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Hannes MESSEMER (1924 / 1991)

Hannes Messemer

Acteur allemand, né Hans Messemer, le 17 mai 1924, à Dillingen an der Donau (Bavière, Allemagne). Décédé le 2 novembre 1991, à Aix-la Chapelle (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne).

Fils d'un éditeur, Hans Messemer voit le jour à Dillingen (Bavière, Allemagne), une ville des bords du Danube. Il égrène son enfance et sa scolarité de ville en ville, au hasard des déménagements d'une famille très remuante.

En 1942, il est appelé au service militaire qui, compte tenu de la situation de son pays, n'est rien d'autre qu'un mobilisation de durée indéterminé. Assez rebelle, l'adolescent est rapidement condamné à 5 ans de prison pour refus d'obéissance. Gracié au bout de quelques mois, il est tout de même envoyé à Stalingrad qui, comme on le sait, n'est pas un lieu de villégiature… Capturé par l'armée soviétique de l'Oncle Stal, il est interné dans un camp de prisonniers dont il parvient à s'échapper lors d'un transfert, entamant une longue marche pour rejoindre ce qu'on appelle “le monde libre” (1945).

Dans cette Germanie en pleine reconstruction, il ne tarde pas à trouver quelques petits boulots : le voici serveur, puis comptable.… En 1946, il épouse Herta Jung dont il aura une fille avant d'en divorcer. À cette époque il commence à s'intéresser à l'art dramatique. Sans formation particulière, il rejoint la troupe de théâtre itinérante du Schauspielhaus Hannover. L'année suivante, il débute sur scène dans une représentation en plein air du «Romeo et Juliette» de Shakespeare (rôle de Mercutio). Par la suite, engagé par Kurt Erhard à la Landesbühne Hannover, il y tiendra quelques rôles important, comme dans «Draußen vor der Tür», «Die Räuber» ou encore «Maître Puntila et son valet Matti» de Brecht… En 1958, il obtient encore un franc succès munichois dans un «Hamlet» de grande tenue.

En 1952, celui qui est devenu Hannes Messemer débute au cinéma en personnifiant Henry Ford I dans un film documentaire d'Erich Mensel consacré au cent premières années de l'histoire de l'automobile, «Vor 100 Jahren fing es an». Mais c'est le réalisateur Wolfgang Staudte qui lui offre sa chance avec le personnage antipathique et faible d'August Keil, mari par défaut d'une «Rose Bernd» impeccablement personnifiée par Maria Schell : lui-même en sera récompensé du "Bundesfilmpreis" du meilleur second rôle. Cette année-là, dans le "civil", Hannes épouse pour de bon l'actrice Rosel Schäfer dont il aura une fille, Bettina (1961), avant d'à nouveau divorcer.

En 1957, avec «Les S.S. frappent la nuit», Robert Siodmak lui offre son premier personnage d'officier nazi dans une oeuvre autant policière que guerrière à l'issue de laquelle le gentil n'aura pas le dernier mot. Le résultat fut suffisamment convaincant pour qu'il décroche cette fois-ci le prix du meilleur acteur. Dès lors, s'étant montré crédible sous le costume noir, pourquoi ne pas l'affecter à la garde du «Général Della Rovere» pensa Roberto Rosselini qui fit de sa confrontation avec Vittorio De Sica une oeuvre humaniste mémorable remarquée au Festival de Venise où notre acteur bénéficiera d'une "mention spéciale". Pour son dernier film, «Le dossier Odessa» (1974), s'il est en civil, c'est que les temps ont changé, mais les bourreaux en cavale ne séjournent pas tous en Amérique du Sud…

Moins féroces, ses compositions redondantes de militaires de tous grades et de tous corps d'armées lui permettront de faire preuve de plus de subtilité. Déserteur dans «Madeleine et son légionnaire» (1957), lieutenant soviétique dans «Le médecin de Stalingrad» (1958) et allemand dans «Le dernier convoi» (1961), capitaine américain dans «Un jour qui ne finira plus» (1959), colonel en campagne italienne dans «Les évadés de la nuit» (1960), enfin général de fantaisie dans «Babette s'en va-t-en guerre» (1959), l'uniforme, combiné à la gravité de son organe vocal, lui sied à merveille.

Civil, s'il ne nous fit guère sourire – rajoutons néanmoins son rôle de Metternich dans «Le congrès s'amuse» (1965) – , il se montra régulièrement à l'aise dans le drame plus ou moins psychologique. Prisonnier dans un camp de travail de la «Taïga» sibérienne (1958), il attire l'attention de madame le médecin de la place jusqu'à faire naître entre eux un amour impossible ; dans la même situation dans le sud de la France, il parvient tout de même à s'évader en compagnie de Lino Ventura et Laurent Terzieff pour goûter une courte liberté de «Douze heures d'horloge» (1958). Il croise un court instant les dernières illusions de Giulietta Masina de mener «La grande vie» dans cette co-production tripartite de Julien Duvivier (1959). Journaliste meurtrier et autodestructeur, il franchira «Le pont du destin» pour son plus grand maheur – et celui de ses victimes – dans ce sombre psychodrame du méconnu Michael Kehlmann (1960). Pas marrant, le bonhomme : son destin, c'était plutôt «Voir Venise et crever» (1963).

Polyglotte, il connut une courte carrière internationale, reprenant du service en commandant du stalag "Luft North" sans pouvoir empêcher «La grande évasion» (1963) d'une centaine de prisonniers bien organisés. Point d'orgue de son parcours militaire, il personnifie le général Jodl, commandant en chef de la Wermacht, dans «Paris brûle-t-il ?» (1966). Enfin, Allemand de l'Est, il apporte aide et contribution à «L'espion» (1966) américain Montgomery Clift dans sa mission périlleuse au delà du rideau de fer.

S'il ne tourna qu'un quarteron de films en une vingtaine d'années, Hannes Messermer gratifia ses compatriotes d'une bonne centaine d'apparitions au petit écran avant que, gros fumeur, sa voix ne s'altère au point de necessité l'implantation d'un appareil phonatoire. Époux de l'actrice Susanne Korda de 1980 à 1982, il se maria une quatrième fois avec son agent artistique, Monika Keusch, qui l'accompagna jusqu'à la mort, survenue au terme de l'évolution tragique d'un cancer de la gorge.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11956ROSE BERND
21957NACHTS, WENN DER TEUFEL KAM (Les SS frappent la nuit)
31957DER GLÄSERNE TURM
41957MADELEINE UN DER LEGIONÄR (Madeleine et le légionnaire), de Wolfgang STAUDTE 
51958DER ARZT VON STALINGRAD (Le médecin de Stalingrad)
61958TAÏGA, de Wolfgang LIEBENEINER 
7195812 HEURES D'HORLOGE
81959MENSCHEN IM NETZ (Pris au piège), de Franz Peter WIRTH 
91959IL GENERALE DELLA ROVERE (Le général Della Rovere)
101959BABETTE S'EN VA-T-EN GUERRE
111959EIN TAG, DER NIE ZU ENDE GEHT (Un jour qui ne finira plus)
121959DAS KUNSTSEIDENE MÄDCHEN (La grande vie)
131960ERA NOTTE A ROMA (Les évadés de la nuit)
141960DIE ROTE HAND (La main rouge), de Kurt MEISEL 
151960DIE BRÜCKE DES SCHICKSALS (Le pont du destin), de Michael KEHLMANN 
161960AUF ENGEL SCHIEßT MAN NICHT (La nonne et les mauvais garçons), de Rolf THIELE 
171961DER TRANSPORT (Le dernier convoi), de Jürgen ROLAND 
181963THE GREAT ESCAPE (La grande évasion)
191963VOIR VENISE ET… CREVER / AGENT SPÉCIAL À VENISE
201965DER KONGRESS AMÜSIERT SICH (Le congrès s'amuse)
211966L'ESPION
221966PARIS BRÛLE-T-IL?
231974WER STIRB SCHON GERNE UNTER PALMEN?, d'Alfred VOHRER 
241974THE ODESSA FILE (Le dossier Odessa)
Éd.8.1.3 : 9-12-2018