Mireille DARC (1938)…

"Je ne savais pas que j'avais une manan…"

Mireille DarcMireille Darc (1943)

Échappé du canton de Vaud, Marcel Aigroz, citoyen helvétique, épouse, le 3 juillet 1926, Gabrielle Reynaudo, une fille de Turriers, petit village perché des Basses Alpes (aujourd'hui Alpes de Haute Provence). Ils se sont rencontrés chez Allard, grand horticulteur de Toulon au début du XXème siècle. Après un passage par Nice, puis Antibes, ils finissent par revenir dans la cité varoise où ils tiennent une épicerie, madame s'occupant du magasin que monsieur, jardinier culitvateur de son état, approvisionne de sa production maraîchère.

Le couple aura trois enfants : Roger (1926), Maurice (1928), et l'habituel “accident” tardif, Mireille, née le dimanche 19 mai 1938. Ce petit monde ne vit pas dans l'opulence, loin s'en faut, même si la baraque en planches et en tôles du début finit par faire place à une construction “en dur” : pas d'électricité, pas d'eau chaude ni de baignoire et les toilettes à l'autre bout du terrain…

Ses parents absorbés par leurs travaux respectifs, la fillette est régulièrement confiée à la garde de ses deux aînés et ne trouve pas auprès de son père la tendresse qu'un enfant peut espérer. Elle est seule dans sa chambre lorsque, le 27 novembre 1942, elle entend monter de ce port qu'elle ne découvrira qu'à l'adolescence les bruits sourds du sabordage de la flotte française. L'été 1943, Mme et M.Aigroz confient leur engeance aux soeurs de Marcel, hôtelière et couturière en Suisse. Mais la guerre s'approche, menaçante, et les bombardements, puis le débarquement en Provence transforme cette pause estivale en un séjour prolongé qui ne s'achèvera que deux années plus tard. À l'été 1945, lorsque Roger, Maurice et Mireille regagnent cette Côte d'Azur quittée depuis si longtemps à l'échelle d'une vie de petite fille, celle-ci ne comprend pas qu'elle va retrouver une mère qu'elle a déjà oubliée…

"Le coeur fermé…"

Voici venu le temps de l'école primaire. Gauchère contrariée au point d'en devenir dyslexique, Mireille excelle déjà en récitation. La découverte de la lecture lui ouvre des horizons cachés et devient la source de nouveaux rêves. "Le journal de Mickey" lui révèle que les animaux parlent davantage que papa, homme aigri et frustré. Intelligent, l'enfant devine – ou s'invente – un lourd secret familial, qui deviendra une quasi certitude le jour où elle comprendra le sens de ce vocable agressif lancé régulièrement par Marcel à son endroit : “la bâtarde”. Mais maman, pourtant si proche d'elle, restera muette à ce sujet jusqu'au tombeau.

En 1947, les héritiers des propriétaires de la bâtisse annoncent leur intention de vendre. Il faut songer à partir ou se résoudre à acheter. Alors Maurice et Roger abandonnent leurs études pour mettre leurs payes de jeunes travailleurs dans le pot familial. Commence une période de trois années de pauvreté dans cette communauté déjà si peu argentée où l'on ne fête ni les Noëls, ni les anniversaires. Alors, parler de vacances et de voyage, il n'y faut point songer : ce n'est qu'à l'âge de sa première communion que Mireille foule pour la première fois le sable d'une plage de la vaste Méditerrannée, cette mer pourtant si proche…

La terrasse du Grand Café…

Mireille DarcMireille Darc (1953)

Nous sommes en 1948. Mireille entre en 6ème au Collège Moderne et Technique, au coeur de la cité portuaire. Bonne élève, elle excelle en français et se montre habile en gymnastique jusqu'à ce que, lors d'une visite médicale comme cela se faisait alors dans les établissement scolaires, le médecin lui décèle un souffle au coeur lui interdisant tout effort physique. Sachant l'inutilité d'en parler à ses parents qui ne s'intéressent même pas à son carnet de notes, elle garde cette faiblesse pour elle.

Avec la classe de 4ème, elle aborde des matières, comme la physique, la chimie ou l'algèbre, dont elle ne comprend pas l'intérêt. Elle se réfugie alors dans la lecture, récupérant la Bible de l'oncle Baptistin, récemment disparu, puis dévorant les ouvrages de nos grands auteurs classiques. La fréquentation de ses nouvelles camarades de classe lui fait prendre la mesure de sa différence sociale. Mais elle sent confusément que sa vie est là, qu'il lui faut sortir d'une voie tracée, qu'il existe certainement une porte de communication. Elle ose franchir celle du Conservatoire de danse, mais on la décourage aussitôt : trop âgée pour entamer cette discipline qui exige par ailleurs une bonne condition physique. Dans le hall d'entrée, un ange gardien a collé une affiche vantant l'intérêt de l'art dramatique. À quoi ça tient, le destin d'une petite fille de famille modeste ?

Sous la conduite de son professeur, Armand Lizzani, l'adolescente qu'elle est devenue prend confiance en elle. Son compagnon de salle, Henri Tisot, lui donne parfois des conseils appréciés. Elle rencontre de nouvelles amies, certaines effrontées qui lui parlent de ces choses que l'on garde généralement pour soi. Elle a seize lorsqu'elle ose enfin s'asseoir autour d'une table, à la terrasse du Grand Café, avec quelques uns de ses nouveaux compagnons.

Lizzani sait que sa protégée n'a pas les moyens de s'offfir les cours particuliers qu'il donne aux élèves les plus aisés. Alors, découvreur de ses jeunes qualités, il l'invite régulièrement à donner la réplique à certains d'entre eux. Et il finit lui suggérer ce que la jeune fille a déjà dans la tête : "Pourquoi ne montes-tu pas à Paris ?". À Paris ? Pourquoi pas… Son nom, encore original, n'est-il pas apparu dans la presse locale à l'occasion d'un petit film pour lequel elle a été sollicitée, «Lettre de Toulon», et qui a obtenu le Prix Goncourt du film d'amateur ?

À Paris…

Le 21 août 1959, avec trois cents francs en poche, somme glanée en exerçant de vagues tâches estivales, une jeune fille brune débarque à la Gare de Lyon. Elle ne dispose que de l'adresse d'un couple d'amis qui l'hébergera pendant une semaine à Aubervilliers, le temps de se présenter devant Maurice Escande, forte de son Prix d'Excellence varois et d'une lettre de recommandation de Lizzani, pour préparer le Concours d'Entrée au Conservatoire de la capitale.

Peu après, elle partage un petit studio avec une amie toulonnaise qui disparaît bien vite sans la moindre explication. Fort opportunément se présente Michel, qu'elle a croisé dans des circonstances trop particulières pour être résumées en quelques mots sans laisser une impression équivoque. Journaliste à "Jours de France", marié et quarantenaire, il lui fait connaître du monde. En particulier Gilbert Bécaud, par l'entregent duquel elle trouve son premier agent, Isabelle, qui lui décroche un rôle de soubrette dans la pièce de Shaw, «Le héros et le soldat», en remplacement hâtif d'une comédienne tombée malade.

Dans la foulée, Isabelle la pousse à passer une audition pour un téléfilm, face à deux centaines de concurrentes. Pour l'occasion Michèle réfléchit à un pseudonyme plus accrocheur : conquérante et libre, elle songe à Jeanne D'Arc, dont elle fera plus tard l'objet d'une de ses plus célèbre répliques de presse. Deux cents postulantes… 20… 5… 2… C'est Mireille Darc qui est choisie pour son premier téléfilm, «La grande Bretèche», et qui sera dirigée par Claude Barma !

"Être une femme libérée…"

Mireille DarcMireille Darc (1963)

Avec «Hauteclaire» (1961), un téléfilm de Jean Prat, Mireille Darc tient son premier rôle-titre, aux dépens de Michel Piccoli qui lui donne la réplique. C'est le temps des premières aisances financières qui lui permettent de louer un studio et d'acquérir une petite voiture, une Vespa 400 d'occasion. Peu à peu, la comédienne s'éloigne du théâtre pour devenir une actrice de caméra. D'autant plus que le septième art, qui lui a déjà offert quelques apparitions, entre en jeu avec consistance.

«Pouic Pouic» (1963), entre un De Funès en pleine éclosion et une Jacqueline Maillan exhubérante, nous la révèle en blonde, couleur propice à esquisser le personnage de jeune femme un peu fofolle, décalée, sans contraintes morales, que Georges Lautner et Michel Audiard complèteront bientôt à leur guise. Car le jeune réalisateur, vent en poupe depuis «Les tontons flingueurs" (1963), fait appel à la Toulonnaise à l'heure de fumer «Des pissenlits par la racine» (1963). Les deux artistes s'accordent très vite et Mireille fait son entrée dans la bande à Lautner où l'accueillent avec bienveillance, en dépit de son appartenance au “sexe faible”, Bernard Blier, Francis Blanche, Lino Ventura, Maurice Biraud, André Pousse… pour toute une série de comédies loufoques qui constitueront la marque de fabrique de leurs auteurs : «Les barbouzes» (1964), «Ne nous fâchons pas» (1965), «La grande sauterelle» (1966), «Fleur d'oseille» (1967), etc. La notoriété lui tombe dessus mais, discrète sinon secrète, elle brouille les cartes aux regards curieux qui se posent sur elle, peut-être encore soucieuse de taire ses humbles origines.

En 1965, grande liseuse, Mireille découvre un roman de Vahé Catcha, «Galia», centré autour d'un personnage en lequel il lui semble se reconnaître : femme libre, insouciante, sans contrainte, croqueuse d'hommes qu'elle consomme sans complexe… Elle en parle à Lautner qui prend le projet à son compte. Pour la première fois, l'actrice prend part à la genèse d'un film. Bien lui en prend, car le succès est là, qui ne s'annonçait pas. Dès lors, Mireille Darc apparaît comme le symbole de la femme libérée, moralement et sexuellement. On parle d'elle à l'étranger, on la reçoit à Moscou, elle rencontre les Beatles à Londres… Qu'il est loin, le temps où, jeune fille, elle craignait de rester en rade !

Aujourd'hui, Hollywood lui ouvre ses portes, l'attend. Elle monte dans l'avion en compagnie du producteur Raymond Danon… qu'elle abandonne dans l'appareil, sans crier gare, pour rejoindre Lautner et ses complices au café des copains !

Voler…

Mireille Darc voudrait désormais ouvrir ses ailes sur des champs moins labourés. C'est elle qui souffle à l'oreille de son producteur, Raymond Danon, le nom de Jean-Luc Godard. L'intellectuel anarchiste accepte "… par antipathie personnelle" et fait de sa vedette l'héroïne de «Week-end» (1967), un film qu'il invente au fur et à mesure du tournage, se servant de son modèle pour nourrir son imagination agressive. Mireille Darc et Jean Yanne, caricatures de petits-bourgeois, n'apprécient pas plus le rôle qu'on leur fait jouer que le film lorsqu'ils le découvriront, dans une salle comme tout le monde. Pour l'actrice, il aura au moins l'avantage de lui ouvrir les portes du marché international, suivi qu'il sera par «Un corpo… una notte» (1968) et «Gonflés à bloc» (1969).

La sauterelle et le guépard…

Mireille DarcAlain Delon et Mireille Darc

Les événements de mai 1968 rapprochent Mireille Darc d'Alain Delon, que la jeune femme a eu l'occasion de croiser à quelques reprises et que, impressionnée par sa stature, elle a bien pris le soin d'éviter jusque là. En rupture de mariage avec Natalie, l'acteur a besoin d'un soutien complémentaire à celui que lui offre sa conquête du moment, Jane Davenport, dite Madly, à la peau d'ébène et au coeur généreux. À peine est-il sorti de «La piscine» où il vient de noyer Maurice Ronet qu'il lui propose d'entrer dans un projet qu'il s'apprête à produire, «Jeff», de Jean Herman (1968). Le tournage n'a pas commencé que leur tendre amitié se transforme déjà en amour, un sentiment dont la jeune femme n'a jamais eu l'occasion de mesurer jusqu'ici la profondeur.

Mais nous voici déjà au mois d'octobre et l'on vient de découvrir le cadavre d'un homme enveloppé dans une housse de matelas. Il s'agit de Stevan Markovic, un Yougoslave ami du beau brun, mais aussi l'amant de son épouse descendante, de quoi alimenter les soupçons d'une police imaginative qui ira jusqu'à mettre en cause la femme d'un ancien premier ministre, Claude Pompidou. La Sauterelle et le Guépard vont faire front côte à côte, et ce n'est pas une vile manoeuvre relevant du chantage policier qui pourra déstabiliser notre insecte bondissant.

À trois, on est encore plus fort : Mireille, Alain et «Madly» (1970) tournent ensemble une histoire triangulaire qui ressemble à celle qu'ils sont en train de vivre dans une France dont les lois morales les plus fortes viennent d'être balayées par les récents événements, mais qui n'intéressera guère que ses protagonistes.

"Dis-moi que tu m'aimes…"

Le couple fait bientôt demeure commune. À Aix tout d'abord, où il acquiert une villa ; puis à Paris, dans une suite de 1200 mètres carrés, sur le boulevard Kennedy ! Plus tard viendra l'aménagement d'un terrain de plusieurs hectares à Douchy (Loiret), entourant le vieux château de la Brûlerie, devenu une colonie de vacances, qu'ils raseront et où ils organiseront ensemble l'un des nombreux combats de boxe du siècle, la revanche accordée à Jean-Claude Bouttier pour espérer venir à bout de Carlos Monzon et dont on sait que ça ne suffira pas ! Anthony, le fils d'Alain et Nathalie, partage souvent son existence, venant atténuer la perspective de ne pouvoir engender, le coeur de Mireille engageant les médecins à la prévenir contre toute ambition de maternité.

Petit à petit, aux côtés d'Alain, de fer de lance d'une certaine incarnation de la femme moderne, Mireille se tourne vers des valeurs plus traditionnelles. Elle finit par baisser sa garde féministe pour se satisfaire d'un rôle de femme au foyer, dans une soumission consciente et acceptée, négligeant sans regret sa propre carrière. Pour garder “son homme”, elle choisit d'apprendre les bonnes manières, de parfaire son éducation de maîtresse de maison et de compléter la largeur de sa culture générale auprès de personnalités comme l'écrivain Jean Cau ou le journaliste et critique Georges Beaume.

Sur le plan professionnel, les deux acteurs ne se jetteront pas sur la fausse bonne idée de faire carrière ensemble. Il faudra attendre 1974 pour les voir à nouveau réunis à l'écran dans «Les seins de glace», un “Lautner” aussi froid que son titre. Suivront «L'homme pressé» et «Mort d'un pourri» (1977) qui mettront surtout Delon en vedette, Mireille ne servant que de distraction…

Tant que battra son coeur…

Mireille DarcMireille Darc

Si Mireille Darc n'a plus besoin du cinéma, le cinéma ne l'oublie pas pour autant et sa carrière “solo” poursuit sereinement son cours. Engagée par Yves Robert pour incarner une espionne de charme face au «Grand blond avec une chaussure noire» (1972), elle se présente sur le plateau, à la surprise de toute l'équipe technique, dans une robe à “décolleté de fesses” imaginée par une styliste de Guy Laroche, sa poitrine n'étant pas à la hauteur de sa chute de reins ! Toujours dans la comédie, elle répond, cerise sur le gâteau empoisonné, aux appels adressés par Pierre Mondy sur son «Téléphone rose», en call-girl mandatée pour faciliter le rachat de l'entreprise de son client par une société américaine.

La décennie s'achève dans un bonheur tranquille lorsque, le 30 décembre 1979, l'actrice s'effondre, victime d'une embolie cérébrale. Au mois de mars 1980, elle passe huit heures dans une salle d'opération où le professeur Cabrol lui implante une valve afin de réguler le flot de son sang. C'est à Marrakech, dans un véritable palais que le couple achète pour l'occasion, qu'elle achève sa convalescence. Alain travaille de son côté, lui qui a entamé son premier film en tant que réalisateur, «Pour la peau d'un flic» (1981). Lutte-t-il jusqu'au bout pour ne pas tomber amoureux de sa jeune partenaire, la délicieuse Anne Parillaud ? Toujours est-il que sa compagne de quinze années s'installe bientôt seule dans un studio prêté par Guy Laroche. Il ne viendra pas la chercher…

Le 7 juillet 1983, passagère à la place que l'on attribue généralement au mort, Mireille Darc est victime d'un très grave accident de voiture dans le tunnel d'Aoste. On lui diagnostique, pour ne parler que de la blessure la plus grave, une fracture de la colonne vertébrale qui nécessitera, après opération, trois mois d'immobilisme, le corps enfermé dans une coquille, avec l'impossibilité de prendre le moindre analgésique à cause de sa faiblesse chronique. Alain passe de long moment à ses côtés, "… dans le devoir et l'amitié", écrira-t-elle. Alors, toujours amoureuse mais encore lucide, elle lui demande de ne plus venir la voir et se réfugie auprès de deux de ses récents amis, l'actrice Marie Marczack et le journaliste Pierre Barret, alors directeur d'Europe 1…

Réapprendre à vivre…

À l'automne 1983, on retrouve notre convalescente dans le chariot d'un U.L.M., en compagnie de Pierre Barret, casse-cou sans limite. S'envoyer en l'air sous le soleil d'Égypte, ça crée des liens réparateurs et le nouveau couple s'installe dans une maison à 3 étages de Boulogne Billancourt. Le monde du spectacle n'a pas rejeté la comédienne : Jacqueline Cormier lui propose de reprendre sur scène la pièce de Neil Simon, «Chapter Two», pour une série de représentations génératrice d'un grand succès, général et personnel (1985). Pour le cinéma, le producteur Norbert Saada lui offre de diriger l'adaptation du roman de Katherine Pancol, «La barbare» (1988), l'histoire d'une jeune fille qui vient détruire un couple jusque là bien installé dans le bonheur. La vie se permet parfois de ces malices… Elle sait aussi se montrer cruelle et le tournage du film, dans le désert tunisien, pâtira de la lente agonie parallèle de Pierre sur lequel une greffe du foie ne permettra pas de prolonger la vie au-delà de quelques mois.

Mireille Darc ne reviendra plus au septième art. Mais la télévision se servira d'elle, en faisant notamment l'héroïne de la série réalisée par Jean Sagols, «Coeurs brûlés» (1992), ainsi que de sa suite, «Les yeux d'Hélène» (1994). Elle réalisera également des documentaires médicaux et sociaux dans le cadre de la série «Envoyé spécial». Le 30 juin 2002, elle accepte, des larmes de joie au coin des yeux, la demande en mariage que lui fait l'architecte Pascal Desprez.

En 2007, le couple Mireille Darc et Alain Delon se reconstitue sur scène dans une adaptation théâtrale du roman de Robert James Waller, «Sur la route de Madison», des retrouvailles chargées de souvenirs et d'émotion. En complément à la rédaction de ses mémoires, l'actrice publie l'année suivante un ouvrage plus intime, «Mon père», dans lequel elle lève le voile sur le secret caché de sa petite enfance dont la confirmation lui a été apportée par un médium. À chacun ses certitudes et «Si elle dit oui… je ne dis pas non» (1983) !

En conflit permanent avec son coeur de sauterelle qu'il a fallu réouvrir en 2013 et qui lui a encore joué de vilains tours ces derniers mois, Mireille Darc – de son nom désormais officiel – savoure la vie avec l'appétit de ceux qui reviennent de loin et sont encore surpris de ne pas avoir atteint le bout du chemin.

"La route est longue, longue, longue… Marche sans jamais t'arrêter".

Documents…

Sources : «Tant que battra mon coeur…», mémoires de Mireille Darc (XO éditions, 2005), «Mireille Darc, blessures intimes», documentaire de Sarah Briand et Florent Maillet (2013), documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Citation :

"Mettre sa vie en mots est un exercice impitoyable, comme de s'observer longuement dans un miroir grossissant.

C'est revisiter son enfance, revivre ses peurs, ses cauchemars, ses hontes…"

Mireille Darc
Fille de lumière…
Christian Grenier (juin 2017)
La célébrité…

Quand on me posera la question quelques années plus tard, "Qu'est-ce que c'est pour vous, la célébrité ?", j'aurai le culot de faire cette réponse qui dut réveiller la Pucelle dans sa tombe : "Quand les enfants écriront Jeanne d'Arc sans apostrophe !".

Mireille Darc, «Tant que battra mon coeur…»

Femme et servante…

Je ne suis pas collectionneuse, mais je me sens devenir femme sous le regard d'Alain, femme dans l'appellation biblique la plus ancienne, la plus rétrograde.

Je veux lui appartenir, lui être dévoué par le corps et l'âme et, si j'osais, j'écrirais que je veux l'aimer comme Marie-Madeleine a aimé le Christ.

Oui, voilà ! Je veux être l'humble servante d'Alain comme le fut Marie-Madeleine pour Jésus, et je n'ai pas honte de le dire.

C'est d'ailleurs à cette époque que, parlant des féministes, j'ose cette phrase qui va faire les gros titres de quelques journaux : "Ce sont des enquiquineuses et elles me barbent avec leurs histoires de libération de la femme !".

Mireille Darc, «Tant que battra mon coeur…»

Ma soeur jumelle…

"J'ai une soeur jumelle qui habite soi-disant Toulon.

De temps en temps, elle vient à Paris. Je m'habille différemment et je luis fais raconter des histoires de province.

Ça intrigue beaucoup les gens, d'autant qu'on ne nous a jamais vues ensemble.

Et pour cause !"

Mireille Darc, «Tant que battra mon coeur…»

Ed.8.1.2 : 7-6-2017