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Perrette PRADIER (1938 / 2013)

Perrette Pradier

Actrice française, née Perrette Marie Mathilde Chevau, le 17 avril 1938 à Hanoï (Vietnam). Décédée le 16 janvier 2013 à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).

Originaire de l'Indochine française où le père fait partie du 1er régiment des tirailleurs tonkinois, la famille Chevau la quitte très tôt pour la côte varoise où Perrette commence des études qu'elle terminera à Paris. Le baccalauréat en poche, elle suit des cours d’esthéticienne et de manucure qu’elle finit par abandonner, davantage attirée par le théâtre.

Admise dans la classe de Raymond Girard, professeur au Conservatoire National de Paris, la jeune fille débute sur scène dans «Le Tartuffe repenti» de Bernard Diez (1959). S'ensuivent «Six personnages en quête d’auteur» de Luigi Pirandello et «Boeing Boeing» (1960) de Marc Camoletti, qui lui vaut le prix Suzanne-Bianchetti (récompense désignant la meilleure révélation féminine de l’année). Elle reprend cette dernière pièce peu après, dans le cadre d'une tournée Karsenty, avec Odile Versois et Christian Alers.

En 1956, plusieurs personnes déclarèrent avoir aperçu Perrette Pradier à la terrasse d'un café tenu par Edmond Ardisson et fréquenté par Fernandel, alias «Honoré de Marseille». Nous n'en sommes pas si sûrs et attendons la confirmation de cette présence incertaine. Plus avérée est sa présence dans «Les scélérats» (1959), le scénariste Frédéric Dard lui ayant taillé le rôle consistant d'une nouvelle bonne qui n’a de cesse de perturber le couple bizarre, voire inquiétant, formé par Michèle MorganMichèle Morgan et Robert Hossein.

Sa carrière cinématographique bien lancée, Perrette enchaîne avec «Les amours de Paris» (1960), succession de brouilles et de raccommodages sentimentaux, et «Au voleur !» (1960), un chassé-croisé d’escroqueries en tous genres. Elle rejoint ensuite le quatuor féminin que Robert Lamoureux, auteur et partenaire, rassemble autour de lui dans «La brune que voilà» (1960), reprenant le rôle tenu auparavant sur les planches par Danielle GodetDanielle Godet. L’année suivante, assez chargée, lui permet de retrouver Robert Hossein pour un «Jeu de la vérité» (1961) exhalant quelques relents du «Marie-Octobre» de Julien Duvivier (1958). Sommet de sa carrière d'actrice, la voici en Constance Bonacieux version “Borderisée”, encadrée par «Les trois mousquetaires» (1961) et ne cachant pas sa préférence pour le beau et intrépide gascon, un capitaine d’Artagnan superbement incarné par Gérard Barray. L'actrice poursuit son petit bonhomme de chemin artistique en traversant «La chambre ardente» (1961) ouverte par l’exigeant Duvivier, sur fond d'empoisonnement et de sorcellerie.

Son répertoire s'enrichit de deux films américains qui méritent d’être cités, mêmes si ces participations sont affaiblies par des partenaires omniprésents ; ainsi en est-il de Gregory PeckGregory Peck, Anthony Quinn et Omar SharifOmar Sharif dans «Behold the Pale Horse/Et vint le jour de la vengeance» (1964) de Fred Zinnemann, combattants de la guerre civile espagnole, et d'Orson WellesOrson Welles dans «House of Cards/Un cri dans l’ombre» de John Guillermin (1968), qui s'oppose à l'instauration du fascisme avec tout le poids de son imposante stature, ne laissant que peu de place à la frêle Perrette.

Plus futile s'avère cette «Blague dans le coin» (1963) montée dans le Midi de la France par l'inénarrable FernandelFernandel. De même, nous n'avons guère ressenti «Des frissons partout» (1963) devant un Eddie Constantine en vacance de Lemmy Caution pour remplacer un de ses nombreux confrères du FBI. Pardonnons à notre vedette de s'être affichée quelque temps avec des gens du même monde pour «Furia à Bahia pour OSS 117» (1965) et «Le judoka, agent secret» (1966).

En 1979, Perrette Pradier fait sa dernière apparition à l'écran dans «Comme une femme», un film qui ne rencontra pas son public. Oubliée par le cinéma, elle se ressource en se réinvestissant sur les scènes. Mais sa grande et indiscutable réussite reste le doublage qui l’occupa toutes les décennies de 1970 à ses derniers jours. Elle fut aussi très présente à la radio ainsi qu’à la télévision, animatrice de jeux comme «L’académie des neuf» et «Les jeux de 20 heures.

Perrette Pradier fut la compagne du comédien Michel BedettiMichel Bedetti. Leur fille, VaninaVanina Pradier, s'est engagée à son tour avec bonheur et succès dans l'art délicat du doublage. Perrette se remettait d’une opération due à un anévrisme, lorsqu'une crise cardiaque l’emporta un mois plus tard, au Centre hospitalier départemental de Rueil-Malmaison. Selon ses volontés, elle fut incinérée au crématorium de Nanterre (Hauts-de-Seine).

Yvan Foucart

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11960LES SCELERATS
21960LA BRUNE QUE VOILA
31960AU VOLEUR!
41960LES AMOURS DE PARIS
51961LES TROIS MOUSQUETAIRES
61961LE JEU DE LA VERITE
71961LA CHAMBRE ARDENTE
81963DES FRISSONS PARTOUT
91964BEHOLD A PALE HORSE (Et vint le jour de la vengeance)
101964ESTAMBUL 65/OPERACION ESTAMBUL (L'homme d'Istanbul)
111964L'AMOUR A LA CHAÎNE
121965FURIA A BAHIA POUR OSS 117
131968HOUSE OF CARDS (Un cri dans l'ombre)
L'Encinémathèque
Ed.7.2.2 : 3-7-2016