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Marcelle ARNOLD (1917 / 2010)

Marcelle Arnold

Actrice française, née Anne-Marie Mathilde Marcelle Arnold, le 4 mai 1917, à Thonon-les-Bains (France). Décédée le 31 mars 2010, à Manosque (France).

Fille d'un directeur d'usine de tissages et d'une mère au foyer, Anne-Marie/Marcelle passe son enfance à Saint-Chamond (Loire) où elle effectue sa scolarité comme pensionnaire aux Ursulines. Elle obtient son bac à 17 ans et, de 1934 à 1937, suit différentes formations professionnelles en Suisse.

En 1941, l'impérieuse envie d'une carrière théâtrale se précisant, elle rejoint le "Centre des jeunes du cinéma", à Nice où elle rencontre Gérard PhilipeGérard Philipe et Jacques Sigurd qui deviendront de fidèles amis. Elle s'inscrit à un concours et obtient le premier prix avec «Les parents terribles» de Jean CocteauJean Cocteau, ce qui lui permet de participer à plusieurs tournées méridionales.

En 1943, elle fait ses débuts parisiens sur la scène du Théâtre des Nouveautés avec «L'école des cocottes» de Paul Armont et Marcel Gerbidon. Elle admettra avoir connu ses plus grandes satisfactions sur les planches au fil d'une bonne trentaine de pièces, ses meilleurs souvenirs restant «Château en Suède» de Françoise Sagan (1960), «L'invitation au château» (1962) et «Les poissons rouges» (1970) de Jean Anouilh. Appelée à la Comédie-Française pour un pensionnat de cinq années, elle y devient la Madame Argante des «Fausses confidences» de Marivaux.

Yves Allégret la remarque et lui offre son premier rôle au cinéma avec «Dédée d'Anvers» (1947), où elle personnifie une prostituée auprès de Simone Signoret. Dans «Tous les chemins mènent à Rome» (1948), son deuxième film, elle campe la soeur de Gérard Philipe.

De sa filmographie inégale, on se souvient de son apparition dans «Garou Garou, le passe muraille» (1950) où elle se débat entre son frère facétieux (Bourvil) et son mari atrabilaire (Jacques Erwin). Sacha Guitry en fait l'épouse peu amène de Louis de FunèsLouis de Funès dans «La poison» (1951) avant que Ralph Habib ne la transforme en tante rancunière et jalouse de Françoise Arnoul dans «La forêt de l'adieu» (1952). Chez Couzinet, un marquis infirme mais à l'oeil toujours égrillard en fait sa servante, lui permettant de se décoincer auprès de «Trois vieilles filles en folie» (1951). Plus sérieusement, la voilà en directrice de pension d'enfants dans «La pocharde» (1952), assistante-sociale dans «Les compagnes de la nuit» (1953) et enfin candidate à l'adoption de l'un des ces «Enfants de l'amour» chers à Léonide Moguy (1953).

Davantage rigolote dans «Mon frangin du Sénégal» (1953), elle vient acheter "une boîte de maquereaux pour monsieur le curé" auprès d'un épicier rouspéteur et roublard (Noël RoquevertNoël Roquevert). L'«Escalier de service» (1954) lui permet de collectionner les secrets de concierge qu'elle ne répètera à personne, c'est juré ! Tante par alliance de «Marie-Antoinette, reine de France» (1955), elle change de costume pour se retrouver infirmière en chef d'un hôpital où elle administre «La bonne tisane» au vilain Bernard BlierBernard Blier. Elle tient un rôle similaire face à Jean-Gabin et Jean-Paul Belmondo dans «Un singe en hiver» (1962). Epouse gargantuesque de Georges Wilson pour le volet de la gourmandise des «7 péchés capitaux» (1962), elle se montre la secrétaire dévouée de Jean Marais dans le diptyque des aventures de l'agent secret Stanislas (1963 et1965). Elle quittera l'écran après son interprétation de la mère de Romy Schneider dans «Les choses de la vie» de Claude Sautet (1969), ne s'autorisant que quelques rares réapparitions tardives.

Marcelle Arnold fit partie de ces comédiennes qui ont mené une carrière des plus honorables et, au moment venu, surent mettre un terme très discret à leurs activités artistiques. Son mari, Louis Boucher, technicien de cinéma au CNRS, décéda à l'Hô;pital Laënnec de Paris en avril 1980. Après avoir longtemps demeuré au boulevard Saint-Germain, Marcelle quitta définitivement l'agitation et la pollution parisiennes pour goûter une retraite sereine dans un petit village des Hautes-Alpes, au pied d'un château du 12ème siècle, parmi les senteurs de romarin et de lavande. Si quelquefois ses pensées la ramenèrent à son passé de comédienne, ce fut uniquement pour évoquer des êtres chers demeurés irremplaçables, tel le Gérard Philipe de ses débuts; amie fidèle, elle ne pouvait oublier ce prodigieux comédien en attente de Jean Vilar, du Cid, de la cour du Palais des papes d'Avignon et de son exceptionnel et fulgurant destin.

Yvan Foucart (notes recueillies auprès de Marcelle Arnold en janvier 2000)

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11947DEDEE D'ANVERS
21950GAROU-GAROU LE PASSE-MURAILLE
31950LES MIRACLES N'ONT LIEU QU'UNE FOIS
41951LA NUIT EST MON ROYAUME
51952LA FORÊT DE L'ADIEU
61952LA POCHARDE
71953LES COMPAGNES DE LA NUIT
81954ESCALIER DE SERVICE [ Sk."Les Delecluze" ]
91955DES GENS SANS IMPORTANCE
101956MARIE-ANTOINETTE REINE DE FRANCE
111957LA BONNE TISANE
121958LES AMANTS DE DEMAIN
131962UN SINGE EN HIVER
141963CARAMBOLAGES
151965PLEINS FEUX SUR STANISLAS
161968FAITES DONC PLAISIR AUX AMIS
L'Encinémathèque
Ed.7.2.2 : 12-8-2016