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Colette DARFEUIL (1906 / 1998)

Colette Darfeuil

Actrice française, née Emma Henriette Augustine Floquet, le 7 février 1906, à Paris (Seine, France). Décédée le 15 octobre 1998, à Montfort-l'Amaury (Yvelines, France).

Née d'un père parisien et d'une mère limousine, la jeune Emma traverse une enfance sans trop de problèmes. On lui connaît un frère et une soeur aînés. Fortement émotive, ses parents l'éloignent de la capitale pendant la durée de la guerre pour la soulager des remous causés par les bombardements.

Rentrée à Paris, elle s'apprête à mener une vie sans histoire lorsque, selon le chroniqueur belge Joe van Cottom, "elle a 17 ans quand elle accompagne au studio une amie qui essaie de tourner". Comme il se doit dans ce genre d'aventures, c'est elle qui fut remarquée. Et comme elle débuta au cinéma en 1920 («Les étrennes à travers les âges», de Pierre Colombier), il est permis de comprendre la date de naissance qu'avança alors l'historien (1903), en dépit des documents officiels.

Disons-le tout de suite, ce qui frappe l'esprit au parcours de sa longue carrière (plus de cent titres tout de même), c'est l'absence quasi-générale de titres célèbres. Ainsi en est-il de sa période muette dont il ne reste pratiquement rien dans les mémoires des cinéphiles les plus avertis. Il faut attendre 1930 («La fin du monde» d'Abel Gance, «Le procureur Hallers» de Robert Wiene, «Autour d'une enquête» de Robert Siodmak) pour voir quelques grands noms du septième art s'intéresser à elle.

Cantonnée le plus souvent dans des personnages de femme légère, voire fatale, elle passe sans encombre le cap du parlant, recevant même une proposition américaine à la suite de ses premiers essais sonores. Ayant choisi de rester en France, elle peut bientôt s'enorgueillir de décrocher les premiers rôles dans des oeuvrettes dont les titres ne manquent pas d'aiguiser la curiosité : «Y'en a pas deux comme Angélique» (1931), «Le truc du Brésilien» (1932), «Le béguin de la garnison» (1933), «Le chéri de sa concierge» (1934), «La course à la vertu» (1936) et, j'ai gardé le meilleur pour la fin, «Firmin, le muet de Saint-Pataclet» (1938).

Mais qu'on ne s'y trompe pas, Colette Darfeuil est l'une des plus célèbres actrices de l'entre-deux guerres, très aimée d'un public auquel elle accorde beaucoup d'attention. Lorsqu'on lui en donne l'occasion, elle sait faire preuve de davantage d'originalité que ne l'imaginent des producteurs trop timides : «Monsieur de Pourceaugnac» (1932, sa composition préférée), «La maison dans la dune» (1934), «Escale» (1935), etc. Il lui arriva parfois d'expatrier son talent aux quatre coins de L'Europe : l'Espagne pour «La bodega» (1930), l'Allemagne pour la version française de «Michel Strogoff» (1936), la Belgique pour «Bossemans et Coppenolle» (1938) ou l'Italie pour «L'amore si fa cosi» (1939).

Elle croisa également quelques partenaires célèbres. Engagée pour une courte séquence du «Rosier de Madame Husson» (1931), elle entre en conflit avec les commanditaires qui veulent lui faire dire à Fernandel des mots qu'elle juge déplacés ! Au cours du tournage du «Patriote» (1938), elle fait saigner la joue de Harry Baur avec sa boucle d'oreille !

Davantage discrète pendant le second conflit mondial (citons tout de même l'un de ses rares grands films, le très patriotique «Untel père et fils» de Julien Duvivier, sorti durant la “drôle de guerre”), elle est profondément affectée par le décès de sa mère, survenu en 1946. Traversant ce qu'il est convenu d'appeler une dépression nerveuse, elle s'isole pendant plusieurs années, perdant alors énormément de poids (jusqu'à ne peser que 36 kilogrammes selon l'ami Joe !). Elle réapparaît en 1948 pour «Les souvenirs ne sont pas à a vendre», assiste le bondissant «Bibi Fricotin» (1950) dans ses cocasses aventures et trouble le chétif «Costaud des Batignoles» (1952) dans sa quête d'une musculature plus conséquente, avant de se retirer définitivement du cinéma en 1953, lasse de jouer les coquettes.

Divorcée du réalisateur Pierre Weill, metteur en scène de quelques-uns de ses péchés de jeunesse professionnelle («Gros sur le coeur» en 1929, «Le train d'amour» en 1935,…), elle épouse en secondes noces le producteur René Bianco, qui l'accompagnera jusqu'à la fin de sa carrière, avant de la laisser veuve. Femme cultivée, auteur de quelques scénarii («Tu m'oublieras» en 1931, selon ses dires), attirée sur le tard par la poésie, elle s'entourera alors de personnalités du milieu littéraire.

En 1992, elle refuse le rôle de Mira dans «Le mari de Léon», que lui propose Jean-Pierre Mocky.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1930
CENDRILLON DE PARIS
2
1930
LA FIN DU MONDE
3
1931
VORUNTERSUCHUNG / AUTOUR D'UNE ENQUÊTE
4
1931
Y'EN A PAS DEUX COMME ANGELIQUE
5
1931
POUR UN SOIR / STELLA MARIA
6
1931
UN COUP DE TÉLÉPHONE
7
1931
LE ROSIER DE MADAME HUSSON
8
1932
FILS A PAPA, de Mohamed KARIM (Film égyptien tourné en partie en France)
 
9
1932
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC
10
1932
LE TRUC DU BRÉSILIEN
11
1932
LE BEGUIN DE LA GARNISON
12
1932
LE MARTYRE DE L'OBESE
13
1933
POUR ÊTRE AIME
14
1934
CASANOVA
15
1934
LE CHÉRI DE SA CONCIERGE
16
1934
FEU TOUPINEL
17
1934
LA MAISON DANS LA DUNE
18
1935
ESCALE
19
1935
ET MOI, J'TE DIS QU'ELLE T'A FAIT DE L'OEIL
20
1935
JONNY, HAUTE-COUTURE
21
1936
LA COURSE A LA VERTU
22
1936
L'EMPREINTE ROUGE
23
1936
GIGOLETTE
24
1936
DER KURIER DES ZAREN / MICHEL STROGOFF [Version française]
25
1936
TOUT VA TRÈS BIEN, MADAME LA MARQUISE
26
1936
PRENDS LA ROUTE
27
1937
LA BELLE DE MONTPARNASSE
28
1937
MONSIEUR BEGONIA
29
1937
TAMARA LA COMPLAISANTE
30
1937
UN SOIR À MARSEILLE
31
1937
CHÉRI-BIBI
32
1938
L'AVION DE MINUIT
33
1938
LE PATRIOTE
34
1938
PRINCE DE MON COEUR
35
1938
BOSSEMANS ET COPPENOLLE / BOSSEMANS EN COMPENOLLE (Monsieur Bossemans)
36
1939
QUARTIER SANS SOLEIL
37
1939
SIDI-BRAHIM / LES DIABLES BLEUS, Sorti en 1945
38
1941
LE CLUB DES SOUPIRANTS
39
1943
L'ESCALIER SANS FIN
40
1945
LES MALHEURS DE SOPHIE
41
1948
LES SOUVENIRS NE SONT PAS A VENDRE
42
1949
LE FURET
43
1949
MENACE DE MORT
44
1950
BIBI FRICOTIN
45
1950
CET ÂGE EST SANS PITIE
46
1951
LE COSTAUD DES BATIGNOLLES
Éd. 9.1.4 : 17-7-2019