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Dame May WHITTY (1865 / 1948)

May Whitty

Actrice anglaise, née Mary Louise Webster, le 19 juin 1865 à Liverpool (Merseyside, Angleterre). Décédée le 29 mai 1948, à Hollywood, Los Angeles (Californie, U.S.A.).

Grand-mère idéale du cinéma anglo-saxon, cette comédienne anglaise fut une partenaire privilégiée pour les plus grandes stars, de Greta Garbo («Marie Walewska», 1937) à Greer Garson («Madame Miniver» en 1942 ou «Madame Curie» en 1943). Toujours volubile, un brin irritante mais finalement adorable, sa fragilité apparente cachait un courage certain et un sens de l'humour évident.

Fille d'un journaliste, elle fait ses débuts sur scène à seize ans comme chorus girl mais très vite elle suit des cours de théâtre et connaît ses premiers succès. Elle épouse en 1892 le comédien Ben Webster avec qui elle mène une belle carrière sur les planches, tant en Angleterre qu'aux États-Unis. Son action charitable auprès de la Croix Rouge pendant la première guerre mondiale lui vaut la reconnaissance de Buckingham Palace : elle sera en 1918 la première comédienne jamais anoblie, devenant Dame May Whitty au générique de son troisième film, «Colonel Newcombe, The Perfect Gentleman» (1920), et de tous ceux qui suivront.

Un succès phénoménal à Londres puis à Broadway dans «Night Must Fall» (1932), pièce écrite et mise en scène par Emlyn Williams, va lui donner l'opportunité de s'imposer à l'écran. Pour Richard Thorpe qui réalise l'adaptation cinématographique («La force des ténèbres», 1937), seule May Whitty peut incarner la vieille dame paralysée menacée par la folie meurtrière d'un Robert Montgomery ricanant. Elle épate l'équipe du film en tournant sa scène la plus complexe en une seule prise (d'où le surnom de “One-take-Whitty” !) et, tant qu'à faire, rafle pour ses débuts hollywoodiens une nomination à l'oscar du meilleur second rôle féminin. À soixante-dix ans, elle entame une nouvelle carrière conséquente puisqu'en une décennie seulement, elle tournera trente films. Medium et détective, elle joue en tête d'affiche dans «La treizième chaise» (1937), une série B, mais surtout elle risque de nouveau sa peau dans un savoureux Hitchcock, «Une femme disparaît» (1938) : le rôle de Miss Froy, compagne de voyage obligeante pour Margaret Lockwood et Michael Redgrave – et, accessoirement, agent des services secrets britanniques ! - reste sans doute son interprétation la plus célèbre. Après de telles épreuves, traversées avec un flegme tout britannique, la rencontre de David Niven en sémillant «Raffles, gentleman-cambrioleur» (1939), est une partie de plaisir.

Définitivement installée aux États-Unis à partir de 1939, Dame May Whitty joue à New York en 1940 la nourrice de «Romeo and Juliet» auprès d'un couple mythique, Laurence Olivier et Vivien Leigh. Au cinéma, Sir Alfred la réclame de nouveau pour le rôle de la mère de Joan Fontaine dans «Soupçons» (1941) ; on la retrouvera dans le seul film hitchcockien de George Cukor, l'excellent «Hantise» (1944), où, bavarde impénitente, elle aide Joseph Cotten à sauver la pauvre Ingrid Bergman des griffes de Charles Boyer. Le rôle de Lady Beldon, grand-mère de Teresa Wright dans «Madame Miniver» (1942) de William Wyler lui vaut une seconde nomination à l'oscar. Lorsqu'on lui demande alors si elle songe à se retirer à l'approche de ses 80 ans, elle répond qu'il n'en est pas question : elle le prouve aussitôt en participant à huit films pour la seule année 1943, partageant de nouveau l'affiche avec Joan Fontaine dans «Tessa, la nymphe au cœur fidèle» (1943) ou Edward G. Robinson, qui l'expédie ad patres dans l'un des sketches de «Obsessions» (1943) de Julien Duvivier. Dans «La fidèle Lassie» (1943) et «Les blanches falaises de Douvres» (1944), on la retrouve en mamie protectrice du petit Roddy McDowall. «La vie passionnée des sœurs Brontë» (1946) et «Le pays du dauphin vert» (1946), deux fresques romanesques constellées de stars, clôtureront de belle façon sa carrière.

La mort de Ben Webster en 1947 met un terme à une union de 55 ans. Un an plus tard, Dame May Whitty quitte à son tour la scène, à l'âge de 83 ans. Elle se félicitait volontiers de la longévité de sa carrière, n'oubliant jamais, toute lady qu'elle était, qu'elle avait débuté en montrant ses gambettes : "J'ai eu tout ce que Betty Grable a, disait-elle, mais je l'aurais eu plus longtemps !". Sa fille, Margaret Webster (1905-1972) devint comédienne et metteur en scène et publia en 1969 une biographie de sa célèbre maman, «The Same Only Different».

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1937
NIGHT MUST FALL (La force des ténèbres)
2
1937
THE 13th CHAIR (La treizième chaise)
3
1937
CONQUEST (Marie Walewska)
4
1938
I MET MY LOVE AGAIN
5
1938
THE LADY VANISHES (Une femme disparaît)
6
1939
RAFFLES (Raffles, gentleman cambrioleur), de Sam WOOD
 
7
1940
A BILL OF DIVORCEMENT
8
1941
ONE NIGHT IN LISBON
9
1941
SUSPICION (Soupçons)
10
1942
Mrs.MINIVER (Madame Miniver)
11
1942
THUNDER BIRDS
12
1943
FOREVER AND A DAY (Et la vie recommence)
13
1943
SLIGHTLY DANGEROUS (L'amour travesti)
14
1943
CRASH DIVE (Requins d'acier)
15
1943
LASSIE COME HOME (La fidèle Lassie)
16
1943
FLESH AND FANTASY (Obsessions) [Episode 2]
17
1943
MADAME CURIE
18
1944
GASLIGHT (Hantise)
19
1944
THE WHITE CLIFFS OF DOVER (Les blanches falaises de Douvres)
20
1945
MY NAME IS JULIA ROSS
21
1946
GREEN DOLPHIN STREET (Le pays du dauphin vert)
22
1947
THIS TIME FOR KEEPS (Le souvenir de vos lèvres), de Richard THORPE
 
23
1948
RETURN OF OCTOBER (Sa dernière foulée)
Éd. 9.1.4 : 16-3-2019