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Hope EMERSON (1897 / 1960)

Hope Emerson

Actrice américaine, née le 29 octobre 1897, à Hawarden (Iowa). Décédée le 25 avril 1960, à Hollywood (Californie).

Avec son mètre 88 et sa dégaine virile, cette grande gigue de Hope Emerson a de quoi impressionner ses partenaires, surtout si, comme Audie Murphy dans «Le fort de la dernière chance» (1957), ils affichent quinze centimètres de moins sous la toise. Bertrand Tavernier se souvient avec délectation de cette "… femme gigantesque qui vous foutait une trouille énorme" dans «Cry of the City/La proie» (1948) de Robert Siodmak, son premier rôle marquant, celui d'une masseuse criminelle prête à étrangler ses patients à moins qu'elle ne les réduise en miettes !

Fille d'une actrice de théâtre, elle débute très jeune auprès de sa mère qui veille à lui donner une éducation soignée. Ses études terminées, elle quitte son Iowa natal pour New York City. Dotée d'une voix de stentor – dont, en digne émule de Marjorie Main, elle fit fréquemment usage à l'écran - Hope Emerson savait aussi chanter le blues et c'est ainsi qu'elle se produit fréquemment dans des cabarets de Greenwich Village où elle s'accompagne elle-même au piano. Comme elle se cherche encore, elle essaie différents pseudonymes comme Clotilde Lombaste ou Flossie Claypool. En 1930, on la découvre à Broadway, féministe avant l'heure, faisant la grève du sexe dans une adaptation de «Lysistrata» d'Aristophane – sa grande carcasse contrastant avec les frêles silhouettes de ses partenaires - mais il lui faut attendre le succès de «Street Scene» en 1946 pour que les studios hollywoodiens la remarquent enfin. A la suite de Siodmak, Joseph L. Mankiewicz et Jules Dassin la réclament pour deux brèves apparitions dans ces classiques du film noir que deviendront «La maison des étrangers» (1949) et «Hell on Frisco Bay/Les bas-fonds de Frisco» (1949). «Femmes en cage» (1950) de John Cromwell la projette au premier plan : gardienne sadique d'une prison pour femmes, elle prend tant de plaisir à tondre la belle chevelure d'Eleanor Parker qu'elle récolte illico une nomination à l'oscar du meilleur second rôle féminin.

Entre temps, Hope Emerson a ajouté une dimension comique bienvenue à son personnage : dans «Madame porte la culotte» (1949) de George Cukor, elle porte le joli patronyme d'Olympia La Pere mais aussi… Spencer Tracy qu'elle soulève comme un fétu de paille lors d'une démonstration de force plutôt éprouvante pour l'ego de la star. Nettement moins séduisante que Jean Peters, «La flibustière des Antilles» (1951), elle joue pourtant le même personnage - la fameuse pirate Anne Bonney - dans une parodie menée par Donald O'Connor, «Le joyeux corsaire» (1950). Par la suite, elle côtoie Bob Hope dans «La grande nuit de Casanova» (1954) – elle y devient même duchesse de Castelbello - ou Jerry Lewis dans «Trois bébés sur les bras» (1958). Toutefois, c'est sur les terres du Far West qu'elle se montrera le plus à son aise. Partenaire de la belle Hedy Lamarr dans «Copper Canyon/Terre damnée» (1950), elle s'amuse à jouer les repoussoirs de service mais consent à adopter un look plus féminin dans «La belle du Montana» (1950) d'Allan Dwan, même si John Qualen, son fragile époux, semble écrasé par sa masse imposante. Certes, c'est Robert Taylor qui mène à bon port le «Convoi de femmes» (1951) de William A. Wellman, mais la présence rassurante de Hope Emerson en tête de la caravane est un gage de survie tout au long des 3000 kms qui séparent les futures mariées de leurs hypothétiques époux. George Marshall lui confie le même type de personnage dans «Le fort de la dernière chance» (1957) où Audie Murphy lui attribue d'emblée le grade de sergent : lorsqu'il s'agit de préparer au combat un bataillon de femmes apeurées à l'approche des Indiens, il faut la voir renverser un chariot d'un coup d'épaule, mener ses troupes à l'assaut et viser en plein dans le mille.

Après une participation à «Tant que soufflera la tempête» (1955), l'épopée sud-africaine de Henry King, elle semble vouloir se consacrer à la télévision où elle se rend très populaire grâce au rôle de «Mother» dans la série «Peter Gunn» (1958-1959), signée Blake Edwards et Jack Arnold, puis à celui d'Amelia «Sarge» dans le «Dennis O'Keefe Show» (1959-1960). Hélas, même avec un prénom porteur d'espoir, la maladie peut vous jouer de vilains tours et c'est ainsi que Hope Emerson déserta définitivement Hollywood, à 62 ans seulement, le jour même du septième anniversaire de la mort de sa mère, Josie, avec qui elle avait vécu presque toute sa vie car, comme le préconisait le titre de son premier film – «Object not matrimony» (un court métrage tourné en 1935 – elle ne se maria jamais et n'eut pas d'enfants.

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11948CRY OF THE CITY (La proie)
21948THAT WONDERFUL URGE (Scandale en première page)
31949THIEVES' HIGHWAY (Les bas-fonds de Frisco)
41949ROSEANNA McCOY de Irving REIS 
51949ADAM's RIB (Madame porte la culotte)
61949DANCING IN THE DARK de Irving REIS 
71950CAGED (Femmes en cage)
81950DOUBLE CROSSBONES
91950BELLE LE GRAND (La belle du Montana)
101951WESTWARD THE WOMEN (Convoi de femmes)
111953CHAMP FOR A DAY de William S.SEITER 
121957THE GUNS OF FORT PETTICOAT (Le fort de la dernière chance)
Ed.8.1.2 : 29-12-2016