Carmen SEVILLA (1930)

… Andalucia, flamenco y folklore…

…Andaluçia, flamenco y folklore… Carmen Sevilla

Carmen Sevilla et Luis Mariano, couple d'opérettes cinématographiques, eurent un temps leur public des deux côtés des Pyrénées, charmé davantage par leurs filets de voix que par leurs talents d'interprètes.

Arrivés au septième art grâce à leurs qualités vocales, ils surent, au temps de leur gloire commune, marier si judicieusement leurs talents que les journaux de l'époque les dirent fort souvent fiancés. On sait, depuis lors, à quel point la chose n'était pas possible…

Si notre chanteur de charme disparût prématurément, la chanteuse-actrice espagnole poursuivit ses apparitions publiques jusqu'à l'aube du 21° siècle, tout en variant le centre de ses activités.

Christian Grenier

Premiers pas vers la gloire…

Carmen SevillaCarmen Sevilla

Née Maria del Carmen Garcia Galisteo, le 16-10-1930, à Séville (ville d'où elle tirera plus tard son nom d'artiste).

Son père, parolier de chansons, écrit sous plusieurs pseudonymes.

Très tôt, l'adolescente montre des dispositions pour le chant et la danse, dons qui poussent ses parents à là confier à d'éminents professeurs : Laura de Santelmo, Luisa Terricet et surtout ‘Estrellita’ Castro

En 1946, membre de la troupe d'Estrella Castro,elle paraît pour la première fois sur scène dans un spectacle musical, «Rapsodia española». Elle y est remarquée par le réalisateur Juan de OrduñaJuan de Orduna qui lui donne son tout premier (petit) rôle dans «Sereneta española» (1947).

Les films vont alors se s'enchaîner jusqu'en 1978…

Carrière au cinéma…

Carmen SevillaCarmen Sevilla et Luis Mariano (1950)

Pour sa deuxième apparition à l'écran, «Jalisto canta en Sevilla», elle côtoie déjà l'acteur-chanteur mexicain fort renommé qu'était à l'époque Jorge Negrete.

Assez rapidement, Carmen Sevilla entame une carrière franco-espagnole. Le couple qu'elle forme avec Luis Mariano dans «Andalousie» (Robert Vernay, 1950), «Violettes impériales» (Richard Pottier, 1952) et «La belle de Cadix» (Raymond Bernard, 1953), séduit les spectateurs des deux côtés des Pyrénées. Elle est également la partenaire d'Antonio Vilar («Le désir et l'amour», Henri Decoin, 1951) et, de manière plus surprenante, de Fernandel dans «Don Juan» (John Berry, 1955). Son personnage d'Andalouse plus ou moins folklorique, héroïne d'opérette au sens propre du terme, distrait les Français.

Bien sûr, “La Sevilla” fut l'interprète de toute une lignée de cinéastes espagnols et sud-américains ignorés en France, mais qui firent une carrière prolifique dans les pays où l'on parle la langue de Cervantes : Florian ReyFlorian Rey, Luis Lucia , Ignacio IquinoIgnacio Iquino, José Maria ForqueJosé Maria Forque, Rafael Gil, l'Argentin Leon KlimowskyLéon Klimowsky, le Mexicain Emilio FernandezFernandez… On la vit même devant la caméra du Philippe Clair ibérique, Mariano Ozores hijo.

Seul nom notoire de cette longue au delà des Pyrénées, celui de Juan Antonio BardemJuan Antonio Bardem qui l'utilisa, avec Raf Vallone, dans «La venganza», première oeuvre espagnole “nominée” pour l'Oscar hollywoodien du meilleur film étranger. L'actrice tente alors d'obtenir des rôles plus profonds que ceux desquels on l'a jusque là éloignée.

Ailleurs, l'herbe est plus verte…

Tandis qu'elle grimpe dans la hiérarchie des étoiles du cinéma ibérique, elle participe à des tournées en Amérique du Sud. Le cinéma américain lui fait même de l'œil puisque, après une première apparition dans un film hispano-américain de 1952 («Babes of Bagdad», avec Paulette Goddard - ex madame Chaplin- et la strip-teaseuse Gypsy Rose Lee), la voici dirigée par Donald Siegel («A Spanish Affair/Flamenco», 1957). En 1961, elle interprète remarquablement Marie-Madeleine dans la biblique superproduction de Nicholas Ray, «Le roi des rois». Mais l'aventure s'arrêtera là…

Et Carmen Sevilla de s'en retourner dans les profondeurs d'un cinéma national espagnol alors refermé sur lui-même. Elle s'y montrera belle et talentueuse longtemps. Ainsi, la quarantaine affirmée, danse-t-elle, chante t-elle et brille-t-elle encore de mille feux andalous dans «El relicario», en compagnie du torero Miguel Mateo ‘Miguelin’.

Il n'y a pas que le cinéma dans la vie…

Carmen SevillaCarmen Sevilla et Juan Carlos Cerezo
sur le plateau de la télévision espagnole

En 1958, elle épouse le compositeur Augusto Alguero, dont elle a un enfant, Augusto (III), pour lequel elle mettra, pendant quelques années, un frein à sa carrière. Le divorce est prononcé en 1968.

En 1978, l'actrice chanteuse abandonne les plateaux pour, à ce jour, ne plus y revenir. Elle diversifie ses activités, présente des programmes télévisés, commercialise une ligne de parfum, se produit à la radio…

En 1985, elle convole en secondes noces avec l'impresario Vicente Patuel, décédé en avril 2000.

En cette année 2004, la Mama de la télévision espagnole fut au centre d'une (petite) polémique lorsque certains commentateurs - franquistes - critiquèrent son reniement d'une époque révolue, trouvant inopportun qu'une ancienne “franquista” présente une émission cinématographique hebdomadaire («Ciné de barrio») sous le gouvernement Zapatero.

Vous en pensez ce que vous voulez. Pour ma part, je remarque qu'aucune chaîne de télévision française n'a eu le courage de donner l'antenne, tous les samedis soirs, à une grand-mère de 74 ans !

Documents…

Sources : documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Christian Grenier (novembre 2004)
Ed.7.2.2 : 22-2-2016