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Jean BROCHARD (1893 / 1972)

Jean Brochard

Acteur français, né Jean-Louis Brochard, le 12 mars 1893, à Nantes. Décédé à Nantes le 17 juin 1972.

Avec son air bonhomme, son bedon, sa moustache et sa bouffarde, Jean Brochard semblait l’incarnation parfaite du français moyen et c’est bien le rôle qu’il tiendra tout au long de trois décennies de carrière et près de 120 films. Après le Conservatoire de Nantes, il entame en province un parcours théâtral interrompu par la guerre (il sera grièvement blessé au Chemin des Dames). Dans les années 20, on le retrouve sur les scènes parisiennes mais le cinéma ne le découvre qu’en 1932 (il a déjà 39 ans). De simples apparitions en silhouettes amusantes, il gagne un début de notoriété grâce aux aventures, aujourd’hui oubliées, de «L’inspecteur Grey» (1936) dont il sera le faire-valoir comique dans trois films, ce qui lui permet de figurer ensuite chez Marcel Lherbier, Jacques Feyder ou Abel Gance.

C’est dans les années 40 qu’il s’impose comme un pilier du cinéma national en grande partie grâce à Christian-JaqueChristian-Jaque qui l’emploie à sept reprises, avec une prédilection pour les rôles de bourgeois lâches et veules. “Impayable” Loiseau dans «Boule de Suif» (1945), il combine drôlerie et bassesse avec un talent évident, que l’on retrouve dans «Un revenant» (1946) : industriel pusillanime et magouilleur, effrayé par le retour de Jouvet, il dispense à son fils (François PérierFrançois Périer) des cours d’hypocrisie bourgeoise… Auparavant, il était particulièrement antipathique en pédophile dans «L’enfer des anges» (1939) et en meurtrier dans «L’assassinat du père Noël» (1941). Sur une note plus amène, il joue l’aubergiste Lillas Pastia de «Carmen» (1943) et, dans «Voyage sans espoir» (1943), un policier aux trousses de Paul BernardPaul Bernard.

De fait, on peut dire que la police lui réussit assez bien : agent, inspecteur, commissaire, il en aura grimpé tous les échelons, jusqu’au commissaire divisionnaire de «Raffles sur la ville» (1957). Auprès de Fernandel dans «L’acrobate» (1940), on le retrouve, complètement dépassé par l’amnésie volontaire de cet hurluberlu. C’était déjà son emploi, le bégaiement en sus, dans «Raphaël le tatoué» (1937). Mention spéciale à ses excellentes prestations d’inspecteur perspicace dans «L’homme de Londres» (1943) et surtout «Le rideau rouge» (1952) où il découvre l’univers du théâtre avec une fausse naïveté qui fait merveille. D’autres uniformes semblent lui réussir, celui de gendarme dans «Monsieur Taxi» (1952) ou de curé de l’Ile de Sein dans «Dieu a besoin des hommes» (1950).

Parmi les personnages inquiétants qu’il se plut à interpréter, on remarque Dandurand, l’assassin de «Cécile est morte» (1943), démasqué par Maigret (Albert Préjean) et le redoutable Marche-à-Terre dans «Les chouans» (1946). Chez Clouzot, il a toute sa place dans la galerie des corrompus épinglés par «Le corbeau» (1943) : économe de l’hôpital, il se sert impunément dans la caisse et exerce un chantage sur son supérieur hiérarchique… Le docteur Parpalaid de «Knock» (1950) est moins fautif mais tout aussi médiocre, comme Duveyrier, le nouveau propriétaire de l’immeuble de «Pot-Bouille» (1957), cocu affublé d’un ridicule lorgnon.

Heureusement, il campe aussi des personnages plus aimables, comme le résistant héroïque de «Jéricho» (1945), Piéchut, le maire de «Clochemerle» (1948), l’ouvrier blessé par balle dans «Sous le ciel de Paris» (1950) ou Plantiveau, l’homme à tout faire de la pension sordide tenue par Paul MeurissePaul Meurisse et Véra ClouzotVéra Clouzot dans «Les diaboliques» (1954). Dans «Les espions» (1957), Clouzot lui propose même une promotion : le voilà, fugitivement, directeur d’école. Divine surprise dans l’horizon un peu terne de sa filmographie des années 50, son incursion inattendue chez Fellini dans «Les vitelloni» (1953) où il campe un père plus italien que nature, le temps de corriger à coups de ceinturon son don juan de fils (Franco Fabrizi) !

En 1960, après deux dramatiques de prestige signées Stellio Lorenzi, la maladie l’oblige à se retirer à "L’Entracte", ainsi qu’il avait joliment baptisé sa maison de Saint-Jean-de-Boiseau, en Loire-Atlantique. Il y reçut, tardivement, la légion d’honneur mais les spectateurs lui avaient depuis longtemps attribué d’office la palme du meilleur second rôle !

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11936VOUS N'AVEZ RIEN A DECLARER?
21937RAMUNTCHO
31938LA PISTE DU SUD
41939L'ENFER DES ANGES Sorti en 1941
51939PARADIS PERDU
61940L'ACROBATE
71941CAPRICES
81941L'ASSASSINAT DU PERE NOËL
91942LE JOURNAL TOMBE À CINQ HEURES
101943CECILE EST MORTE
111943LA COLLECTION MENARD
121943LE CORBEAU
131943LE VOYAGEUR SANS BAGAGE
141943LES ROQUEVILLARD
151943VOYAGE SANS ESPOIR
161945BOULE DE SUIF
171945JÉRICHO
181946LE BATEAU À SOUPE
191946UN REVENANT
201948BARRY
211948CINQ TULIPES ROUGES
221949ENVOI DE FLEURS
231949RENDEZ-VOUS AVEC LA CHANCE
241949RETOUR À LA VIE [Sk."Le retour de Jean"]
251950DIEU A BESOIN DES HOMMES
261950KNOCK
271950SOUS LE CIEL DE PARIS
281951TAPAGE NOCTURNE
291952LE RIDEAU ROUGE
301952MONSIEUR TAXI
311953CAPITAINE PANTOUFLE
321953I VITELLONI (Les inutiles)
331954LES DIABOLIQUES
341955L'IMPOSSIBLE MONSIEUR PIPELET
351955LA MÔME PIGALLE
361955TREIZE A TABLE
371956JE REVIENDRAI À KANDARA
381957LES ESPIONS
391957LES VIOLENTS
401957POT-BOUILLE
411957RAFLES SUR LA VILLE
421958LA LOI C'EST LA LOI
431959EIN ENGEL AUF ERDEN (Mademoiselle Ange)
441959LA BÊTE A L'AFFÛT
451959LE CHEMIN DES ÉCOLIERS
Éd.8.1.3 : 24-8-2017