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Roland YOUNG (1887 / 1953)

Roland Young

Acteur anglais né 11 novembre 1887 à Londres (Angleterre). Décédé le 5 juin 1953 à New York City (New York, U.S.A.).

Élève de la Royal Academy of Dramatic Arts, Roland Young débute sur la scène londonienne en 1908 et à Broadway dès 1912 ; avant de devenir un spécialiste du vaudeville, il connaît ses premiers succès dans «La mouette» de Tchekhov ou «La maison de poupée» d’Ibsen. Naturalisé américain en 1918, il participe à la première guerre mondiale puis retrouve le théâtre avant ses débuts à l’écran en Docteur Watson auprès de John Barrymore, alias «Sherlock Holmes» (1922). La petite moustache est déjà là mais pas encore la calvitie ni – film muet oblige ! – la voix légèrement nasillarde qui seront ses signes distinctifs. Sous contrat à la M.G.M. dès 1930, il tourne deux films pour Cecil B. de Mille, «Madame Satan» (1930) et «Le mari de l’Indienne» (1931), et partage l’affiche avec les stars du moment : ainsi en 1932 on le retrouve successivement auprès de Lili Damita dans «La belle nuit», Jeanette MacdonaldJeanette Macdonald dans «Une heure près de toi» de Lubitsch (1932) ou Pola Negri dans «A Woman Commands» (1932), titre qui pourrait d’ailleurs donner une bonne image de son personnage d’homme du monde souvent dominé par des femmes autoritaires ou snobs.

Si «His Double Life» (1934), dont il est la vedette avec Lillian Gish, ne rencontre pas le succès, 1935 lui apporte deux seconds rôles de grande classe : Uriah Heep, le clerc hypocrite démasqué par M.Micawber (W. C. FieldsW. C. Fields) dans «David Copperfield» de George Cukor et l’aristocrate anglais éméché qui perd son majordome (Charles Laughton) au jeu dans «L’extravagant M. Ruggles», géniale comédie de Leo McCarey. En 1936, il est le héros du récit fantastique adapté de H.G. Wells, «L’homme qui faisait des miracles» : petit employé soudain doté de pouvoirs illimités, il transforme le whisky en eau minérale et les armes en outils agricoles ! On ne l’attendait pas vraiment auprès d’Allan Quatermain (Cedric Hardwicke) dans la première version du célèbre film d’aventures «Les mines du roi Salomon» (1937) où il apporte pourtant son humour british. La même année, il rencontre son personnage fétiche, inspiré des livres de son ami défunt, l’écrivain Thorne Smith ; Topper, banquier pusillanime dominé par son épouse (Billie Burke) connaîtra ses premiers instants de fantaisie grâce à Constance Bennett et Cary Grant, «Le couple invisible». Le film lui vaut une nomination à l’oscar, et dans la foulée une suite avec les mêmes interprètes ou presque. Dans «Fantômes en croisière» (1938), il n’y a plus qu’un fantôme (Cary Grant n'apparaît qu'en image d'archive) et pas de croisière du tout : préférons donc le titre anglais, «Topper Takes a Trip», d’autant que Roland Young y joue vraiment le rôle principal. Pour «Le retour de Topper» (1941), c’est Joan Blondell en charmante revenante qui cause bien des déboires au pauvre Cosmo Topper, toujours houspillé par Billie Burke en épouse écervelée. Ce personnage sera si populaire que l’acteur le reprendra également à la radio. Une nouvelle fois associé à Billie Burke, il pétille dans «La famille sans-souci» (1938) où, faux colonel de l’Armée des Indes, il dirige une tribu de joyeux escrocs qui ne comprend pourquoi les ouvriers prennent tant de plaisir à travailler alors qu’il est si doux de ne rien faire…

Une belle galerie de personnages parsème la dernière décennie de sa carrière, même si l’on peut regretter parfois leur brièveté, comme dans «Six destins» de Julien Duvivier (1942) ou «Et la vie recommence» (1943), deux œuvres où les stars se bousculent au portillon. Néanmoins, George Cukor en fait le délicieux Oncle Willie de ses «Indiscrétions» (1940) avant de le diriger dans «La femme aux deux visages» (1941), le dernier film de Garbo. René Clair fait appel à ses services à deux reprises, pour «La belle ensorceleuse» (1941), où Marlene Dietrich veut l’épouser pour son argent, et «Dix petits Indiens» (1945) où il succombe au moment d’entrevoir la solution de l’énigme d’Agatha Christie. Au nombre de ses prestigieux partenaires, n’oublions pas Joan CrawfordJoan Crawford dans «Embrassons la mariée» (1942) et Fred AstaireFred Astaire dans «Maman est à la page» (1950), comédie musicale où il porte le joli nom d’Edmund Pohlwhistle.

Roland Young se maria à deux reprises, d’abord à Marjorie Krummer (1921-1940) puis à Dorothy Du Croz en 1948. Il mourut dans son sommeil à l’âge de 65 ans, probablement en marmonnant une dernière fois quelque protestation inintelligible : c’était l’un de ses gags favoris.

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1922
SHERLOCK HOLMES
2
1929
THE UNHOLY NIGHT/LE SPECTRE VERT
3
1930
THE BISHOP MURDER CASE
4
1930
MADAM SATAN
5
1931
DON'T BET ON WOMEN, de William K.HOWARD
 
6
1931
THE SQUAW MAN (Le mari de l'indienne)
7
1931
THE GUARDSMAN, de Sidney FRANKLIN
 
8
1931
LOVERS COURAGEOUS, de Norman Z.McLEOD
 
9
1932
A WOMAN COMMANDS
10
1932
ONE HOUR WITH YOU / UNE HEURE PRÈS DE TOI [Version américaine]
11
1932
THIS IS THE NIGHT (La belle nuit)
12
1932
STREET OF WOMEN
13
1933
HIS DOUBLE LIFE, d'Arthur HOPKINS
 
14
1934
HERE IS MY HEART
15
1934
THE PERSONAL HISTORY, ADVENTURES, EXPERIENCES AND OBSERVATIONS OF DAVID COPPERFIELD THE YOUNGER (David Copperfield)
16
1935
RUGGLES OF RED GAP (L'extravagant Mr.Ruggles)
17
1936
THE UNGUARDED HOUR (L'heure mystérieuse)
18
1936
ONE RAINY AFTERNOON
19
1936
GIVE ME YOUR HEART, d'Archie MAYO
 
20
1936
THE MAN WHO COULD WORK MIRACLES (L'homme qui fait des miracles)
21
1937
CALL IT A DAY (Une journée de printemps)
22
1937
KING SOLOMON's MINES
23
1937
TOPPER (Le couple invisible)
24
1938
THE YOUNG IN HEART (La famille sans-souci)
25
1938
TOPPER TAKES A TRIP (Fantômes en croisière)
26
1938
YES, MY DARLING DAUGHTER, de William KEIGHLEY
 
27
1939
THE NIGHT OF NIGHT, de Lewis MILESTONE
 
28
1940
HE MARRIED HIS WIFE
29
1940
IRENE (Irène)
30
1940
PRIVATE AFFAIRS, d'Albert S.ROGELL
 
31
1940
DULCY
32
1940
NO NO NANETTE
33
1940
THE PHILADELPHIA STORY (Indiscrétions)
34
1941
TOPPER RETURNS (Le retour de Topper)
35
1941
THE FLAME OF NEW ORLEANS (La belle ensorceleuse)
36
1941
TWO-FACED WOMAN (La femme aux deux visages)
37
1942
TALES OF MANHATTAN (Six destins)
38
1944
STANDING ROOM ONLY (L'amour cherche un toit)
39
1945
AND THEN THERE WERE NONE (Dix petits Indiens)
40
1949
THE GREAT LOVER (Don Juan de l'Atlantique)
41
1951
St.BENNY THE DIP, d'Edgar G.ULMER
 
Éd. 9.1.4 : 19-5-2019