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Umberto SPADARO (1904 / 1981)

Umberto Spadaro

Acteur italien, né le 8 novembre 1904, à Ancone (Italie). Décédé le 12 octobre 1981, à Rome (Italie).

Umberto Spadaro est le fils d'un couple de comédiens italiens (mais peut-être devrais-je dire siciliens pour m'éviter des ennuis…), Rocco et Rosalia Spadaro, membres de la troupe de Giovanni GrassoGiovanni Grasso reconnu comme le plus grand acteur tragique sicilien de la première moitié du XXème siècle. Umberto racontera toute sa vie avoir débuté sur scène à l'age de 6 jours, dans les bras d'Angelo MuscoAngelo Musco, autre membre célèbre de la susdite troupe !

On lui connaît un frère, Giuseppe dit 'Peppino', et une soeur, Grazia, tous deux comédiens.

Bien entendu, le théâtre tiendra dans sa vie une place prépondérante. C'est pourtant au cours d'une tournée que, se produisant à Rome, le jeune artiste décide de s'y fixer pour commencer une carrière au cinéma (1940). En ce début de Seconde Guerre Mondiale, le pari est audacieux, et les premières occasions ne lui permettent guère de dépasser le stade de la figuration intelligente : «La déesse blanche» avec Isa MirandaIsa Miranda, «Caravaggio le peintre maudit» de Goffredo AlessandriniGoffredo Alessandrini (1941).

Mais son talent et sa présence, conjugués à un physique qui ne passe pas inaperçu (le nez proéminent souligné par une moustache aussi fournie que celle du professeur Tounesol !) ne tardent pas à attirer l'attention des critiques et des spectateurs. Ainsi, dès son troisième film, Goffredo Alessandrini n'hésite pas à le faire monter en grade, lui confiant le rôle d'un personnage tourmenté dans «Nozze di sangue» (1941), expérience dont il se tire honorablement. Car, fort de son expérience théâtrale, le bonhomme reste crédible aussi bien dans le drame («Catene invisibili», avec Alida ValliAlida Valli, en 1942) que dans la comédie («Macario contro Zagomar», avec Erminio MacarioErminio Macario, en 1944).

En 1948, il se montre bouleversant dans le premier rôle du film de Luigi Zampa, «Les années difficiles», chronique des années de guerre et du fascisme finissant : père sicilien, il voit son monde s'écrouler et sa famille se diluer dans les bouleversements de l'Histoire qu'il ne comprend pas véritablement et dont il sera la victime expiatoire.

En 1950, sa performance dans «Il brigante Musolino» de Mario Camerini lui vaut le Nastro d'Argento (sorte de César avant l'heure) attribué au meilleur acteur de complément. En 1951, il est tout aussi remarquable dans «Amo un assassino», commissaire de police partagé entre son amour de père et son devoir de fonctionnaire.

Ne tombant jamais dans la caricature, apportant toujours une touche personnelle aux personnages qu'il compose, Umberto Spadaro est devenu, au cours des années cinquante, un acteur très recherché : il apparaît ainsi onze fois pour la seule année 1953 ! Outre les noms déjà cités, Michelangelo Antonioni («Les vaincus», 1953), Giuseppe de Santis («Un marito per Anna Zaccheo/La fille sans homme», 1953), Carmine Gallone («Cavalleria rusticana», 1953), Pietro Germi («Séduite et abandonnée», 1963) et Alessandro Blasetti («Liola/Le coq du village», 1963), firent, entre autres, appel à lui. Curieusement, les rois de la comédie à l'italienne (Risi, Bolognini, Comencini, Scola, etc) l'ignorèrent totalement !

En France, malheureusement, nous ne pumes que rarement apprécier sa véritable voix que nos amis italiens décrivent comme l'un de ses plus précieux atouts. Nous eumes pourtant le bonheur de l'apercevoir, notamment en 1955, dans «La meilleure part» (l'ouvrier qui meurt tragiquement) avec Gérard PhilipeGérard Philipe, «Je suis un sentimental» avec Eddie ConstantineEddie Constantine et la co-production italo-française «La grande bagarre de Don Camillo» avec Jésus Christ (voix seulement !). Mais ne le cherchez pas aux côtés de Jeanne Moreau dans «L'homme de ma vie» (1951) : il n'y apparaît que dans la version italienne, reprenant le rôle tenu chez nous par Henri Vilbert.

Relevons enfin sa présence dans le premier western de Sergio Leone, «Pour une poignée de dollars» (1964) et signalons son intrusion dans le genre polisson pour ce qui fut son dernier film, «Il gatto mammone» (1975), agrémenté (bien qu'il n'ait aucune scène avec elle) par la plus jolie "liceale" de la péninsule, Gloria GuidaGloria Guida : chose rare, on l'y voit sans moustache !

Marié, on lui connait une fille, Italia Spadaro, qui fit une apparition à ses côtés dans «Séduite et abandonnée». A sa mort, l'école d'art dramatique de Catane (Catania, Sicile) associa son nom à son entreprise.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11948ANNI DIFFICILI (Les années difficiles)
21949DONNE SENZA NOME (Femmes sans nom)
31951STRANO APPUNTAMENTO , de Dezsö Äkos HAMZA 
41951L'ETERNA CATENA/I GRANDI PECCATORI (L'ange du péché)
51951AMO UN ASSASSINO , de Baccio BANDINI 
61951L'UOMO DELLA MIA VITA/L'HOMME DE MA VIE [ Version italienne ]
71952SERENATA AMARA , de Pino MERCANTI 
81952UNA DONNA HA UCCISO
91953I VINTI (Les vaincus/Nos fils) [ Episode ]
101953UN MARITO PER ANNA ZACCHEO (La fille sans homme)
111955CATENIA DELL'ODIO , de Piero COSTA 
121955DON CAMILLO E L'ONOREVOLE PEPPONE (La grande bagarre de Don Camillo)
131955LA MEILLEURE PART
141958NELLA CITTA L'INFERNO (L'enfer dans la ville)
151960SOTTO DIECI BANDIERE (Sous dix drapeaux)
161962LA SMANIA ADDOSSO
171963LIOLA (Le coq du village)
181963SEDOTTA E ABANDONATA (Séduite et abandonnée)
191975IL GATTO MAMMONE
L'Encinémathèque
Ed.7.2.2 : 23-5-2016