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Judith ANDERSON (1897 ? 1898 ? / 1992)

Judith Anderson

Actrice britannique, née Frances Margaret Anderson, à Adélaïde le 10 février 1897 (en 1898 selon d'autres sources). Décédée à Santa Barbara (Californie) le 3 janvier 1992.

A 17 ans, Frances Anderson débute au théâtre à Sydney. Sept ans plus tard, la voilà sur les planches de Broadway où, sous le nom de Judith Anderson, elle rencontre le succès grâce à «Cobra» aux côtés de Louis Calhern.

Très vite, elle impose son physique sévère et son talent de tragédienne en créant «Le deuil sied à Electre» d’Eugene O’Neill (1932) avant de se spécialiser dans les rôles shakespeariens, jouant la mère de Hamlet auprès de John GielgudJohn Gielgud et Lady Macbeth pour Laurence OlivierLaurence Olivier. En 1943, elle triomphe dans «Les trois sœurs» de Tchekhov et en 1947 dans «Médée» d’Euripide qui lui vaut le Tony Award de la meilleure comédienne. A 70 ans, elle marche sur les traces de Sarah BerhnardtSarah Bernhardt en prenant le pari d’interpréter elle-même le rôle d’Hamlet à New York !

Avec une telle carte de visite, le cinéma ne pouvait que lui faire les yeux doux. Ses débuts en 1933 ne sont pas très probants mais lorsque Alfred Hitchcock l’engage en 1940 pour «Rebecca», elle trouve aussitôt sa voie : dans le rôle de Mrs Danvers, la vénéneuse gouvernante de Manderley, elle terrorise la fragile Joan Fontaine… et obtient une nomination à l’oscar du second rôle féminin. Tout naturellement, on la retrouve l’année suivante dans «Lady Scarface» (rien que ça !) et en suppôt du nazisme, vaincue par Humphrey Bogart, dans «Echec à la Gestapo». En 44, elle retrouve un rôle d’envergure, celui d’Anne Treadwell, jalouse de Gene TierneyGene Tierney dans «Laura» d'Otto Preminger.

Bien que peu étoffée (25 films en cinquante ans), la carrière cinématographique de Judith Anderson est d’une grande qualité. Elle tient tête à quelques monstres sacrés (Edward G. Robinson, Charles LaughtonCharles Laughton ou encore Walter Huston) et travaille sous la direction de réalisateurs prestigieux comme Anthony Mann, Richard Brooks, Jean Renoir ou René Clair. A la fin des années 40, on la retrouve dans deux beaux westerns crépusculaires : dans «La vallée de la peur» de Raoul Walsh (1948), elle est à l’origine des malheurs familiaux tandis que «Les Furies» (1950) l’oppose à Barbara StanwyckBarbara Stanwyck qui la défigure à coups de ciseaux ! A l’affiche de célèbres peplums, elle incarne la perverse Hérodiade dans «Salomé» (1953) et Memnet, la perfide nourrice du pharaon dans «Les dix commandements» (1956). Lorsque Cendrillon aura les traits inattendus de Jerry LewisJerry Lewis dans «Cendrillon aux grands pieds» (1960), c’est elle qui écopera du rôle de l’odieuse marâtre. Impressionnante à tout coup, on la verra pour une fois pathétique dans «La chatte sur un toit brûlant» (1958) où elle subit les accès de colère de son tyrannique époux, Big Daddy (Burl IvesBurl Ives).

Spécialiste des morts violentes et des scènes paroxystiques, elle est brûlée vive à la fin de «Rebecca», tuée par balle dans «La maison rouge» (1947), frappée à coups de canne et précipitée dans l’escalier par sa nièce dans «L’emprise du crime» (1946) ; vieille fille amère dans «Dix petits indiens», d’après Agatha Christie, elle finit empoisonnée…

Ses deux derniers rôles marquants seront sans doute les plus surprenants : vieille squaw pleine de sagesse dans «Un homme nommé cheval» (1969), elle arbore une coiffure extravagante de grande prêtresse intergalactique dans «Star Trek III» (1984).

Est-ce parce que le titre de la série était celui de la ville où elle résidait ? C’est en tout cas de façon inattendue que Judith Anderson apparaît pendant trois saisons (1984-1987) dans le fameux soap opera «Santa Barbara» où elle incarne la matriarche Minx Lockridge, rôle qui lui apporta à 85 ans un regain de popularité.

"Si je n’avais pas eu la possibilité d’être actrice, je me serais certainement suicidée" déclara Dame Judith Anderson, anoblie par la reine Elisabeth en 1960. Elle se maria à deux reprises, d’abord avec Benjamin Harrison Lehmann (1937-1939) puis avec le producteur Luther Greene (1946-1951).

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11940REBECCA
21941FREE AND EASY
31941LADY SCARFACE , de Frank WOODRUFF 
41941ALL THROUGH THE NIGHT (Echec à la Gestapo)
51942KINGS ROW (Crimes sans châtiment)
61943EDGE OF DARKNESS (L'ange des ténèbres)
71944LAURA
81945AND THEN THERE WERE NONE (Dix petits Indiens)
91946THE DIARY OF A CHAMBERMAID (Le journal d'une femme de chambre)
101946THE STRANGE LOVE OF MARTHA IVERS (L'emprise du crime)
111947PURSUED (La vallée de la peur)
121947THE RED HOUSE (La maison rouge)
131947TYCOON (Taïkoun)
141950THE FURIES (Les Furies)
151953SALOME (Salomé)
161955THE TEN COMMANDMENTS (Les dix commandements)
171958CAT ON A HOT TIN ROOF (La chatte sur un toit brûlant)
181961DON'T BOTHER TO KNOCK?
191970A MAN CALLED HORSE (Un homme nommé Cheval)
201984STAR TREK III: THE SEARCH OF SPOCK (Star Trek III: A la recherche de Spock)
L'Encinémathèque
Ed.7.2.2 : 23-6-2016