John BARRYMORE (1882 / 1942)

… le plus beau fruit de l'arbre des Barrymore…

…le plus beau fruit de l'arbre des Barrymore… John Barrymore

Immense acteur de théâtre, John Barrymore demeure le plus illustre représentant de la fameuse dynastie des Barrymore, qui se perpétue encore en ce 21ème siècle par la présence au devant de la scène de la jeune Drew, petite- fille du grand artiste.

… Le plus illustre et le plus turbulent, qui terminera tristement sa carrière, eu égard au talent que lui reconnaissait le public de l'époque et dont peu de gens se souviennent encore, tout au moins de ce côté-ci de l'Atlantique.

Christian Grenier

La dynastie…

John BarrymoreJohn Barrymore (1918)

Parlons-en, de cette famille Barrymore, debout sur les planches depuis la moitié du XIX° siècle !

Le patriarche, Maurice Blythe Barrymore, acteur shakespearien, a épousé Georgina Drew, fille de l'acteur John Drew et de madame, directrice de théâtre, elle-même fille d'un grand comédien britannique du XIX° siècle, Frederick Lane.

Le couple aura 3 enfants, Lionel Barrymore (1878), Ethel Barrymore (1879) et John Barrymore (1882), tous grands acteurs de théatre et de cinéma.

Le dernier-né, qui nous intéresse aujourd'hui, est lui même le père de deux comédiens, Diana Darrymore (1921) et John Drew Barrymore (1932), lequel sera lui même l'heureux géniteur de la copine d'E.T.

Vous suivez ?…Non ? Rien d'étonnant… Alors, consultons le tableau généalogique

Ca va mieux ?

Et encore, tout n'y est pas !

John Barrymore Senior…

John BarrymoreDolores Costello, Dolores Ethel Mae et John (1930)

Le héros du jour est donc né John Sidney Blyth(e), dit John Barrymore, le 14-2-1882, selon les documents administratifs, le 15-2-1882 selon les archives familiales (source IMDB).

Afin d'échapper à la “malédiction familiale”, le jeune John se cherche un moment des talents de dessinateur. Mais le “sang” est le plus fort… Sur les planches à 18 ans, dans des productions paternelles, il ne tarde pas à gagner son indépendance. Après avoir survécu au terrible tremblement de terre de San Francisco, (1906), le jeune acteur gagne ses galons de vedette et devient une star de Broadway (1909). Ses prestations dans «Peter Ibbetson» (1917), «Richard III» (1920) et surtout «Hamlet» (1922, avec Blanche Yurka, 101 représentations successives), dont on parle encore de nos jours, contribuent à sa renommée.

Il aborde le cinéma en 1914, avec «An American citizen», une bande réalisée par un certain J.Searle Dawley. La première partie de sa carrière cinématographique demeure obscure à bien des cinéphiles.

Il doit son premier succès à l'écran au roman “pervers” de Robert Louis Stevenson, «Dr.Jekyll et Mr.Hyde» (1920), dans lequel, en prédécesseur de Fredric March et de Spencer Tracy, il incarne un Hyde des plus inquiétants.

Après un mariage écourté (1910 / 1916) avec une comédienne stagiaire de 18 ans, Katherine Harris, l'acteur est alors l'époux et l'adversaire de la poétesse bi-sexuelle et marginale Blanche Oelrichs, qui se fait appeler Michael Strange. Le couple a une fille, Diana Barrymore (1921), future actrice.

Bien avant Basil Rahtbone, John Barrymore incarne dès 1922 le célèbre détective «Sherlock Holmes» dans une réalisation éponyme d'Albert Parker. Parmi les grands personnage interprétés par Barrymore à l'époque muette, citons le célèbre dandy «Beau Brummel» (1924, avec Mary AstorMary Astor), et la fameuse version filmée de «Don Juan», réalisée par Alan Crossland un an avant «The Jazz Singer», film devenu historique par son utilisation de la bande sonore.

En 1928, notre homme épouse en troisième noces l'une des nombreuses déesses du cinéma muet américain, l'actrice Dolores Costello. Le couple aura deux enfants, Dolores Ethel Mae (1930), et John Drew Barrymore (1932) qui perpétuera la tradition familiale.

Le “parlant”…

John Barrymore«Grand hôtel» (1932)

Plus doué que ces deux aînés, selon les critères en vigueur à l'époque, John Barrymore fut le seul des trois à ne jamais recevoir l'Oscar.

Il aborde pourtant le cinéma parlant avec la confiance des grands acteurs de théâtre, mais la carrière cinématographique de Lionel surpasse la sienne à partir des années trente.

Tout commence pourtant bien lorsqu'il partage la vedette avec Greta Garbo dans une idylle du «Grand hôtel» d'Edmund Goulding (1932). Cette même année, les trois Barrymore sont, pour l'unique fois de leurs carrières respectives, à l'affiche d'un même film, «Rasputin and the Empress» (1932, Richard Boleslavski).

C'est ensuite George Cukor qui lui fait confiance à trois reprises, «A Bill of Divorcement» (1932, avec Katharine Hepburn), «Dinner at eight» (1933, face à Wallace BeeryWallace Beery et Jean HarlowJean Harlow), et surtout «Romeo and Juliet» (1936, avec le couple Norma Shearer et Leslie Howard), une occasion comme une autre de retrouver Shakespeare…

La déchéance…

John BarrymoreElaine Barrie et John Barrymore

Hélas, l'acteur retombe dans les excès en tout genre. L'abus d'alcool, auquel il s'adonne depuis son plus jeune âge, lui occasionne des trous de mémoires rédhibitoire au bon exercice de son métier. On le vit même ivre ou amnésique sur scène…

Cette dépendance excessive, sa liaison avec une étudiante de 19 ans, Elaine Barrie (la future quatrième madame John Barrymore) et l'influence du couple Helene Costello/Lowell Sherman poussent Dolores à demander le divorce.

A la fin des années trente, le grand John Barrymore n'est plus que l'ombre de lui-même. Confronté à des problèmes d'argent, il accepte des rôles, indignes de son talent passé, qui lui permettent de garder l'illusion d'une gloire éternelle.

"Le 19 mai 1942, John Barrymore s'effondre durant la répétition d'un programme radio. Il est amené d'urgence au Hollywood Presbyterian Hospital, où l'on diagnostique une broncho-pneumonie, un durcissement des artères, un ulcère hémorragique et une cirrhose du buveur. Après dix jours d'améliorations et de rechutes, entre conscience et inconscience, il décède finalement le 29 mai 1942, à 10h20, pendant son sommeil." («John Barrymore, a shakespearien actor»).

Sa fille Diana, son fils John Drew, et jusqu'à sa petite fille Drew Barrymore (la copine d'E.T.), ont traversé les mêmes épreuves que leur illustre ascendant. Triste illustration de l'importance de l'environnement familial.

Documents…

Sources : documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Citation :

"Mourir ? Je vous dis non, cher ami. Aucun Barrymore ne permettrait qu'une chose aussi conventionnelle lui arrive !"

John Barrymore
Train de luxe…
Christian Grenier (décembre 2004)
Ed.7.2.2 : 25-3-2016