Steve McQUEEN (1930 / 1980)

Un kid d'Indianapolis…

Steve McQueenSteve McQueen

Terence Stephen McQueen vint au monde à l'hôpital de Beach Grove, une localité proche d'Indianapolis (Indiana), le 24 mars 1930. Fils de William McQueen et de Julia, il n'a guère le temps d'apprendre à connaître ses parents, le père abandonnant sa petite famille dès 1932. Julia décide alors de tenter sa chance en Californie, laissant l'enfant à la charge de son oncle Claude, un paisible fermier de Slater, petite commune agricole du Missouri.

Sur place, le petit Terence partage a vie des animaux et parcourt les grands espaces, se forgeant ce goût de liberté qu'il s'attachera à entretenir sa vie durant. Heureux, mais insatisfait de sa “différence”“différence”, il souffre de l'absence de sa mère. Remariée, celle-ci le récupère en 1936 pour le ramener à Los Angeles.

Hélas, les relations avec son beau-père s'enveniment rapidement. Les disputes se succèdent et les fossés se creusent. En 1944, à la suite d'une altercation plus violente que les autres, Steve fait une fugue. Ramené par la police, il est placé dans une école d'enfants divorcés, la Junior Boys' Republic de Chino (Californie).

Rétif, peu enclin à la discipline qu'implique une vie de groupe, il ne tarde pas à s'enfuir de l'établissement pour une courte escapade, à nouveau ramené par les forces de l'ordre. Pris en charge par un éducateur plus compréhensif, il parvient enfin à s'intéresser aux activités d'un atelier de laiterie qui lui rappellent ses vertes années et lui permet de retrouver temporairement une stabilité reposante.

"El bandido…"

En 1945, Terence rejoint sa mère, devenue veuve, à New York. Mais il leur est difficile de renouer des relations “normales” et l'adolescent rebelle qu'il est devenu ne supporte plus les reproches. Il rejoint alors l'équipage d'un cargo en partance pour les Caraïbes, qu'il quitte à la première escale (Port-Arthur). Rapidement désargenté, il exerce divers petits métiers : garçon d'hôtel à Port Arthur, ouvrier pétrolier à Corpus Christy, aboyeur, acrobate, vendeur de stylos à bille dans un cirque de Waco qu'il quitte à Ottawa pour devenir bûcheron dans une scierie locale, etc.

En 1947, las d'une vie d'incertitudes, il s'engage pour trois ans dans les Marines. Il se découvre bientôt une passion insoupçonnée pour la mécanique et son corollaire, la vitesse. Même si son esprit indomptable lui vaudra au total 41 jours de “taule”, il déclarera plus tard : "Les Marines ont fait de moi un homme. Sans eux, je serais peut-être en prison aujourd'hui".

Rendu à la vie civile en 1950, il dépense toutes ses économies dans la fête et la drague à Myrtle Beach (Californie). Sans un sou en poche, il revient alors sur la côte Est, s'installe à Greenwich Village (New York) où il travaille comme mécanicien dans une compagnie de taxis, puis plombier, camionneur, fabricant de sandales, carreleur, vendeur ambulant d'encyclopédies,…

"Au nom de la loi"…

Steve McQueenJosh Randall

À l'automne 1951, sur la suggestion d'une amie, Terence McQueen s'inscrit aux cours d'art dramatique de Sanford Meisner tout en conduisant des poids lourds, régime auquel il s'astreint pendant une longue année. Entre ses deux saisons d'études, il décroche un premier rôle, certes bien modeste, dans une pièce menée par Margaret O'Brien, «Peg O' My Heart» et dans laquelle il n'a qu'une seule phrase à prononcer, "That is not used for nothing (Cela ne sert pas à grand chose)".

Ses premières armes astiquées, il suit les leçons données par l'actrice allemande Uta Hagen au Herbert Berghof Studio de New York. Il ose se présenter à une audition afin de voir s'ouvrir devant lui les portes de l'Actor's Studio et fait partie des 5 lauréats parmi 2000 postulants, preuve d'une volonté farouche et d'une personnalité déjà hors norme. À une brève figuration au grand écran («Girl on the Run» en 1953) succèdent ses premières apparitions à la télévision (l'épisode «The Chivvington Raid» de la série «Goodyear Television Playhouse» en 1955, «Studio One : The Defender» en 1957,…). En 1955, on Broadway, il remplace son collègue Ben Gazzara pour les 3 derniers mois de représentation de la pièce «A Hatful of Rain».

L'année suivante, le réalisateur Mark Rydell, qui ne travaille pas encore pour le cinéma, lui présente Neile Adams, une jeune actrice dont il ne tarde pas à tomber amoureux. Réticente, celle-ci finit par succomber à son charme et les deux jeunes gens se marient dans la petite localité californienne de San Juan Capistrano, le 2-11-1956. De cette union longtemps sans nuage naîtront deux enfants – une fille, Terry Leslie (5-6-1959), un garçon, Chadwick Steven (28-12-1960 – pour lesquels Neile abandonnera sa carrière. En 1958, Steve McQueen débute à l'écran dans deux courtes scènes de «Marqué par la haine», une biographie romancée de Rocky Graziano, boxeur américain incarné par Paul Newman.

«Never Love a Stranger» de Robert Stevens (1958, inédit en France) lui offre un premier rôle important et si sa notoriété naissante ne lui vaut pas encore les honneurs de l'affiche, on n'y verra que lui lors des rééditions successives de cette oeuvre, laquelle serait autrement restée vraisemblablement des plus discrètes. La même année, «The Blob», titre devenu culte, le distribue enfin en vedette. Ce film fantastique, histoire d'une subsistance gélatineuse qui étend son péril sur une société américaine appelée à se défendre sans relâche et qui, rouge écarlate qui ressemble comme deux gouttes de sang au communisme de l'époque de la guerre froide, ne sortira en France qu'en 1977 sous le titre «Danger planétaire» : chez nous aussi, on est un peu méfiant !

En 1959, membre d'un groupe de gangsters préparant un «Hold-up en 120 secondes», Steve McQueen compose une sorte d'anti-héros subissant les événements, véritable documentaire sur l'art de préparer un mauvais coup qui se heurtera finalement aux conséquences de l'impondérable.

L'Ouest, le vrai…

En 1958, Steve McQueen participe à un épisode de la série télévisée «Track Down», narrant les aventures d'un Texas Ranger campé par Robert Culp. L'opus en question met en scène «The Bounty Hunter», un chasseur de primes nommé Josh Randall. Ainsi naît le personnage qui devait rendre notre vedette célèbre tout au long des 94 épisodes de la série qui en découlera, «Wanted, Dead or Alive» (1958/1961), co-produite par la Four Stars Productions de Dick Powell. Prenant à coeur son nouveau travail, Steve McQueen s'investit totalement dans la création de son personnage. On lui doit l'idée de scier une partie de la crosse et du canon de sa Winchester, tandis qu'il s'entraîne de long jours durant pour pouvoir se servir de son arme avec dextérité. Il choisira lui-même sa monture, Ringo, un pur-sang rétif qui le suivra tout au long de ses aventures.

L'acteur et le personnage entrent rapidement en symbiose. Sous sa volonté, Josh Randall entre dans une réalité plus crédible, préférant la ruse ou l'adresse pures au courage inconscient de ceux qui ont l'assurance d'une invraisemblable invincibilité. Ce faisant, il ne tarde pas à s'opposer au scénariste et créateur Ed Adamson mais il tient ferme, met son contrat en jeu et finit par obtenir gain de cause, préfigurant ainsi les héros des westerns modernes des années soixante.

Diffusée en France à partir de 1963 sous le titre de «Au nom de la loi» (79 épisodes doublés dont 71 diffusés), la série, présentée en “prime time” comme on ne disait pas à l'époque, obtint chez nous, comme partout ailleurs, un franc succès.

Pourtant, lorsque Josh Randall aura pris sa retraite et remisé sa Winchester au musée du western, Steve McQueen ne travaillera plus jamais pour le petit écran.

Les grosses machines…

Steve McQueenSteve McQueen, un mercenaire… (1963)

En 1963, alors que les téléspectateurs français s'enthousiasment encore pour les aventures hebdomadaires de Josh Randall, Steve McQueen, son apparence humaine, est déjà devenu une vedette. Dès 1959, un journaliste du "New York Herald Tribune", l'ayant remarqué dans «La proie des vautours» (John Sturges, 1959), écrivait déjà : "Steve McQueen possède ce mélange de charme doux-dur qui suggère la star potentielle". Il a obtenu ce rôle par un heureux concours de circonstances, à la suite d'une dispute entre Frank Sinatra et Sammy Davis Jr, initialement envisagé.

Lorsque le producteur Walter Mirisch projette une transposition des «Sept samouraïs» d'Akira Kurosawa (1954) dans l'univers du western, John Sturges n'oublie pas ce jeune acteur qui a su s'imposer parmi les fortes têtes du "Rat Pack". Il en fait l'un des «Sept mercenaires» (1960), Vin, le second de Chris (Yul Brynner) et l'un des trois qui survivront à leur dangereuse mission. Cavalier émérite, aguerri au maniement des armes, à nouveau affublé d'un fusil à canon scié, Steve vole la vedette à celui qui aurait dû l'être à tel point que, le film fini, les deux hommes ne partirent pas en vacances ensemble !

Après un étonnant détour vers la comédie via «Branle-bas au casino» du vétéran Richard Thorpe (1961), dont on ne se souvient que parce qu'il en tenait la vedette, Steve McQueen remonte au combat. Mauvaise tête, asocial comme l'est son interprète dans la vie, le Sergent Reese rachètera ses erreurs homicides par un acte de bravoure dans lequel il laissera la vie; mais on ne s'acquitte jamais de la mort de ses camarades et l'on a beau faire acte de contrition, «L'enfer est pour les héros» (1962). Dans la même veine, «L'homme qui aimait la guerre» (1962) finira victime de sa passion meurtrière.

«La grande évasion» (John Sturges, 1963), qui présente des similitudes troublantes avec «Mot de passe courage» (1962) distribué quelques mois auparavant, est avant tout une superproduction américaine rassemblant quelques grands noms du cinéma anglo-saxon. La scène la plus mémorable du film est sans contexte la fuite que s'offre notre ami sur une “bécane” allemande. Steve a modifié lui-même sa Triumph Trophy TR5 de 1962 – censée représenter une BMW “vert-de-gris” des années quarante – qu'il manoeuvre avec habileté, nonobstant les rares plans où il est doublé. Anecdote que l'on raconte, l'engin et son pilote se seraient montrés si rapide que nul ne put les suivre et c'est l'acteur lui-même qui, grâce à un effet de montage, aurait endossé le costume de son poursuivant ! Quoiqu'il en soit l'exploit et son talent lui valurent les lauriers du meilleur acteur au Festival de Moscou 1963, et firent de lui une étoile montante.

Le plus long baiser de l'histoire du cinéma…

À l'heure de pouvoir prendre sa carrière en main, Steve McQueen fait confiance à Robert Mulligan, un jeune réalisateur venu de la télévision et déjà remarqué par son oeuvre précédente, «Du silence et des ombres» (1962). «Une certaine rencontre» (1963) s'attaque à un sujet tabou dans le cinéma de l'oncle Sam, l'avortement. Anti-héros immature, Rocky Papasano est un homme du commun confronté à des problèmes sociaux bien réalistes. Le duo formé avec Natalie Wood fonctionne parfaitement et le métier de Mulligan fait le reste. Tant et si bien que les deux hommes se retrouvent dans «Le sillage de la violence» (1965), une nouvelle histoire de paumé, d'un déchiré de la vie. Sorti de prison après une enfance difficile, Henry Thomas cherche sa place dans une société où l'avenir n'existe pas pour ceux dont le passé reste trouble. Entre ces deux films intimistes, l'acteur participe, également en tant que co-producteur au travers de sa toute jeune société Solar Productions, à «La dernière bagarre» montée de toutes pièces par Ralph Nelson (1963). Trois échecs commerciaux qui vont pousser le rebelle à revenir dans le droit chemin des grosses machines.

Pour autant, «Le Kid de Cincinatti» (1965) n'est pas un “winner”. Même s'il paraît un temps imbattable au poker et heureux en amour, un vieillard en fin de course lui donnera une bonne leçon. Quant à «Nevada Smith» (1966) – personnage ébauché par Alan Ladd dans «Les ambitieux» (1963) et dont le passé mystérieux nous est enfin révélé – , il souffre du meurtre de ses parents et se nourrit de son désir de vengeance. Enfin, le servant de «La cannonière du Yang Tsé», n'est somme toute qu'un simple marin cabochard, devenu le jouet d'événements qu'il ne comprend pas et qui auront raison de lui sans qu'il ait vraiment compris pourquoi.

Il faut attendre «L'affaire Thomas Crown» pour retrouver un héros debarrassé de sa jeunesse et dénué de tortures morales. Millardaire bien rasé, sourire arrondi, costume chic et grosse voiture, Thomas Crown s'oppose à Faye Dunaway lors d'une partie d'échecs au fil d'une scène chargée d'un érotisme fortement suggestif et ponctuée par ce qui constituait alors le plus long baiser de l'histoire du cinéma : 55 secondes ! Ne riez pas, chez nos amis d'outre Atlantique, le code Hays limitait jusque là de telles effusions à 3 petites unités de temps !

Sous les traits de «Bullitt» (1968), Steve McQueen devient fonctionnaire. Lieutenant de police, il est chargé de protéger un témoin avant de s'apercevoir qu'il est l'objet d'une machination. Co-producteur avec la Warner, l'acteur a choisi un metteur en scène débutant, Peter Yates, qu'il a fait venir d'Angleterre. Ayant obtenu l'autorisation de tourner dans le rues de Los Angeles, il exécute lui-même la plupart des cascades automobiles au volant d'une Ford Mustang sur les fameuse buttes de la Cité des Anges, jusqu'à ce que l'on s'avise en haut lieu que ce pourrait être dangereux… pour l'équilibre financier du film ! Lequel rapportera plus de 20 millions de dollars, mais la Warner, qui n'a pas l'habitude de perdre la maîtrise de ses chantiers, renoncera au contrat de cinq titres qu'elle devait enchaîner avec la nouvelle star de l'écran…

Tourner ou conduire…

Steve McQueenSteve McQueen (1964)

Dès 1964, Steve McQueen participe à des compétitions professionnelles de sports mécaniques. Inscrit aux 6 jours d'Erfort (7 au 12 septembre 1964) où il fait équipage avec Bud Ekins (le cascadeur qui exécuta le saut au dessus des barbelés dans «La grande évasion»), il doit abandonner le 3ème jour à la suite d'une chute. Il rejoint alors les plateaux de la télévision française pour vendre aux enchères, dans le cadre d'une campagne de bienfaisance, la célèbre Winchester de Josh Randall, dont l'heureux acquéreur ne sera autre que Gilbert Bécaud.

En 1965, il acquiert les droits d'un roman de Robert Daley, «Cruel Sport», pour une adaptation cinméatographique qu'il envisage de confier à l'inévitable John Sturges, mais le projet n'aboutira pas. En mars 1970, il engage la Porsche N°48 aux 12 heures de Sebring, véhicule qu'il conduit une jambe plâtrée, ce qui n'empêchera pas le team "Solar Productions", qu'il compose avec Peter Revson, de finir la course à la deuxième place !

À cette époque, le septième art n'est plus le premier centre d'intérêt de la star. Mais, puisqu'il faut bien vivre, autant conjuguer métier et passion. Il envisage alors de tourner un film dans le cadre des 24 heures du Mans, à la fois comme acteur et pilote. Hélas, les assurances ne suivent pas : il doit se "contenter" de louer la piste pendant 3 mois afin de reconstituer les scènes sportives hors compétition. Sturges est à nouveau sollicité, mais de nombreux problèmes retardent le tournage et le réalisateur préfère renoncer au profit de Lee H. Katzin, encore un nouveau venu du petit écran. Le scénario de «Le Mans» (1971) est modifié, délaissant l'aspect documentaire pour une histoire romancée à la façon du «Grand Prix» de John Frankenheimer (1966). Le résultat ne satisfera ni les fans de l'idole, ni les amateurs de grosses cylindrées. Avec le temps, il nous reste de magnifiques images de ces dantesques duels que se livrèrent les Ferrari 512 et les Porsche 917 de l'époque, devenues aujourd'hui légendaires.

Dans la foulée, l'acteur finance un documentaire consacré à la moto, «Challenge One» (1971), dans lequel il accepte d'apparaître. En dehors des plateaux, décidé à vivre ce qu'il lui reste d'existence, il touche à la drogue, succombe à des coucheries, éloigne ses amis, se montre violent… À la maison, Neile Adams, lasse d'attendre, trouve des consolations sentimentales à sa solitude forcée…

Sa dernière bagarre…
Steve McQueenSteve McQueen

Pour regagner son public, Steve a besoin de redorer son blason. L'occasion lui en est offerte par Sam Peckinpah, chantre du western moderne et violent. C'est pourtant vers une histoire douce et humaine qu'il entraîne son interprète, alias «Junior Bonner, le dernier bagarreur» (1972), vedette de rodéos en quête d'une reconquête familiale. Sujet sans doute trop américain, la recette ne convainc pas grand monde. Alors, les deux compères retournent à ce qui a fait leurs succès respectifs, la violence pour l'un et les coups répétés de la vie pour l'autre. Au delà du succès qui en découle, «Le guet-apens» s'honore de la rencontre d'Ali MacGraw et de Steve MacQueen. Le 13 juillet 1973, à Cheyenne (Wyoming), leurs divorces respectifs prononcés, un mariage officialisera leur union.

Suivent alors deux super-productions sans surprise. «Papillon» (1973) est censé reconstituer les aventures extraordinaires du bagnard français Henry Charrière dont on sait aujourd'hui qu'elles furent pour le moins enjolivées dans le récit éponyme dont il aurait été l'auteur. Quant à «La tour infernale» (1974) – où il préféra camper le capitaine des pompiers, héros positif, alors qu'on lui proposait le rôle de l'architecte – elle fit le bonheur, même détruite, de ses investisseurs, ce qui ne constitue jamais un défaut dans le monde des affaires.

Sous l'influence de sa nouvelle épouse, Steve McQueen reconsidère sa courte carrière. Intellectuelle cultivée, Ali le pousse à changer son image, l'éloignant ainsi des rôles qui ont fait sa gloire. Lorsqu'il réapparait à l'écran, trois ans plus tard, dans une transposition d'une pièce de Henrik Ibsen, «An Enemy of the People» (1977), il est méconnaissable. Il a grossi, porte des lunettes rondes et se dresse, écologiste avant l'heure, contre l'industrialisation de son village par la vilaine compagnie qui en fait vivre la population. Était-ce trop tôt ? Toujours est-il qu'ils furent peu nombreux à recevoir le message, insuccès compromettant définitivement son intention annoncée d'adapter une pièce de Harold Pinter, «Old Times».

Le coup de foudre consommé, Ali et Steve n'ont plus grand chose à partager. La jeune femme, refusant de devenir la mère foyer que souhaite son compagnon, s'envole du nid, laissant l'oiseau fort déplumé, un état dépressif dont il mettra de longs mois à se remettre. Il lui faudra l'aide de son nouvel et dernier amour, le mannequin Barbara Minty, sa cadette de 24 ans, et l'exercice de sa nouvelle passion motorisée, l'aviation. Redevenu celui que réclamait ses fans, il incarne à nouveau une figure historique de l'Ouest, l'éclaireur «Tom Horn» (1979) à la réputation sulfureuse : soupçonné de plusieurs meurtres, le dernier l'amena sous une potence à eau pour une culpabilité de nos jours encore controversée.

Pour boucler la boucle, c'est en costume de chasseur de primes cinquantenaire et contemporain que Steve MacQueen aborde sa dernière bagarre. Personnage anachronique, «Le chasseur» (1980) se retrouve bientôt chassé, mais nul doute que, comme à ses plus belles heures, il saura se sortir de cette ultime battue.

Anormalement fatigué lors du tournage, Steve McQueen se résout à subir des examens médicaux qui révèlent un cancer de la plèvre. Les médecins ne lui accordant que quelques semaines à vivre, il épouse Barbara (janvier 1980), honore son dernier contrat et subit le 6 novembre – à sa demande et contre l'avis des spécialistes – une opération à la réussite improbable à la suite de laquelle il succombe quelques heures plus tard d'une faiblesse cardiaque, à la clinique Santa Rosa de Ciudad Juárez (Mexique).

Documents…

Sources : «Steve McQueen l'indomptable», documentaire de Mimi Freedman (2005), «Steve McQueen» par Philippe Ferrari (éditions Solar, 1981), Imdb, documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Citation :

"Je crois que, même si je n'ai rien fait de grandiose, le public se souviendra de moi."

Steve McQueen
"Je ne m'enfuis pas je vole…"
Christian Grenier (novembre 2017)
Mes vertes années…

"Ce fut là, dans l'herbe la plus verte du monde, que j'appris à monter à cheval à la manière des cow-boys et à celle des Indiens.

Si amusant que cela fût et si gentils que fussent mon oncle et ma tante – des gens merveilleux –, cela ne me donnait pas la chaleur d'un vrai foyer, ni la tendresse qui devait me manquer jusqu'à mon mariage"

Steve McQueen

Josh Randall…

"J'ai tout de suite aimé le caractère de Josh Randall. Comme moi, c'est un solitaire, un errant, un type qui a le goût du danger.

Pour entrer dans sa peau, j'imaginais ce qu'il aurait fait dans telle situation puis j'y ajoutais ce que j'aurais fait moi, personnellement.

Si les gens se sont pris de sympathie pour Josh Randall, c'et parce qu'ils ont vu en lui non pas un héros en bronze et en or, mais un homme en chair et en os, capable d'avoir du courage, mais aussi d'avoir la frousse !"

Steve McQueen

Éd.8.1.3 : 3-11-2017