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Mila PARÉLY (1917 / 2012)

Mila Parély

Actrice française d"origine polonaise, née Olga Peszynsky, le 17 octobre 1917, à Paris (Seine, France). Décédée le 14 janvier 2012, à Vichy (Allier, France).

Chez Mila Parély, l'impérieux désir de jouer la comédie naît très tôt après avoir, dit-on, rapidement écarté une erreur d'orientation toute juvénile qui l'aurait dirigée vers des études médicales.

Un ami de la famille lui permet d'accéder aux plateaux de cinéma et, dès 1932, aspirante actrice, elle figure dans «Vive le sport» un court métrage perdu jusqu'à nouvel ordre. Elle fait ensuite une timide apparition dans «Le martyre de l'obèse» (1932, pauvre BerleyAndré Berley !). À cette époque, elle effectue ses premiers pas sur les planches dans «Lysistrata» de Maurice Donnay.

Après une escapade germanique dont il faut retenir le «Liliom» de Fritz Lang (1934, version française) où, petite dactylo céleste, elle officie auprès du peu recommandable Charles BoyerCharles Boyer, elle décide de retourner à l'école : celle des studios Paramount, chez l'Uncle SAm.

Refusant de s'installer définitivement aux Amériques, elle relance sa carrière cinématographique française qu'elle ornera de 45 titres. Nous n'évoquerons que les plus importants, à commencer par «Les jumeaux de Brighton» (1936), où elle apparaît toute menue auprès de cet immense et impressionnant bloc d'humanité qu'est RaimuJules Raimu.

Une délicieuse métamorphose s'opère dès «Circonstances atténuantes» où, panthère vénéneuse, elle ensorcelle le couple vedette Michel Simon/Arletty. Dans «La règle du jeu» de Jean Renoir (1939), troublante à souhait, elle tourne la tête de Dalio, son amant gominé. En 1942, maîtresse malveillante de Fernand LedouxFernand Ledoux dans «Le lit à colonnes,» elle donne la réplique à Jean MaraisJean Marais, déjà reconnu comme le séducteur numéro un du cinéma français : une rencontre empreinte d'une infinie tendresse que l'intéressé évoquera, non sans émotion, dans ses mémoires…

L'année suivante, elle s'intègre aux «Anges du péché» de Robert Bresson où, sortie de prison, elle rejoint la communauté des sœurs de Béthanie. En 1945, elle retrouve Jean Marais, sous la surveillance de Jean Cocteau, pour «La belle et la bête», en mauvaise sœur de la blonde et angélique Josette Day.

En 1951, elle rejoint Max Ophüls et les gracieuses pensionnaires de «La maison Tellier», un épisode du triptyque «Le plaisir» où elle incarne l'une des affriolantes protégées de Madeleine RenaudMadeleine Renaud, tenancière de la maison close. Elle décide qu'il s'agit-là de sa dernière participation pour le 7ème art alors qu'elle est, à trente-cinq ans, en pleine possession de son talent. La raison en est fort simple : son époux, pilote automobile, est victime d'un très grave accident qui le contraint à mettre un terme à sa carrière. Spontanément, sans état d'âme, l'actrice décide d'arrêter la sienne pour se consacrer entièrement à lui.

Après des séjours en Angleterre et au Portugal, le couple se fixe finalement et définitivement à Vichy où Mila résidera jusqu'à la fin de ses jours. Elle s'occupera à donner vie au Pavillon Sévigné, ainsi qu'au Casino, en y organisant des rencontres culturelles et artistiques.

Il faudra attendre 1989 pour que Daniel Vigne réussisse à la ramener au cinéma avec «Comédie d'été», lui offrant le rôle d'une comtesse un tantinet réactionnaire. C'est cependant Bernard Stora qui la dirigea une ultime fois dans un téléfilm, «La grande dune» (1991).

Parfaitement éclectique, jamais prise en défaut de médiocrité, Mila Parély sacrifia à tous les genres avec la même aisance. Elle fut dirigée à deux reprises par Jean Grémillon (la version française de «La valse royale» en 1935, «Pattes de mouche» en 1936), l'un des plus exigeants metteurs en scène du cinéma français. Elle s'en est parfaitement accommodée. Il en fut de même avec Julien Duvivier («La charrette fantôme» en 1939), réputé tout aussi difficile.

D'une grande beauté, qui troubla jusqu'à l'inébranlable Jean Marais, elle fut l'épouse du pilote automobile écossais Thomas Mathieson, dit "Taso".

Yvan Foucart, Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1934
LILIOM
2
1935
KÖNIGSWALZER / LA VALSE ROYALE [Version française]
3
1936
LES JUMEAUX DE BRIGHTON
4
1936
LES PATTES DE MOUCHES
5
1938
REMONTONS LES CHAMPS-ÉLYSÉES
6
1938
LA RUE SANS JOIE
7
1938
UNE JAVA
8
1939
LA CHARRETTE FANTÔME
9
1939
L'ESCLAVE BLANCHE
10
1939
LE GRAND ÉLAN, Sorti en 1940
11
1939
LA RÈGLE DU JEU
12
1940
ELLES ETAIENT DOUZE FEMMES
13
1942
LE CAMION BLANC
14
1942
CAP AU LARGE
15
1942
LE LIT À COLONNES
16
1943
LES ANGES DU PÉCHÉ
17
1943
LES ROQUEVILLARD
18
1944
LE CAVALIER NOIR, Sorti en 1945
19
1945
LE PÈRE SERGE
20
1945
ÉTOILE SANS LUMIÈRE
21
1945
JEUX DE FEMMES, Sorti en 1946
22
1946
LA BELLE ET LA BÊTE
23
1946
DERNIER REFUGE
24
1946
DESTINS
25
1946
RÊVES D'AMOUR
26
1949
MISSION À TANGER
27
1951
LE PLAISIR [Sk."La maison Tellier"]
28
1953
BLOOD ORANGE
Éd. 9.1.4 : 28-2-2019