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Monique MELINAND (1916 / 2012)

Monique Mélinand

Actrice française, née Monique Marianne Gabrielle Mélinand, le 9 mars 1916 à Paris. Décédée le 16-5-2012 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Elle naît à deux pas du Théâtre de l'Odéon, aujourd'hui Odéon-Théâtre de l'Europe, d'un papa, prestidigitateur à ses heures de loisirs, et plus sérieusement, professeur de philosophie, et d'une maman femme de lettres.

Elle n'a que onze ans lorsque, grâce à l'initiative de Marie Epstein, elle est engagée pour «Ames d'enfants» (1927), film muet que la réalisatrice codirige avec son mari, Jean-Benoît Lévy.

Monique ne néglige pas ses études pour autant et obtient brillamment son baccalauréat. Mais sa passion grandissante pour le théâtre l'amène à effectuer ses débuts sur la scène du "Théâtre 1932" dont la directrice n'est autre… que sa maman. Parallèlement, elle complète sa formation en suivant les cours d'art dramatique de Raymond Rouleau auprès d'une condisciple au destin qui s'avérera bien tourmenté : Corinne LuchaireCorinne Luchaire.

A vingt ans, fermement résolue, elle pousse la porte du Théâtre de l'Athénée où officie Louis JouvetLouis Jouvet. Retenue après une audition convaincante, elle entame une longue carrière théâtrale dont quatorze années passées auprès d'un patron exceptionnel, dont elle deviendra la compagne.

En 1941, celui-ci refusant de se produire pour l'occupant emmène sa troupe en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Monique la rejoint à Rio de Janeiro et joue durant cette longue tournée de quatre ans sur les scènes brésiliennes, argentines, uruguayennes, chiliennes, péruviennes, mexicaines, etc. Jusqu'à ce funeste jeudi 16 août 1951 où Jouvet succombe à un infarctus du myocarde dans le bureau de son théâtre. Peu après, Monique rejoint Marcel Herrand et Jean Marchat co-directeurs du Théâtre des Mathurins. Elle ne quittera les planches qu'à 75 ans, dans la cour d'honneur du Palais des Papes d'Avignon, avec «Vie et mort du Roi Jean» de Shakespeare.

Au cinéma, qui nous intéresse davantage, Monique Mélinand promena son agréable silhouette tout au long de 58 films, dont nous nous contenterons d'évoquer les plus célèbres. En commençant par «Entrée des artistes» (1938) où, encore élève de Jouvet, elle figure à ce titre dans sa classe de cinéma. Plus équitable sera le partage des charges, dix années plus tard, «Entre onze heures et minuit» (1948)…

Dans «Lady Paname» (1949), cigarette au bec, elle campe la pianiste du compositeur de musique qu'est l'excellent Henri Guisol. Cet unique film d'un Henri JeansonHenri Jeanson passé derrière la caméra ne rencontrera pas son public.

Dans «Les anciens de Saint-Loup» (1950), épouse trompée et abandonnée, la jeune actrice qu'elle est encore devient meurtrière. Dans «La pocharde» (1952), un grand premier rôle, elle nous offre une magnifique et émouvante interprétation d'une mère injustement accusée d'alcoolisme ainsi que de l'assassinat de son mari (Alfred Adam).

«Le sang à la tête» (1956), d'après «Le fils Cardinaud» de Simenon, nous la présente à nouveau en épouse trompée et en fuite d'un notable rochelais (Gabin). Mais, son absence étant le sujet du film, elle n'y apparaît que dans très peu de scènes. Dans «La mort de Belle» (1960), une peinture des mœurs chère au même Simenon, elle nous émeut en épouse austère et taraudée de doutes quant à l'innocence de son mari accusé du meurtre de leur étudiante-pensionnaire.

Plus près de nous, et dans des rôles davantage secondaires, nous la vîmes dans «La race des seigneurs» (1974) auprès de DelonAlain Delon. Pour ménager toute susceptibilité, la voici chez BelmondoJean-Paul Belmondo dans «Le corps de mon ennemi» (1976), en mère de Nicole GarciaNicole Garcia. «Sept morts sur ordonnance» (1975) en fait l'une des victimes qui décèderont sur la table d'opération d'un chirurgien malmené et harcelé par des confrères malveillants.

Les années 90 sont essentiellement marquées par sa rencontre avec Raul Ruiz qui, lui témoignant une très grande estime, la dirige dans quatre films : «Trois vies et une seule mort», «Généalogie d'un crime», «Le temps retrouvé» et «Les âmes fortes». Enfin, pour l'une de ses dernières compositions, «Le cou de la girafe» (2004), elle incarne la grand-mère de la jeune héroïne ; bien que n'apparaissant qu'à la fin du film pour une seule scène, elle parvient encore à nous offrir le plaisir de la retrouver avec son immense talent.

Monique Mélinand fut, de 1952 à 1964, l'épouse de Jean MartinelliJean Martinelli, et par la suite, la compagne du talentueux André ThorentAndré Thorent. Elle eut une fille, AgatheAgathe Mélinand, elle aussi dans le monde artistique. Elle décéda le 16 mai 1912 à Boulogne-Billancourt, à l'âge de 96 ans.

Yvan Foucart

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11938ENTREE DES ARTISTES [ Figuration ]
21948ENTRE ONZE HEURES ET MINUIT
31949LADY PANAME
41950LES ANCIENS DE SAINT-LOUP
51952LA POCHARDE
61956LE SANG A LA TETE
71959KATIA
81960LA MORT DE BELLE
91964LES BARBOUZES
101964ANGELIQUE, MARQUISE DES ANGES
111966LE VOLEUR
121968LA FEMME ECARLATE
131969DERNIER DOMICILE CONNU
141970LE CRI DU CORMORAN LE SOIR AU-DESSUS DES JONQUES
151971MOURIR D'AIMER
161973L'EVENEMENT LE PLUS IMPORTANT DEPUIS QUE L'HOMME A MARCHE SUR LA LUNE
171974LA GUEULE OUVERTE
181974LA RACE DES SEIGNEURS
191976LE CORPS DE MON ENNEMI
201977VA VOIR MAMAN, PAPA TRAVAILLE
L'Encinémathèque
Ed.7.2.2 : 26-4-2016