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Nadja TILLER (1929)

Nadja Tiller

Actrice autrichienne, née Maria Nadja Tiller, le 16 mars 1929, à Vienne (Autriche).

Fille de l'acteur autrichien Anton Tiller (1881-1986, actif de 1922 à 1956) et de la cantatrice Erika Koerner (1902/1977), la petite Maria connut une enfance itinérante, poursuivant sa scolarité de ville en ville au gré des tournées parentales. Adolescente, elle parvient à se fixer pour entrer au lycée de Vienne et poursuivre des études que l'on qualifie chez nous, allez savoir pourquoi, de secondaires.

Dès 1943, envisageant de s'inscrire dans la tradition familiale, elle étudie la danse et l'art dramatique au Max Reinhardt Seminar de Vienne (cursus de 4 années) tout en travaillant comme mannequin au "Hat Salon Susi". Elle parfait son éducation artistique par un passage à la Musik und Schauspielakademie. La voici, dès 1949, prête pour la grande aventure. Cette anné-là, d'une beauté déjà remarquable, elle conquiert le titre de Miss Autriche.

Membre de la troupe du "Theater in der Joseefstadt" de la capitale autrichienne, elle fait une première apparition à l'écran dans «Märchen vom Glück» (1949) qui nous décline, dans la langue de Goethe, l'histoire de Perrette et le pot-au-lait. Dès «Kleiner Schwindel am Wolfgangsee» (Franz, 1949), elle nous fait comprendre qu'elle n'a pas la vocation des jeunes premières, comptant davantage sur sa sensualité pour asseoir son registre. Incarnant une eune actrice dans «Das Kind der Donau» (1950), elle a l'avantage d'en partager le plateau avec sa mère, dans les rares plans où il n'est pas occupé par l'omniprésente Marika Rökk, voleuse de scènes devant l'Éternel.

En 1952, séduisant l'acteur français Maurice Teynac aux intentions douteuses, elle connaît l'«Illusion» d'un premier succès personnel au-delà des frontières. Nous n'évoquerions pas «Schlagerparade» (Erik Ode, 1953), comédie musicale dans laquelle défilent de nombreux artistes – dont notre Maurice Chevalier national – s'il ne marquait la rencontre de la jeune vedette avec le Monsieur Loyal du spectacle, le tout jeune Walter Giller. Les jeunes gens se retrouveront peu après dans «Sie» (1954) lorsque la jolie Nadja, toujours aguicehuse, viendra détruire le mariage de Walter et Marina Vlady, sous les caméras consentantes de Rolf Thiele.

Mais qu'on se rassure, dans le civil, Nadja Tiller se montrera des plus raisonnables. Après avoir épousé le beau Walter (1956), elle lui donnera deux charmants enfants, Natasha (1959) et Jan-Claudius (1964), et le couple vivra sans anicroches jusqu'au décès de l'époux (2011). Il ne faut pas croire tout ce qu'on vous raconte au cinéma ! Sur le plan professionnel, mari et femme se partageront la vedette à plusieurs reprises : «Drei Mann auf einem Pferd» (1957), «L'aventurière bien-aimée» (1961), «Schloss Gripsholm» (1963), … jusqu'à leur dernier film respectif, «Donosaurier» (2009). Lorsqu'ils feront plateaux séparés, ils se rendront mutuellement visite et nous pûmes ainsi décerner les apparitions fugitives de Nadja dans «Die grosse Chance» (1957), «Peter Voss, der Held des Tages» (1959), «Dýmky» (1966), …, de Walter dans «Tonio Kröger» (1964), ainsi que dans quelques co-productions franco-allemandes, et du couple dans «Das Bad auf der Tenne» (1956) !

La carrière internationale de Nadja Tiller prendra son essor grâce au succès inespéré du film de Rolf Thiele «La fille Rosemarie» (1958), un récit biographique sulfureux – la véritable Rosemarie Nitribitt, call-girl de luxe, avait été retrouvée étranglée dans son appartement de Franfort un an auparavant – qui s'étendra au-delà des territoires germaniques et remportera le Lion d'Or à la Mostra de Venise. En tailleur rayé et perruque blonde, l'actrice obtiendra à cette occasion une première nomination aux Bambis, précurseurs des César au pays des Teutons. Rolf Thiele, réalisateur et producteur allemand, sera par ailleurs un pilier essentiel de la carrière de Nadja Tiller qu'il dirigera à onze reprises : «Die Barrings» (1955) et sa suite «Friederike von Barring» (1956), «Le médecin et l'amour» (1957), «À bout de nerfs» (1959, “Deutscher Filmpreis” de la meilleure actrice), «Les liaisons douteuses» (1962),… jusquà cette «Gifle» magistrale de 1969 qui ne fut pas distribuée par Lino Ventura.

En France, on découvre aussi la voluptueuse Autrichienne, à qui pourtant Jean Marais a déjà conté fleurette dans «La Tour, prends garde !» (1957). La voici à la tête d'une boîte de nuit dont la concurrence engendrera «Du rififi chez les femmes» (1959). Elle entre peu après dans «La chambre ardente» (1961) où l'attend fièvreusement Jean-Claude Brialy. Au décès de Pierre Brasseur, elle mène rondement «L'affaire Nina B» (1963) en compagnie de son chauffeur de mari. Critique littéraire, elle braque ses «Pleins feux sur Stanislas» (1965), un agent secret hexagonal dont elle démolit l'ouvrage autobiographique fraîchement publié. La même année, elle partage «Du rififi à Paname» (1965) avec un Jean Gabin depuis longtemps rangé des beaux chassis, sinon des voitures comme en témoigne son surnom de "Paulo les Diams". Enfin, cerise sur le “Donauwellen”, elle s'entiche, comtesse de charme, d'un «Tendre voyou» aux yeux plus gros que le (bas-)ventre.

Si la Grande-Bretagne lui ouvre une porte avec «The Rough and the Smooth» (Robert Siodmak, 1959), l'Oncle Sam se montrera plus difficile, qui ne l'engagera qu'au travers d'une co-production de portée internationale, «Opération Opium» (1966). C'est surtout l'Italie, friande des beautés d'Outre-Rhin, qui se montrera généreuse à son égard : «Âme noire» (Roberto Rossellini, 1962), «L'estate» (Paolo Spinola, 1966), «La mort sonne toujours deux fois» (Harald Philipp, 1969) ou «L'Etrusco uccide ancora» (Armando 1971)… jalonneront son parcours transalpin avec plus au moins de bonheur.

Mais déjà les temps se font difficiles au terme des "sixties", autant pour Madame que pour Monsieur, et tous deux se tourneront peu à peu vers le théâtre (Festival de Salzbourg en 1967 et 1968, etc) et la télévision («Das sexte Programm» en 1971, etc). Après une participation au film mineur de René Clément, «La baby-sitter» (1975), l'actrice de ramassera plus que quelques miettes cinématographiques. Plus satisfaisante fut sans doute sa prestation dans le rôle vedette de «Lady in the Dark» donnée en 1981 au Raimundtheater de Veinne.

Âgés, Nadja et Walter se retirent en Suisse, du côté de Lugano, pour savourer leurs vieux jours. En 2006, la profession s'honore de décerner un Bambi à chacun pour l'ensemble de leurs carrières respectives. Mais, Walter atteint par la maladie, les éternels amoureux décident d'entrer dans une maison de retraite près de Hambourg (Allemagne), où le malheureux s'éteint en décembre 2011, des suites d'un cancer. Nadja reprendra son bâton de comédienne jusqu'à son incarnation de la vénérable Miss Higgins de «My Fair Lady» (2015-2016) avant de faire ses adieux professionnels à la scène, ayant de plus en plus de difficultés à se déplacer.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1949
MÄRCHEN VOM GLÜCK / TRAUM VOM GLÜCK / KÜSS' MICH, CASANOVA
2
1949
KLEINER SCHWINDEL AM WOLFGANGSEE, de Franz ANTEL
 
3
1950
DAS KIND DER DONAU
4
1952
SCHÄM' DICH, BRIGITTE! / WIR WERDEN DAS KIND SCHON SCHAUKELN
5
1952
ILLUSION IN MOLL (Illusion)
6
1953
EINMAL KEINE SORGEN HABEN, de Georg MARISCHKA
 
7
1953
DIE KAISERIN VON CHINA, de Steve SEKELY
 
8
1953
EIN TOLLES FRÜCHTEN, de Franz ANTEL
 
9
1953
SCHLAGERPARADE
10
1953
ICH SUCHE DICH (L'amour ne meurt jamais)
11
1955
GESTATTEN, MEIN NAME IST COX, de Georg JACOBY
 
12
1955
BALL IM SAVOY, de Paul MARTIN
 
13
1955
GRIFF NACH DEN STERNEN
14
1955
HOTEL ADLON, de Josef von BÁKY
 
15
1955
DIE BARRINGS, de Rolf THIELE
 
16
1955
MOZART, de Karl HARTL
 
17
1956
DAS BAD AUF DER TENNE
18
1956
FRIEDERIKE VON BARRING, de Rolf THIELE
 
19
1956
FUHRMANN HENSCHEL, de Josef von BÁKY
 
20
1956
SPION FÜR DEUTSCHLAND (L'espion de la dernière chance), de Werner KLINGER
 
21
1957
BANKTRESOR 713 (Le roi des voleurs)
22
1957
DIE GROSSE CHANCE
23
1957
DREI MANN AUF EINEM PFERD
24
1957
EL HAKIM (Le médecin et l'amour)
25
1957
LA TOUR, PRENDS GARDE!
26
1958
LE DÉSORDRE ET LA NUIT
27
1958
DAS MÄDCHEN ROSEMARIE (La fille Rosemarie)
28
1959
DU RIFIFI CHEZ LES FEMMES
29
1959
LABYRINTH DER LEIDENSCHAFTEN (À bout de nerfs)
30
1959
THE ROUGH AND THE SMOOTH
31
1959
BUDDENBROOKS
32
1960
DIE BOTSCHAFTERIN (La peau d'un espion), de Harald BRAUN
 
33
1961
AN EINEM FREITAG UM HALB ZWÖLF (Vendredi, 13 heures)
34
1961
L'AFFAIRE NINA B
35
1961
GELIEBTE HOCHSTAPLERIN (L'aventurière bien-aimée)
36
1961
LA CHAMBRE ARDENTE
37
1962
LULU (Les liaisons douteuses)
38
1962
ANIMA NERA (Âme noire)
39
1962
L'AMORE DIFFICILE (Amours difficiles) [Sk."L'avaro"]
40
1963
MORAL 63
41
1963
SCHLOSS GRIPSHOLM
42
1963
DAS GROßE LIEBESSPIEL (La ronde)
43
1964
TONIO KRÖGER (Tonio Kroeger)
44
1965
PLEINS FEUX SUR STANISLAS
45
1965
DAS LIEBESKARUSSEL (Parade d'amour) [Sk."Sybill"]
46
1965
DU RIFIFI À PANAME
47
1966
THE POPPY IS ALSO A FLOWER (Opération opium), Téléfilm distribué en salles dans certains pays
48
1966
TENDRE VOYOU
49
1966
L'ESTATE, de Paolo SPINOLA
 
50
1968
LES AMOURS DE LADY HAMILTON
51
1969
LA MORTE BUSSA DUE VOLTE / BLONDE KÖDER FÜR DEN MÖRDER (La mort sonne toujours deux fois)
52
1969
OHRFEIGEN (La gifle)
53
1970
O HAPPY DAY, de Zbynek BRYNYCH
 
54
1970
ENGEL, DIE IHRE FLÜGEL VERBRENNEN, de Zbynek BRYNYCH
 
55
1971
L'ETRUSCO UCCIDE ANCORA, d'Armando CRISPINO
 
56
1974
IL BACO DA SETA, de Mario SEQUI
 
57
1975
LA BABY-SITTER
58
1986
DER SOMMER DES SAMURAI (L'été du samouraï), de Hans-Christoph BLUMENBERG
 
59
2005
BARFUSS, de Til SCHWEIGER
 
60
2009
DINOSAURIER, de Leander HAUSSMANN
 
Éd. 9.1.4 : 23-11-2019