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Billie BURKE (1884 / 1970)

Billie Burke

Actrice américaine, née Mary William Ethelbert Appleton Burke, le 7 août 1884, à Washington (Washington D.C., U.S.A.). Décédée le 14 mai 1970 à Los Angeles (Californie, U.S.A.).

Son père, Billy Burke, était un clown célèbre ; aussi la petite Billie connut-elle dès l’enfance la vie des artistes en tournée. C’est à Londres, où ses parents se sont fixés, qu’elle fait ses débuts sur les planches avant de devenir la coqueluche de Broadway grâce à «My Wife» en 1907. Elle attire le regard du grand producteur Florenz Ziegfeld, qu’elle épouse en 1914 (ils auront une fille, Patricia, en 1916). Le producteur et réalisateur Thomas Ince lui fait signer le contrat mirobolant de 10 000 dollars par semaine pour ses débuts à l’écran dans «Peggy» (1916).

La vingtaine de films qu’elle tourne à cette époque sont aujourd’hui oubliés mais elle s’y montrait parfaite en jeune coquette («Gloria's Romance» en 1919, «Le mariage d'Annabelle» en 1919, etc). La crise financière de 1929 ruine Ziegfeld et ramène Billie Burke sur le chemin des studios pour éponger les dettes du ménage. Elle est mûre pour les rôles de mère mais elle conservera toujours le caractère primesautier de son premier emploi. George Cukor relance sa carrière, d’abord dans le mélo «Hérédité» (1932) où elle se sépare dans la douleur de son époux (John BarrymoreJohn Barrymore) ; la même année, Ziegfeld meurt alors qu’elle tourne «Les invités de huit heures» : "femme au bord de la crise de nerfs", elle y crée un type irrésistible de mondaine superficielle qu’elle développera auprès de Joan CrawfordJoan Crawford et Clark Gable dans «Souvent femme varie» (1934) avant de jouer les ladies outragées dans «Becky Sharp» de Rouben Mamoulian (1935), le premier film en technicolor trichrome.

Associée à Roland Young, elle se spécialise dans les rôles d’épouses inconséquentes. Dans «Le couple invisible» de Norman Z.Mac Leod (1937), elle joue pour la première fois l'épouse de Cosmo Topper dont elle entreprend, par snobisme, de réformer le comportement en lui interdisant de courir dans la rue car un banquier doit se conduire plus dignement. Finalement ramenée à de meilleurs sentiments, elle se réconcilie avec son cher Cosmo après avoir succombé au charme frelaté d’un gigolo (Alex D'ArcyAlex D'Arcy) dans «Fantômes en croisière» (1938). Dans le troisième opus de la série, «Le retour de Topper» (1941), toujours plus excentrique, elle sème la zizanie dans l’enquête d’un policier stupide et pardonne à Roland Young sa petite incartade auprès d’une jolie revenante (Joan Blondell). Entre temps le duo a roucoulé de plus belle dans «La famille sans-souci» (1938) où Billie prétend être au plus mal afin d’attendrir une vieille dame solitaire et mettre le grappin sur son héritage ! Nommée à l’oscar du meilleur second rôle féminin pour «Madame et son clochard» (1938), elle y est burlesque à souhait en dame patronnesse new look qui fait du premier vagabond venu un chauffeur de maître avant de s’apercevoir qu’il a filé avec l’argenterie !

«Le magicien d’Oz» (1939) est certes le film le plus connu de sa filmographie mais le rôle de Glinda, la bonne fée du Nord, est bien sucré en regard des jubilantes tribulations de Billie dans quelques fleurons de la comédie américaine où elle nous amuse en lançant, d’une voix flirtant volontiers avec les aigus, les répliques incongrues écrites à son intention. Épouse d’Oliver Hardy dans «Zenobia» (1939), BB (!) est si populaire outre-Atlantique que son prénom apparaît dans le titre du court métrage «Billie Gets Her Man» (1948). À l’occasion des retrouvailles de Fred Astaire et Ginger Rogers, on la revoit en richissime vieille dame dans «Entrons dans la danse» (1949) où son chevalier servant est notre Jacques François national. Mais c’est Vincente Minnelli qui lui permet de nous refaire le coup de la belle-mère snob dans «Le père de la mariée » (1950) et sa suite «Allons donc Papa ! » (1951). Son avant-dernière prestation chez John Ford sera plus inattendue : Mrs Cordelia Fosgate, épouse de colonel, témoigne contre «Le sergent noir» (1960) avec l’avidité malsaine des colporteurs de ragots ; une fois n’est pas coutume, l’aigreur l’emporte dans une carrière où la sympathique fantaisie fut la dominante, ce que démontre le titre de son autobiographie parue en 1949 sous le titre «With a Feather on my Nose».

En 1936, face à William PowellWilliam Powell, alias «Le grand Ziegfeld», son rôle fut joué par Myrna LoyMyrna Loy dans le biopic signé Robert Z. Leonard.

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1916
PEGGY, de Charles GYLBLIN
 
2
1916
GLORIA's ROMANCE, Serial 20 épisodes
3
1919
GOOD GRACIOUS, ANNABELLE (Le mariage d'Annabelle), de George MELFORD
 
4
1932
A BILL OF DIVORCEMENT (Hérédité)
5
1933
DINNER AT EIGHT (Les invités de 8 heures)
6
1934
FINISHING SCHOOL
7
1934
FORSAKING ALL OTHERS (Souvent femme varie)
8
1935
SOCIETY DOCTOR
9
1935
AFTER OFFICE HOURS (Chronique mondaine)
10
1935
BECKY SHARP
11
1935
DOUBTING THOMAS
12
1935
SPLENDOR
13
1936
CRAIG'S WIFE
14
1937
PARNELL (La vie privée d'un tribun)
15
1937
TOPPER (Le couple invisible)
16
1937
THE BRIDE WORE RED (L'inconnue du palace)
17
1937
NAVY BLUE AND GOLD (Les cadets de la mer)
18
1938
EVERYBODY SING (Tout le monde chante)
19
1938
MERRILY WE LIVE (Madame et son clochard)
20
1938
THE YOUNG IN HEART (La famille sans-souci)
21
1938
TOPPER TAKES A TRIP (Fantômes en croisière)
22
1939
ZENOBIA (Deux bons copains)
23
1939
BRIDAL SUITE
24
1939
THE WIZARD OF OZ (Le magicien d'Oz)
25
1939
ETERNALLY YOURS (Divorcé malgré lui)
26
1940
AND ONE WAS BEAUTIFUL, de Robert SINCLAIR
 
27
1940
IRENE (Irène)
28
1940
DULCY
29
1940
HULLABALOO
30
1941
TOPPER RETURNS (Le retour de Topper)
31
1941
ONE NIGHT IN LISBON
32
1941
THE MAN WHO CAME TO DINNER
33
1943
HI DIDDLE DIDDLE, d'Andrew L.STONE
 
34
1943
SO's YOUR UNCLE, de Jean YARBROUGH
 
35
1943
YOU'RE A LUCKY FELLOW, Mr. SMITH, de Felix E.FEIST
 
36
1945
SWING OUT, SISTER, d'Edward C.LILLEY
 
37
1945
THE CHEATERS
38
1946
BREAKFAST IN HOLLYWOOD
39
1946
THE BACHELOR's DAUGHTERS, d'Andrew L.STONE
 
40
1949
THE BARKLEYS OF BROADWAY (Entrons dans la danse)
41
1950
THE BOY FROM INDIANA
42
1950
FATHER OF THE BRIDE (Le père de la mariée)
43
1950
THREE HUSBANDS
44
1951
FATHER's LITTLE DIVIDEND (Allons donc, papa!)
45
1952
SMALL TOWN GIRL (Le joyeux prisonnier)
46
1960
SERGEANT RUTLEDGE (Le sergent noir)
Éd. 9.1.4 : 21-7-2019