Sophia LOREN (1932)

… l'or de Naples

Sophia Loren

On a beaucoup écrit sur le destin improbable de la petite Sofia Scicolone, enfant défavorisée des faubourgs de Naples, qui devint l'une des plus grandes stars internationales du XXème siècle. L'intéressée elle-même n'a-t-elle pas apposé sa signature sur deux ouvrages autobiographiques ?

N'ayant ni l'intention, ni les moyens d'en rajouter, pas même la prétention de résumer l'indispensable, je vous propose un regard sélectif au travers des trois hommes qui comptèrent le plus dans sa vie professionnelle : Carlo Ponti (auquel, autant sinon plus qu'à sa mère, elle doit tout), Vittorio De Sica (qui sut si bien extirper ses possibilités créatrices) et Marcello Mastroianni (avec lequel elle entra dans ses meilleures osmoses artistiques)…

Christian Grenier

Sofia Scicolone

Sophia LorenSophia Loren

Romilda Villani est très belle, au point que sa ressemblance avec Greta Garbo en fait la lauréate d'un concours de sosies. Le premier prix n'est rien d'autre qu'un voyage à Hollywood, auquel des parents rigides opposent un interdit catégorique. Alors Romilda se tourne vers la musique et, diplôme en poche, peut bientôt prétendre donner des leçons de piano.

Un jour, Romilda rencontre Riccardo, un contremaître qui se dit ingénieur. C'est l'amour fou… et Romilda se retrouve enceinte. Mais Riccardo, qui ne sent pas prêt pour le mariage, disparaît. Le 20-9-1934, une fillette naît dans un hôpital de Rome. A Pozzuoli, un petit village près de Naples où s'installe Romilda avec son enfant, on trouve que "c'est pas des manières…"

Tout ceci n'empêche pas la petite Sofia Scicolone - dont Riccardo a tout de même fini par reconnaître la paternité - de grandir avec les gamins de son âge. Et ce ne sont pas une vilaine maladie (entérocolite aigüe) où les sarcasmes de quelques garnements ("Ouhh la bâtarde !") qui vont contrarier son destin.

Romilda s'accroche à son amant et, le 14-5-1938, Maria fait son apparition dans le cercle familial. En 1960, elle épousera Romano Mussolini, le fils de Benito. Moins "heureuse" que sa soeur, elle ne sera pas reconnue par son géniteur qui, enfin convaincu des bienfaits matrimoniaux, épouse… une autre femme !

La guerre…

La vie n'est pas facile pour la petite famille, heureusement hébergée chez des parents compréhensifs. La guerre arrive. La pauvreté se transforme en misère et, bien vite, le pain noircit. Déjà fine, Sofia devient maigrelette : le surnom de "cure-dents", s'il n'est agréable à entendre, décrit parfaitement son aspect squelettique.

Dès 1941, les bombardements américains sèment leur lot de désolation. Les nuits se terminent souvent dans le tunnel ferroviaire, qu'il faut quitter avant le passage du premier train. En 1943, le débarquement allié annoncé, il faut abandonner Pozzuoli. Au retour, on retrouve la maison sérieusement blessée.

En 1946, la vie reprend un cours plus normal. Sofia, qui a fait sa première communion, reprend le chemin de l'école : "J'étais studieuse , mais indisciplinée". Sa maigreur accentue sa laideur. Heureusement, quelques cours de gymnastique et les effets de la puberté vont agréablement arrondir les angles…

Sofia Lazzaro…

Sophia LorenSophia Loren

Maurizio, le professeur de gymnastique, est le premier à remarquer ces transformations. Les joues en feu, il demande en mariage la jeune fille qui entre dans sa 14ème année ! Mais maman Romilda, actrice contrariée, a d'autres ambitions. Elle inscrit Sofia à un concours de beauté dont l'adolescente gagne le premier accessit : parmi 365 coquillages, elle fait partie des 12 "princesses de la mer". Encouragée par ce premier succès et ne doutant de rien, Romilda se présente avec sa perle rare aux grilles de Cinecittà où les Américains s'apprêtent à tourner «Quo Vadis». La mère et l'enfant font partie des quelques 3 000 figurants d'un film qui sortira en 1951.

Les concours s'enchaînent. Sous le nom de Villani, Sofia est élue "Miss Elégance". Les figurations (citons «Totòtarzan» avec le célèbre comique en 1950, et «Anna» d'Alberto Lattuada en 1951) ne suffisant pas à nourrir l'adolescente et son entourage, les "fumetti" (romans-potos) s'intercalent dans les moments creux. Si elle ne fait preuve de guère de dispositions pour l'expression artistique, la starlette dispose de qualités susceptibles de "réveiller un mort !", comme Lazare… auquel elle doit son premier pseudonyme ! Peu regardante, elle arbore fièrement une poitrine déjà généreuse dans une scène de «Quelles drôles de nuits» (1951).

Enfin, en 1952, affublée d'un patronyme "américanisé" à la manière de Marta Toren, elle obtient ses premiers rôles "conséquents" dans «Deux nuits avec Cléopâtre» de Mario Mattoli et «Sous les mers d'Afrique», de Giovanni Roccardi. Ainsi naquit Sophia Loren.

Carlo Ponti…

Sophia LorenSophia Loren, vedette américaine

En 1951, lorsqu'il rencontre la jeune actrice, Carlo Ponti, avocat milanais devenu producteur, devine aussitôt qu'il a face à lui une future star. La jeune fille a attiré son attention dans un restaurant ; il lui a fixé un rendez-vous. A l'issue de quelques essais, il lui conseille de… perdre du poids ! L'affaire aurait dû en rester là, mais l'homme croit en celle qui devient bientôt sa protégée. Il passe quelques coups de fil sous marins qui la font retenir pour des rôles de plus en plus intéressants.

En 1953, la déjà rétive Gina LollobrigidaGina Lollobrigida renonce à interpréter Aïda, laissant son metteur en scène dans l'embarras. Pour la remplacer, le nom de Sophia Loren surgit comme par miracle. Doublée vocalement par la cantatrice RenataTebaldi, la jeune fille, la peau brunie, se glisse dans celle de l'esclave éthiopienne de l'opéra de Verdi. La petite Napolitaine est enfin lancée. Sous l'égide de son Pygmalion, elle va bientôt devenir l'une des actrices les plus célèbres du cinéma italien.

On connait la suite. Certes, Carlo est marié et père de deux enfants. Dans une Italie encore rigoriste, il n'hésite pourtant pas à s'éloigner du foyer conjugal pour vivre pleinement une belle histoire d'amour.

A l'aube des années cinquante, Carlo Ponti est engagée dans une association avec l'autre grand producteur du cinéma transalpin, Dino de LaurentiisDino de Laurentiis. Comme ce dernier le fera pour son épouse Silvana ManganoSilvana Mangano, il va favoriser la carrière de sa compagne. Outre les interventions “amicales” auprès de ses collègues, il distribuera Sophia dans «La traite des blanches» (1952), «Carrosello napoletano» et «Misera e nobilta» (1954), «Par dessus les moulins» (1955), «La fille du fleuve» (1956, conçu autour d'elle), etc. Il la jettera sans le moindre scrupule dans les bras d'Attila/Anthony Quinn pour une première co-production aux ambitions internationales «Attila, fléau de Dieu», 1954).

Il sera financièrement de la campagne américaine lorsque la belle Italienne tentera l'aventure hollywoodienne : «L'orchidée noire» (1958), «La diablesse en collants roses» (1959), «Une espèce de garce» (1959), «Scandale à la cour» (1960). Leur collaboration cinématographique s'arrêtera en 1977 avec «Une journée particulière» d'Ettore Scola.

Vittorio De Sica…

Sophia LorenSophia Loren et Vittorio de Sica

En 1954, davantage assuré du talent de sa pulpeuse découverte, Carlo Ponti confie Sophia Loren à l'objectif de Vittorio De Sica. D'abord acteur, celui-ci est devenu, grâce à «Sciuscia» et «Le voleur de bicyclette», un des maîtres du néo-réalisme italien qui s'est développé sur les ruines d'un fascisme moribond. Entre les deux Napolitains, le courant passe d'autant mieux que la grande cité ouvrière est au coeur du sujet de «L'or de Naples» (1954). Le succès du film fait entrer l'interprète de son 4ème sketch dans le cadre estimé des actrices sérieuses. La reine d'Angleterre et le Festival de Cannes 1955 viendront confirmer le statut de celle qui se présente désormais comme la plus sérieuse rivale de la "bella" du moment, Gina Lollobrigida. Et puisque tout le monde s'accorde à leur reconnaître au moins deux points communs, la guerre des bustes peut enfin avoir lieu.

Les chemins de Vittorio et de Sophia se croiseront à maintes reprises. Leur lien père-fille sur le plateau du film d'Alessandro Blasetti, «Dommage que tu sois une canaille» (1955), se transforme davantage en rapport de séduction dans «Pain, amour, ainsi-soit-il» (1955), 3ème volet d'une série que n'a pas voulu refermer… Gina !

Mais c'est surtout «La Ciociara» (1960) qui marque le sommet de leur collaboration. Dans le rôle terriblement dramatique d'une mère protectrice sous les bombardements et l'anarchie, Sophia Loren - qui n'a alors que 26 ans, mais la guerre, elle connaît - décroche l'oscar dans la catégorie principale et se voit reconnue comme la meilleure actrice du millésime par le jury du festival de Cannes.

Si Carlo Ponti, même s'il fut son amant avant de devenir son mari, lui aura surtout servi de père, Vittorio Sica aura incarné, de son propre aveu, son “parrain”. Travailler avec De Sica constituera toujours pour elle un plaisir dans le travail…

Ils se retrouveront, de part et d'autre d'une caméra à 6 autres reprises : un sketch de «Boccace 70» (1961), «Les séquestrés d'Altona» (1962), les trois époques de «Hier, aujourd'hui et demain» (1963), «Mariage à l'italienne» (1964), «Les fleurs du soleil» (1969), et le metteur en scène ne tarira pas d'éloges à son égard. En 1973, pour «Le voyage» , le coeur n'y était plus, surtout celui du grand maître napolitain qui ne devait pas tarder à cesser de battre.

Marcello Mastroianni…

Sophia LorenSophia Loren et Marcello Mastroianni

Sophia Loren, Vittorio de Sica et Marcello Mastroianni forment un trio magique né, à l'écran, en 1955 sous le regard d'Alessandro Blasetti, sur le plateau de «Dommage que tu sois une canaille». La canaille, c'était Sophia, digne héritière de son coquin de père (Vittorio) et qui menait la vie dure à un honnête chauffeur de taxi (Marcello).

Le trio se reforme en 1963 pour les trois époques de «Hier, aujourd'hui et demain». De Sica cette fois aux commandes, la magie se renouvelle. Dans le dernier sketch, Sophia exécute un strip-tease à vous faire damner le saint… qu'est justement Marcello, ecclésiastique chancelant. L'oeuvre décroche l'oscar du meilleur film étranger.

L'opus suivant, «Mariage à l'italienne» (1964), permet à l'actrice, en napolitaine des bas quartiers, de remporter le prix d'interprétation féminine au Festival de Moscou. On retrouve les trois compères, réunis pour la dernière fois dans «Les fleurs du soleil» (1969), dont quatre semaines de tournage se déroulèrent à Moscou.

Sans leur guide, les deux comédiens se croiseront encore dans «La femme du prêtre» (Dino Risi, 1970) et «La pépée du gangster» (Giorgio Capitani, 1974). En 1977, Sophia et Carlo ont demandé à Ettore Scola de leur concocter un rôle dans un registre dramatique. Ce dernier choisit «Une journée particulière», celle du 8-5-1938 où le Duce rencontre le Führer à Rome, celle aussi où une courageuse mère de famille et un intellectuel homosexuel, peu concernés par l'événement, lient connaissance en pleine fièvre fasciste. Le film sera acclamé au Festival de Cannes.

L'on reverra les deux acteurs, toujours inspirés, dans «D'amour et de sang» (Lina Wertmüller, 1978) et, de manière plus diluée dans «Prêt-à-porter» (Robert Altman, 1994). Marcello et Sophia, un mariage à l'italienne…

Les malheurs de Sophia…

Sophia LorenSophia Loren

En 1957, en plein tournage de «La péniche du bonheur», sentant le boulet Cary Grant passer près, Carlo précipite les choses. Par avocats interposés, il épouse "par procuration" Sophia Loren à Mexico, le 17-9-1957. Mais s'il fait valoir leur union en Italie, il pourra être poursuivi pour bigamie, ce pays ne reconnaissant pas le divorce ! La situation est d'autant plus que cocasse que l'épouse officielle, par ailleurs consolée, souhaite également la séparation ! Imbroglio juridique, mais également persécution religieuse qui frappe au coeur une artiste profondément croyante. Il faudra attendre 9 ans et passer par la naturalisation française pour sortir de l'impasse. Le mariage enfin prononcé (9-4-1966, à Sèvres) et après deux fausses couches, la belle Italienne donnera naissance, de la manière la plus légitime du monde, à Carlo Jr (29-12-1968) et Edoardo (6-1-1973).

En attendant, le couple s'exile pour quelques années, aux Etats-Unis (pour le travail) et en Suisse (pour la vie privée). A l'issue de cet intermède, Sophia aura tourné avec quelques uns des plus grands acteurs américains : outre Cary Grant («La péniche du bonheur», 1958) qui, férocement amoureux, lui proposa par 2 fois le mariage, il y eut Frank Sinatra («Orgueil et passion», 1957), John Wayne («La cité disparue» 1957), Alan Ladd («Ombres sous la mer» en 1957), Anthony Quinn («La diablesse en collants roses», 1958), Clark Gable («C'est arrivé à Naples», 1960), Charlton Heston («Le Cid», 1961), auxquels il faudra rajouter Gregory Peck («Arabesque», 1965), Charlie Chaplin et Marlon Brando («La comtesse de Hong Kong») et Burt Lancaster («Le pont de Cassandra», 1976).

Cambriolage, agression criminelle, accusations de débauche et de fraude fiscale, saisies judiciaires, alerte cardiaque, persécution médiatique avec toute la force dont la presse transalpine est capable, générant souvent la vindicte de ses compatriotes, rien n'aura été épargné à la grande diva. Dès 1977, le fisc italien s'intéresse aux affaires de son producteur de mari qui se verra confirmer (1981) une condamnation à quatre années de réclusion et 22 milliards de lires d'amende, se retrouvant ainsi dans l'impossibilité de rentrer dans son pays. Sophia elle-même écope d'un mois d'incarcération. Plus courageuse (et moins lourdement frappée), elle se livrera à la police le 18-5-1982 afin de recouvrer le droit de revoir sa famille. Elle passera 17 jours et 16 nuits à la prison pour femmes de Caserte !

Sophia Loren, enfin…

Forte de sa maternité trop longtemps repoussée, elle aborde la dernière partie de sa vie professionnelle en jouant les mères combatives : entre «Verdict» (1974, avec Jean Gabin) et l'adaptation télévisée de «La Ciociara» (1999), on peut relever «Aurora» (1984), «Seule contre la drogue» (1985, téléfilm), «Sabato, domenica e lunedi» (190) et, bien sûr l'inoubliable «Soleil» (1997), de Roger Hanin ; des personnages qu'elle défend comme si l'on s'attaquait à ses propres enfants.

Honorée d'un César (1990), d'un oscar (1991) et d'un Lion d'Or (Venise 1998) d'honneur pour son apport au 7ème art, élevée au grade de Chevalier de la Légion d'honneur, Sophia Loren a glané de multiples récompenses dans tous les festivals de la planète. Pour assez rares qu'elles fussent, certaines de ses apparitions sur le petit écran méritent également d'être relevées («Francesca et Nunziata» de Lina Wertmüller en 2001, etc).

Après avoir longtemps vécu à Paris, elle se partage aujourd'hui entre la Suisse et la Californie, d'où elle suit la carrière de ses deux fils, Carlo le chef d'orchestre et Edoardo le metteur en scène (il lui a offert un rôle presque autobiographique en 2002 avec «Coeurs inconnus»). Atteint de la maladie d'Alzheimer, Carlo Ponti s'est éteint en 2007, Vittorio de Sica (1974) et Marcello Mastroianni (1996) l'ayant précédé dans la tombe.

La peau cuivrée, le regard émeraude, Sophia nous illumine encore de ses feux automnaux. Avec elle, l'or de Naples n'en finit pas de briller.

Documents…

Sources : «La véritable Sophia Loren» de Bertrand Meyer-Stabley (Pygmalion, 2003), «Sophia Loren, le charme à l'italienne», documentaire de Douglas Green (1997), plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Citation :

"Si je suis encore en vie aujourd'hui, c'est grâce à un soldat américain qui m'a nourrie alors que, tremblante de peur dans un abri des faubourgs de Naples, je n'avais pas mangé depuis quatre jours. Comment voulez-vous que j'oublie une chose pareille ?"

Sophia Loren
Auteur (mois 201x)
Sophia Loren et Carlo Ponti

"Carlo m'a prise en mains. Nous ne nous quittions plus.

Il m'a fait perdre mon accent. Comme j'avais quitté l'école à 16 ans, il m'a fait lire de bons auteurs à haute voix, en enregistrant ma voix afin de me faire remarquer mes erreurs.

Il m'a appris à m'habiller, me faisant découvrir que l'élégance véritable réside dans une simplicité apparente ; il m'a appris à répondre à une interview ; il m'a montré comment manger le homard avec des pinces…"

Sophia Loren, "La bonne étoile" (1979)

Vittorio de Sica

"Sous la direction de De Sica, je me sens tous les courages. Il connait exactement mes possibilités et, par conséquent, il crée les personnages sur mesure, en fonction de mon tempérament.

Nous accomplissons du bon travail ensemble. Je fais tout ce qu'il me dit de faire parce que j'ai confiance en lui. Je me sens protégée et je n'ai pas peur.

C'est extrèmement important pour un acteur, parce qu'après tout, quand on arrive devant les caméras, on se sent un peu déshabillé, vraiment presque mis à nu…"

Sophia Loren, "La bonne étoile" (1979)

Marcello Mastroianni

"Avec Marcello c'est une de ces vraies amitiés qui naissent et grandissent sur le plateau.

Ca se trouve comme ça. Nous ne nous rencontrons pas dans le monde. Mais quand nous nous rencontrons, Marcello et moi, même au bout de quatre ou cinq ans, nous reprenons la conversation comme si nous nous étions interrompus cinq minutes.

Ce que j'admire le plus en lui en tant qu'homme, c'est sa simplicité, en tant qu'acteur, son sérieux professionnel. C'est le secret de la réussite."

Sophia Loren, "La bonne étoile" (1979)

Charles Chaplin

"Je croyais tout savoir du métier de comédienne. Or, vous m'avez tout appris.

Je pensais savoir jouer, alors que, très souvent, je me contentais de paraître avec les moyens que procure une certaine expérience.

Vous m'avez enseigné l'art de jouer à la fois avec mon physique, mon esprit et mon coeur : l'art de m'exprimer d'une manière totale."

Télégramme de Sophia Loren à Charlie Chaplin

Sophia Loren

"Quand j'aperçus Sophia, je fus plus frappé par sa personnalité que par sa beauté. Elle dégageait quelque chose, on aurait dit qu'elle rayonnait.

Cela paraissait incroyable qu'elle n'ait pas encore vingt ans. Elle donnait une telle impression de maturité ; elle était réellement obnubillée par son désir d'être actrice, tellement professionnelle dans son attitude, et en même temps si timide, si peu sûre d'elle. Un mélange fascinant…

Tout de suite, j'ai su qu'elle sortait de l'ordinaire."

Carlo Ponti

Sophia Loren

"J'ai pour Sophia la plus fervente admiration. La diriger est un plaisir car elle est toute d'instinct, instrument dont tout metteur en scène peut tirer des sons merveilleux.

Je la connais bien, nous avons souvent travaillé ensemble. Et elle est extraordinaire dans les histoires napolitaines. Nourris de la sève de là-bas, c'est une région que nous sentons merveilleusement, nous l'exprimons par tous nos pores.

Placez Sophia dans un décor naturel de cette ville, n'importe lequel, et elle devient géniale : elle ne joue plus un personnage, elle le devient…"

Vittorio de Sica

Sophia Loren

"On s'aime beaucoup. Ce n'est pas l'amour passion. C'est une amitié forte et sentimentale qui dure depuis quarante ans, justement parce nous n'avons jamais consommé.

C'est émouvant de tourner à nouveau à ses côtés. C'est comme si nous ne nous étions jamais quittés.

C'est comme avec la bicyclette ; quand vous n'êtes pas monté dessus depuis longtemps, vous en refaites et, hop, vous retrouvez très vite les bons gestes !"

Marcello Mastroianni, à l'occasion du tournage de «Prêt-à-portrer» (1994)

Ed.7.2.2 : 9-3-2016