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Pierre DESTAILLES (1909 / 1990)

Pierre Destailles

Acteur français, né Pierre Desfoux, le 16 mars 1901, à Paris (Seine, France). Décédé le 31 mars 1990, aux Clayes-sous-Bois (Yvelines, France).

Fils d'un chapelier, à 13 ans, le jeune Pierre, ses études primaires à peine achevées, s'engage à l'école des mousses de Saint-Mandrier du Var. Il sert bientôt à bord du sous-marin "Circé", tout en gardant secrètement une passion pour le théâtre.

Jeune adulte, il rassemble un groupe de militaires comédiens au Foyer du Marin de Toulon. Il lui faut imposer sa vocation à des parents peu favorables à le voir embrasser une carrière de saltimbanque. C'est toujours sous la casquette blanche à pompon rouge qu'il signe un premier contrat le liant à la Troupe Théâtrale de Mostaganem. À son retour, il s'inscrit au Conservatoire de Toulon où son talent encore vert lui permet néanmoins de décrocher un deuxième prix dès la première année, suivi d'un premier la seconde. Le déjà célèbre Maurice EscandeMaurice Escande fait partie du jury aux côtés de Marie-Thérèse Piérat et c'est en suivant leurs conseils que l'artiste en herbe revient à Paris. Pierre, devenu Destailles, n'en garde par moins le caractère de son véritable patronyme tant il s'affirme en permanence être un joyeux luron ! Il aime pousser la chansonnette, jouer la comédie et faire rire en faisant le chansonnier. Il partage la scène avec Noël-NoëlNoël‑Noël lorsque celui-ci lui présente une charmante comédienne d'origine normande, Jacqueline Girel, qui ne tardera pas à devenir son épouse et la mère de leur fils Pascal.

En 1950, il fredonne malicieusement la délicieuse chanson pleine de tendresse que la France buccolique reprend en choeur : "Tout ça parce qu'au bois de Chaville, y'avait du muguet", s'offrant à l'occasion ce premier grand succès populaire, champêtre et musical qui devait le rendre hexagonalement célèbre. Radio Luxembourg contribue à sa notoriété en lui offrant chaque dimanche le siège de président d’un tribunal imaginaire appelé à juger l'indomptable prévenu immanquablement incarné par son compère Yves DeniaudYves Deniaud.

À l'écran, «Tombé du ciel» dès 1946, on repère très facilement ce sympathique garçon au jeu aisé et bon enfant qui, la guerre à peine terminée, entame une carrière cinématographique d'une trentaine de titres. Très souvent choisi pour incarner bistrotiers et autres aubergistes, il passe cependant facilement d’un emploi de voyou («La valse brillante» de Jean Boyer en 1949) à celui de policier («Le chevalier de la nuit» de Robert Darène en 1953 ou «Les bras de la nuit» de l'anonyme Jacques Guymont en 1961). De film en film, il devient peu à peu un de nos meilleurs seconds rôles, gouailleur, coquin, naturel dans lequel chacun peut se retrouver.

Par leur fidélité, deux réalisateurs lui auront permis de se faire un nom aux frontons des génériques de ce cinéma prolifique d’après-guerre. Yves Ciampi le distribuera trois fois : en aubergiste hébergeant Suzanne FlonSuzy Flon dans «Suzanne et ses brigands» (1948), sous le sobriquet du Majeur dans «Un certain monsieur» (1949) dont la main s'ornera également de René DaryRené Dary (Le pouce) et Hélène PerdrièreHélène Perdrière (L'index) , en greffé du rein temporairement remis sur pied grâce à l'opération menée par «Un grand patron» (1951) du nom de Pierre Fresnay. Mieux encore, André Hunnebelle lui confie en agent secret une «Mission à Tanger» (1949), le place derrière un comptoir de bistrot pour «Millionnaires d’un jour» (1949), le fait voyager dans «Méfiez-vous des blondes» (1950), le transforme en portier soutenant que «Ma femme est formidable» (1951) avant d'en faire un invraisemblable Rouget de Lisle croisant la route d'un «Cadet Rousselle» de fantaisie (1954).

D’autres apparitions contribueront à faire de Pierre Destailles un acteur populaire au bon sens du terme, comme dans «Les casse-pieds» de Jean Dréville (1948) où il retrouve son ami Noël-Noël et dans «Branquignol» (1949) où sa présence au sein de la bande de déjantés rassemblée par Robert DhéryRobert Dhéry est loin de constituer une erreur de casting !

Certes, en 1955, il tint le premier rôle de la sympathique comédie «Tant qu’il y aura des femmes» ; j'en conviens, il devint tout aussi avantageusement le partenaire de la pétillante Sophie Desmarets à deux nouvelles occasions («Ces sacrées vacances» en 1956 et «Filous et compagnie» en 1957). Il n'en demeure pas moins que sa prestation la plus mémorable reste celle qu'il donna dans «Clara et les méchants» (1957), en l’occurrence la jeune Minou Drouet, qu'il eut la mauvaise idée de kidnapper en compagnie de trois comparses aussi peu aptes que lui à mener à bien une telle affaire !

Peu de grands titres, on le voit, auront orné le revers de sa filmographie jusqu'à ce qu'Yves Allégret en fasse le bistrotier révolutionnaire de «Germinal» (1963 : décidément, il eut un grand mérite à ne pas devenir alcoolique !). Mais l'affaire n'eut pas de lendemain et il fallut attendre une décennie pour que Pierre Tchernia le sorte d'une longue éclipse («Les gaspards», 1973) et Michel Drach ne se souvienne une dernière fois de lui («Parlez-moi d’amour» en 1975).

Heureusement, la petite lucarne familiale aura su l'utiliser entre-temps dans de grandes séries comme «Les cinq dernières minutes», «Histoires insolttes» («Le locataire d'en haut» en 1979,etc), des téléfilms divers et variés («Avoir été» ou «Roméo et Baucis» en 1979, etc) ou des représentations de théâtre boulevardier dans le cadre de «Au théâtre ce soir» («Le congrès de Clermont-Ferrand» en 1969, «L'homme au parapluie» en 1981, «Je l'aimais trop» en 1983, etc). Les scènes françaises Le mirent tout autant à l'honneur dans des oeuvres généralement des plus amusante («Les croûlants se portent bien» en 1959, etc).

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1948
PARADE DU TEMPS PERDU / LES CASSE-PIEDS
2
1949
MISSION À TANGER
3
1949
LA VALSE BRILLANTE
4
1949
BRANQUIGNOL
5
1949
UN CERTAIN MONSIEUR...
6
1950
SOUS LE CIEL DE PARIS
7
1950
COQ EN PÂTE
8
1951
UN GRAND PATRON
9
1951
MA FEMME EST FORMIDABLE
10
1953
LÉGÈRE ET COURT-VÊTUE
11
1953
LE CHEVALIER DE LA NUIT
12
1954
CADET ROUSSELLE
13
1954
INTERDIT DE SÉJOUR
14
1955
TANT QU'IL Y AURA DES FEMMES
15
1955
CES SACRÉES VACANCES
16
1958
GUINGUETTE
17
1963
GERMINAL
18
1973
LES GASPARDS
Éd. 9.1.4 : 6-5-2019