Catherine DENEUVE (1943)

… "la plus belle femme du monde"…

…"la plus belle femme du monde"… Catherine Deneuve

Parce qu'elle eut l'opportunité d'apparaître dans le film d'André Hunebelle, «les Collégiennes», en 1956, Catherine Deneuve peut s'enorgueillir d'avoir fêté, en 2006, ses cinquante années de présence cinématographique.

Cette longévité n'est sans doute pas étrangère à l'hommage que lui rend la Cinémathèque Française en ce mois de février 2007, et dont nous nous faisons le relais sur la toile.

Bien sûr, tant de choses sont consultables sur notre Reine de France qu'il nous sera difficile de faire preuve d'originalité. Aussi, après un rappel des principaux faits biographiques, nous nous intéresserons davantage, de la manière la plus illustrée possible, à la carrière de celle qui restera certainement le symbole féminin du cinéma français de ces quarante dernières années.

Christian Grenier

Biographie…

Catherine DeneuveCatherine enfant

Troisième fille du comédien de théâtre et acteur de cinéma Maurice DorléacMaurice Dorleac et de la comédienne Renée DeneuveRenée Deneuve, Catherine Dorléac est née le 22 octobre 1943, à Paris. Si tout le monde connaît Françoise Dorléac (1942 /1967) , peu se souviennent de Sylvie Dorléac (1946), que l'on vit dans quelques films des années cinquante, et qui deviendra sa secrétaire particulière. Quant à l'ainée, Danielle (1936), sans ambition artistique, elle demeure ignorée du grand public.

Très tôt, la belle Françoise ambitionne de devenir comédienne. Rentrant chaque soir au domicile parisien, elle fait part de ses expériences à sa brunette de soeur. En 1956, Catherine fait une apparition fugitive, sans prononcer le moindre mot, aux côtés de Sylvie, dans le film d'André Hunebelle, «Les collégiennes». Deux années plus tard, soucieuse de ne pas gêner Françoise, c'est sous le nom de Catherine Deneuve qu'elle a l'opportunité de tourner son deuxième film, «Les petits chats», dont la sortie fut retardée par la censure. Pour en savoir plus sur les soeurs Dorléac, lisez l'article joint à ce dossier…

Le cinéma ne fait pas partie des projets de l'adolescente, et il faudra la force de conviction de son père pour qu'elle accepte, en 1960, de jouer aux côtés de sa soeur dans «Les portes claquent.» Merci papa !

En 1960, Françoise entraîne Catherine à une réception à laquelle participe le réalisateur Roger VadimRoger Vadim. C'est le coup de foudre. Au grand dam des parents Dorléac, les amoureux font vie commune dans un appartement parisien. Ces amours, que l'on qualifiait alors d'immorales, donnèrent naissance à Christian (18-6-1963) et à un film. Mais la presse à scandales s'intéresse déjà aux retrouvailles de Catherine et de Johnny Hallyday, tout autant qu'aux attentions de Roger pour sa nouvelle égérie, Jane FondaJane Fond. La séparation est effective en 1964.

En juin 1965 , Catherine rencontre David Bailey, photographe au magazine Play Boy, venu à Paris afin de lui proposer une séance de poses. Nouveau coup de foudre, qui finit cette fois par un mariage londonien (18-8-1965), dont Mick Jagger et Françoise Dorléac sont les témoins. Pendant plusieurs mois, Catherine se partage entre Londres et Paris.

En 1966, le tournage de «Belle de jour» rapproche le couturier Yves Saint Laurent de sa cliente, Catherine Deneuve. C'est la naissance d'une longue amitié, ainsi que d'une collaboration fructueuse. Ainsi, de 1993 à 1996, elle fut le porte drapeau de sa nouvelle gamme de produits de beautéCatherine Deneuve. Aux adieux du grand couturier, Catherine reprendra la chanson de Barbara, «Ma plus grande histoire d'amour c'est vous».

Catherine DeneuveFrançoise Dorléac et Catherine Deneuve

Le 26-juin 1967, Françoise Dorléac, quitte Saint-Tropez pour regagner la capitale. En route vers l'aéroport de Nice, elle perd le contrôle de son véhicule qui finit sa course contre un poteau avant de s'enflammer. Rochefort est orpheline d'une de ses demoiselles, mais surtout Catherine a perdu son aînée, sa complice. Ne nous étendons pas sur les conséquences psychologiques de ce triste événement pour notre vedette, qui se jette dans le travail et se sépare de David.

En 1968, à l'occasion d'un voyage aux États-Unis où elle doit donner la réplique à Jack Lemmon dans «April Fools», Catherine entame la rédaction de ses carnets de tournage, dont la publication ne se fera pas avant 2004. La presse new-yorkaise tombe amoureuse de celle que le magazine Look désigne comme "la plus belle femme du monde".

Il faudra attendre l'année 1969 pour qu'elle reprenne goût à la vie. Comme toujours amoureux de ses actrices, François Truffaut séduit sa nouvelle sirène. Leur histoire d'amour ne s'arrêtera pas avec le tournage du film, mais à la fin de l'année 1970 , lorsque l'actrice, sans doute en quête d'une plus grande stabilité, brusqua leur séparation. François mit longtemps à s'en remettre…

De 1969 à 1974, elle participe à la campagne de publicité américaine destinée à promouvoir le fameux parfum Chanel N°5.

C'est à Londres qu'elle fait la connaissance de Marcello Mastroianni, avant de le retrouver sur le plateau de «Ca n'arrive qu'aux autres». Une grande aventure amoureuse commence, dont Chiara Mastroianni ne sera pas le moins beau fruit. Séparation en 1975.

Le 5 avril 1971, “343 salopes” signent un manifeste réclamant le droit à l'avortement pour les femmes qui le réclament. Catherine Deneuve est sur la liste.

En 1974, elle s'engage dans la production au travers d'une société, les Films de la Citrouille. Mais n'est pas fée qui veut et il eut fallu un bien grand miracle pour transformer «Zig-Zig» en chef d'oeuvre.

En 1979, elle a l'honneur de remettre la Palme d'Or du Festival de Cannes à Volker Schloendorff («Le Tambour») et Francis Ford Coppola («Apocalypse Now»).

Sur le plateau de «Je vous aime», Catherine rencontre Serge Gainsbourg. Pour les besoins du film, ils enregistrent en duo la magnifique chanson «Dieu fumeur de Havane». Forts de ce succès, ils publient l'année suivante un album 33 tours, «Souviens-toi de m'oublier». Puisque c'est elle qui le demande…

Présidente de la Cérémonie des Césars en 1983, elle entame une longue relation sentimentale avec le directeur des programmes de la nouvelle chaîne cryptée Canal Plus, Pierre Lescure.

En 1985, la voici, dans toute sa splendeur de femme française, retenue comme modèle pour le prochain buste de Marianne. Vous pouvez vous l'offrir: il vous en coûtera 820 Euro !

1986 : Campagne publicitaire pour la privatisation de la banque Suez, sous la direction de David Bailey: elle avait pourtant dit "Réfléchissez…" !

Dès 1988 d'ailleurs, elle crée la société Deneuve SA, destinée à gérer ses intérêts commerciaux et qui participera à la production de «Drôle d'endroit pour une rencontre». Dans un registre plus personnel, elle intente - et gagne- un procès à Roger Vadim, coupable d'avoir révélé des moments intimes de leur vie commune.

"Vous ne m'aimez pas ? Et bien sachez que je ne vous aime pas non plus !", déclare Maurice PialatMaurice Pialat aux festivaliers de Cannes venus siffler une palme d'or 1987 à lui remise par Catherine Deneuve pour «Sous le soleil de Satan».

Cannes qui fait encore son actualité lorsque, en 1994, elle est la co-présidente du jury aux côtés de Clint Eastwood. Elle reconnaîtra plus tard avoir accepté cette charge afin de tenter d'obtenir le rôle principal de «La route de Madison».

En 1996, après avoir accompagné Marcello Mastroianni dans les derniers instants de sa vie, elle entreprend, avec l'aide de la journaliste Anne Andreu, la rédaction d'un récit autobiographique, «Elle s'appelait Françoise»". Patrick Modiano en écrit la préface.

1997 : Signe l'appel contre la Loi Debré, définissant un nouveau statut pour les immigrés dans notre pays. En mai, elle remet la 50e Palme d'Or cannoise à Shohei Imamura pour «L'anguille» et à Abbas Kiarostami pour «Le goût de la cerise».

En 1998, le Festival de Berlin honore la vedette en lui attribuant un Ours d'Or pour l'ensemble de sa carrière.

En 2001, L'Oréal lui fait un pont d'or publicitaire pour vanter les mérites des parfums Elsève.

La révélation…

Catherine Deneuve«Les demoiselles de Rochefort» (1967)

Reprenons les principaux événements de cette longue carrière où nous l'avons laissée. Catherine Deneuve aime à déclarer : "Je ne sépare pas le cinéma de ma vie". Qu'elle nous pardonne d'avoir composé cette page autrement.

• 1961 : Elle est la partenaire du jeune chanteur en vogue, Johnny Hallyday, dans un sketch de «Les Parisiennes». Les jeunes gens s'entendent suffisamment bien pour éveiller la jalousie de Vadim. Mais de cette aventure, l'actrice retient surtout qu'elle fut l'occasion pour elle d'adopter cette chevelure blonde qui devait changer la face du monde cinématographique.

• 1962: Elle tourne, sous la direction de son époux, «Le vice et la vertu», une adaptation de l'oeuvre du Marquis de Sade,Justine», incarnant La Vertu face au Vice (Annie Girardot). "Actrice insignifiante", décrète le Canard Enchaîné…

• 1963 : En 1960 déjà, Jacques DemyJacques Démy lui a présenté de son projet de film chanté, «Les parapluies de Cherbourg». Cette oeuvre musicale, composée par Michel LegrandMichel Legrand, qui repose également sur une utilisation intelligente de la couleur, mettra trois ans à aboutir. Prix Louis Delluc 1964, Palme d'Or au Festival de Cannes, elle décide définitivement de l'avenir de la jeune actrice, dont un de ses films dépasse pour la première fois le million d'entrées. La vedette est doublée vocalement par Danièle Licari.

• 1964 : Retrouvaille des soeurs Dorléac sur le plateau de «La chasse à l'homme». Mais, distribuées dans des scènes différentes, on les voit jamais ensemble à l'écran. Pour Catherine, la proie se nomme Claude Rich. Moi, je me serais laissé attraper…

• 1965 : le jeune réalisateur Roman Polanski est à la recherche d'un travail. Il se voit commander la réalisation d'un petit film d'horreur. Avec l'aide du scénariste Gérard Brach, il écrit le scénario de «Répulsion», et exige des producteurs l'engagement de Catherine Deneuve pour interpréter Carol, la jeune schyzophrène. Le tournage a lieu en août 1964. Succès foudroyant pour l'actrice qui révèle à cette occasion des qualités non encore soupçonnées.

Cette année là, Jean-Paul Rappeneau a finalement préféré Catherine Deneuve à Françoise Dorléac pour «La vie de château», Prix Louis Delluc 1966. Entre temps, Marcel Camus lui a proposé «Le chant du monde», film méconnu dont je garde un bon souvenir.

• 1967 : En chantier depuis 1964, «Les demoiselles de Rochefort» sort sur les écrans parisiens. Pour cette comédie musicale, Jacques Démy, soutenu par son succès cherbourgeois, engage Gene Kelly et George Chakiris, obtenant ainsi un soutien financier tombé d'outre-Atlantique. Puisque Brigitte Bardot et Audrey Hepburn ne se voyaient plus en demoiselles, Jacques Demy et Michel Legrand font confiance à Françoise Dorléac et Catherine Deneuve pour donner la réplique à Danielle Darrieux et Michel Piccoli. Le film, parfois lourd de bons sentiments, enchanta - et enchante encore - un énorme public.

De leur côté, les frères Hakim ont proposé à Luis BunuelLuis Bunuel d'adapter un roman de Joseph Kessel, «Belle de jour», retraçant la double vie d'une jeune et belle bourgeoise qui soigne sa frigidité dans les salons d'une maison de passe. Avec l'aide de Jean-Claude Carrière, le réalisateur ibérique découvre peu à peu tous les avantages qu'il peut tirer de cette histoire pour mettre en scène ses visions personnelles. Si le choix de Catherine Deneuve, belle et réservée, paraît vraiment judicieux, il n'en demeure pas moins que l'actrice, perturbée par les méthodes de travail du maître, envisagea un moment de quitter le plateau, mais n'en fit heureusement rien. Le film emporta le Lion d'Or de la Mostra de Venise 1967.

• 1969 : François Truffaut entreprend la préparation de son nouveau film, «La sirène du Mississipi», pour lequel il envisage depuis longtemps d'engager Catherine. Face à un Belmondo pour une fois soumis, la blonde actrice tire les ficelles d'un jeu bien trouble. Cette inversion des rôles est-elle à l'origine du peu d'intérêt que le film rencontra auprès du public français ?

• 1969 : Le succès de «Belle de jour» a eu raison de l'incompréhension de Deneuve et Bunuel et les deux artistes sont heureux de se retouver sur le plateau de «Tristana» . Ce qui n'empêche pas le maître d'affubler sa belle héroïne d'une jambe de bois ! Cette histoire assez sordide, qui relate les relations d'un jeune femme et de son libertin de tuteur (Fernando Rey), constituera sans doute la clef de voûte du travail de la comédienne pour le septième art.

La reconnaissance…

Catherine DeneuveCatherine et Marcello Mastroianni

• 1970 : Magnifique conteur aux rêves colorés, Jacques Démy met en scène «Peau d'Ane», d'après Charles Perrault. Jean Marais, souverain aux désirs malsains, envisage un avenir particulier pour sa Catherine de fille. Et dire qu'il s'agit d'un conte pour enfants ! D'ailleurs, c'est l'occasion pour Christian de découvrir le travail de sa jolie maman. Ils seront plus de 2 millions de spectateurs à emprunter le même chemin !

• 1971 : Les drames, «Ca n'arrive qu'aux autres». Nadine Trintignant_, blessée par la vie, ressent le besoin d'exorciser ses souffrances au filtre de ses caméras. Le couple Trintignant est incarné par Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni. Ils tourneront 4 films ensemble.

• 1972 : Catherine ne se contente pas d'aimer Marcello. Elle devient littéralement sa chienne pour les besoins du dernier film de Marco Ferreri, «La cagna (Liza)». Oeuvre déroutante, qui ne rencontre pas son public, avant de devenir un film culte.

• 1974 : Le couple retrouve Ferreri dans une biographie délirante du général Custer, «Touche pas à la femme blanche». Tourné dans le trou béant des Halles Parisiennes, le film cache de nombreux messages derrière des tas de serrures dont je ne suis pas sûr d'avoir trouvé toutes les clés !

• 1975 : Dernière production du trop rare Jean-Paul Rappeneau, «Le sauvage» est l'occasion pour l'actrice de travailler avec le truculent Yves Montand. Comédie trépidante et ensoleillée qui témoigne de la beauté de son héroïne aux approches de la trentaine. Première nomination au César de la meilleure actrice. C'est Romy qui est couronnée.

• 1976 : Sympathique petit film, comme souvent chez Lelouch, «Si c'était à refaire» nous la propose maman. Qu'on se rassure, rien n'est à jeter.

• 1978 : Après plusieurs expériences malheureuses, dont l'interruption de la production de «Coup de foudre» (1977), Catherine est l'épouse de Jean-Louis Trintignant dans «L'argent des autres», de Christian de Chalonge. Prix Louis Delluc 1978 et César du meilleur film français.

• 1979 : Dans la foulée de ses «Eléphants…», Yves Robert offre Catherine Deneuve à la gloire tardive enfin accordée à Jean Rochefort. La rencontre de ces deux comédiens si différents donne lieu à une comédie légère et agréable, «Courage fuyons». Heureusement, le public n'en fait rien…

La consécration…

Catherine Deneuve«Le dernier métro» (1980)

• 1980 : La décennie commence bien pour Catherine Deneuve. François Truffaut pousse son ex-amante sur une scène de théâtre, expérience à laquelle elle s'est toujours refusée par crainte du contact avec son public ! Se sentant redevable de l'échec de «La sirène…», le réalisateur lui fait rencontrer Gérard Depardieu dans «Le dernier métro» qui les amènera jusqu'aux César des meilleurs interprètes. Au bout de la ligne, 3, 4 millions de spectateurs auront composté leurs billets.

• 1981 : Rencontre importante que celle de Catherine Deneuve et André TéchinéAndré Téchiné dans ce qui ne sera pas leur meilleur film, «Hôtel des Amériques» : "Ma rencontre avec André a vraiment été déterminante dans mon évolution de femme". Parmi les pensionnaires, Patrick Dewaere

• 1983 : Surprenant rôle de vampire que celui que lui offre Tony Scott dans «Les prédateurs». Délaissant les savanes africaines de Philippe de Broca, l'actrice, dotée d'une éternelle jeunesse, se réfugie dans les bras de David Bowie, et de manière plus intéressée dans ceux de Susan Sarandon.

Les confrontations avec Gérard Depardieu se sont succédé. La quatrième ne dure que dix minutes dans une projection de trois heures. Car nulle femme ne rôde autour de «Fort Saganne». A part peut-être Sophie Marceau, mais elle ne passe pas la toise !

Françoise Giroud était-elle au courant de la situation du président Mitterand lorsqu'elle écrivit le scénario de «Le bon plaisir» ?

• 1986 : «Le lieu du crime», deuxième collaboration avec André Téchiné, est présenté en compétition officielle au Festival de Cannes.

• 1988 : «Drôle d'endroit pour une rencontre» que cette aire d'autoroute où son mari l'a abandonnée. C'est encore Gérard Depardieu qui s'y trouve, sous la direction d'un nouveau venu, François DupeyronFrançois Dupeyron. J'ai toujours été étonné que l'on n'évoque pas davantage Bertrand Blier_ pour donner une idée de l'originalité de ce film qui clôture, pour notre vedette, une décennie bien plus personnelle que la précédente.

L'accomplissement…

Catherine Deneuve«Indochine» (1992)

• 1991 : Le “jeune” réalisateur Régis WargnierRégis Wargnier obtient l'accord de Catherine Deneuve pour son troisième film, «Indochine». Le tournage en Asie, source de magnifiques souvenirs, débouche pour elle sur une seconde consécration aux Césars parisiens, ainsi que sur une nomination aux Oscars hollywoodiens. Plus de trois millions de nos compatriotes iront voir le film.

• 1992 : Troisième collaboration avec André Téchiné, «Ma saison préférée» décrit les rapports d'un frère (Daniel Auteuil) et d'une soeur (Catherine) que rapprochent les dernieres souffrances de leur mère. Le film, qui marque les débuts de comédienne de Chiara, remporte un franc succès, mais pas de récompense, lors de sa projection sur La Croisette cannoise.

• 1995 : Etrange osmose que celle qui l'engloutit dans l'univers du réalisateur portugais Manoel De OliveiraManoel de Oliveira, résultat de la volonté de l'actrice. «O Convento (Le couvent)» est le début d'une nouvelle complicité artistique.

• 1996 : Quatrième collaboration avec Téchiné, «Les voleurs», relation d'amour entre deux femmes de générations différentes, sont unanimement amnistiés par la critique !

• 1997 : Nouvelle rencontre, nouveau monde, celui de Raul Ruiz_. Le réalisateur chilien lui offre le double rôle principal de «Généalogies d'un crime».

Une affaire d'artistes : Nicole Garcia lui confie le rôle d'une femme d'affaires alcoolique dans «Place Vendôme». Lion d'Argent de la meilleure actrice au Festical de Venise.

• 1999: Année prolifique, dont nous retiendrons la curiosité de voir Catherine, Christian et Chiara conjuguer à l'envers la saga de Marcel Proust au rythme de Raul Ruiz dans «Le temps retrouvé».

Le temps des cerises…

Catherine DeneuveCatherine Deneuve

• 2000 : Catherine Deneuve prend la plume pour suggérer à Lars Von trier de l'employer. Le plateau de «Dancer in the Dark» est le théatre de nombreux affrontements entre le metteur en scène danois et la chanteuse islandaise Björk. Cela n'empêche pas cette comédie musicale de remporter au Festival de Cannes une palme d'or remise à son créateur par… Catherine Deneuve !

• 2002 : Allez, citons les toutes, puisqu'elles obtinrent ensemble l'Ours d'Argent du Festival de Berlin: Fanny Ardant, Emmanuelle Béart, Danielle Darrieux, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Virginie Ledoyen, Firmine Richard, Ludivine Sagnier. «8 femmes» en quête d'un succès colossal (3,7 millons de spectateurs, le meilleur score au box-office pour toutes les participantes !).

• 2004 : Il fallait bien qu'elle y passe ! Après Mme de Merteuil dans «Les liaisons dangereuses», adaptation télévisée de Josée Dayan présenté à la sauvette à la fin de l'été 2003, elle incarne Marie Bonaparte, disciple de Sigmund Freud, dans «Princesse Marie», un téléfilm de Benoît Jacquot.

• 2006:…

Non… Parmi tous ces fruits de la Saint-Martin, laissons le temps choisir, comme des cerises sur un gâteau, les sucreries tardives d'une filmographie déjà bien nourrissante pour nos appétits de cinéphiles gourmands.

Documents…

Biographie : Catherine Deneuve a juré qu'elle n'écrirait jamais ses mémoires. Alexandre Pache, de son côté a publié récemment, «Catherine Deneuve, une biographie», sans le concours de l'interessée. Tout y est de ce qui peut être dit !

Illustrations : Cédric Le Bailly, documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées ça et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Citation :

"Sans le cinéma, je serais la belle au bois dormant. Sans le cinéma, j'aurais pu dormir toute ma vie. Il m'a réveillée."

Catherine Deneuve
Christian Grenier (février 2007)
Ed.7.2.1 : 19-8-2015