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Paul AZAÏS (1902 / 1974)

Paul Azaïs

Acteur français né à Paris (Seine, France), le 6 mai 1902. Décédé à Paris (Île-de-France, France), le 17 novembre 1974.

Avec sa dégaine de titi parisien, Paul Azaïs n'avait pas vraiment le profil de l'élève du Conservatoire : ses débuts dans la vie seront ceux d'un représentant de commerce qui fait de la figuration au Théâtre du Châtelet. Il mord à l'hameçon du spectacle et très vite pousse la chansonnette dans les opérettes ou sur les scènes de music-hall. Fort de cette expérience, il débute au cinéma en 1929 dans «Les trois masques», le premier film français parlant. Dès 1932, il est devenu indispensable : on le voit à l'affiche de douze films la même année !

Rigolard et franc du collier, il incarne à merveille le bon pote sur qui l'on peut toujours compter. En tournant «Les gaietés de l'escadron» de Maurice Tourneur (1932), il rencontre Fernandel : c'est la naissance d'une amitié cinématographique de 25 ans qui les mènera jusqu'à «Sénéchal le magnifique» en 1957. Dans «Un de la légion» (1936) de Christian-Jaque ou «Adrien» (1943), réalisé par Fernandel lui-même, Paul sera plus que le faire-valoir de la vedette. Aussi crédible en poilu dans «Les croix de bois» (1932) qu'en étudiant révolté dans «Les misérables» (1934) – deux beaux films de Raymond Bernard – il sera le partenaire privilégié des plus grands, de Michel SimonMichel Simon à Harry BaurHarry Baur, de Charles VanelCharles Vanel à Pierre BlancharPierre Blanchar. Confident de ces dames, il en pince pour FlorelleFlorelle dans «Gigolette» (1936) ou Annabella dans «Anne-Marie» (1936). Copain fidèle, il soutient moralement l'héroïne égarée dans le monde frelaté du spectacle, comme on le voit dans deux films de Max Ophüls : «Divine» (1935) avec Simone Berriau et «Sans lendemain» (1939) avec Edwige Feuillère.

Certes, il ne tourne pas que de grands films (sur une carrière longue de près de 120 titres, cela paraît difficile) mais le public l'apprécie tant qu'à la fin des années 30 son nom paraît de plus en plus souvent en tête d'affiche : c'est le cas par exemple dans «Passeurs d'hommes» en 1937 et «Patrouille blanche» en 1941. Dans le genre comique troupier très en vogue à l'époque, il partage avec Pierre Larquey et Roland Toutain le privilège redoutable de tenir la vedette d'un sacré navet, «Les trois artilleurs à l'opéra» (1938), suite du non moins médiocre «Trois artilleurs en vadrouille»

En 1943, un accident de vélo au retour du studio va briser sa carrière : double fracture du crâne, vingt jours de coma… Paul Azaïs ne s'en remettra vraiment jamais. Pendant trois ans, il ne tourne plus et connaît de graves difficultés matérielles. Grâce à l'amitié de réalisateurs fidèles – Richard Pottier, Robert Vernay ou Gilles Grangier – il renoue avec le métier en 1946, mais il est diminué physiquement et handicapé par des troubles de mémoire persistants : il ne jouera plus que de petits rôles, parfois de simples silhouettes. Ainsi, on a bien du mal à l'apercevoir quelques secondes en révolutionnaire dans «Si Versailles m'était conté» (1953) ou en policier dans «Le comte de Monte Cristo» (1954). Accoudé au zinc, il joue quelques scènes avec son pote Jean GabinJean Gabin dans «Razzia sur la chnouf» (1955) ou «Le sang à la tête» (1956). Retenons pourtant sa participation à trois chefs d'œuvre incontestables : dans «Casque d'or» (1952), Jacques Becker en fait l'un des caïds de la bande à Leca (Claude DauphinClaude Dauphin) ; Max Ophüls l'entraîne à nouveau dans sa “ronde“, d'abord dans «Le plaisir» (1951) où il dirige le Palais de la Danse dans l'éblouissante séquence d'ouverture, puis pour «Madame de…» (1953) où il joue le cocher de Danielle DarrieuxDanielle Darrieux.

Conscient de la précarité du métier de comédien, il fonde avec son amie Janalla Jarnach "La roue tourne", association caritative du monde du spectacle. Le premier comité d'honneur réunira, sous la présidence de Fernandel, rien moins que Bourvil, Michèle Morgan, Jean Marais, Marcel Pagnol ou René Clair. Fidèle au personnage qu'il incarna si souvent à l'écran, Paul Azaïs se dévouera sans compter pour l'association, qu'il présidera jusqu'à sa disparition, venant en aide à nombre de vedettes oubliées, comme Florelle, Mireille BalinMireille Balin ou Roland Toutain. Son rôle humanitaire lui vaudra plusieurs distinctions dont la Médaille d'or du Mérite National.

Après une première et brève union, Paul Azaïs épousa la fille d'un médecin qui lui donna une fille et un garçon et dont il devait divorcer en 1943. Il partagea tardivement la vie de Janalla Jarnach, résistante française veuve d'un pionnier de l'aviation, qui poursuivra son oeuvre après sa mort.

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1930
PARIS LA NUIT
2
1932
LES GAÎTÉS DE L'ESCADRON
3
1933
CETTE VIEILLE CANAILLE
4
1934
CESSEZ LE FEU
5
1934
LA RUE SANS NOM
6
1934
ADEMAÏ AVIATEUR
7
1934
SIDONIE PANACHE
8
1935
LA MARMAILLE
9
1935
LIEBE, TOD UND TEUFEL / LE DIABLE EN BOUTEILLE
10
1935
LA ROSIERE DES HALLES
11
1935
DIVINE
12
1936
ANNE-MARIE
13
1936
UN DE LA LEGION
14
1936
AU SON DES GUITARES
15
1938
TEMPÊTE SUR L'ASIE
16
1938
TROIS ARTILLEURS EN VADROUILLE
17
1939
NARCISSE
18
1939
CAMPEMENT 13
19
1939
SANS LENDEMAIN
20
1941
PATROUILLE BLANCHE
21
1943
ADRIEN
22
1943
MON AMOUR EST PRES DE TOI
23
1944
BIFUR 3
24
1946
QUARTIER CHINOIS
25
1947
COEUR DE COQ
26
1948
FANTOMAS CONTRE FANTOMAS
27
1949
RETOUR À LA VIE [Sk."Le retour de René"]
28
1951
LA NUIT EST MON ROYAUME
29
1951
LE COSTAUD DES BATIGNOLLES
30
1951
LE PLAISIR
31
1952
CASQUE D'OR
32
1952
MONSIEUR TAXI
33
1953
LA MÔME VERT DE GRIS
34
1953
MADAME DE...
35
1953
LE COMTE DE MONTE CRISTO
36
1954
LES FEMMES S'EN BALANCENT
37
1955
RAZZIA SUR LA CHNOUF
38
1955
L'IMPOSSIBLE MONSIEUR PIPELET
39
1956
LE SANG À LA TÊTE
40
1957
SÉNÉCHAL LE MAGNIFIQUE
Éd. 9.1.4 : 24-5-2019