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Franklin PANGBORN (1889 / 1958)

Franklin Pangborn

Acteur américain, né le 23 janvier 1889, à Newark (New Jersey, U.S.A.). Décédé le 20 juillet 1958, à Santa Monica (Californie, U.S.A.).

Issu d’une famille aisée du New Jersey, Franklin Pangborn suit les traces de sa grand-mère, comédienne réputée, débutant à Broadway en 1911. Il travaille auprès d’Alla NazimovaAlla Nazimova, qu’il admire, et se spécialise curieusement dans les emplois de jeune premier, y compris celui d’Armand Duval dans «La dame aux camélias» et de Messala dans «Ben-Hur». Sa carrière est interrompue par la première guerre mondiale : engagé dans l’armée américaine, il se distingue à la bataille d’Argonne, ce qui restera pour lui un motif légitime de fierté. De retour sur les planches dans les années 20, il entre dans la troupe d’Edward Everett HortonEdward Everett Horton, son futur partenaire, entre autres, dans «La huitième femme de Barbe Bleue» (1938) d’Ernst Lubitsch.

Dès ses débuts sur grand écran, en 1926, Cecil B. de Mille, Howard Hawks ou King Vidor décèlent en lui une valeur sûre. Dans «Le lys du faubourg» (1929), David W. Griffith concocte une scène amusante à son intention. De fait, c’est dans la comédie qu’il s’épanouit, comme le prouve la trentaine de courts métrages produits par Mack Sennett ou Hal Roach entre 1930 et 1933, qui contribueront à sa popularité auprès du public. Très vite, il paraît dans «Sérénade à trois» (1933) de Lubitsch, croise W.C. Fields dans «International House» (1933) et le tandem Fred AstaireFred Astaire/Ginger RogersGinger Rogers dans «Carioca» (1933) puis «Amanda» (1938) avant de devenir l’interprète fétiche de Gregory La Cava («Pension d’artistes» en 1937,…) et Preston Sturges («Les voyages de Sullivan» en 1941,…). «Symphonie loufoque» – titre français d’une réalisation de 1943 – est peut-être l’appellation qui pourrait le mieux convenir à l’ensemble de sa filmographie.

Le plus souvent tiré à quatre épingles, précieux, maniéré, obséquieux, il s’impose pour certains emplois : tailleur pour Gary Cooper dans «L’extravagant M.Deeds» de Frank Capra (1936), coiffeur effrayé par l’incompétence de son employée (Carole LombardCarole Lombard) dans «Swing High, Swing Low» (1937), majordome stylé dans «La fille de la 5ème avenue» (1939) où il garde son flegme même avec un œil au beurre noir… Gérant ou employé d’hôtel dans d’innombrables productions, jamais avare de sourires et de courbettes, il reste imperturbable même s’il ne comprend rien à la situation («The Half Naked Truth», 1932) ou lorsqu’il subit les réparties cinglantes d’un vieux sourdingue («Madame et ses flirts», 1942) ou d’un sale gosse («Charmante famille», 1937). Il porte à la perfection l’air ahuri dans les scènes les plus farfelues : au début de «Mon homme Godfrey» (1936), il préside un concours mondain, une chèvre dans les bras ! Sa voix onctueuse le prédispose aux rôles de speakers comme dans «Une étoile est née» (1937) ou «Le gros lot» (1940) où il anime jusqu’à l’épuisement un jeu radiophonique dont on ne connaîtra jamais le gagnant.

Dans la première séquence de «Carioca» (1933), associé à son éternel comparse Eric BloreEric Blore, il passe en revue servantes et valets avec force mimiques courroucées et haussements de sourcils car, s’il nous fait rire, c’est aussi que ses personnages se prennent très au sérieux, comme le défenseur pointilleux des bonnes mœurs qui interdit à James Stewart l’accès à la chambre de Ginger Rogers dans «Mariage incognito» (1938). Contrôleur financier incorruptible, il devient le souffre-douleur d’un W.C. Fields déchaîné dans «Mines de rien» (1940) : pour éviter qu’il ne découvre ses malversations, Fields le soûle, lui broie les doigts et écrase ses lorgnons tout en l’appelant “Mon vieux Snoopy” ! Il faut dire que l’une des caractéristiques premières de ce brave Franklin fut le nom farfelu de ses personnages : outre J. Pinkerton Snoopington alias “Snoopy”, retenons les singuliers patronymes de M. Pingboom, Dilly Dillingsworth, B.J. Wagonhorn, Adolf Pumpfel, Ogilvie O. Oglethorpe sans oublier un photographe judicieusement nommé Otto Phocus !

La vie privée de Franklin Pangborn resta discrète, à une époque où afficher son homosexualité n’allait pas de soi, mais l’intimité de ses personnages réserve parfois de belles surprises comme lorsqu’il éprouve toutes les difficultés du monde à s’occuper du jeune Dickie Moore dont il est le tuteur dans «Tomorrow’s Youth» (1934) ou lorsque dans «Mines de rien» (1940) il se présente comme le père de "La petite Dorrit" ! Après plus de 150 films et 20 ans de carrière intensive, Franklin Pangborn s’éloigna du grand écran dans les années 50 pour n’y revenir que fugitivement en 1957, peu de temps avant sa disparition, mais la télévision avait pris le relais, parfois de façon inattendue puisque Red Skelton n’hésita pas, dans l’un de ses shows, à le transformer en tueur en série.

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1927
NIGHT BRIDE, d'E.Mason HOPPER
 
2
1930
NOT SO DUMB (Dulcy)
3
1932
THE HALF NAKED TRUTH
4
1933
INTERNATIONAL HOUSE
5
1933
PROFESSIONAL SWEETHEART
6
1933
WILD POSES, de Robert F.McGOWAN (Court métrage)
 
7
1933
ONLY YESTERDAY (Une nuit seulement)
8
1933
FLYING DOWN TO RIO (Carioca) [Non crédité]
9
1934
KING KELLY OF THE U.S.A., de Leonard FIELDS
 
10
1934
TOMORROW'S YOUTH
11
1935
EIGHT BELLS
12
1936
Mr.DEEDS GOES TO TOWN (L'extravagant monsieur Deeds)
13
1936
MY MAN GODFREY (Mon homme Godfrey)
14
1937
SWING HIGH, SWING LOW
15
1937
A STAR IS BORN (Une étoile est née)
16
1937
EASY LIVING (La vie facile)
17
1937
DANGER, LOVE AT WORK (Charmante famille)
18
1937
STAGE DOOR (Pension d'artistes)
19
1937
LIVING ON LOVE, de Lew LANDERS
 
20
1938
BLUEBEARD's EIGHTH WIFE (La huitième femme de Barbe-Bleue)
21
1938
REBECCA OF SUNNYBROOK FARM (Mam'zelle vedette)
22
1938
VIVACIOUS LADY (Mariage incognito)
23
1938
ALWAYS GOODBYE (Adieu pour toujours)
24
1938
FOUR's A CROWD (Quatre au paradis)
25
1938
CAREFREE (Amanda)
26
1938
THE GIRL DOWNSTAIRS, de Norman TAUROG
 
27
1938
TOPPER TAKES A TRIP (Fantômes en croisière)
28
1939
5th AVENUE GIRL (La fille de la 5ème avenue)
29
1940
HIT PARADE OF 1941 / ROMANCE AND RHYTHM
30
1940
CHRISTMAS IN JULY (Le gros lot), de Preston STURGES
 
31
1940
THE BANK DICK (Mines de rien)
32
1941
THE FLAME OF NEW ORLEANS (La belle ensorceleuse)
33
1941
BACHELOR DADDY
34
1941
NEVER GIVE A SUCKER AN EVEN BREAK (Passez muscade)
35
1941
SULLIVAN's TRAVELS (Les voyages de Sullivan)
36
1941
Mr.DISTRICT ATTORNEY IN THE CARTER CASE, de Bernard VORHAUS
 
37
1942
STRICTLY IN THE GROOVE, de Vernon KEAYS
 
38
1942
THE PALM BEACH STORY (Madame et ses flirts), de Preston STURGES
 
39
1943
STAGE DOOR CANTEEN (Le cabaret des étoiles)
40
1945
SEE MY LAWYER (Voyez mon avocat), d'Edward F.CLINE
 
41
1945
THE HORN BLOWS AT MIDNIGHT
42
1945
HOLLYWOOD AND VINE, d'Alexis THUM-TAXIS
 
43
1947
THE SIN OF HAROLD DIDDLEBOCK / MAD WEDNESDAY (Oh! Quel mercredi!)
44
1948
ROMANCE ON THE HIGH SEAS (Romance à Rio)
45
1949
MY DREAM IS YOURS (Il y a de l'amour dans l'air)
46
1949
DOWN MEMORY LANE, de Phil KARLSON (Film de montage)
 
47
1957
THE STORY OF MANKIND
Éd. 9.1.4 : 15-7-2019