Kevin Costner (1955)

Il descend le cours des rivières…

Kevin CostnerKevin Costner

Fils de William Costner, un électricien de la compagnie Edison et d'une assistante sociale, Sharon Rae, Kevin Michael Costner voit le jour le 18 janvier 1955, à Lynwood (Los Angeles, Californie). Benjamin de deux frères dont le cadet mort-né, il grandit dans une banlieue ouvrière de Los Angeles. Dans cette famille aux racines allemandes, britanniques et, prétendra-t-il, Cherokee, il reçut une éducation dans la tradition protestante sans se montrer pour autant un bon élève. A sa déchage, portons les nombreux déplacements du foyer familial afin de satisfaire aux exigences professionnelles de papa, tenu de changer de résidence en fonction des chantiers auxquels il est affecté et brinquebalant sa progéniture d'un établissement scolaire à un autre.

Au tournant de l'adolescence, le jeune garçon intègre la chorale d'une église baptiste tandis que maman le pousse à prendre des leçons de piano auxquelles il s'astreint malgré son manque de volonté. Rêveur et poète en herbe, à l'âge de 18 ans, il construit un canoë avec lequel il descend les courants jusqu'à l'Océan Pacifique en suivant le parcours des explorateurs Lewis et Clark. L'aventure terminée, il entame des études d'économie à l'université Fullerton, où il découvre le théâtre et fait la connaissance de Cindy Silva qui devient rapidement sa première épouse (1978) et, le temps de souffler, la mère de leurs trois enfants. Dans l'avion qui les ramène de leur voyage de noces au Mexique, Kevin fait la rencontre capitale de l'acteur Richard Burton, lequel, frappé par sa beauté naturelle et la couleur de ses yeux – émeraude comme les siens – lui conseille de se tourner vers le cinéma et de tout sacrifier à cet objectif. Suivant le conseil à la lettre, le jeune homme abandonne, contre l'avis de son épouse, sa fraîche activité d'agent commercial pour s'installer à Hollywood, rejoindre une coopérative d'acteur – "The South Coast Actors Coop" – et assurer sa subsistance, sinon celle des siens, en acceptant quelques petits boulots.

La chance lui sourit enfin lorsqu'il parvient à se faire engager aux studios Raleigh comme régisseur, puis ingénieur du son, opportunité dont il se saisit pour découvrir et apprendre tous les métiers du cinéma. Et comme il ne manque pas d'allure avec son air à la Steve McQueen, il ne tarde pas à attirer l'attention des directeurs de castings et obtient quelques rôles plus ou moins importants dans des oeuvrettes à la diffusion limitée («Chasing Dreams» en 1982, «Stacy's Knights» et «Testament» en 1983, etc) bien avant que certaines d'entre elles ne bénéficient d'une plus large distribution lorsque notre héros aura acquis la célébrité, comme «Sizzle Beach» (1974) en 1986 ou encore «Shadows Run Black» (1981) en 1984, .

Il danse avec les loups…

Kevin Costner«Dance With Wolves» (1990)

… Ce qui aurait pu arriver dès 1983 lorsqu'il fut retenu par Lawrence Kasdan pour intégrer la bande des «Copains d'abord», mais son personnage fut retiré du montage final dans lequel il n'apparaît plus qu'à l'état de cadavre ! Pour se faire pardonner, et conscient des possibilités du jeune homme, le réalisateur le retiendra pour être l'un des principaux acteurs de «Silverado» (1985), lui mettant ainsi le pied à l'étrier, initiative d'autant plus louable qu'il s'agissait d'un western. Deux ans plus tard, ses scènes torrides avec Sean Young dans «Sens unique» achèvent d'assurer sa notoriété. En 1987, il et même désigné comme "The Tomorrow Star (La star de demain)" par l'association des propriétaires de salles de cinéma de Tonton Sammy !

Dès l'origine, Kevin Costner fait preuve d'une volonté farouche à se construire une image de héros irréprochable dans la lignée de Gary Cooper ou James Stewart. Décidé à se prendre en charge et soucieux de ne devoir son succès qu'à lui-même, il fonde en 1989, avec son frère Dan et le producteur Jim Wilson, la compagnie Tig Productions – du nom Cherokee de son arrière-grand-mère – et se lance dans l'énorme chantier que constitue «Danse avec les loups», pour lequel il parvient à trouver un lourd financement et à imposer sa présence derrière la caméra. Le film, couronné de sept oscars, dont ceux du meilleur film et de la meilleure réalisation, connait un succès mondial qui lui ouvre la porte de toutes les extravagances. Dans la foulée, il achète à ses amis Sioux plusieurs hectares de terrain dans le Dakota du Sud, au coeur des Black Hills, avec l'intention non avouée d'y construire un parc d'attractions, Tatanka. Lorsqu'ils découvriront ses intentions, ses amis Indiens se sentiront trahis et l'affaire se limitera à sa première tranche, faute d'investisseurs de soutien.

Côté cinéma, tout sourit à la nouvelle star qui réalise lui-même les cascades de «Robin des Bois, prince des voleurs» (Kevin Reynolds, 1990) et endosse le costume du procureur Garrison dans «JFK» (1991). Même lorsqu'il s'aventure dans des affaires que d'aucuns trouveront mauvaises («The Bodyguard» en 1992, «A Perfect World» en 1993), son nom suffit à remplir les salles. Alors Kevin se croit intouchable et se lance dans la parabole écologique et mégalomaniaque de «Waterworld», une aventure au budget colossal, à nouveau réalisée par son compère Kevin Reynolds, se déroulant dans un monde recouvert par les océans, laissant sourdre paradoxalement un sentiment de claustrophobie assez lourd. Si le film n'est pas une catastrophe économique, il est loin de répondre à toutes les espérances sonnantes et trébuchantes que l'investissement permettait d'espérer. D'autant plus que, entêté, l'acteur en pond une réplique, «The Postman» (1997), laquelle se révèlera un véritable gouffre financier. Qu'on se le dise – et on se le dira – Kevin Costner n'est plus “bankable”.

Il récure les océans…

Kevin CostnerKevin Costner

Côté coeur, plaqué par Cyndy, Kevin connaît une aventure avec Bridget Rooney, riche héritière d'une famille fondatrice du club de footbal américain des Pittsbugh Steekers. Un fils, Liam, naît en 1996 de cette liaison, enfant dont il assurera le bien-être matériel sans jamais entretenir avec lui la moindre relation, étant à cette époque engagé auprès du top-model Elle McPherson. Sur le plan des idées, conservateur pur et dur, il soutient le lobby des armes et, ami de Ronald Reagan et de George Bush, prend position contre l'avortement. Pourtant, en 2000, à la surprise générale, il soutien Bill Clinton dans sa course à la présidence avant de faire la même chose en 2008 pour Barak Obama, changements de veste qui entretiennent sa réputation d'opportuniste toujours du côté du favori.

Côté public, il apparaît dans quelques unes de ses propres co-productions («Message dans une bouteille» en 1999, «Treize jours» en 2000) et se lance dans les affaires. Sensibilié aux problèmes liés à l'environnement depuis la catastrophe de l'Exxon Valdez (1989), il rachète Ocean's Therapy Solutions, une société produisant un robot qui permet de séparer le pétrole de l'eau de mer. Un peu plus tard, l'acteur Stephen Baldwyn, un temps son associé dans l'affaire et venant de lui vendre ses parts, lui intentera un procès en apprenant l'existence d'un contrat avantageux conclu juste après la vente, mais il sera débouté par les tribunaux.

En 2004, Kevin Costner épouse le modèle allemand Christine Baumgartner, de vingt ans sa cadette et rencontrée quatre ans auparavant sur un terrain de golf. Ils auront également trois enfants. Sous son influence, l'acteur mènera parallèlement une carrière musicale au sein du Kevin Costner ans Moderns West", ayant commis à ce jour plusieurs albums. Au cinéma, il s'attèle à reconstruire son image, acceptant quand il le faut des rôles secondaires («La rumeur court…» en 2005, «Man of Steel» en 2013 où il reprend, père d'un Superman qui n'avoue à moitié son nom, le rôle tenu par Glenn Ford dans la version de 1978). En 2006, il obtient son étoile sur le Walk of Fame d'Hollywood.

En 2012, Kevin Costner produit la mini-série à succès, «Hatfields and McCoys» (3 épisodes) dont il s'attribue le rôle principal et qui lui vaudra un Emmy Award. En février 2013, il prononce quelques phrases touchantes lors des obsèques de Whitney Houston, sa partenaire de «The Bodyguard», avant d'être, dix jours plus tard, l'invité d'honneur de la 38ème cérémonie des César qui lui décerne un exemplaire de la fameuse statuette pour sa contribution à l'art cinématographique. Enfin, en 2016, il incarne pour la première fois un “bad boy” dans «Criminal : un espion dans la tête».

Documents…

Sources : documentaire de de Gilles Ganzman, «Kevin Costner, les secrets d'une image parfaite» (2013), Imdb, documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Citation :

"Dans ma vie, j'aimerais être héroïque, parce que je pense que c'est comme ça que l'on doit traverser son existence."

Kevin Costner
Kevin Costner…
Christian Grenier (mars 2017)
Ed.8.1.2 : 4-3-2017