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Percy KILBRIDE (1888 / 1964)

Percy Kilbride

Acteur américain, né le 16 juillet 1888, à San Francisco (Californie, U.S.A.). Décédé le 11 décembre 1964, à Hollywood, Los Angeles (Californie, U.S.A.).

Lorsqu’il apparaît pour la première fois à l’écran, en 1933, Percy William Kilbride n’est pas vraiment un novice dans le métier : débutant sur les planches à l’âge de douze ans, il put composer à plaisir, tout au long de ses trente années de carrière théâtrale, son impayable silhouette de campagnard lunaire, à la voix traînante et l’air ahuri. Son premier film, «White Woman» sera une mesure pour rien. Dans «George Washington Slept Here» (1942), il reprend auprès de Jack BennyJack Benny un rôle qui l’avait rendu populaire au théâtre – celui du gardien flegmatique d’une maison en ruines – et entame ainsi, à près de 55 ans, un parcours d’une trentaine de films.

Très vite, on le retrouve dans «La flamme sacrée» (1942) de George Cukor, «L’homme du Sud» d'un Jean Renoir exilé (1945) ou «State Fair» de Walter Lang (1945). Serviteur placide dans «Guest in the House» de John Brahm (1944), il hérite d’une compagne bigote, l’impeccable Margaret Hamilton. Sous le nom de Pop, il tient le bar où se retrouvent les protagonistes du beau film noir dirigé par Otto Preminger, «Crime passionnel» (1945) : secrètement amoureux de son employée (Linda DarnellLinda Darnell), il ne peut se remettre de sa disparition, imprimant à sa composition une mélancolie inattendue, et même un accès de violence lorsqu’on découvre le coupable.

En 1947, dans «L’œuf et moi», il déclenche l’hilarité de Claudette Colbert et rencontre sa partenaire de prédilection, Marjorie Main, pour un duo comique d’anthologie. Le melon sur la tête – même lorsqu’il est en chemise de nuit ! – il marquera durablement le public américain par sa dégaine singulière et son goût des répliques incongrues. Les studios engagent aussitôt les deux comédiens auprès de Donald O'Connor dans un western loufoque, «Feudin’, fussin’ and a-fightin’» de George Sherman (1948) : à la fin du film, Percy épouse l’autoritaire Marjorie qui semble faire profil bas mais un regard assassin de sa dulcinée retourne la situation : "Dorénavant quelqu’un va porter la culotte dans cette famille et… ce ne sera pas moi !". C’est ainsi qu’on les retrouvera, en vedettes cette fois, dans la fameuse série «Ma and Pa Kettle» pour sept films tournés entre 1949 et 1955.

Face à la tonitruante Marjorie, Percy Kilbride joue avec malice le fermier fainéant qui maîtrise parfaitement l’art de déléguer la besogne aux deux Indiens de carnaval qui le secondent mollement. Refusant systématiquement qu’on l’appelle Mister Kettle ("Pa is the name !"), il pousse la paresse si loin que, lorsqu’il s’agit de franchir le seuil de leur nouvelle demeure, c’est Ma Kettle qui porte dans ses bras son freluquet de mari ! Lors d’un voyage à Paris («Ma and Pa Kettle on vacation»), Percy troque les guenilles campagnardes pour la queue de pie et, malgré son air benêt, se mue en détective avisé. À son meilleur, il peut délivrer une ahurissante leçon de mathématiques absurdes ou traire les vaches au son du «Beau Danube Bleu», se contentant de se rasseoir brutalement pour changer de station de radio !

Contrairement à Marjorie Main dont la carrière sera plus longue et prestigieuse, Percy Kilbride ne paraîtra plus au cinéma que dans le rôle de Pa Kettle, à une exception près toutefois puisqu’il participe en 1950 à «Jour de chance» de Frank Capra. En 1955, dirigé par le piètre Lee Sholem dans «Ma and Pa Kettle at Waikiki», Percy Kilbride tombe malade et le film lui-même ne se porte vraiment pas très bien… Exporté dans un improbable paradis polynésien, notre duo ne fonctionne plus. L’image de Pa Kettle, les traits tirés, portant en souriant le traditionnel collier de fleurs hawaïen, sera la dernière apparition au cinéma de notre héros. Atteint des prémices de la maladie d’Alzheimer, il doit céder son rôle à Parker FennellyParker Fennelly pour les deux derniers opus de la rustique saga.

Retiré à Hollywood, il fut renversé en 1964 par une voiture à proximité de son domicile et mourut, trois mois plus tard, des suites de l’accident : pareille mésaventure ne risquait guère d’arriver à Pa Kettle, lui qui ne quittait son rocking chair que pour rejoindre son hamac…

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1942
GEORGE WASHINGTON SLEPT HERE (La maison de mes rêves)
2
1942
KEEPER OF THE FLAME (La flamme sacrée)
3
1944
GUEST IN THE HOUSE
4
1945
THE SOUTHERNER (L'homme du sud)
5
1945
STATE FAIR
6
1945
FALLEN ANGEL (Crime passionnel)
7
1947
THE EGG AND I (L'oeuf et moi)
8
1948
BLACK BART (Bandits de grands chemins), de George SHERMAN
 
9
1948
FEUDIN', FUSSIN' AND A-FIGHTIN'
10
1949
THE SUN COMES UP (Lassie perd et gagne)
11
1949
MA AND PA KETTLE/FURTHER ADVENTURES OF MA AND PA KETTLE (Placide et Zoé)
12
1949
FREE FOR ALL, de Charles BARTON
 
13
1950
MA AND PA KETTLE GO TO TOWN (Placide et Zoé à New York)
14
1951
MA AND PA KETTLE BACK ON THE FARM
15
1952
MA AND PA KETTLE AT THE FAIR
16
1953
MA AND PA KETTLE ON VACATION
17
1954
MA AND PA KETTLE AT HOME
18
1955
MA AND PA KETTLE AT WAIKIKI
Éd. 9.1.4 : 24-7-2019