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SHADIA (1959 / 2017)

Shadia

Actrice égyptienne, née Fatima Ahmad Kamal, le 8 février 1929, au Caire(Égypte). Décédée 28 novembre 2017, à Lieu (Égypte).

Benjamine d'une fratrie de cinq enfants, Fatima Ahmad Kamal vint au monde dans le quartier d'Abdeen (Le Caire), d'un père ingénieur agricole dans une exploitation royale. Figure emblématique de l'âge d'or du cinéma égyptien plus connue sous le nom de scène de Shadia (ou Chadia), qui signifie dans la langue Arabe "celle qui chante et qui entonne des mélodies comme les oiseaux".

À 16 ans elle participe à un concours de chant et de comédie, organisé par le réalisateur Ahmed Badrakhan afin de recruter de nouveaux talents et de nouveaux visages. Charmé par son coté naturel, il l'invite à passer un casting dans les Studios Massr, le Hollywood du cinéma arabe, qui a vu naître bon nombre d'actrices égyptiennes. L'occasion lui est donnée de débuter au cinéma avec un petit rôle dans le film «Des fleurs et des épines» (1947) de Mohamed Abdel Gawwad avec Yehia Chahine dans lequel elle incarne une adolescente qui se démarque par son air à la fois angélique avec ses caprices, ses doutes et ses passions.

Durant les années cinquante, Shadia enchaîne films sur films et gravit rapidement les échelons de star. Elle forme un célèbre duo dans 25 films avec l'une des vedettes de l'époque, Kamal El-Chanaoui («Veille de noce» en 1951, etc) , mais aussi avec une autre figure incontournable du cinéma égyptien, Imad Hamdi, pour une bonne douzaine de films («Laila min omri» en 1955, etc). Elle joue les femmes émotionnellement perturbées ou romantiquement désespérées. Mahmoud Zulfikar la propulse en tête d'affiche dans «La femme inconnue» (1959) où, richement mariée, elle tombe dans les bras d'un voyou et connaît une descente aux enfers qui l'entraîne jusqu'à la misère. S'ensuit un mélodrame, «Angoisse d'amour» (1960), basé sur le roman d'Émile Zola, «La bête humaine», et dirigé par Salah Abou Seif, dans lequel, mariée à un homme abusif et violent (Ahmad Mazhar) elle tombe amoureuse de son partenaire Omar Sharif.

Fille effrontée qui bouscule les traditions, prostituée dans «Le voleur et les chiens» (1962) de Kamal El Sheikh avec Samir Sabri, femme rebelle dans «Les mille et une nuits» de Hassan Al Imam avec Farid Shawqi, elle fait preuve d'une large palette de jeu qui lui ouvre de nombreux horizons professionnels. Au travers de ses personnages, elle défend une certaine idée de la femme moderne, ignorant les tabous, luttant pour la liberté et la dignité de son genre. Citons par exemples la femme d'affaires partagée entre sa carrière et sa famille dans «Ma femme, le directeur général» (1965) de Fatin Abdel Wahab; l'épouse de Salah Zulficar (son mari de l'époque) qui mène une vie conjugale assez troublée dans «La dignité de ma femme» (1967 ) de Fatin Abdel Wahab, la paysanne de la Haute-Égypte qui fait face à la tyranie d'un maitre du village dans «Quelque chose de la peur» (1969) de Hussein Kamal, etc.

Dès 1953, sa popularité légendaire s'étend au travers du monde arabe lorsqu'elle entame une carrière de chanteuse. Elle conquiert le public de sa voix douce et sensuelle dans des comédies musicales très populaires. Sa chanson «Ya Habibti ya Massr» signée Baligh Hamdi, est devenue l'hymne patriotique lors de la révolution égyptienne de 2011.

Shadia met un terme à sa carrière artistique en 1983,. Depuis elle se consacre à la religion et développe des actions caritatives en direction des enfants orphelins. Durant sa carrière cinématographique qui comprend une centaine de films, elle a eu pour compagnons des géants tel que Farid El Atrache – son partenaire dans «C'est toi mon amour» et dont elle fut réellement amoureuse – et Imad Hamdi, qui sera son premier époux. En 2017, celle qui fut surnommée "la chérie du cinéma" ou l'"Oiseau du Nil" par ses fans du monde arabe, est victime d'un accident vasculaire cérébral. Soignée dans un hôpital du Caire, après plusieurs jours dans le coma, elle y décède le 28 novembre 2017. Elle n'avait pas d'enfants.

Gary Richardson

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1948
HAMAMET EL SALAM (Justice du Ciel), de Helmy RAFLA
 
2
1951
LAILAT EL HENNA (Veille de noces), d'Anwar WAGDI
 
3
1952
QALIL AL BAKH (Le malchanceux), de Mohamed Abdel GAWAD
 
4
1952
HAMATI KOMBOLA ZORRIA, de Helmy RAFLA
 
5
1953
GHAMTET AB, de Hinri BARAKAT
 
6
1954
MOAWAD MA AL HAYAT, d'Ezzel Dine ZULFICAR
 
7
1954
ANA EL HUB (C'est moi l'amour), de Hinri BARAKAT
 
8
1955
LAILA MIN OMRI, d'Atef SALEM
 
9
1956
DALILA, de Mohammed KARIM
 
10
1957
WADDA'TU HUBBAK (Adieu, mon amour), d'Youssef CHAHINE
 
11
1957
INTA HABIBI (C'est toi mon amour), d'Youssef CHAHINE
 
12
1958
GHALTET HABIBI (La faute de mon bien-aimé), d'El Sayed BEDEIR
 
13
1959
IRHAM HOUBBI (Aie pitié de mon amour), de Hinri BARAKAT
 
14
1960
LAWET EL HUB (Angoisse d'amour), de Salah ABOUSEIF
 
15
1962
AL-ZAAWGAH RAQAM TALATA'CH, de Fatin ABDULWAHHAB
 
16
1962
EL LESS WAL KILAB (Le voleur et les chiens)
17
1967
MABODET EL GAMAHIR (L'idole du public), de Helmy RAFLA
 
18
1967
KARAMET ZAWGATY (La dignité de ma femme), de Fatin ABDULWAHHAB
 
19
1968
AFRIT MERATI (Le fantôme de ma femme), de Fateen Abdel WAHAB
 
20
1969
MIRAMAR
21
1969
SHEY MIN EL KHOUF, de Hussein KAMAL
 
22
1970
NAHNU LA NAZRAA AL-SHOK (Nous ne plantons pas des épines), de Hussein KAMAL
 
23
1984
LA TASALNI MAN ANA (Ne me demandez pas qui je suis), d'Ashraf FAHMY
 
Éd. 9.1.4 : 20-3-2020