «Nous irons à Paris» (1949), comédie chantante et musicale sans prétention, la jeunette se voit tenue, à la rencontre d'une Martine Carol de passage, de lancer avec beaucoup de candeur cette phrase historique: "Je ne vois vraiment pas ce qu'on lui trouve !". Moi si…

Avec beaucoup de chance, dès son deuxième film, Françoise Arnoul figure déjà au sommet d'une affiche d'où elle ne descendra pas avant longtemps. Transformée en blonde («Quai de Grenelle», 1950), elle rencontre, légère et court vêtue, le monde du cabaret («La rose rouge», 1950) qui lui fait découvrir Saint-Germain des Prés. De film en film, elle apprend les subtilités de son métier, donnant la réplique à des partenaires toujours plus talentueux. Gaby Morlay, la «Mammy» de Jean Stelli (1950), fait preuve à son égard d'une grande gentillesse. Dans «La maison Bonnadieu» (1951), elle côtoie Bernard Blier et Danielle Darrieux, dont la générosité ne cesse de la surprendre.

En 1951, la voici en Espagne où, entre Martine Carol et Carmen Sevilla, elle apparaît pour la première fois dans un film de Henri Decoin, «Le désir et l'amour», entamant ainsi une collaboration qui devait s'achever en apothéose commerciale, sinon artistique…

Vivant une sorte de rêve éveillée, la starlette fait une apparition au Festival de Cannes, présentée comme "une jeune première à l'avenir prometteur".

Nos nuits sans Françoise…

Françoise Arnoul«Le fruit défendu» (1952)

Bon nombre de producteurs (pas tous heureusement !) aimeraient, comme des cuisiniers, écrire la recette du succès en en déclinant une fois pour toutes d'immuables ingrédients. Les personnages légers incarnés par Françoise Arnoul incitent Ayres d'Aguyar (celui-la même qui réalisa le fameux «Narcisse» avec RellysRellys en 1939), à suggérer son nom à Henri Verneuil qui prépare une adaptation du roman de Georges Simenon, «Lettre à mon juge». Mais le réalisateur ne se montre pas convaincu, avant de rencontrer la jeune actrice. Enfin persuadé qu'elle sera bien capable de faire tourner en bourrique un Fernandel utilisé à contre-emploi, il engage Françoise qui incarne ainsi, et pour longtemps aux yeux de la majorité masculine de son public, «Le fruit défendu» (1952).

De ce succès va déferler une seconde vague de films pseudo-réalistes, dont plusieurs réalisés par Ralph HabibRalph Habib («Les compagnes de la nuit», «La rage au corps», 1953)…), qui font pénétrer la jeune femme dans les préoccupations nocturnes de plusieurs générations de cinéphiles. Bien des années plus tard, l'écrivain Elenia Poniatowska imaginera un récit à l'issue duquel un spectateur, rendu fou par son image, plante un couteau dans le coeur en toile blanche d'une Françoise plus fatale que jamais («Cinéma Prado», 1989).

Les "deux Jean"…

Ils ont tourné ensemble quelques uns des plus grands chef-d'oeuvres du cinéma, dont «La grande illusion» (1937). Certes, Jean Gabin se débat dans le creux d'une vague inquiétante, tandis que Jean Renoir n'a plus travaillé en France depuis quinze ans et «La règle du jeu» (1939). Mais le producteur Henry Deutchmeister a choisi de les réunir autour d'une reconstitution de la naissance du Moulin Rouge, «French Can-Can» (1954). Pour le principal rôle féminin, il pense à Françoise Arnoul, que le maître accepte de recevoir. Prête aux plus gros exploits pour être retenue, l'actrice se voit adoubée après avoir eu à prononcer à quelques reprises la fameuse réplique: "Tu charries !".

Entre Gabin et Françoise, le courant passe rapidement. Pour coller à son personnage, celle-ci remet ses chaussons de danseuse et pose à nouveau le pied sur la barre. Le tournage de ce film lui laissera un souvenir impérissable, à peine gâché par les caprices de sa rivale à la ville comme à l'écran, la Mexicaine Maria Félix. D'autant plus que le chargé de presse, un certain Georges Cravenne, futur créateur des fameux César du cinéma, entame à cette occasion une liaison avec notre jeune vedette, qui ne devait pas tarder à devenir davantage officielle.

Ambassadrice du cinéma français…

Françoise Arnoul«La chatte» (1958)

Françoise avoue, énigmatique, avoir éprouvé “un certain penchant” pour Henri Verneuil, qui l'a également distribuée dans un sketch du «Mouton à cinq pattes» (1954) et dans «Les amants du Tage» (1954). Mais le plus beau fruit, tout aussi défendu, de cette heureuse descendance demeure certainement «Des gens sans importance» (1955). Car c'est bien d'eux qu'il est question dans une histoire d'amour adultérine entre un “vieux routier” (du cinéma !) et la jeune servante du relais où il a l'habitude de faire halte. Le film, qui touche au délicat problème de l'avortement, bien que vilipendé par certains critiques, peut prétendre aujourd'hui au qualificatif de “classique”, dont il faudra bien un jour se mettre d'accord sur la définition !

Dès lors, les projets affluent. Parmi eux, une adaptation, faite par Albert Valentin, ancien réalisateur et encore scénariste de talent, du célèbre roman de Victor Hugo, «Notre-Dame de Paris». A nouveau, Henri Verneuil a retenu Françoise, excellente danseuse, pour une Esmeralda dont Orson Welles personnifierait le Quasimodo. Les producteurs, les frères Hakim, exigeant la maîtrise du montage final, Henri jette l'éponge, vidant avec le seau les derniers espoirs d'une comédienne déçue, mais solidaire. Pour ajouter à leurs regrets, le film se tournera, avec Gina Lollobrigida et Anthony Quinn, aux studios de Boulogne sur un plateau voisin de celui de «Paris-Palace Hôtel» (de Henri Verneuil, avec Charles Boyer, 1956).

Après Jean Renoir, Marcel Carné… Même si «Le pays d'où je viens» (1956) n'aura pas l'aura des «Enfants du Paradis», il n'en orne pas moins la carte de visite d'une actrice qui mérite désormais d'entrer au Parthénon des vedettes françaises des années cinquante. La compagnie Unifrance ne s'y trompe pas, qui demande à Françoise Arnoul d'honorer de sa présence une semaine du cinéma français new-yorkaise (1957), en compagnie de Gérard Philipe, Jean Marais, Micheline Presle…

Le chagrin et la pitié…

Nous sommes en 1958. L'Occupation, la Résistance, les camps de concentration, toutes les horreurs de la guerre et du nazisme hantent encore des mémoires nationales pas toutes irréprochables. Partant d'un fait divers, arrangé pour tracer à l'héroïne un destin de victime davantage abusée qu'expiatoire, «La chatte» (1958), récit d'une trahison, ne laisse pas indifférents les contemporains d'une Histoire encore si brûlante. Présentée à Tel-Aviv, l'œuvre vaut à sa principale interprète des ovations sans doute méritées. N'ayant pas vécu ces fâcheux événements et découvrant le film à l'irruption de mes premiers boutons quelques années plus tard, j'avoue à ma grande honte que le corsage tendu de Cora ne me permettra pas de me concentrer sur son sujet véritable…

Nos parents devaient avoir plus de contrôle puisque le succès oblige son réalisateur, Henri Decoin, à ressuciter le personnage, pourtant abattu par son chef de réseau («La chatte sort ses griffes», 1959). Non, blessée seulement !

Peu après, «Le chemin des écoliers» (1959) s'attache davantage à décrire la vie quotidienne des Français “moyens” sous l'Occupation. Qui ne se souvient de la scène où Alain Delon dessine sur les jambes de sa partenaire la couture des bas résille qu'il ne peut lui offrir ?

un "animal doué de bonheur"…

Françoise ArnoulFrançoise Arnoul

Le 31 juillet 1956, Françoise Arnoul épouse celui qui partage sa vie depuis une paire d'années, l'organisateur de spectacles Georges Cravenne. A la fête somptueuse, donnée pour la circonstance dans la propriété des Lazareff, le tout Paris se bouscule. On y remarque même le Garde des Sceaux, François Miterrand.

Avec Pierre Kast, au passage de la trentaine, Françoise entre dans le caravan-sérail de “la Nouvelle Vague”, au milieu de nouvelles venues comme Françoise Prévost, Alexandra Stewart ou Françoise Brion. Intellectualisme («La morte-saison des amours», 1960), marivaudages («Vacances portugaises», 1963) n'auront qu'un temps… Eclectique, elle aura complété entre-temps sa trilogie “classique” entre les mains de Julien Duvivier dans un sketch des «Dix commandements» (1962). A cette époque, elle rejette la proposition que lui fait une société de production étrangère de jouer, auprès d'un jeune acteur écossais à peu près inconnu, dans une vague histoire d'espionnage. Tant pis : «James Bond contre Dr No» (1962) se fera avec Ursula Andress !

Intime du couple Pierre et Hélène Lazareff, hôte régulière de la maison d'Autheuil et de la Colombe d'Or, lieux mythiques entre lesquels se partagent Simone Signoret et Yves Montand, elle fréquente toute une “intelligentsia de gauche” : Jorge Semprun, Costa-Gavras, Chris Marker, etc. Après un divorce qu'elle a provoqué (1960), elle sera longtemps l'amie et la complice de Casque d'Or qu'elle accompagne dans nombre de ses indignations. Par ces relations davantage ouverte au monde qui l'entoure, elle manifeste contre la répression policière qui s'est abattue sur les victimes de la station de métro Charonne (1962). Plus tard, on relèvera son nom dans la liste des signataires du fameux manifeste des 343, par lequel autant de femmes, révélant leur “culpabilité», demandent le droit à la contraception et l'accès à l'avortement libre (1971).

Bernard Paul…
Françoise ArnoulBernard Paul

En 1965, Françoise Arnoul vient saluer Simone et Yves sur le tournage du film de Costa-Gavras, «Compartiments tueurs». Son regard croise celui, profond, de l'assistant-réalisateur Bernard Paul. Troublée, la jeune femme renouvelle ses visites. Et c'est ainsi qu'elle fait une courte apparition dans le premier long-métrage du futur metteur-en-scène de «Z» !

En 1966, l'actrice se transforme en comédienne, participant à la tournée théâtrale des «Justes», d'Albert Camus, qui lui permet, non sans émotion, de refouler, le sol marocain.

Pour le nouvel homme de sa vie, l'actrice met sa carrière au second plan afin de mieux participer à la genèse des trois films de long métrage qu'il aura le temps d'achever avant de succomber à "la maladie". Pour «Le temps de vivre» (1968), en chantier depuis 1966, elle fonde, en compagnie de son compagnon et de l'actrice Marina VladyMarina Vlady, la société de production Francina. Reconnue par la critique, l'oeuvre est primée au Festival International du cinéma de Moscou, après avoir tenu six mois à l'affiches des petites salles parisiennes.

Pour «Beau masque» (1972) Françoise reprend son travail d'assistante, tandis qu'elle fait une apparition dans «Dernière sortie avant Roissy» (1977), témoignage sur la vie des banlieues d'où le cinéaste est originaire.

Avec la maladie et après le décès de Bernard, Françoise se jette dans le travail. Elle y trouve la force de donner ce petit coup de talon qui permet de remonter à la surface de la vie. Pour l'essentiel, le petit écran profitera du retour de La Chatte («Un garçon de France» en 1985, «L'étrange histoire dEmilie Albert» en 1989, pour lequel elle se vieillit…)

On a pu la revoir, trop rarement, au cinéma («Ronde de nuit» en 1983, «Post coïtum animal triste» en 1997,…), tandis qu'elle nous fit le cadeau d'une charmante autobiographie («Animal doué de bonheur», 1994).

Françoise Arnoul est récipiendaire de la Légion d'Honneur (1991).

Documents…

Sources : «Animal doué de bonheur», autobiographie de Françoise Arnoul, chez Belfond (1994) , à lire pour sa fraîcheur et la richesse des témoignages apportés, documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Citation :

"Que ceux qui s'imaginent qu'un jour je deviendrai une grande fille soient déçus. Je serai toujours prête à écouter celui ou celle qui dira ‘Il était une fois’"

Françoise Arnoul
Christian Grenier (août 2008)
Le manifeste des 343…

Placez la souris sur le document et utilisez la roulette

Le 5 avril 1971, le Nouvel Observateur publie un manifeste par lequel 343 femmes déclarent avoir avorté, et exigent l'avortement libre, ainsi que le libre accès aux moyens anticonceptionnels (l'avortement était interdit en France par la loi de 1920 ; il faudra la loi Veil, votée le 17 janvier 1975 par 284 voix contre 189, pour que l'interruption de grossesse soit admise).

"Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On a fait le silence sur ces milliers de femmes. Je déclare que je suis l'une d'elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement libre."

 

J.Abba Sidick, J.Abdalleh, Monique Anfredon, Catherine Arditi, Maryse Arditi, Hélène Argellies, Françoise Arnoul, Florence Asie, Isabelle Atlan, Brigitte Auber, Stéphane Audran, Colette Aubry, Tina Aumont, L.Azan, Jacqueline Azim, Micheline Baby, Geneviève Bachelier, Cécile Ballif, Néna Baratier, D.Bard, E.Bardis, Anne de Bascher, Laurence Bataille, C.Batini, Chantal Baulier, Hélène de Beauvoir, Simone de Beauvoir, Colette Biec, M.Bediou, Michèle Bedos, Anne Bellec, Loleh Bellon, Edith Benoist, Anita benoit, Aude Bergier, Dominique Bernabe, Jocelyne Bernard, Catherine Bernheim, Nicole Bernheim, Tania Bescomd, Jeannine Beylot, Monique Bigot, Fabienne Biguet, Nicole Bize, Nicole de Boisanger, Valérie Boisgel, Y.Boissaire, Séverine Boissonade, Martine Bonzon, Françoise Borel, Ginette Bossavit, Olga Bost, Anne-Marie Bouge, Pierrette Bourdin, Monique Bourroux, Bénédicte Boysson-Bardies, M.Braconnier-Leclerc, M.Braun, Andrée Brumeaux, Dominique Brumeaux, Marie-Françoise Brumeaux, Jacqueline Busset, Françoise de Camas, Anne Camus, Ginette Cano, Betty Cenel, Jacqueline Chambord, Josiane Chanel, Alice Cherki, Danièle Chinsky, Claudine Chonez, Martine Chosson, Catherine Claude, Marie-Louise Clave, Françoise Clavel, Iris Clert, Geneviève Cluny, Annie Cohen, Florence Collin, Anne Cordonnier, Anne Cornaly, Chantal Cornier, J.Corvisier, Michèle Cristofari, Lydia Cruse, Christiane Dancourt, Hélène Darakis, Françoise Dardy, Anne-Marie Daumont, Anne Dauzon, Martine Dayen, Catherine Dechezelle, Marie Dedieu, Lise Deharme, Claire Delpech, Christine Delphy, Catherine Deneuve, Dominique Desanti, Geneviève Deschamps, Claire Deshayes, Nicole Despiney, Catherine Deudon, Sylvia Diarte, Christine Diaz, Arlette Donati, Gilberte Doppler, Danièle Drevet, Evelyne Droux, Dominique Dubois, Muguette Durois, Dolorès Dubrana, C.Dufour, Elyane Dugny, Simone Dumont, Christiane Duparc, Pierrette Duperrey, Annie Dupuis, Marguerite Duras, Françoise Duras, Françoise d'Eaubonne, Nicole Echard, Isabelle Ehni, Myrtho Elfort, Danièle El-Gharbaoui, Françoise Elie, Arlette Elkaïm, Barbara Enu, Jacqueline d'Estrée, Françoise Fabian, Anne Fabre-Luce, Annie Fargue, J.Foliot, Brigitte Fontaine, Antoinette Fouque-Grugnardi, Eléonore Friedmann, Françoise Fromentin, J.Fruhling, Danièle Fulgent, Madeleine Gabula, Yamina Gacon, Luce Garcia-Ville, Monique Garnier, Misha Garrigue, Geneviève Gasseau, Geneviève Gaubert, Claude Génia, Elyane Germain-Horelle, Dora Gerschenfeld, Michèle Girard, F.Gogan, Hélène Gonin, Claude Gorodesky, Marie-Luce Gorse, Deborah Gorvier, Martine Gottlib, Rosine Grange, Rosemonde Gros, Valérie Groussard, Lise Grundman, A.Guerrand-Hermès, Françoise de Gruson, Catherine Guyot, Gisèle Halimi, Herta Hansmann, Noëlle Henry, M.Hery, Nicole Higelin, Dorinne Horse, Raymonde Hubschmid, Y.Imbert, L.Jalin, Catherine Joly, Colette Joly, Yvette Joly, Hermine Karagheuz, Ugne Karvelis, Katia Kaupp, Nanda Kerien, F.Korn, Hélène Kostoff, Marie-Claire Labie, Myriam Laborde, Anne-Marie Lafaurie, Bernadette Laffont, Michèle Lambert, Monique Lange, Maryse Lapergue, Catherine Larnicol, Sophie Larnicol, Monique Lascaux, M.-T.Latreille, Christiane Laurent, Prançoise Lavallard, G.Le Bonniec, Danièle Lebrun, Annie Leclerc, Marie-France Le Dantec, Colette Le Digol, Violette Leduc, Martine Leduc-Amel, Françoise Le Forestier, Michèle Léglise-Vian, Marie-Claude Lejaille, Mireille Lelièvre, Michèle Lemonnier, Françoise Lentin, Joëlle Lequeux, Emmanuelle de Lesseps, Anne Levaillant, Dona Lévy, Irène Lhomme, Christine Llinas, Sabine Lods, Marceline Loridan, Edith Loser, Françoise Lugagne, M.Lileyre, Judith Magre, C.Maillard, Michèle Manceaux, Bona de Mandiargues, Michèle Marquais, Anne Martelle, Monique Martens, Jacqueline Martin, Milka Martin, Renée Marzuk, Colette Masbou, Celia Maulin, Liliane Maury, Edith Mayeur, Jeanne Maynial, Odile du Mazaubrun, Marie-Thérèse Mazel, Gaby Memmi, Michèle Meritz, Marie-Claude Mestral, Maryvonne Meuraud, Jolaine Meyer, Pascale Meynier, Charlotte Millau, M. de Miroschodji, Geneviève Mnich, Ariane Mnouchkine, Colette Moreau, Jeanne Moreau, Nelly Moreno, Michèle Moretti, Lydia Morin, Marianne Moulergues, Liane Mozère, Nicole Muchnik, C.Muffong, Véronique Nahoum, Eliane Navarro, Henriette Nizan, Lila de Nobili, Bulle Ogier, J.Olena, Janine Olivier, Wanda Olivier, Yvette Orengo, Iro Oshier, Gege Pardo, Elisabeth Pargny, Jeanne Pasquier, M.Pelletier, Jacqueline Perez, M.Perez, Nicole Perrottet, Sophie Pianko, Odette Picquet, Marie Pillet, Elisabeth Pimar, Marie-France Pisier, Olga Poliakoff, Danièle Poux, Micheline Presle, Anne-Marie Quazza, Marie-Christine Questerbert, Susy Rambaud, Gisèle Rebillion, Gisèle Riboul, Arlette Reinert, Arlette Repart, Christiane Rebeiro, M.Ribeyrol, Delye Ribes, Marie-Françoise Richard, Suzanne Rigail Blaise, Marcelle Rigaud, Laurence Rigault, Danièle Rigaut, Danièle Riva, M.Riva, Claude Rivière, Marthe Robert, Christiane Rochefort, J.Rogaldi, Chantal Rogeon, Francine Rolland, Christiane Rorato, Germaine Rossignol, Hélène Rostoff, G.Roth-Bernstein, C.Rousseau, Françoise Routhier, Danièle Roy, Yvette Roudy, Françoise Sagan, Rachel Salik, Renée Saurel, Marie-Ange Schiltz, Lucie Schmidt, Scania de Schonen, Monique Selim, Liliane Sendyke, Claudine Serre, Colette Sert, Jeanine Sert, Catherine de Seyne, Delphine Seyrig, Sylvie Sfez, Liliane Siegel, Annie Sinturel, Michèle Sirot, Michèle Stemer, Cécile Stern, Alexandra Stewart, Gaby Sylvia, Francine Tabet, Danièle Tardrew, Anana Terramori, Arlette Thephany, Joëlle Thévenet, Marie-Christine Theurkauff, Constance Thibaud, Josy Thibaut, Rose Thierry, Suzanne Thivier, Sophie Thomas, Nadine Trintignant, Irène Tunc, Tyc Dumont, Marie-Pia Vallet, Agnès Van Parys, Agnès Varda, Catherine Varlin, Patricia Varod, Cleuza Vernier, Ursula Vian-Kubler, Louise Villareal, Marina Vlady, A.Wajntal, Jeannine Weil, Anne Wiazemsky, Monique Wittig, Josée Yanne, Catherine Yovanovitch, Anne Zelensky

Le Nouvel Observateur, 1971

Ed.7.2.2 : 11-2-2016