Martine CAROL (1920 / 1967)

… Martine fait son cinéma

Martine Carol

Au début des années 50, mon grand père prit le train à la gare de Bruxelles Midi pour rentrer chez lui. C’était par un bel après midi de juin … Mais le train ne partit pas; tout le monde courait dans tous les sens sur les quais; les gens se jetaient hors des wagons comme des fous.

On aurait cru à une révolution ou au retour des Allemands. Les attentats existaient toujours : ils avaient seulement changé d’excuses. Mon grand-père n’avait pas survécu à la guerre pour exploser dans un train ! En tout cas, ça sentait l’émeute !

Prudent, le grand père intrépide, suivant le mouvement, évacua la gare. Dehors, c’était pire ! Une foule incroyable se précipitait vers la petite rue de Danemark, bloquant la circulation, empêchant les trams de passer; mais de toute façon, il n’y avait plus personne à l'intérieur !

Que se passait-il de si grave ou de si important ? Rien… A part Martine Carol qui visitait les locaux de l’hebdomadaire "Ciné Revue" !

Cecil Saint Laurent disait que quiconque n’avait jamais assisté à l’arrivée de Martine Carol quelque part ne saurait jamais ce que le mot “popularité” voulait dire. Je crois que mon grand père était d’accord !

Céline Colassin

Maryse Arley…

Martine CarolMaryse Arley

Marie Louise Mourer, dite Maryse, naît dans le Val de Marne le 16 Mai 1920. A Saint Mandé, précisément.

Jeune fille, elle s’installe à Paris, suit les cours de René Simon, se lie d’amitié avec François Périer, Micheline Presle et Michèle Morgan. Ayant choisit de se faire appeler Maryse Arley, elle court les auditions. Jolie et bonne comédienne, elle décroche quelques rôles au théâtre. Très curieusement, la future Marilyn française se retrouve dans «Phèdre» !

L’acteur André LuguetAndré Luguet, immense star de l’époque, l’incite à faire du théâtre et à prendre des cours. Il la retrouvera bien des années plus tard lorsque, personnifiant Louis XV, elle incarnera sa «Madame Du Barry» (1954).

Clouzot remarque la jeune artiste. Elle tourne pour lui dans un film inspiré de l’œuvre de Colette, «La chatte». Mais nous sommes sous l’Occupation et le film, frappé par la censure (avec un titre pareil, tu m’étonnes !), ne sortira jamais.

Martine semble déjà avoir lié un pacte avec la malchance. En effet, la voici bientôt embarquée (au propre comme au figuré) dans la piteuse aventure de «La fleur de l’âge» qui doit se tourner à Belle-Ile en mer, avec ses collègues Arletty et Anouk AiméeAnouk Aimée. Mais une tempête magistrale empêche l’équipe de débarquer ! Le bateau fait le tour de l’île toute la nuit en attendant une accalmie propice à un accostage sans danger. Les visages sont verts, décomposés par les événements… Sauf celui d'Arletty qui, fraîche comme une rose, tombe amoureuse de l’île et y achète une petite maison ! Pour «La fleur de l’âge», véritable film maudit, les ennuis ne font que commencer… Ruinée, la production jette le gant après la noyade d’une figurante.

Martine fait du théâtre…

Martine CarolMartine Carol et Luis Mariano (1949)

Rentrée à Paris plutôt déconfite, Martine Carol retrouve ses camarades du cours Simon. François PérierFrançois Périer lui décroche un petit rôle à ses côtés dans «La ferme aux loups» (1943), dont la vedette est Paul Meurisse. Son ami décide qu’elle s’appellera Martine Carol, car "Maryse Arley ce n’est vraiment pas possible !". Cette apparition, souvent considérée comme la première de la future Nana, ne fait que suivre celles qu'elle fit dans «Le dernier des six» (1941) et «Les inconnus dans la maison» (1942) : juste un mot ou deux, certes, mais dans les mêmes distributions que Pierre Fresnay ou Raimu !

Martine a vite compris qu’un peu de publicité ne nuit pas. Elle se fait retoucher le nez et en parle beaucoup. Devenue une “vedette”, comme on disait à l’époque, elle se fabrique de film en film un personnage de petite parisienne blonde, jolie comme un cœur, coquette, capricieuse, délurée et bonne fille, avec des décolletés prometteurs et le fameux petit nez en trompette !

En 1946, elle décroche un petit rôle dans «Miroir», au côté de Jean Gabin. L’acteur tente d’oublier Marlène Dietrich, rentrée seule à Hollywood après l’échec de «Martin Roumagnac», premier et unique film du couple. Il aura une courte liaison avec Martine, avant “d'enchaîner” avec la belle Maria Mauban.

Mais revenons à notre Parisienne, à propos de laquelle la presse ne tarit pas d'éloges : ravissante, charmante, adorable, pétillante, gracieuse… Bref, du champagne rosé ! "Que Martine Carol incarne la beauté féminine dans une de ses expressions les plus convaincantes, qui en douterait ?"

La starlette complète sa propagande en affirmant sur tous les toits que Pierrot le fou l’a kidnappée pour passer une nuit avec elle ! Devant son refus, le criminel l’aurait fait “passer à tabac” par ses sbires. Elle lorgne plutôt du côté de Georges MarchalGeorges Marchal, jeune premier viril à la mode, mais celui-ci lui préfère Dany Robin.

Martine joue au théâtre dans «La route au tabac» et chaque soir son partenaire, Charles Moulin (l'amant de la femme du boulanger), la bat comme plâtre sur scène pour “faire vrai”. Epuisée, elle se jette dans la Seine du haut du pont de l’Alma, sous les yeux du chauffeur de taxi qui l’a amenée et qui la sauve d'un sort cruel. L'affaire s'est déroulée à deux pas du domicile de Georges Marchal :on peut être désespérée et rester pragmatique ! Versatile, la presse crie au bluff et ne lui promet même pas un rhume : "Dites-moi, Martine, avez-vous eu les pieds mouillés ?" lui demande effrontément un journaliste talentueux. Ce haut fait n’attendrit pas Rodrigue qui épouse sa chère Chimène.

Martine chérie…

Martine Carol«Caroline chérie» (1950)

Martine n’a cependant pas tout perdu car le théâtre où elle joue ne désemplit pas. Le public se presse pour voir la belle “suicidée” du pont de l’Alma se prendre sa raclée quotidienne. La “pin-up” française en titre abreuve complaisamment les journaux de ses photos en tenue légère. Elle devient même l’égérie de la marque de maillots "Réal" (insubmersibles !) et prête son joli minois à la marque "Cinzano" (servir sans eau !).

Elle tourne régulièrement en France, mais gagne les Etats-Unis à la suite d’une très curieuse proposition : John Ringling North la veut pour son cirque ! Il considère que la plus belle femme du monde constitue une curiosité qui justifie sa présence au milieu de la piste ! Martine, qui partage au moins la première partie de cette affirmation, accepte avec empressement ! Reine de la parade, elle traverse le continent Américain dans son wagon privé blanc et or.

Au cours de cette tournée, elle rencontre le beau Steve Crane. Double ex mari de Lana Turner, leur premier mariage ayant été annulé (comme quoi les Burton-Taylor n’ont rien inventé !), ce Texan, qui n'a pas de profession bien définie, est devenu l'heureux propriétaire d’une chaîne de restaurants, après avoir tenté sa chance au cinéma. Aussi riche que beau, il aime, semble-il, épouser des actrices blondes. Martine sacrifie à la tradition : le mariage est célébré en 1948.

Bien que mariée aux Amériques, Martine rentre en France pour tourner, dans «Caroline chérie» (1950), une réalisation de Richard Pottier d'après le roman de Cécil Saint-Laurent. Elle offre au public quelques scènes dénudées (dont une dans laquelle elle est doublée par Nadine TallierNadine Tallier, future baronne de Rothschild !!!) dans une ambiance pseudo-révolutionnaire. En véritable état de grâce, Martine “est” Caroline. Le film triomphe littéralement.

Martine se marie…

Martine CarolMartine Carol et Christian-Jaque

En 1953, Christian-Jaque prépare un film à sketches, «Adorables créatures». Nous ne somme pas surpris d'y retrouver notre sémillante blonde parmi les conquêtes du héros de cette “road-women movie”. Parmi ses rivales figure Renée Faure, seconde épouse du metteur en scène et successeur de Simone Renant. Entre le réalisateur et la jolie femme se produit ce qu'il est convenu d'appeler un “coup de foudre” contre lequel tous les paratonnerres du mariage ne pourront rien. Toutefois, le nouveau couple devra attendre quatre ans avant de pouvoir convoler…

Le 15 Juillet 1954, Christian Maudet et Marie-Louise Mourer sont unis par des liens abusivement qualifiés de sacrés. Un mariage tout simple où ne seront conviés que les parents de Martine et la mère de Christian-Jaque, moins foudroyée, son fils l’ayant habituée à des belle-filles moins tapageuses. Pour équilibrer les choses, avouons que la mère de la mariée ne voyait pas non plus d’un très bon œil ce gendre deux fois divorcé ! J’imagine que la longue période d’illégitimité qui a précédé ce mariage a dû beaucoup perturber Martine Carol, fervente catholique derrière des apparences de frivolité.

Entretemps, Christian-Jaque fait tourner sa Martine chérie dont il semble littéralement transcender la personnalité. Sous sa direction, elle devient magique, tenant ses meilleurs rôles dans ses meilleurs films. Jamais on ne l’avait aussi bien dirigée au cinéma. Martine vole de rôle en rôle, de triomphe en triomphe… Elle “est” successivement «Lucrèce Borgia» (1953), «Madame Du Barry» (1954), «Nana» (1955).

Pour ce dernier personnage, en actrice consommée, elle refuse de chanter juste et d'avoir un jeu de scène élaboré : Nana est une “grue”, pas une artiste, elle monte sur scène pour exhiber sa marchandise pas pour exprimer son talent ! L'actrice chante donc «Faut qu’ça saute, cré nom de d’là ! » avec une voix de rat et en tapant du pied comme une véritable imbécile, en cela fidèle à l'oeuvre de Zola. Lucide, elle sait très bien qu’elle va se faire descendre en flèche par les critiques qui n’auront, bien sûr, rien compris : "Juste ciel ! Jamais une voix n’avait été menée avec moins de maîtrise !" s ’épouvanteront ces messieurs dames professionnels de la remarque intelligente. Heureuse surprise par contre que le succès du microsillon qui s’arrache comme des petits pains !

Pour «Lucrèce Borgia» (1953), le plan de tournage ne prévoit pas son arrivée avant le dix-huitième jour. Peu importe, passionnée par le travail de son époux, elle est là dès le premier tour de manivelle, emmitouflée dans son léopard, les pieds dans des charentaises : elle s’est cassé un orteil mais n'imaginez pas que ça va la freiner ! D’ailleurs, l’évènement étant d’envergure, la presse va publier les radios des précieux ossements brisés !

Martine en voyage…

Martine Carol, désormais reconnue comme une véritable star, se conduit comme telle. Chacune de ses journées est menée comme une campagne militaire à la conquête de sa gloire ! Tous les jours, un staff complet la coiffe, la maquille, l’habille, choisit la tenue la mieux appropriée au programme de la journée parmi 100 paires de chaussures, 10 manteaux de fourrures et une multitude de robes ! La mode étant aux poitrines opulentes, la coquette, s'estimant un peu dépourvue, use des pires stratagèmes pour rivaliser avec Gina LollobrigidaGina Lollobrigida et Marilyn MonroeMarilyn Monroe ! On n’imagine mal aujourd’hui à quel point le tour de poitrine était primordial dans la carrière d’une actrice des années 50…

Elle caracole en tête des sondages de popularité, aux côtés de Michèle Morgan et Danielle Darrieux. Elle est mariée et heureuse de l’être. Ses mérites et son talent sont reconnus par le public et par ses pairs. Hollywood lui fait les yeux doux, : elle signe pour «Cancan» mais pour des raisons de “commerce intérieur”, se voit évincée au profit de Shirley MacLaine.

Après avoir acquis une ferme à Grasse, le couple Maudet entame un tour du monde ( Istanbul, Ankara, Tel Aviv, Bangkok, Singapour, Hong Kong, Tokyo, Kyoto, San Francisco, Los Angeles, New York, Cuba, Mexico, Rio, Buenos Aires !) qui tient plus de la performance marathonienne que du voyage de noce, au grand désagrément de la jeune femme qui n’a jamais pu surmonter sa peur des avions ! Elle rentrera seule, épuisée, Christian-Jaque terminant seul les dernières étapes.

De son côté, Martine se fait admettre dans une clinique pour une longue cure de sommeil. C’est la première cassure…

Martine et Brigitte sont dans un bateau…

Martine Carol«Lola Montes» (1955)

1955. Max OphulsMax Ophuls sollicite Martine Carol pour être «Lola Montes» : elle ne se déshabillera pas et sera brune. L'actrice accepte.

Max Ophuls est un génie, mais un génie incompris. Ses films sont parfois des chefs d’œuvres, mais souvent des échecs commerciaux. Lola la magnifique ne fait pas exception à la règle. Ophuls ne s’en remettra pas et décèdera peu après.

La chute de Lola a quelque chose de prémonitoire. L’échec du film précède de peu le succès de «Et Dieu créa la femme» (1956) où triomphe une certaine Brigitte BardotBrigitte Bardot. Il n’en faut pas plus pour que la presse décrète que Martine Carol est bel et bien finie. Ridicule ! Certes, Martine n’aurait pas pu tourner le rôle de Juliette dans le film de Vadim, mais je vois mal Brigitte dans les atours de la vénale Nana !

Le mal est fait. Aux yeux des producteurs, le prestige de la star a tellement diminué que le tournage de «Nathalie» (Christian-Jaque, 1957) doit se faire avec un budget réduit au minimum et, bien sûr, en noir et blanc. Film “de complément”, c'est à dire bon marché, il est destiné à passer en salle avant le “grand film”. Pour couronner le tout, Michel Piccoli enseigne une prise de judo infaillible à Martine-Nathalie afin qu’elle puisse se défendre contre les vilains bandits. Celle-ci, se recevant mal, se déplace une vertèbre. Elle souffrira atrocement du dos pour le reste de sa vie, après avoir passé des semaines affublée d'un corset de plâtre.

Désorientée, elle commet une nouvelle erreur en partant pour Tahiti tourner «Le passager clandestin» (1957), avec également Serge Reggiani et Arletty. Celle-ci constate avec effroi que sa belle partenaire semble trainer derrière elle des “ondes négatives”, une sorte de malédiction, d’instinct de mort et d’autodestruction. Martine tombe amoureuse de Tahiti. Rentrée à Paris, elle appelle Christian-Jaque au milieu de la nuit pour qu’il écrive une suite à «Nathalie» (1958), qui serait «Nathalie à Tahiti» !

A force de lire et d’entendre tous les jours que Brigitte Bardot l’a rayée du paysage cinématographique français, l’idée chemine dans l'esprit de chacun. En 1953, Martine Carol avait signé le même jour deux contrats très prometteurs pour «Nana» et «Une Parisienne». Le second tournage, continuellement retardé, se concrétise en 1957 avec… Brigitte Bardot ! Elle avait également tourné en son temps une séquelle de son grand succès : «Un caprice de Caroline chérie» (1952). On annonce le troisième opus, «Le fils de Caroline chérie», sans elle mais avec… Brigitte !

En fait de rivalité, Cécil saint Laurent n’arrivant pas à se décider pour la jeune première, Caroline mère vint le voir, brandissant une photo de Brigitte en déclarant : "Regarde comme elle est fraîche et jolie, c’est exactement la fille qu’il te faut !". Elle fera de même dans d’autres circonstances pour Dany Saval et Geneviève Grad.

Les malheurs de Martine…

Martine CarolMartine Carol et le Dr Rouveix

Partie pour l’Italie afin de tourner «Les noces vénitiennes» (1958), en pleine déprime, Martine Carol jette aux journalistes son intention de divorcer. Christian-Jaque, occupé non loin de là par «La loi, c'est la loi», apprend ainsi son infortune. On voit une dernière fois le couple à l’ouverture du Festival de Cannes dont la vedette est, depuis des années l’ornement indispensable mais, après la fête, le mari rentre seul à la ferme de Grasse. La belle histoire est terminée.

En 1958, à Fort de France, Martine Carol rencontre André Rouveix, un jeune et beau médecin très idéaliste. Le couple se marie le 3 août 1959 ; le bonheur de l'épousée fait plaisir à voir. Hélas, au contact de sa vie de paillettes, le docteur Rouveix va se transformer en Mister Hyde, allant jusqu’à photographier sa femme dans leur salle de bains et vendre les clichés aux journaleux ! Avouez que ce n'est pas bien… A terme, au prix d’une clinique où le praticien pourra exercer ses talents variés, le couple divorcera le 23 juin 1962.

A plus de 40 ans, seule et désespérée, Martine Carol n’est plus la chérie des Français. Si Michèle Morgan et Danielle Darrieux amorcent admirablement les virages de leurs carrières, elle ne remontera jamais la pente. Mortifiée par l'abandon de certain(e)s ami(e)s qu'elle pensait plus fidèles, elle se confie, en direct aux micros de la RTF présents sur le plateau d’ «Un soir sur la plage» (1960). Au fil de ce reportage, le public découvre ses caprices de star déchue, la cyclotimie dont elle fait preuve et toute la patience dont l'équipe doit s'armer pour mener à terme une mission presque impossible. La Fox en toléra moins de Marilyn Monroe ! Heureusement, à une époque où la situation devient critique pour elle, Jean Gabin, lui tendant la main, la fait engager pour lui donner la réplique dans «Le cave se rebiffe» (1961).

Elle tourne encore ; plus de premiers rôles, bien sûr, mais le public lui reste fidèle, même si Bardot, Loren ou Cardinale attirent davantage son regard. Malheureusement, elle ne veut pas - elle ne peut pas - se débarrasser de son attirail de star. Elle a besoin de sa Rolls et de ses visons platinés. L’alcool et les stupéfiants remplacent peu à peu les applaudissements…

Martine s'en va…

Martine CarolMartine Carol

Dépressive, l'actrice s’isole dans sa ferme de Grasse, à l’abri des regards et des huissiers.

Mais un homme va forcer tous les barrages. Il connaît Martine depuis son mariage avec Steve Crane. La trouvant alors merveilleuse, il en était tombé amoureux fou. Il l'est encore, il s'appelle Mike Eland.

Sachant sa Juliette en difficulté, il vole à son secours pour lui offrir la protection qu’elle a attendue toute sa vie. Il règle ses problèmes financiers, la couvre de bijoux, de robes somptueuses, et bien entendu de kilomètres de vison, afin de la "rhabiller selon son rang". Peu à peu, la femme reprend goût à la vie, l’actrice retrouve la confiance. Le couple se forme et s'installe dans un somptueux appartement londonien. Les deux amants se marient au printemps 1966.

Au début de l’année 1967, ils regagnent la ferme de Grasse pour y passer la saison. Mike travaille sur le film qu’il compte produire pour le retour cinématographique de son épouse : elle y aura le premier rôle, celui d’une bourgeoise richissime prise en otage par des gangsters dans son île privée.

En ce mois de février, Martine, dans sa 47eme année, est redevenue la blonde somptueuse des années fastes. Ayant prévu d'assister à un gala en compagnie de quelques amis, le couple descend à l’hôtel de Paris, à Monte Carlo. Le soir, se sentant fatiguée, Martine rentre seule à l'hôtel. Soudain, elle succombe à une crise cardiaque : mélange d'alcool et de barbituriques, comme une autre blonde célèbre. Des rumeurs de suicide circulent aussitôt…

La France est sous le choc ; le cinéma français perd sa plus belle lumière.

L'actrice est inhumée à Paris, au cimetière du Père Lachaise. La presse, faisant preuve de son tact habituel, annonce qu'elle repose dans son plus beau vison, décorée de quelques bijoux somptueux. La tombe de la célèbre Caroline ne tarde pas à être profanée par quelques infâmes individus.

Elle est donc enterrée une seconde fois, à Cannes, au côté de son père, pour l’éternité. Le sort, qui n’a pas toujours été tendre avec elle, se montre ce jour là plus indulgent. Car, tout aussi cruel que cela puisse paraître, Martine Carol disparaît à 46 ans, avant de connaître le calvaire de la beauté qui s’en va, ce qu’elle n’aurait certainement pas supporté.

Documents…

Sources : Céline Collassin, documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Citation :

"Je me souviens que Christian-Jaque divorça d'avec Renée Faure pour épouser Martine Carol"

Georges Pérec
Céline Colassin (juin 2008)
Ed.7.2.2 : 17-2-2016