La bibliothèque de L'Encinématheque

Jean DEBUCOURT (1894 / 1958)

Jean Debucourt

Acteur français, né Jean Etienne Pelisse, le 19 janvier 1894 à Paris. Décédé le 22 mars 1958 à Montgeron (Essonne).

La plupart des dictionnaires s'accordent à reconnaître Jean Debucourt comme fils naturel de l'illustre Charles Le BargyCharles Le Bargy (1858-1936) de la Comédie-Française. C'est tout à fait exact si nous nous référons à Debucourt lui-même, qui le reconnut sans ambages, ce qui ne fut pas le cas de Le Bargy. Et cependant, la ressemblance était frappante.

La carrière de Jean Debucourt commence peu avant le début des années vingt sur certaines scènes de boulevard. En 1936, après un passage à l'Odéon il officie chez Molière et accède au sociétariat, statut qu'il garda jusqu'à son décès. Il se fait remarquer dans de nombreux classiques : parfait en Perdican dans «On ne badine pas avec l'amour» d'Alfred de Musset, «Othello» de Shakespeare, «Dom Juan» et «Les femmes savantes» de Molière, etc. Sans négliger les contemporains : «A chacun sa vérité» de Pirandello, «Les temps difficiles» d'Edouard Bourdet ou «Port-Royal» de Montherlant.

Il enseigna à l'Ensatt et au Conservatoire de Paris, avec Jean MeyerJean Meyer et Pierre DuxPierre Dux.

Il aborde le cinéma dès 1919 dans un film réalisé et interprété par Jacques Grétillat, «La double existence du docteur Mozart». En 1927, Gaston Ravel en fait le jeune Châteaubriand attentionné auprès d'une rayonnante «Madame Récamier» (Marie BellMarie Bell) dans le film muet où Le Bargy, grande nature à l'allure seigneuriale, interprète Châteaubriand âgé. Père et fils pour l'histoire, mais qui ne se croiseront jamais sur les plateaux de ce qui fut leur seul et unique film ensemble.

Non dénué de talent, sa véritable respiration fut toujours pour le théâtre et à l'instar de la plupart de ses compagnons des planches, il ne fut guère attiré par le cinéma… si ce n'est par l'intérêt financier qu'il procure et qui permet de vivre décemment. Racé, fin, élégant, maniant avec un égal dosage l'ironie et l'onctuosité, doté d'une jolie voix qui pouvait devenir doucereuse voire pateline, notamment lorsqu'il “s'appropriait” celle de Jésus dans la première série des Don Camillo où ses dialogues avec le bouillant curé furent empreints de drôlerie. Une voix également utilisée pour les commentaires de «Caroline chérie» (1950) et de «Fanfan la Tulipe» (1951).

Relevons tout de même quelques-unes de ses interprétations : celle du comte dont Annabella se sépare pour rejoindre son «Dernier amour» (1949) dans le mélo de Jean Stelli ; en maître de chapelle dans «Prélude à la gloire» (1949) veillant à l'ascension de son jeune prodigue (Roberto Benzi) ; en Caudron, le marchand de sanitaires, l'un des jurés à la cour d'assises de «Justice est faite» (1950) ; en avocat réputé, “conseillant” Michel Simon pour l'aboutissement d'un crime parfait dans «La poison» (1951) de Sacha Guitry ; en évêque dans «Le carrosse d'or» (1952), l'un des meilleurs films de Renoir où, malgré une courte présence, il excelle auprès de sa généreuse donatrice, la sublimissime Anna Magnani.

Ecclésiastique, il l'est encore au Gabon pour «Il est minuit, docteur Schweitzer» (1952) ; en cardinal pour «Les aventures de Till l'espiègle» (1956) ; en monseigneur dans des oeuvrettes plus primesautières, telles que «Mon curé chez les riches» (1952) ainsi que sa suite, «Mon curé chez les pauvres» (1956), du même Henri Diamant-Berger; mais changeant d'habit pour le major égrillard du 9ème dragons épris d'une actrice de music-hall dans «Mam'zelle Nitouche» (1953), etc.

On le retrouve plus sérieux dans «Les hommes en blanc» (1955), d'après le roman d'André Soubiran, s'identifiant parfaitement en professeur de médecine et davantage en révérend protestant confronté à sa fille et sa nièce toutes deux possédées par Satan dans «Les sorcières de Salem» (1956). Il terminera sa carrière sous la caméra d'Yves Allégret avec «Quand la femme s'en mêle» (1957), laquelle n'est autre qu'Edwige FeuillèreEdwige Feuillère.

Jean Debucourt repose au cimetière d'Egreville dans le Gâtinais, là où il passa sa prime jeunesse et où, en quête de souvenirs, il aimait revenir de temps en temps. Les Berne-Bellecour, sa famille maternelle furent propriétaires d'un château qui, par la suite, fut vendu au compositeur Jules Massenet.

Il se maria trois fois : avec Louise L'Juin dont on sait peu de choses; avec l'éditrice Marcelle Lesage et enfin avec Claude Davarède. Il avait quatre fils, mais, aucun n'empruntera la voie paternelle, celle de l'art dramatique.

Yvan Foucart

Cliquez sur les iconespour accéder aux illustrations.

Cliquez sur les iconespour accéder à la fiche technique du film.

Cliquez sur les mots soulignés de la fiche technique pour faire apparaître les illustrations.

Cliquez sur la fiche technique pour la faire disparaître.

English translation

Click on the iconsto reveal the pictures.

Click on the iconsto reach the data sheet of the film.

Click on the words underlined of the data sheet to reveal the pictures.

Click on the data sheet to remove.

Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11928LA CHUTE DE LA MAISON USHER
21933L'AGONIE DES AIGLES
31933LE GENDRE DE MONSIEUR POIRIER
41934MAITRE BOLBEC ET SON MARI
51936MAYERLING
61942DERNIER ATOUT
71942LES AFFAIRES SONT LES AFFAIRES
81943DOUCE
91943LE CIEL EST A VOUS
101945L'IDIOT
111945ROGER-LA-HONTE
121945SON DERNIER RÔLE , Sorti en 1946
131946LA FEMME EN ROUGE
141946RENDEZ-VOUS A PARIS
151946LE FUGITIF
161947NON COUPABLE
171947LA DAME D'ONZE HEURES
181948LE DIABLE BOITEUX
191948D'HOMME A HOMMES
201948PATTES BLANCHES
211949DERNIER AMOUR
221949ROME-EXPRESS
231949PRELUDE A LA GLOIRE
241950IDENTITE JUDICIAIRE
251951LA POISON
261951LE CAP DE L'ESPERANCE
271951NEZ DE CUIR
281952IL EST MINUIT DOCTEUR SCHWEITZER
291952LA CARROZZA D'ORO (Le carrosse d'or)
301952LES DENTS LONGUES
311953LE CHASSEUR DE CHEZ MAXIM's
321953MAM'ZELLE NITOUCHE
331953MADAME DE...
341954NAPOLEON
351955SI PARIS NOUS ETAIT CONTE
361955MARGUERITE DE LA NUIT
371956MON CURE CHEZ LES PAUVRES
381956LES AVENTURES DE TILL L'ESPIEGLE
391957QUAND LA FEMME S'EN MELE
401957MAIGRET TEND UN PIEGE
L'Encinémathèque
Ed.7.2.2 : 20-5-2016