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Joan SIMS (1930 / 2001)

Joan Sims

Actrice britannique, né Joan Marion Sims, le 9 mai 1930, à Laindon, Essex (Angleterre). Décédée le27 juin 2001, à Chelsea, Londres (Angleterre).

Fille unique de John Henry Sims et de Gladys Marie Ladbrook, la petite Joan s'amuse beaucoup, étant gamine, à distraire les voyageurs en attente dans la petite gare dont son père assure la direction. Elle y rencontre d'ailleurs un certain succès, au point d'envisager de faire carrière dans la comédie. Elle étend donc géographiquement ses activités en animant quelques fêtes locales et régionales. Le temps et l'ambition venus, ne doutant de rien, elle se présente devant le jury d'admission à la Royal Academic of Dramatic Arts (RADA) où elle connaît sa première désillusion artistique, sa composition de Winnie l'Ourson n'ayant convaincu personne. Pas découragée pour autant, elle se tourne plus raisonnablement vers la classe de préparation à la RADA, institution qui l'acceptera finalement à l'issue de sa 4ème tentative (1950).

Joan Sims fait une première apparition professionnelle sur la scène écossaise du Glasgow's Citizens Theatre dans une pantomime intitulée «The Happy Ha'penny». Trois ans plus tard, on peut la retrouver à l'écran dans le film de Michael Anderson «Will Any Gentleman ?» où elle tient un rôle de soubrette, tant il est vrai que son physique grassouillet ne la prédispose pas à jouer les pin-up.

Pourtant, engagée dans les premiers épisodes des aventures du Dr. Simon Sparrow («Toubib or not Toubib», 1954), elle s'érigera en concurrente de Brigitte Bardot («Rendez-vous à Rio», 1955) pour tenter de mettre le grappin sur le charmant représentant d'Hippocrate légèrement incarné par Dirk Bogarde. Elle reviendra dans la série produite par Betty E. Box à deux reprises, («Doctor in Love» en 1960, «Doctor in Clover» en 1966), non sans avoir changé de médecin traitant (respectivement Michael Craig et Leslie Phillips).

En 1957, Joan Sims est à l'affiche de «Carry On Admiral» de Val Guest, qui n'est pas en relation avec la fameuse série des «Carry On…» commencée la même année. Mais il devait y avoir quelque chose de prémonitoire dans cet engagement car le producteur Peter Rogers, mari de Betty E.Box et créateur de la suite appelée à devenir célèbre outre-Manche, la contacte et lui demande d'intégrer le groupe qu'il est en train de constituer autour de Kenneth Williams, Kenneth Connor, Hattie Jacques… et que viendra avantageusement compléter l'acteur néo-zélandais Sidney James. Ainsi donc, dès le 2ème opus, «Carry On Nurse» (1959), et pour 24 éditions, Joan Sims jouera les fofolles pour le plus grand bonheur des spectateurs anglais les moins difficiles.

«Carry On…» que l'on peut traduite par l'expression française "En avant !" ou encore "Allez-y !", s'étalera de 1958 à 1992 au travers d'une trentaine de titres parodiques le plus souvent dirigés par Gerald Thomas, à l'humour typiquement britannique, genre Benny Hills avec le côté “sexy” en moins, tout au moins dans la décennie des “sixties”. Pour notre héroïne du jour, mentionnons ses compositions dans «Carry On Regardless» (1961), «Carry On Cowboy» (1966), «Carry On Doctor» (1967), «Carry On Henry» (le VIIIème du nom, 1971), etc. Au cours des années 70, pour redonner un peu d'élan, le producteur en pimentera davantage les sujets pour terminer sur un «Carry On Emmannuelle» (1978, remarquez le double "n" pour des questions de droit d'auteur) qui ne suffira pas à permettre d'envisager une suite… avant 1992, mais sans Joan.

Revenons à celle-ci pour signaler ses autres prestations, notamment dans «The Belles of St.Trinian» (1954), «The Silken Affair» (1956) avec David Niven et notre compatriote Geneviève Page, «Mr.Topaze» (1961), adaptation très “british” de la pièce de Marcel Pagnol réalisée par Peter Sellers… bref toute une série de titres parmi lesquels il faut insister pour trouver un petit drame («Passeport pour la honte» en 1958, avec Eddie Constantine). Signalons également ses courageuses tentatives pour faire carrière dans la chanson, concrétisées par la distribution de 3 microsillons entre 1963 et 1967, objets devenus aujourd'hui “collectors” tant il ne s'en est pas vendu grand nombre.

La série loufoque essouflée, Joan Sims ne réapparut pratiquement plus à l'écran et se tourna vers la télévision où son titre de gloire reste d'avoir côtoyé Katharine Hepburn et Laurence Olivier dans le téléfilm «Love Among the Ruins» (1975).

Côté coeur, Joan Sims partagea quelques années la vie d'un de ses partenaires de scène, Anthony Baird, concubinage amenant ses parents à lui reprocher de "… vivre dans le péché". Elle eut ensuite une liaison avec John Walters, un assistant sur la revue «High Spirits» dont elle fut l'interprête. Ajoutons qu'elle rejeta une proposition de mariage de la part de son compagnon de cinéma Kenneth Williams, homosexuel notoire, pour "… raison de convenance" ! Si toutes ces indiscrétions sont confirmées dans son autobiographie («High Spirits», 2000), il n'en est pas de même de l'affirmation, lue ça et là, d'une aventure avec le vieux-bel acteur hollywoodien Tyrone Power, davantage sujette à caution.

Dans les années 80, desespérée par les décès successifs de son agent Peter Eade, de son amie Hattie Jacques (1980) et de sa mère, Joan Sims tombe dans une profonde dépression, dont elle ne sortira que pour succomber aux avances de Bacchus. En 1994, à la suite d'un accident sur le tournage du téléfilm «A Village Affair», elle doit subir une opération destinée à lui implanter une hanche artificielle. En 1999, elle est victime d'une paralysie faciale. Peu après hospitalisée pour une opération bégnine, elle tombe dans un coma dont elle ne sortira que par intermittence pour finalement s'éteindre dans ce même établissement de Chelsea.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1953
WILL ANY GENTLEMAN (Le scandaleux Mister Sterling), de Michael ANDERSON
 
2
1953
TROUBLE IN STORE (Le roi de la pagaille)
3
1954
DOCTOR IN THE HOUSE (Toubib or not toubib)
4
1954
THE SEA SHALL NOT HAVE THEM
5
1955
DOCTOR AT SEA (Rendez-vous à Rio)
6
1956
THE SILKEN AFFAIR
7
1956
DRY ROTH, de Maurice ELVEY
 
8
1957
JUST MY LUCK
9
1958
DAVY, de Michael RELPH
 
10
1959
CARRY ON NURSE (Un thermomètre pour le colonel)
11
1959
CARRY ON TEACHER
12
1959
PLEASE TURN OVER (Pages indiscrètes), de Gerald THOMAS
 
13
1960
CARRY ON CONSTABLE
14
1960
DOCTOR IN LOVE
15
1961
CARRY ON REGARDLESS
16
1961
NO, MY DARLING DAUGHTER, de Ralph THOMAS
 
17
1963
NURSE ON WHEELS, de Gerald THOMAS
 
18
1964
CARRY ON CLEO (Arrête ton char Cléo)
19
1965
THE BIG JOB (Risquons le gros coup), de Gerald THOMAS
 
20
1965
CARRY ON COWBOY
21
1966
CARRY ON SCREAMING
22
1966
DON'T LOSE YOUR HEAD
23
1967
FOLLOW THAT CAMEL
24
1967
CARRY ON DOCTOR
25
1968
CARRY ON… UP THE KHYBER
26
1969
CARRY ON CAMPING (Les cinglés du camping)
27
1969
CARRY ON AGAIN DOCTOR
28
1970
CARRY ON UP THE JUNGLE
29
1970
CARRY ON LOVING
30
1971
CARRY ON HENRY
31
1971
CARRY ON AT YOUR CONVENIENCE
32
1972
CARRY ON MATRON
33
1972
CARRY ON ABROAD
34
1973
NOT NOW DARLING, de David CROFT, Ray COONEY
 
35
1974
CARRY ON DICK
36
1975
ONE OF OUR DINOSAURS IS MISSING (Objectif Lotus)
37
1976
CARRY ON ENGLAND, de Gerald THOMAS
 
Éd. 9.1.4.2 : 14-11-2019