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Pierre LABRY (1886 / 1948)

Pierre Labry

Acteur français, né le 14 décembre 1885, à Paris (Ile-de-France). Décédé le 23 juin 1948, à Paris (Ile-de-France).

Comédien bien oublié aujourd’hui, Pierre Labry fut le sympathique comparse d’une bonne centaine de films où il promena sa bonhomie placide, sa mine réjouie et sa bedaine avantageuse : ce n’est pas un hasard s’il se nomme Potiron dans «Les gaietés de l’escadron» (1932)… Même s’il débute au cinéma en 1911 dans «Le Courrier de Lyon» d’Albert Capellani et tourne une dizaine de films muets signés René Leprince et Henri Pouctal, c’est au théâtre qu’on le retrouve plus fréquemment tout au long des années 20. Il participe à la création de «Ventôse» de Jacques Deval en 1927 ou «Y’avait un prisonnier», l’une des premières pièces de Jean Anouilh en 1935 ; Harry Baur le dirige sur les planches en 1932 dans «Il était une fois».

A l’écran, les choses sérieuses commencent avec le parlant. Comme tous les comédiens recrutés par Raymond Bernard pour «Les croix de bois» (1932), il a participé à la Grande Guerre ; dans le rôle du soldat Bouffioux, sa rondeur va de pair avec sa pusillanimité : cible des autres troufions, ce gros plein de soupe se planque aux cuisines mais, soudain propulsé en première ligne, son air effaré exprime bien la bêtise hallucinante des guerres. «La kermesse héroïque» (1935) de Jacques Feyder reprend cette image de pleutre puisque c’est son discours alarmiste sur la cruauté des espagnols qui décide les bons bourgeois de Boom à laisser leurs épouses passer en première ligne. En version souriante, cela donne «Du haut en bas» (1933) où on ne sait trop s’il fréquente l’office pour la cuisinière ou pour les petits plats qu’elle lui mitonne !

Les métiers manuels sont pour sa pomme : il sera ouvrier imprimeur dans «Gueule d’amour» (1937), mécanicien dans «A vos ordres, Madame» (1942), serrurier dans «Au bonheur des dames» (1943) ou cocher dans «La belle meunière» (1948). Le plus souvent, il se contente de tenir son troquet comme dans «Cœur de lilas» (1931) où il se vante auprès d’André Luguet de ne jamais avoir porté de cornes : il est vrai qu’il y est maqué à la redoutable Madeleine Guitty ! Il verse un petit rouge à Jean Gabin, plus tard à Raimu dans «Dernière jeunesse» (1939) ou Yves Montand dans « L’idole» (1947). Installé à «Montmartre sur Seine» (1941), il imite le cri des oiseaux, ce qui le conduit logiquement à admirer la goualante de la môme Piaf. Aubergiste bonasse de «Monsieur Grégoire s’évade» (1945), il s’associe sans vergogne à une bande de malfaiteurs dirigée par Aimé Clariond. C’était déjà le cas dans «Les disparus de Saint-Agil» (1938) où, kidnappeur bébête, il est ridiculisé par le petit Jean Claudio qui le décrit comme "… une brute épaisse et illettrée". De quoi donner l’idée à Christian-Jaque de le remettre à l’affiche de «Sortilèges» (1944) en idiot de village.

Chef de bande dans «La maison du Maltais» (1938) ou homme de confiance du terrible «Vautrin» (1943), il peut tout aussi bien jouer les inspecteurs de police dans «L’alibi» (1937) ou «Le dernier des six» (1941). Chez Guitry, il sera notaire mais la promotion n’est qu’apparente car le narrateur du «Roman d’un tricheur» (1936) le décrit comme un escroc doublé d’un “bœuf” marié à une “vipère” (Pauline Carton !). Raymond Bernard le fait baron de Maupré dans «Cavalcade d’amour» (1939) mais l’honneur est plus grand encore lorsque, simple coiffeur dans «Les otages» (1939), il côtoie les plus fameux seconds rôles de l’époque que sont Charpin, Larquey, Roquevert et Saturnin Fabre. Même les atours de grand seigneur du Moyen-Age ne le mettent pas à l’abri des moqueries : dans la célèbre scène du banquet des «Visiteurs du soir» (1942), il s’empiffre et éclate d’un rire vulgaire jusqu’à ce que Jules Berry l’arrête net en soulignant sa sottise : "Pourquoi riez-vous ? Vous riez et vous ne savez pas pourquoi vous riez !". Sans doute le passage le plus connu de toute la filmographie de Pierre Labry, où les classiques ne manquent pas cependant, qu’ils soient signés Feyder, Abel Gance ou Jacques Becker. Cantinier dans «Le grand jeu» (1933), hôtelier dans «Pension Mimosas» (1934), comédien dans «Le capitaine Fracasse» (1942) ou menuisier dans «Goupi Mains Rouges» (1943), il sera recruté par de fameux cinéastes étrangers de passage en France : aubergiste pour le «Don Quichotte» (1932) de Pabst, aviateur chez Litvak pour «L’équipage» (1935), marin pour le «Mollenard» (1937) de Siodmak qui l’utilise de façon comique en danseur balourd au début de «Pièges» (1939).

Son dernier film a beau s’appeler «L’échafaud peut attendre» (1948), la “Faucheuse” ne sera pas très patiente puisqu’après avoir servi un dernier verre sur le zinc, Pierre Labry s’éteint en juin 1948, âgé de 62 ans seulement. Deux mois plus tôt, il jouait encore sur la scène du Théâtre des Ambassadeurs «Voyage à Washington», adapté de Garson Kanin par René Clair, dans une mise en scène de Henry Bernstein.

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11931COEUR DE LILAS
21932LES CROIX DE BOIS
31931AU NOM DE LA LOI
41932LES GAÎTES DE L'ESCADRON
51933LA MILLE ET DEUXIEME NUIT
61934LA RUE SANS NOM
71935L'EQUIPAGE
81935LA KERMESSE HEROÏQUE
91936ANNE-MARIE
101936LE ROMAN D'UN TRICHEUR
111937GUEULE D'AMOUR
121937L'ALIBI
131938LES DISPARUS DE SAINT-AGIL
141938LE REVOLTE
151939LES OTAGES
161939LE DERNIER TOURNANT
171940APRES MEIN KAMPF, MES CRIMES
181940L'ACROBATE
191941MONTMARTRE-SUR-SEINE
201941CAPRICES
211942LE JOURNAL TOMBE A CINQ HEURES
221942LES VISITEURS DU SOIR
231942LE CAPITAINE FRACASSE
241943GOUPI MAINS ROUGES
251943AU BONHEUR DES DAMES [ Non crédité ]
261943VAUTRIN
271945LES MALHEURS DE SOPHIE
281945MONSIEUR GREGOIRE S'EVADE , Sorti en 1946
291946FANTOMAS
301947L'IDOLE
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Ed.7.2.2 : 20-6-2016