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Jean WALL (1899 / 1959)

Jean Wall

Acteur français, né Jean Salomon Wallenstein, le 31 décembre 1899 à Paris. Décédé le 24 octobre 1959 à Paris.

Fils d'un père horloger et d'une mère couturière, Jean Wall vint au monde du côté de Ménilmontant dans les toutes dernières heures du 19ème siècle. Après des études secondaires à Orléans, suivies d'un début de cursus universitaire parisien, il accorda sa priorité au théâtre, interprète ou metteur en scène, sans négliger pour autant le cinéma.

Ses débuts sur les planches de la capitale remontent à 1922. Se produisant le plus souvent au Théâtre de l'Œuvre dirigé par Aurélien Lugné-Poe, il se permit également de nombreuses et magnifiques tournées. Parmi les étapes de cette carrière, rappelons «Les amants terribles» de Noël Coward, «Topaze» de Marcel Pagnol, «Félix» de Henry Bernstein, «La beauté du diable» de Jacques Deval, «Ami-Ami» de Barillet et Grédy, mais aussi «Adorable Julia», «George et Margaret» et «Les enfants d'Edouard», trois pièces de Marc-Gilbert Sauvajon avec lequel il partageait une grande amitié.

A trente ans, Jean convola avec Yvonne Karsenty, issue d'une très notoire famille d'Oran à la tête des célèbres Galas Karsenty, dont il divorça treize années plus tard. Quant à sa seconde épouse, Jeanne Gélabert, résistante de la première heure, elle fut arrêtée et enfermée dans les prisons froides de Nantes et de Romainville dont elle parvint heureusement à s'échapper.

Au septième art, dès lors qu'il devint sonore, Jean Wall s'autorisa tout de même une quarantaine de compositions. Nonobstant un court métrage Clouzot («La terreur des Batignolles», 1931), tout commença pour lui par «Chair ardente» (1932) en époux de Mary Serta, actrice aujourd'hui bien oubliée. Suivirent un «Mariage à responsabilité limitée» (1933) de Jean de Limur, en amant de la charmante Florelle (1933) ; «Nous ne sommes plus des enfants» (1934), co-production franco-italienne d'Augusto Genina, entre Claude Dauphin et Gaby Morlay ; «La loi du Nord» (1939) en avocat général sous la direction de Jacques Feyder, etc.

De 1940 à 1944, sur le plan cinématographique, Jean Wall traversa une période de disette. Occupation oblige, et compte tenu de ses origines juives, c'est à Cannes qu'il délivra quelques cours d'art dramatique à de jeunes comédiens comme Danièle Delorme, Gérard Philipe ou Madeleine Robinson. Le conflit achevé, nous le retrouvâmes en majordome dans «L'ange qu'on m'a donné» (1945), avant de le voir réapparaître au générique du glorieux «Bataillon du ciel» d'Alexandre Esway (1946), remarquable dans son rôle du docteur israélite Ben Sassem. Montagnard enterré dans «Le village perdu» (1947) et contrebandier à ses heures maigres, il ne put s'empêcher, fraîchement sorti de prison, de tenter de faire la nique une dernière fois à des douaniers qui surent enfin se montrer vigilants. Médecin méprisant à l'égard de son confrère Michel Simon dans «Non coupable» (1947), il se montre tout aussi arrogant face au clochard Maurice Chevalier, dit «Ma pomme» (1950), beaucoup moins sensible que lui aux attraits d'une fortune tombée du ciel.

«Bille de clown» (1950) fut sa première mise en scène de cinéma, dans laquelle il se réserva le rôle d'un notaire surgi d'outre-tombe pour délivrer quelques conseils posthumes à son fils, Jean Carmet, davantage attiré par les joies de la piste que par la tristesse de l'étude paternelle. Soutenu par son acolyte Frédéric O'Brady, il se montre disposé à aider une nièce déshéritée par son oncle richissime dans «C'est arrivé à Paris» (1952). Archimandrite face à l'affreux «Raspoutine» (1953) ou premier ministre auprès de «La princesse du Danube» (1954), il assume avec assurance les plus hautes fonctions, au point d'attirer l'attention, homme d'affaires enrichi, de Dany Robin, la chanteuse arriviste du cabaret «Frou-Frou» (1955) qui en fera son protecteur alors que son coeur inclinait davantage vers un tout jeune peintre, Philippe Lemaire.

Cynique marchand d'armes, son assassinat commis par Maurice Ronet, l'amant de son épouse, nous laissa froid à la vision de «Ascenseur pour l'échafaud» (1957). Plus amène dans «Un drôle de dimanche» (1958) en directeur d'une agence de publicité, il soutiendra gentiment un Bourvil hésitant entre vengeance et pardon. Peu après, il campa, avec son frère de jeu Louis Seigner, un banquier de ces «Grandes familles» (1958), dépourvu de toute humanité lorsqu'il s'agira de s'opposer aux foucades provocatrices de Pierre Brasseur ou aux initiatives malheureuses de Jean Desailly. Plus léger, «Oh que mambo !» (1958) nous le présentera en organisateur de spectacles accordant sa confiance à un Dario Moreno toujours aussi agité. Enfin, chirurgien en chef, il se verra tenu au «Secret professionnel» (1959) qu'exige son métier au caractère sacerdotal.

Jean Wall connaîtra encore quelques joies théâtrales, notamment avec «Les choutes» (1959) de Barillet et Grédy, même si Jean-Paul Belmondo lui laissera une désagréable impression lorsque, de retour du service militaire, il refusera de se plier à ses indications de mise en scène au point de devoir être remplacé par Claude Rich. La soixantaine à portée de vie, c'est au Théâtre de la Madeleine, avec «La collection Dressen» de Marc-Gilbert Sauvajon (1959), que Jean Wall dirigea une dernière fois, en l'occurrence Maria Mauban et Philippe Nicaud, avant de succomber prématurément, victime d'une crise cardiaque.

Yvan Foucart

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11932CHAIR ARDENTE
21933MARIAGE A RESPONSABILITE LIMITEE
31934NOUS NE SOMMES PLUS DES ENFANTS/NON SIAMO PIU RAGAZZI
41937LA DAME DE MALACCA
51945L'ANGE QU'ON M'A DONNE
61946BATAILLON DU CIEL
71947NON COUPABLE
81948L'IMPECCABLE HENRI
91950MA POMME
101950BILLE DE CLOWN [ +Réalisation ]
111952C'EST ARRIVE A PARIS
121954AN DER SCHÖNEN BLAUEN DONAU (La princesse du Danube)
131955FROU-FROU
141957ASCENSEUR POUR L'ECHAFAUD
151958LES GRANDES FAMILLES
L'Encinémathèque
Ed.7.2.2 : 2-5-2016