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Paul FAIVRE (1886 / 1973)

Paul Faivre

Acteur français né Paul Henri Faivre, à Belfort (Territoire de Belfort, France), le 3 mars 1886. Décédé à Paris (Île-de-France, France), le 5 mars 1973.

Paul Faivre fut d’abord, et pendant plus de vingt ans, un comédien de théâtre, spécialisé dans le vaudeville et les opérettes. En 1930, on peut le découvrir sur la scène des Bouffes-Parisiens dans «Arsène Lupin banquier» d’Yves Mirande, aux côtés d’un vieux routier de la scène, Joseph Gabin, et de son fils, prénommé JeanJean Gabin… C’est justement Yves Mirande qui lui donne son premier rôle au cinéma en 1931 dans un court métrage dont il est scénariste, «Une brune piquante» (1931) avec FernandelFernandel. Paul Faivre a alors 45 ans. Environ 180 films (selon les filmographies les plus optimistes) suivront, dont beaucoup d’apparitions fugitives. Un exemple révélateur : on ne l’aperçoit que deux minutes dans «Florence est folle» (1944) aux côtés d’Annie Ducaux, campant un personnage pourtant prometteur, "Pierre Benoît… représentant en champagne" !

Avec ses intonations gouailleuses, sa petite taille et sa calvitie (la moustache est en option), il jouera de préférence des personnages populaires, le plus souvent sympathiques, à l’exception du concierge assassin de «Derrière la façade» (1939) de Georges Lacombe. Patron de la pension où se retrouvent officiers et civils dans «Les grandes manœuvres» (1955), il tient plus souvent qu’à son tour le bistrot du coin, en particulier pour André Cayatte dans «Justice est faite» (1950) et «Le dossier noir» (1955). Dans «Boule de Suif» (1945), il joue Poitevin, propriétaire de la diligence en partance pour Le Havre. Chauffeur de taxi râleur, il peste sans le savoir sur les sbires de «Fantomas» (1946) et tient le même emploi, entre autres, dans «Ma femme est formidable» (1951) ou «Monsieur Taxi» (1952), avant de se transformer, pour le besoin des films en costumes, en cocher de fiacre dans «Le silence est d’or» (1947), l’une de ses quatre rencontres avec René ClairRené Clair.

Il s’élève rarement dans l’échelle sociale, à quelques exceptions près : maire du village dépassé par les événements dans «Le dessous des cartes» (1947), il sera général dans «Monseigneur» (1949) ou évêque dans «Le défroqué» (1953. Mais la tenue de gendarme lui convient mieux – «Au royaume des cieux» de Julien Duvivier, en 1949 – ou celle de gardien de prison qu’il endosse dès 1935 dans «Jim la Houlette», avant de retrouver cet emploi vingt ans plus tard dans «Ni vu ni connu» (1957).

Complice de longue date de Jean Gabin, il l’accompagne dans une dizaine de films, à partir de «Martin Roumagnac» (1946). Concierge dans «Le cave se rebiffe» (1961), cafetier dans «Le jardinier d’Argenteuil» (1966), c’est Gilles Grangier qui lui concocte l’une de ses meilleures prestations : dans «Le sang à la tête» (1956), il campe avec beaucoup d’humanité le père de Gabin, un homme du peuple qui saura rappeler à son fils d’où il vient dans deux belles scènes de cette bonne adaptation de Georges Simenon. La même année, pour Roger Vadim, il hérite d’une fille adoptive plus délurée, Brigitte Bardot, dans «Et Dieu créa la femme».

Il aurait pu être l’interprète fétiche de Julien Duvivier («Pot-Bouille» en 1957) ou de Marcel Carné («Du mouron pour les petits oiseaux» en 1962) mais, mauvaise pioche, c’est André BerthomieuAndré Berthomieu qui le choisit pour plus de 20 films, avec de bons débuts toutefois («Le mort en fuite» en 1936, mais ensuite beaucoup d’œuvres très légères, dont les premiers rôles en vedette de Bourvil («Pas si bête» en 1946, «Blanc comme neige» en 1947, «Le roi Pandore» en 1949) ou de Jean RichardJean Richard («Belle mentalité» 1952). Dans «Le coeur sur la main» (1948), il est un brave curé contraint par les grenouilles de bénitier de se séparer de son bedeau chantant. D’ailleurs, après ses débuts en sacristain dans «Monsieur Vincent» (1947), il portera régulièrement la soutane, comme dans «Monsieur» (1964) de Jean Paul Le Chanois ou encore, sur scène dans «La Mamma» (Théâtre de La Madeleine, 1957). En fin de parcours, il fréquente volontiers Louis de Funès, apparaissant en client victime d’un serveur maladroit dans «Le grand restaurant» (1966) puis dans «Les grandes vacances» (1967).

Après ce dernier film vient pour l'acteur octogénaire le temps d’une retraite méritée au terme d’une carrière sans doute trop discrète.

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1935
JIM LA HOULETTE ROI DES VOLEURS
2
1937
ORAGE
3
1939
DERRIÈRE LA FAÇADE
4
1941
LA DUCHESSE DE LANGEAIS
5
1942
LE COMTE DE MONTE-CRISTO [Epoque 1, "Edmond Dantès"]
6
1943
LA RABOUILLEUSE
7
1944
FLORENCE EST FOLLE
8
1944
LE CAVALIER NOIR, Sorti en 1945
9
1945
BOULE DE SUIF
10
1945
CYRANO DE BERGERAC
11
1945
JÉRICHO
12
1945
L'INSAISISSABLE FRÉDÉRIC
13
1945
LE CAPITAN
14
1945
LE PAYS SANS ÉTOILES
15
1945
LES MALHEURS DE SOPHIE
16
1945
MONSIEUR GREGOIRE S'EVADE, Sorti en 1946
17
1946
AMOURS, DÉLICES ET ORGUES / COLLEGE SWING
18
1946
FANTOMAS
19
1946
LA MAISON SOUS LA MER
20
1946
LA REVANCHE DE ROGER-LA-HONTE
21
1946
LE BATEAU À SOUPE
22
1946
MARTIN ROUMAGNAC
23
1946
PAS SI BÊTE
24
1947
BLANC COMME NEIGE
25
1947
LE DESSOUS DES CARTES/MANU IL CONTRABBANDIERE [Sk.Version française]
26
1947
LE SILENCE EST D'OR
27
1948
LE COEUR SUR LA MAIN
28
1949
LE ROI PANDORE
29
1950
KNOCK
30
1950
PIGALLE-SAINT GERMAIN DES PRES
31
1950
QUAI DE GRENELLE
32
1950
SOUVENIRS PERDUS [Sk."Une statuette d'Osiris"]
33
1951
LA MAISON BONNADIEU
34
1951
NOUS SOMMES TOUS DES ASSASSINS
35
1952
LA FUGUE DE MONSIEUR PERLE
36
1952
MONSIEUR TAXI
37
1953
CAPITAINE PANTOUFLE
38
1953
MAM'ZELLE NITOUCHE
39
1954
LE ROUGE ET LE NOIR
40
1954
LE MORT EN FUITE / LES DEUX FONT LA PAIRE
41
1954
POISSON D'AVRIL
42
1955
LE DOSSIER NOIR
43
1955
LES DURATON
44
1955
LES GRANDES MANOEUVRES
45
1956
ET DIEU CRÉA LA FEMME
46
1956
FERNAND COW-BOY
47
1956
LE CHANTEUR DE MEXICO
48
1956
LE SANG À LA TÊTE
49
1956
MARIE-ANTOINETTE REINE DE FRANCE
50
1956
THE HAPPY ROAD (La route joyeuse)
51
1957
NI VU, NI CONNU
52
1958
ARCHIMÈDE LE CLOCHARD
53
1960
UNE AUSSI LONGUE ABSENCE
54
1961
LE CAVE SE REBIFFE
55
1964
MONSIEUR
56
1966
LE GRAND RESTAURANT
57
1966
LE ROI DE COEUR
58
1967
LES GRANDES VACANCES
Éd. 9.1.4 : 25-6-2019