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Margaret HAMILTON (1902 / 1985)

Margaret Hamilton

Actrice américaine, née Margaret Brainard Hamilton, le 9 décembre 1902, à Cleveland (Ohio). Décédée le 16 mai 1985 à Salisbury (Connecticut).

Incontestable chef de file des laiderons d’Hollywood, Margaret Hamilton figure en en bonne place parmi les plus belles trognes du cinéma américain. Grande, osseuse, le visage taillé à la serpe, elle se destinait à l’enseignement mais c’est au théâtre en 1923 qu’elle fera ses débuts professionnels. Dès ses premiers pas sur scène, puis à l’écran dix ans plus tard, elle intègre d’office la cohorte des commères détestables et des vieilles filles aigries. Ses prestations dans une vingtaine de films tout au long des années 30 seront épisodiques mais lui permettront tout de même d’être dirigée par de bons cinéastes comme Henry King ou Henry Hathaway. Dans «These Three/Ils étaient trois» de William Wyler (1936) ou «Nothing Sacred/La joyeuse suicidée» de William Wellman (1937), elle se contente d’apparaître, le visage mauvais et la réplique acide aux lèvres, et toutes les cancanières de village sont présentes… Wellman l’utilisera à nouveau dans cet emploi dans son beau western, «The Ox-Bow Incident/L’étrange incident» (1943).

Philosophe, Margaret Hamilton dut accepter l’ironie de scènes basées sur son physique si particulier. Dans «Saratoga» (1936), Frank MorganFrank Morgan pense manifestement qu’aucun produit cosmétique n’aura d’effet sur elle ; quant à W.C. Fields, dans «Mon petit poussin chéri» (1940), il s’amuse à l'agacer sous le regard conciliant de Mae West, bien convaincue qu’elle n’a pas à redouter de concurrence de ce côté ! Logeuse peu avenante, elle n’en est pas moins courtisée par Raymond Walburn dans «Broadway Bill» de Frank Capra (1934) ; il est vrai qu’elle intéresse davantage son prétendant pour son argent que pour sa “face de vinaigre”, ainsi qu’il le proclame élégamment. Le caractère haineux complétant la disgrâce physique, elle est plus détestable encore dans «You Only Live Once/J’ai le droit de vivre» de Fritz Lang (1937) où elle refuse de laisser un ancien détenu (Henry FondaHenry Fonda) dormir sous son toit. «Les aventures de Tom Sawyer» (1938) lui réserve le rôle plus sympathique de la mère d’un écolier fugueur mais, lorsque les studios recherchent l’horrible sorcière qui terrorisera Judy GarlandJudy Garland dans «Le magicien d’Oz» (1939), c’est Margaret qui s’impose après la défection de Gale SondergaardGale Sondergaard.

C’est le temps de la consécration : «Le magicien d’Oz» lui offre son interprétation la plus mémorable, d’autant qu’elle y incarne le double personnage de l’horrible voisine, Miss Almira Gulch, dont les traits se transforment, dans les rêves de la la jeune Dorothy, en ceux de la Méchante Sorcière de l’Ouest, chevauchant son balai, le teint vert fluo et les desseins aussi noirs que le costume. Le tournage de la scène où la sorcière meurt dans les flammes entraîna l’hospitalisation de l’actrice pour brûlures. En dépit de ce souvenir “cuisant”, elle prêtera sa voix au dessin animé sorti en 1971, «Journey back to Oz».

Margaret Hamilton épousa Paul Boynton Meserve en 1931 pour divorcer en 1938, deux ans après la naissance d’un fils, Hamilton Wadsworth Meserve, qu’elle dut élever seule. Aussi se résolut-elle à accepter tous les rôles proposés même lorsqu’elle savait qu’ils ne brillaient pas par leur originalité. Après «Le magicien d’Oz», on la retrouve dans «La femme invisible» (1940) auprès de John Barrymore ou dans «Oh ! quel mercredi !» de Preston Sturges (1947), en sœur de Harold LloydHarold Lloyd, qu’elle traite de vieux raté. Frank Capra, dans «State of the Union/L’enjeu» (1948) et «Riding High/Jour de chance» (1950), lui concocte ses dernières prestations intéressantes, ainsi que Joseph L. Mankiewicz dans «On murmure dans la ville» (1951) où elle incarne Miss Sarah Pickett, mauvaise langue diffamant le docteur Praetorius (Cary GrantCary Grant).

En 1951, la rencontre avec Abbott & CostelloAbbott et Costello dans «Comin' Round the Mountain/Deux nigauds chez les barbus» semble la détourner du cinéma. On ne la reverra que dans six films en 20 ans, dont «13 ghosts» de William Castle (1960). En guise de coup de chapeau à son personnage fétiche, Robert Altman dans «Brewster McCloud» (1970) et Sidney Lumet dans «Le gang Anderson» (1971) lui réserveront ses derniers rôles de vieille fille. Toutefois, présente à la radio, à la télévision et au théâtre jusqu’à ses 80 ans, elle ne dédaignera jamais de revêtir le costume de la fameuse sorcière, allant même jusqu’à signer ses autographes WWW pour "The Wicked Witch of the West" !

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11934THERE'S ALWAYS TOMORROW
21934BROADWAY BILL (La course de Broadway Bill)
31935THE FARMER TAKES A WIFE (La jolie batelière)
41936CHATTERBOX , de George NICHOLS Jr 
51936THE WITNESS CHAIR , de George NICHOLS Jr 
61937YOU ONLY LIVE ONCE (J'ai le droit de vivre)
71937MOUNTAIN JUSTICE , de Michael CURTIZ 
81937NOTHING SACRED (La joyeuse suicidée)
91938THE ADVENTURES OF TOM SAWYER (Les aventures de Tom Sawyer)
101938FOUR's A CROWD (Quatre au paradis)
111938STABLEMATES (Compagnons d'infortune)
121939THE WIZARD OF OZ (Le magicien d'Oz)
131939BABES IN ARMS (Place au rythme)
141940MY LITTLE CHICKADEE (Mon petit poussin chéri)
151940THE INVISIBLE WOMAN (La femme invisible)
161943JOHNNY COME LATELY (Johnny le vagabond)
171947THE SIN OF HAROLD DIDDLEBOCK/MAD WEDNESDAY (Oh! Quel mercredi!)
181948TEXAS, BROOKLYN AND HEAVEN
191949THE SUN COMES UP (Lassie perd et gagne)
201950THE GREAT PLANE ROBBERY , de Edward L.CAHN 
211951COMIN' ROUND THE MOUNTAIN (Deux nigauds chez les barbus)
22196013 GHOSTS , de William CASTLE 
231962PARADISE ALLEY , de Hugo HAAS 
241970BREWSTER McCLOUD
L'Encinémathèque
Ed.7.2.2 : 28-7-2016