La bibliothèque de L'Encinématheque

Bonita GRANVILLE (1923 / 1988)

Bonita Granville

Actrice américaine, née le 2 février 1923, à New York City (New York, U.S.A.). Décédée le 11 octobre 1988, à Santa Monica (Californie, U.S.A..

Fille de Bernard Granville, acteur des Ziegfeld Follies, et de Rosina Timpon, petite-fille de la ballerine Maria Brambilla et du chef d'orchestre Francis Timponi, c'est tout naturellement que Bonita Granville fit ses débuts sur les planches dès l'âge de 3 ans ! La famille s'installant bientôt en Califorinie (1930), la gamine, remarquée par un talent-scout de la R.K.O., se montra tout aussi précoce dans l'entame de sa carrière cinématographique, apparaissant dès 1932 dans «Westward Passage» de l'obscur Robert Milton. En 1936, elle connaît ce qui restera son plus grand succès personnel en apparaissant dans la première adaptation du livre de Lillian Hellman, «The Children's Hour», rebaptisé «These Three» par Hollywood (1936), dont elle retira toute jeunette une nomination pour l'oscar de la meilleure actrice de composition.

Sans être attachée à un studio particulier, elle travaillera successivement – sans être toujours créditée aux génériques – pour les studios Warner Bros («Silver Dollar» en 1932), 20th Century Fox («Cavalcade» en 1933, qui sera honoré de l'oscar du meilleur film), Paramount Pictures («Cradle Song» en 1933), R.K.O. («Miss Carrott» en 1934), Metro-Goldwyn-Mayer («Impétueuse jeunesse» en 1935), United Artists («Le jardin d'Allah» en 1936)… pour finir du côté de Poverty Row chez Monogram («The Guilty» en 1947), Allied Artists («La ruée vers l'or noir» en 1948) ou Eagle Lion («Trahison à Budapest» en 1950). L'actrice en herbe enfilera les films comme des perles pendant un bonne quinzaine d'années. Loin du cabotinage d'une Shirley Temple, la star-enfant qu'elle est encore fait preuve d'une sobriété plutôt rare chez les actrices de son âge.

Contrairement à nombre de ses petites collègues en jupes courtes dont les succès furent aussi rapides qu'éphémères, l'adolescence lui sied à merveille et elle montre encore, la quinzaine, approchant, suffisamment de conviction pour gravir une à une les marches vers une certaine notoriété : fille “envoûtée” d'un couple de puritains dans «Le démon sur la ville» (1937), la voici sujette aux premières exhaltations d'«Une journée de printemps» (1937) qui émoustille toute une famille au demeurant des plus sympathiques.

Dynamique, la jeune fille est retenue pour incarner la détective amateur Nancy Drew imaginée collectivement par une douzaine de plumitifs interchangeables sous le pseudonyme de Caroline Quine. Notre Sherlock Holmes en jupons résoudra ainsi, en compagnie de son “boy-friend” Frankie Thomas Jr, quatre ténébreuses affaires en tout autant d'opus, à savoir «Nancy Drew… Detective», «Nancy Drew… Reporter» (1938), «Nancy Drew… Trouble Shooter» et «Nancy Drew and the Hidden Staircase» (1939).

Au sortir de l'adolescence, Bonita Granville – “Bunny” pour les intimes – rejoint l'écurie juvénile de la M.G.M. pour accéder enfin aux films de premier plan. Jeune mère dans la comédie dramatique «Forty Little Mothers» (1940), elle rigolera moins entre les serres brunes de Ward Bond, prise sous «La tempête qui tue» (1940). Le pire restait à venir, l'immonde administration nazie voulant l'embrigader parmi «Les enfants d'Hitler» (1942), film de propagande en ces temps de guerre idéologique qui lui fournira tout de même l'opportunité d'entretenir une courte romance avec son tortionnaire-partenaire masculin, le séduisant Tim Holt.

Après avoir semé la pertubation à deux reprises chez le juge Hardy et son fils («Andy Hardy's Blonde Trouble» en 1944, «Love Laughs at Andy Hardy» en 1946), Bonita Granville vit son succès décliner alors qu'elle venait tout juste de dépasser la vingtaine. Fort judicieusement, elle convola en justes noces avec le milliardaire Jack Wrather (1947) et mit sa carrière en veilleuse pour devenir mère à quatre reprises (deux filles, Molly et Linda, future actrice pour le petit écran, et deux garçons, Jack et Christopher).

Devenue productrice, elle prit la tête de la Wrather Corporation dont les titres de gloire furent les séries «The Lone Ranger» (en 1949 et sa version grand écran en 1955) et «Lassie» (1971/1973). Présidente du Comité de Tutelle des Orphelinats de la Ville de Los Angeles, elle fut nommée par Richard Nixon au Conseil d'Administration du Los Angeles Music Center (1972), confiance qui lui fut renouvelée par son ami Ronald Reagan (1982).

Son époux décédé (1984), Bonita Granville vendit la Wrather Corporation à l'empire Walt Disney pour 152 millions de dollars, avant de prendre la présidence de l'American Film Institute (1986), fonction qu'elle execera jusqu'à son décès au terme de ce qu'il est convenu d'appeler une longue maladie.

Ils sont peu nombreux aujourd'hui les jeunes Américains qui se souviennent encore d'elle.

Christian Grenier

Cliquez sur les iconespour accéder aux illustrations.

Cliquez sur les iconespour accéder à la fiche technique du film.

Cliquez sur les mots soulignés de la fiche technique pour faire apparaître les illustrations.

Cliquez sur la fiche technique pour la faire disparaître.

English translation

Click on the iconsto reveal the pictures.

Click on the iconsto reach the data sheet of the film.

Click on the words underlined of the data sheet to reveal the pictures.

Click on the data sheet to remove.

Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1933
CAVALCADE
2
1934
ANNE OF GREEN GABLES [Non créditée]
3
1935
AH, WILDERNESS! (Impétueuse jeunesse)
4
1936
THESE THREE (Ils étaient trois)
5
1936
THE GARDEN OF ALLAH (Le jardin d'Allah)
6
1937
MAID OF SALEM (Le démon sur la ville)
7
1937
CALL IT A DAY (Une journée de printemps)
8
1938
WHITE BANNERS
9
1938
MERRILY WE LIVE (Madame et son clochard)
10
1938
THE BELOVED BRAT (L'enfant rebelle), d'Arthur LUBIN
 
11
1938
MY BILL
12
1938
HARD TO GET, de Ray ENRIGHT
 
13
1938
NANCY DREW… DETECTIVE, de William CLEMENS
 
14
1938
NANCY DREW... REPORTER
15
1939
NANCY DREW TROUBLE SHOOTER, de William CLEMENS
 
16
1939
ANGELS WASH THEIR FACES, de Ray ENRIGHT
 
17
1939
NANCY DREW AND THE HIDDEN STAIRCASE, de William CLEMENS
 
18
1940
FORTY LITTLE MOTHERS
19
1940
THE MORTAL STORM (La tempête qui tue)
20
1940
THOSE WERE THE DAYS
21
1940
THIRD FINGER, LEFT HAND (Le mari imaginaire)
22
1940
GALLANT SONS
23
1940
THE WILD MAN OF BORNEO
24
1941
THE PEOPLE vs. Dr.KILDARE, de Harold S.BUCQUET
 
25
1941
DOWN IN SAN DIEGO, de Robert B.SINCLAIR
 
26
1941
H.M.PULHAM, ESQ.
27
1942
SYNCOPATION
28
1942
THE GLASS KEY (La clé de verre)
29
1942
NOW, VOYAGER (Une femme cherche son destin)
30
1942
SEVEN MILES FROM ALCATRAZ, d'Edward DMYTRYK
 
31
1942
HITLER's CHILDREN (Les enfants d'Hitler), d'Edward DMYTRYK
 
32
1944
ANDY HARDY's BLONDE TROUBLE, de George B.SEITZ
 
33
1944
YOUTH RUNS WILD
34
1945
THE BEAUTIFUL CHEAT
35
1945
SENORITA FROM THE WEST, de Frank R.STRAYER
 
36
1946
BREAKFAST IN HOLLYWOOD
37
1946
THE TRUTH ABOUT MURDER, de Lew LANDERS
 
38
1946
SUSPENSE (Fatalité)
39
1946
LOVE LAUGHS AT ANDY HARDY
40
1947
THE GUILTY
41
1948
STRIKE IT RICH (La ruée vers l'or noir), de Lesley SELANDER
 
42
1950
GUILTY OF TREASON (Trahison à Budapest), de Felix E.FEIST
 
43
1955
THE LONE RANGER (Le justicier solitaire), de Stuart HEISLER
 
Éd. 9.1.4 : 13-6-2019