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Jean BOUISE (1929 / 1989)

Jean Bouise

Acteur français, né le 3 juin 1929, au Havre (Seine-Maritime, France). Décédé le 6 juillet 1989, à Lyon (Rhône, France).

Après avoir suivi les cours de l'École Supérieure de Chimie de Rouen, loin de sa ville natale, Jean Bouise participe à des stages d'art dramatique (1950) qui le font décider de changer de voie. Il rencontre à ces occasions Roger PlanchonRoger Planchon auprès duquel il se lance dans l'aventure lyonnaise du Théâtre de la Comédie (1952). En 1957, les deux hommes poursuivent leur oeuvre de décentralisation artistique au Théâtre de la Cité, à Villeurbanne.

Après une composition dans un court métrage de René Allio («La meule», 1962), le comédien fait sa première apparition dans un long métrage de cinéma avec un film d'Armand Gatti, «L'autre Cristobal» (1962), qui, bien que représentant Cuba au Festival de Cannes 1963, ne connaîtra pas de distribution en salles. À La Havane, il enchaîne avec ce merveilleux film de Mikhail Kalatozov, «Soy Cuba». Il ne le sait pas encore, mais il va devenir l'un des plus grands et des plus populaires acteurs de composition des vingt-cinq années à venir.

C'est par une comédie qu'il se fait remarquer, succédant à Georges WilsonGeorges Wilson en Capitaine Haddock dans le second volet des aventures de Tintin au cinéma, «Tintin et les oranges bleues» (1964), où l'on a du mal à le reconnaître derrière l'abondante pilosité faciale du célèbre personnage, à une époque où il est encore glabre dans le civil ! De retour chez Allio, le voici plus sérieux et généreux auprès de «La vieille femme indigne» (1964) si remarquablement incarnée par Sylvie.

Avec «La guerre est finie» (1966), campant un combattant de l'ombre ibérique, Jean Bouise entame une galerie de personnages plus secrets, plus profonds, toujours empreints d'une humanité que vient étouffer un réflexe de réalisme lorsqu'ils naviguent dans des eaux troubles. Yves Boisset saura bien utiliser cette ambiguïté, l'utilisant dans «Dupont La joie» (1974) en inspecteur se résignant à étouffer une vérité dérangeante ou dans «Le juge Fayard» (1978) en procureur tentant de calmer les ardeurs juvéniles du petit juge Patrick DewaerePatrick Dewaere. Chez Costa-Gavras, entre les personnages positifs d'un compagnon de lutte du député Lambrakis («Z», 1969) et du juge Linais réfractaire aux condamnations expéditives de la «Section spéciale» (1975), c'est avec un regret bien contenu qu'il retire son emploi à l'épouse d'un ministre poussé à «L'aveu» (1969) pour sauver sa peau. Et que penser du Juif silencieux encadrant le parcours d'un «Monsieur Klein» (1976) en quête de sa véritable identité ?

Les agents secrets sont des hommes comme les autres. “Le boiteux” de «Avec la peau des autres» (1966), désenchanté, semble attendre la mort comme une délivrance, là où le Darier de «Un papillon sur l'épaule» (1978, un “Deray” qui ressemble à du “Boisset”), sous sa blouse trompeuse de médecin compréhensif, ne fait jamais que son devoir. Plus monolythique, le patron d'usine de «Un coup de tête» (1978), oeuvre démonstrative jusqu'au manichéisme, fait preuve d'un réalisme méprisant que révèle cet aveu affligeant : "J'entretiens onze imbéciles pour en calmer huit cents !". Le rôle vaut à l'acteur le César 1980 du meilleur second rôle.

Jean Bouise fit avec bonheur de trop rares intrusions dans l'univers de la comédie, en ministre chez Yves RobertYves Robert pour «Le retour du grand blond» (1975), en garagiste flegmatique pour Gérard Krawczyk («L'été en pente douce», 1987), etc.

Très actif au petit écran,on le devine péniblement sous le costume du Père Ubu d'Alfred Jarry sous la direction du non moins ubuesque Jean -Christophe Averty («Ubu roi», 1965). Relevons encore «Le voleur d'enfants» de François Leterrier (1981), «Le voyageur imprudent» de Pierre Tchernia (1982), «La petite fille modèle» de Jean-Jacques Lagrange,…

Époux de la comédienne Isabelle Sadoyan, rencontrée chez Planchon, Jean Bouise ne résista pas aux attaques d'un cancer du poumon qui l'emportera avant la sortie de son dernier film, «Nikita» (1989). Luc Besson, réalisateur fidèle qui l'avait distribué dans tous ses films («Le dernier combat» en 1982, «Subway» en 1985, «Le grand bleu» en 1988), lui rendra à cette occasion un dernier hommage.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1964
SOY CUBA
2
1964
TINTIN ET LES ORANGES BLEUES
3
1964
LA VIEILLE DAME INDIGNE
4
1966
LA GUERRE EST FINIE
5
1966
AVEC LA PEAU DES AUTRES
6
1969
"Z"
7
1969
LES CHOSES DE LA VIE
8
1969
L'AVEU
9
1971
MOURIR D'AIMER
10
1972
LES FEUX DE LA CHANDELEUR
11
1972
L'ATTENTAT
12
1972
LES CAÏDS
13
1973
LES GRANGES BRULEES
14
1974
LE RETOUR DU GRAND BLOND
15
1974
DUPONT LAJOIE
16
1974
LA BRIGADE
17
1975
SECTION SPÉCIALE
18
1975
LE VIEUX FUSIL
19
1976
MONSIEUR KLEIN
20
1976
MADO
21
1976
UN NEVEU SILENCIEUX, Téléfilm distribué en salles
22
1976
LE JUGE FAYARD, DIT "LE SHERIF"
23
1977
MORT D'UN POURRI
24
1978
SALE RÊVEUR
25
1977
UN PAPILLON SUR L'EPAULE
26
1978
COUP DE TÊTE
27
1982
BLUFF, de Philippe BENSOUSSAN (Court métrage)
 
28
1982
HÉCATE (Hécate, maîtresse de la nuit)
29
1982
LE DERNIER COMBAT
30
1985
SUBWAY
31
1986
DERNIER ÉTÉ À TANGER
32
1987
L'ÉTÉ EN PENTE DOUCE
33
1987
CHATEAUROUX DISTRICT
34
1987
SPIRALE
35
1987
L'OEUVRE AU NOIR
36
1988
LE GRAND BLEU
37
1989
NIKITA
Éd. 9.1.4 : 19-9-2019