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Mischa AUER (1905 / 1967)

Mischa Auer

Acteur russe, né Mikhail Semionovitch Ounskovski, le 17 novembre 1905, à Saint-Pétersbourg (Empire russe, aujourd'hui Russie). Décédé le 5 mars 1967, à Rome (Lazio, Italie).

Acteur international par excellence, Mischa Auer aura couru l'Europe et l'Amérique tout au long de ses quarante années de carrière. Orphelin fuyant la révolution russe de 1917, il rejoint à New York son grand-père, le violoniste Leopold Auer, qui lui transmet son nom et son amour de la musique. En 1925, il se fait remarquer à Broadway dans une pièce d’Ibsen avant de rejoindre Hollywood en 1928. Les années 50 le ramèneront en Europe, d’abord à Paris puis à Rome où il s'installe aux alentours de 1960.

Il ne fait que passer dans «Le passeport jaune» de Raoul Walsh(1931) mais joue déjà un prince russe dans «The Unholy Garden», tourné la même année. Très vite, son activité cinématographique est surabondante : dans la première décennie du parlant, on le retrouve à l’affiche d’une bonne dizaine de films chaque année tout spécialement lorsqu'une touche de cosmopolitisme est nécessaire. Rien d’étonnant à ce qu’il paraisse auprès du clan Barrymore dans «Raspoutine et l’impératrice» (1932) mais on le voit endosser les identités les plus diverses et farfelues : grand-prêtre de Zar dans «Tarzan the Fearless» (1933) avec Buster CrabbeBuster Crabbe, comte Aristide dans «Three Smart Girls» (1936) mais aussi Dimitri Kyeff, Michael Borodoff, Michael Michaelovitch, Nikita Starloff - les sonorités russes seront prédominantes jusqu'au grand-duc Alexis de «Frou-Frou» (1955).

Dans une série B tournée en 1933, «Sucker Money», il tient la vedette sous le nom de Swami Yomurda, hypnotiseur à turban décidé à dévaliser une banque. Les rôles de méchants aux origines interlopes lui sont réservés et ces brèves apparitions lui permettent de croiser en chemin les plus grandes stars, de Greta GarboGreta Garbo dans «Mata-Hari» (1931) à Wallace Beery dans «Viva Villa» (1934), sans qu'il ait toujours l'occasion de leur donner la réplique. Dès le milieu des années 30, son image se bonifie : on l’engage pour sa sympathique loufoquerie grâce à son numéro de gigolo jouant les gorilles de salon pour divertir Carole LombardCarole Lombard dans «Mon homme Godfrey» (1936). Le film lui vaut une nomination à l’oscar du second rôle masculin mais on peut préférer son interprétation de Kolenkov, le professeur de danse pique-assiette de «Vous ne l’emporterez pas avec vous» (1938) qui expédie au tapis ce costaud d’Edward Arnold dans une séance loufoque de lutte gréco-romaine !

Toujours à la limite de l’escroquerie, il multiplie les rôles d’aventurier joli cœur, trop moustachu pour être honnête face à Deanna Durbin dans «Chanson d’avril» (1940) ou notre Danielle DarrieuxDanielle Darrieux nationale, de passage à Hollywood, pour «La coqueluche de Paris» (1938). Vampé par Marlene Dietrich dans «Femme ou démon» (1939), il intègre en pickpocket énamouré la bande de joyeux lascars de «La maison des sept péchés» (1940) mais il s’impose surtout dans «La belle ensorceleuse» (1941) où, acoquiné à Franklin Pangborn, il roule les yeux et les “r”, se trompe de haut de forme et agite ses bras de grand escogriffe sous la houlette inspirée de René Clair. Très satisfait de ses services, celui-ci le recrute à nouveau pour ses «Dix petits Indiens» (1945) où il meurt très vite, non sans avoir chanté avec entrain la ballade macabre du film. Le délire est à son comble dans «Hellzapoppin» (1941) où le duo déchaîné Olsen et Johnson lui réserve un rôle de faux prince (russe, of course) et quelques saillies saugrenues !

Vedette à Cinecitta de «Al diavolo la celebrita !» (1949), il retrouve en France Danielle Darrieux dans «Escalier de service» (1954) où il joue un impresario (russe !) avant d’enchaîner sur de sympathiques comédies animées par Michel Simon («L’impossible Monsieur Pipelet», 1955), Jean Marais et Brigitte Bardot («Futures vedettes», 1955) ou Micheline PresleMicheline Presle («Treize à table» en 1955, «Mannequins de Paris» en 1956). Auprès de Martine Carol, alias «Nathalie» (1957), il amuse en couturier virevoltant doublé d’un assassin. À la même époque, il se fait applaudir sur scène dans une reprise de «Tovaritch» de Jacques Deval et devient dompteur de puces savantes pour Orson WellesOrson Welles dans «Monsieur Arkadin» (1955), l’un de ses meilleurs films.

Après avoir épousé successivement Norma Tillman, Joyce Hunter et Susanne Kalish, Mischa Auer, père de trois enfants, venait de convoler avec Elsie Souls Lee lorsqu’il mourut prématurément d’une crise cardiaque à Rome. C’est là qu’il tourna ses tout derniers films, certes oubliables, mais on lui pardonnera cette baisse de régime pour tous les bons souvenirs laissés en chemin au spectateur.

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1931
THE YELLOW TICKET (Le passeport jaune)
2
1931
MATA HARI [Non crédité]
3
1931
THE MONSTER WALKS, de Frank R.STRAYER
 
4
1932
SCARLET DAWN [Non crédité]
5
1933
SUCKER MONEY, de Dorothy DAVENPORT, Melville SHYER
 
6
1934
VIVA VILLA! [Non crédité]
7
1934
STUDENT TOUR, de Charles REISNER [Non crédité]
 
8
1934
BIOGRAPHY OF A BACHELOR GIRL, d'Edward H.GRIFFITH [Non crédité]
 
9
1935
MYSTERY WOMAN
10
1935
CLIVE OF INDIA (Le conquérant des Indes)
11
1935
ANNA KARENINA (Anna Karénine) [Non crédité]
12
1936
MY MAN GODFREY (Mon homme Godfrey)
13
1936
THREE SMART GIRLS (Trois jeunes filles à la page)
14
1936
THAT GIRL FROM PARIS, de Leigh JASON
 
15
1937
WE HAVE OUR MOMENTS, d'Alfred L.WERKER
 
16
1937
MARRY THE GIRL
17
1937
VOGUES OF 1938, d'Irving CUMMINGS
 
18
1937
100 MEN AND A GIRL (Deanna et ses boys)
19
1937
MERRY-GO-ROUND OF 1938, d'Irving CUMMINGS
 
20
1937
PRESCRIPTION FOR ROMANCE, de S.Sylvan SIMON
 
21
1938
THE RAGE OF PARIS (La coqueluche de Paris)
22
1938
YOU CAN'T TAKE IT WITH YOU (Vous ne l'emporterez pas avec vous)
23
1938
SERVICE DE LUXE, de Rowland V.LEE
 
24
1938
LITTLE TOUGH GUYS IN SOCIETY
25
1938
SWEETHEARTS (Amants)
26
1939
EAST SIDE OF HEAVEN
27
1939
DESTRY RIDES AGAIN (Femme ou démon)
28
1940
ALIAS THE DEACON, de Christy CABANNE
 
29
1940
SANDY IS A LADY
30
1940
PUBLIC DEB No.1, de Gregory RATOFF
 
31
1940
SPRING PARADE (Chanson d'avril)
32
1940
MARGIE, d'Otis GARRETT, Paul Girard SMITH
 
33
1940
SEVEN SINNERS (La maison des 7 péchés)
34
1940
TRAIL OF THE VIGILANTES (Sur la piste des vigilants)
35
1941
THE FLAME OF NEW ORLEANS (La belle ensorceleuse)
36
1941
SING ANOTHER CHORUS, de Charles LAMONT
 
37
1941
HELLZAPOPPIN
38
1942
TWIN BEDS, de Tim WHELAN
 
39
1945
A ROYAL SCANDAL (Scandale à la cour)
40
1945
BREWSTER's MILLIONS, d'Allan DWAN
 
41
1945
AND THEN THERE WERE NONE (Dix petits Indiens)
42
1946
SHE WROTE THE BOOK, de Charles LAMONT
 
43
1949
BIANCANEVE E I SETTE LADRI
44
1954
ESCALIER DE SERVICE [Sk."Les Berthier"]
45
1955
FROU-FROU
46
1955
L'IMPOSSIBLE MONSIEUR PIPELET
47
1955
13 À TABLE
48
1956
EN EFFEUILLANT LA MARGUERITE [Non crédité]
49
1957
THE MONTE CARLO STORY (Une histoire de Monte-Carlo)
50
1957
NATHALIE
51
1964
CHE FINE HA FATTO TOTÒ BABY?
Éd. 9.1.4 : 31-7-2019