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Ralph RICHARDSON (1902 / 1983)

Ralph Richardson

Acteur britannique, né le 19 décembre 1902 à Cheltenham (Gloucestershire, Angleterre). Décédé le 10 octobre 1983, à Londres (Angleterre).

Évoquer la carrière de ce grand comédien, c'est avant tout parcourir plus d'un demi-siècle de l'histoire du théâtre anglais, dont il fut, avec ses amis Laurence OlivierLaurence Olivier et John GielgudJohn Gielgud, l'un des plus éminents représentants.

D'abord bruiteur, puis figurant, il devint dans les années 30 un acteur shakespearien de premier plan au sein de la prestigieuse troupe de l'Old Vic, qu'il dirigera pendant quelques années avec Laurence Olivier. En 1940, il triomphe dans «Othello» avant d'incarner Macbeth (dans une mise en scène de John Gielgud) et de laisser libre cours à sa fantaisie dans le rôle mythique de Falstaff («Henry IV», 1945). Tout au long d'une extraordinaire carrière théâtrale qui le mène jusqu'aux années 80, il ne négligera ni le répertoire étranger ni les auteurs contemporains, jouant les rôles-titres de «Cyrano de Bergerac» ou «Oncle Vanya» et créant en Angleterre «En attendant Godot» de Beckett ou «No Man's Land» de Harold Pinter (1978).

Bien qu'abondante et régulière, sa production cinématographique n'aura pas toujours le même éclat. Les débuts dans les années 30 sont visiblement “alimentaires” si l'on excepte le rôle du dictateur dans «La vie future» (1936) d'après H.G. Wells et sa participation aux deux classiques que sont «La citadelle» de King Vidor (1938) et «Les quatre plumes blanches» de Zoltan Korda (1939).

En 1948, enfin, il trouve un rôle à sa mesure dans la nouvelle adaptation par Julien Duvivier du roman de Tolstoï, «Anna Karénine» : face à son épouse de cinéma, Vivien Leigh, il n'a pas de mal à éclipser le pâle interprète de Vronski ! La même année, Carol Reed lui offre l'un de ses rares premiers rôles dans «Première désillusion», adaptation du roman de Graham Greene : il y incarne l'idole déchue du titre original, le majordome Baines, qui fascine le jeune héros jusqu'à ce que sa médiocrité éclate au grand jour.

En 1949, le père autoritaire de «L'héritière» Olivia de Havilland lui vaut une première nomination à l'oscar du meilleur second rôle masculin. Les années suivantes lui apporteront bon nombre de compositions marquantes sous la direction de grands cinéastes anglais et américains, de David Lean à Otto Preminger, et aux côtés de comédiens émérites comme Alec GuinnessAlec Guinness ou Katharine HepburnKatharine Hepburn : «Richard III» (1956), «Notre agent à La Havane» (1959), «Exodus» (1960), «Le docteur Jivago» (1965), «Khartoum» (1966)… Il semble difficile d'imaginer à cette époque une production de prestige sans la caution d'un tel comédien !

S'il n'obtint jamais l'oscar malgré deux nominations, il reçut de nombreux prix d'interprétation, en particulier en 1952 pour «Le mur du son» de David Lean (1951) et en 1962, au festival de Cannes, pour «Le long voyage vers la nuit» de Sidney Lumet.

À partir des années 60, l'humour vient tempérer nombre de ses compositions ; il faut dire que de jeunes cinéastes comme Richard Lester ou Lindsay Anderson (et plus tard Terry Gilliam) font appel à lui. N'oublions pas sa savoureuse prestation en Mr.Micawber dans «David Copperfield» version 1969 (tournée pour le petit écran mais distribuée en salles dans certains pays) qui vaut bien celle de W. C. Fields dans le film de George Cukor.

Dans «Rollerball» (1975), il donne une profonde humanité au personnage du libraire, dernier gardien de la culture dans un monde futuriste et violent.

Quelques semaines avant sa disparition, il trouve l'un de ses rôles les plus célèbres, celui du grand-père de Christophe Lambert dans «Greystoke» de Hugh Hudson (1983) : la scène où le vieux lord anglais entreprend de dévaler le grand escalier du château assis sur un plateau d'argent et trouve la mort dans les bras de son petit-fils montre parfaitement les qualités de ce grand artiste capable de combiner classe et humour, dérision et émotion. Le film sera dédié à sa mémoire.

Ralph Richardson se maria à deux reprises avec des comédiennes : en 1924 avec Muriel Hewitt (décédée en 1942) puis en 1944 avec Meriel ForbesMeriel Forbes, qui lui donna un fils et sera à plusieurs reprises sa partenaire. Il fut anobli en 1947 par le roi George VI "… pour services rendus à la scène britannique".

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1936
THINGS TO COME (La vie future)
2
1938
THE CITADEL (La citadelle)
3
1938
Q PLANES (Armes secrètes)
4
1939
THE FOUR FEATHERS (Les quatre plumes blanches)
5
1942
THE DAY WILL DAWN (La revanche)
6
1944
THE SILVER FLEET (P.H. contre Gestapo) [+Producteur associé]
7
1948
ANNA KARENINE
8
1948
THE FALLEN IDOL (Première désillusion)
9
1949
THE HEIRESS (L'héritière)
10
1951
OUTCAST OF THE ISLANDS (Le banni des îles)
11
1951
THE SOUND BARRIER (Le mur du son)
12
1956
RICHARD III
13
1957
THE PASSIONATE STRANGER (L'étranger amoureux)
14
1959
OUR MAN IN HAVANA (Notre agent à la Havane)
15
1960
EXODUS
16
1962
LONG DAY's JOURNEY INTO NIGHT (Long Voyage vers la Nuit)
17
1964
WOMAN OF STRAW (La femme de paille)
18
1965
DOCTOR ZHIVAGO (Le docteur Jivago)
19
1966
THE WRONG BOX (Un mort en pleine forme)
20
1966
KHARTOUM
21
1969
MIDAS RUN
22
1969
BATTLE OF BRITAIN (La bataille d'Angleterre)
23
1970
EAGLE IN A CAGE
24
1971
WHO EVER SLEW AUNTIE ROO (Qui a tué tante Roo?)
25
1973
O LUCKY MAN! (Le meilleur des mondes possibles)
26
1975
ROLLERBALL
27
1980
TIME BANDITS (Bandits, bandits)
28
1982
DRAGONSLAYER (Le dragon du lac de feu)
29
1983
GREYSTOKE, THE LEGEND OF TARZAN, LORD OF THE APES (Greystoke, la légende de Tarzan)
Éd. 9.1.4 : 26-2-2019