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Suzy PRIM (1895 / 1991)

Suzy Prim

Actrice française, née Suzanne Mariette Arduini, le 11 octobre 1895, à Paris (Seine, France). Décédée le 7 juillet 1991, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Comédienne issue du sérail, la “petite Arduini” suit très tôt les traces de ses parents et grands-parents puisqu’elle débute sur scène à onze mois (!) et au cinéma à 14 ans sous la direction de Louis FeuilladeLouis Feuillade («Poèmes antiques» en 1910). Léonce Perret («Coeur d'enfant» en 1912,…) et Henri Pouctal («En détresse» en 1917) guident ses premiers pas à l’écran. Entre 1910 et 1921, elle tourne une vingtaine de films voués à l’oubli. On aimerait pourtant la découvrir dans «Le petit Poucet» (1912) aux côtés de Bébé Abélard – le futur René DaryRené Dary – ou en vedette de mélodrames tournés en Italie comme «L’Aiglonne» (1921). À vingt-cinq ans, devenue Suzy Prim, elle délaisse le cinéma pour se consacrer au théâtre où Lugné-Poe et Gabriel SignoretGabriel Signoret seront ses brillants metteurs en scène. «Baccara» en 1927 ou «Banco» en 1929 en font l’une des reines du boulevard aux côtés de Jules Berry dont elle est alors la compagne. À la création de «Bluff» en 1932, la critique encense ce "couple moderne et fantaisiste" et réserve un bel éloge à Suzy, "exquise de sensibilité et de délicatesse".

Comment le cinéma parlant n’aurait-il pas fait les yeux doux à ce duo tapageur ? «Mon cœur et ses millions» (1931) réunit les deux vedettes pour la première fois. Suivront sept films en commun et leur rencontre fera souvent des étincelles, en particulier dans «Arsène Lupin détective» (1937) où nos anciens tourtereaux s’amusent encore à badiner avec l’amour. En revanche, «Le chemin de Rio» (1936), «27, rue de la Paix» (1936) et «Carrefour» (1938) lui réservent un sort funeste puisqu’elle y meurt assassinée par son ex quand elle ne se suicide pas après l’avoir tué !

En 1936, devenue une grande vedette de l’écran, elle tourne dix films d’affilée sans craindre d’affronter quelques monstres sacrés comme RaimuRaimu qu’elle tyrannise dans «Les jumeaux de Brighton» (1936) ou Harry Baur dont elle incarne la maîtresse délaissée dans «Samson» (1936) et «Le patriote» (1938). Pour Jean Renoir, elle donne le meilleur d’elle-même dans «Les bas-fonds» (1936) où elle campe l’impérieuse Vassilissa, maîtresse de Jean Gabin, jalouse de sa sœur, la tendre Natacha (Junie AstorJunie Astor) qu’elle bat comme plâtre dans un très grand numéro. Spécialiste des femmes coquettes et légères, elle séduit Fernandel sous le soleil d’«Un de la légion» (1936) avant de roucouler en comtesse russe froufroutante dans «Mayerling» (1936) et de camper une Catherine II inattendue dans «Tarakanova» (1938). Mieux vaut retrouver cette parisienne gouailleuse à l’affiche de «L’étrange Suzy» (1941), comédie écrite pour elle par Yves Mirande, ou en mélancolique entraîneuse dans «L’homme de Londres» (1943). Servante arriviste dans «La Rabouilleuse» (1943) ou grande bourgeoise jalouse dans «Au bonheur des dames» (1943), elle convainc davantage qu’en dame patronnesse dans «Le bienfaiteur» (1942). Elle regrettait pourtant d’avoir interprété trop de "femmes sans cœur ni âme", trop de "monstres de méchanceté"

Reine du mélodrame sur les planches où elle connaît de beaux succès dans «La dame aux camélias» (1938) ou «Back Street» (1952), elle a moins de chance dans le cinéma d’après-guerre. À l’exception d’un rôle de vieille fille sadique dans «Au royaume des cieux» (1949), on la voit surtout en prostituée sur le retour dans des séries B comme «Les compagnes de la nuit» (1953) ou «Les mémoires d’un flic» (1955), à moins que sa mort suspecte ne lance l’intrigue du film comme dans «Les caves du Majestic» (1945). Elle espère des jours meilleurs en devenant productrice pour «Douze heures d’horloge» (1958) ou scénariste pour «La Fayette» (1961) de Jean Dréville.

Presque oubliée, elle amorce à 76 ans un bref retour à l’écran dans «Profession : aventuriers» (1972) avant de recevoir, pour sa dernière apparition dans «Le corps de mon ennemi» (1976), un bel hommage de Jean-Paul Belmondo, grand admirateur de Jules Berry.

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1912
COEUR D'ENFANT, de Léonce PERRET [Sous le nom de Suzanne Arduini]
 
2
1936
MAYERLING
3
1936
SAMSON
4
1936
MOUTONNET
5
1936
UN DE LA LEGION
6
1936
AU SERVICE DU TSAR
7
1936
27, RUE DE LA PAIX
8
1936
LES BAS-FONDS
9
1936
CARGAISON BLANCHE / LE CHEMIN DE RIO
10
1936
LA REINE DES RESQUILLEUSES
11
1937
ARSÈNE LUPIN DÉTECTIVE
12
1937
ÊTES-VOUS JALOUSE?
13
1938
TARAKANOVA / LA PRINCIPESSA TARAKANOVA
14
1938
LE PATRIOTE
15
1938
CARREFOUR
16
1938
L'OR DANS LA MONTAGNE / FARINET
17
1939
LE CRÉANCIER / CAS DE CONSCIENCE
18
1940
UNTEL PÈRE ET FILS, Sorti en 1945
19
1941
APRÈS L'ORAGE
20
1942
LE BIENFAITEUR
21
1943
AU BONHEUR DES DAMES
22
1943
L'HOMME DE LONDRES
23
1943
LA RABOUILLEUSE
24
1944
LA MALIBRAN
25
1944
LES CAVES DU MAJESTIC, Sorti en 1945
26
1953
LES COMPAGNES DE LA NUIT
27
1955
MEMOIRES D'UN FLIC
28
1956
LORSQUE L'ENFANT PARAÎT
29
1958
12 HEURES D'HORLOGE [+Production]
30
1972
PROFESSION: AVENTURIERS
31
1976
LE CORPS DE MON ENNEMI
Éd. 9.1.4 : 6-9-2019