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James FINLAYSON (1887 / 1953)

James Finlayson

Acteur d'origine britannique, né le 27 août 1887, à Falkirk (Ecosse). Décédé le 9 octobre 1953, à Los Angeles (Californie).

Né au cœur d’un fleuron de la sidérurgie britannique, James Henderson Finlayson était destiné à prendre le relais de son père dans la fonderie familiale et non à faire le mariole, avec ou sans kilt, dans «Bonnie Scotland» (1935). La rencontre du comédien John Clyde décida de son destin : il intègre sa troupe et, dès 1910, paraît sur la scène du Théâtre Royal d’Edimbourg. A la mort de ses parents, l’année suivante, il émigre aux Etats-Unis avec son frère Bob qui deviendra cameraman. Un succès à Broadway suivi d’une longue tournée l’amène à Hollywood.

Repéré par Mack SennettMack Sennett, il obtient un contrat de trois ans : sa calvitie et ses belles bacchantes l’intègrent d’office dans les rangs des fameux Keystone Cops aux côtés de Ben TurpinBen Turpin. Frappé par son pouvoir comique, Hal Roach l’engage à son tour et lui offre de partager l’affiche avec Charley ChaseCharley Chase et surtout Stan LaurelStan Laurel dans des dizaines de courtes bandes comiques où son regard torve sera largement mis à contribution. «Love ‘em and Weep» (1927) donne la vedette à Finlayson en séducteur (mais oui !) rattrapé par ses incartades passées ; Stan Laurel joue son ami peu dégourdi tandis qu’un certain Oliver HardyOliver Hardy fait une brève apparition : c’est la première réunion du trio. Quatre ans plus tard, Hardy reprend le rôle de Finlayson dans un remake baptisé «Chickens Go Home» (1931) où “Finn” ne joue plus que le valet maître-chanteur ; entre temps, le tandem comique est devenu célèbre. James Finlayson sera leur partenaire privilégié et leur principale victime pour le plus grand plaisir des spectateurs dans 33 films (22 courts et 11 longs métrages).

Longue est la liste des avanies subies par James Finlayson face au duo d’irrésistibles gaffeurs : les fenêtres à guillotine lui cassent régulièrement les cervicales, l’art de rouler dans l’escalier n’a plus de secret pour lui sans parler des bouchons de champagne avalés, du crâne peint à la moutarde («Our Relations/C’est donc ton frère», 1936) ou des innombrables tartes à la crème qui s’écraseront sur son visage ! Juge Foozle poursuivi par un tueur armé d’un coutelas, il ne peut guère compter sur «Les deux détectives» (1927) pour le protéger et n’a d’autre recours que de s’immerger dans sa baignoire. «Hoosegow/Derrière les barreaux» (1929) s’achève par une bataille à la chaux dont Finlayson, en inspecteur des prisons, ne peut qu’être la cible favorite. Ses mines sont alors des plus réjouissantes : il fronce les sourcils, roule des yeux, retrousse sa moustache, gratte son crâne chauve – son épouse dans «Les as d’Oxford» (1940) l’appelle “Déplumé” – et adresse force regards complices au public qui s’en régale. Le parlant lui permettra de pimenter ses mimiques d’un cri d’exaspération vite devenu célèbre : "D’oooh !".

Homme des cavernes vêtu de peaux de bêtes et affligé d’une épouvantable rage de dents dans «Flying Elephants/A l'âge de pierre» (1927), professeur pour taulards dans «Pardon Us/Sous les verrous» (1931), il jouera souvent les sergents rouscailleurs comme dans «Flying Deuces/Laurel et Hardy conscrits» (1939) ou «Bonnie Scotland/Bons pour le service» (1935). S’il possède un magasin de disques dans «Liberty» (1929) de Leo McCarey, on peut être certain qu’il n’en restera rien après le passage de Laurel ! Dans tous les cas, les deux compères connaîtront sur le bout des doigts l’art de lui faire perdre son self-control. On ne s’étonne guère de le voir intégrer un asile d’aliénés dans «Call of the Cuckoo» (1927). Beau-père irascible d’Oliver Hardy dans «Our wife» (1931) ou «Me and my Pal» (1933), il le supporte difficilement puisque le simple fait de le croiser dans l’escalier peut déclencher une bagarre à coups de canne ; dans «Têtes de pioche» (1938), tout l’immeuble accourt pour profiter du spectacle. «Big Business» (1929), le plus drôle de leurs courts métrages, nous vaut une crise de folie destructrice du trio, Stan et Ollie saccageant la maison de Finlayson qui s’acharne sur leur voiture avant qu’un cigare ne lui explose au visage dans le dernier plan !

Colonel Wilburforce Buckshot dans «Another Fine Mess» (1930), Finn eut régulièrement droit à des patronymes fleuris comme le baron Buttontop, Peter Cucumber, Simpson Sniffle ou Baldy Vandevere avant de jouer tout simplement le sergent-major Finlayson, le capitaine Finn dans «La bohémienne» (1936) ou le docteur J.H. Finlayson dans «Saps at Sea/Laurel et Hardy en croisière» (1940), leur dernier film en commun. Dans «Way Out West/Laurel et Hardy au Far West» (1937), il trouva peut-être son meilleur personnage, celui de Mickey Finn, tenancier de saloon bien décidé à mettre la main sur une mine d’or en dupant nos candides héros. Suspendu au lustre en chemise de nuit, il termine le film totalement hors d’état de nuire !

Avec près de 200 titres à son actif, Finlayson ne fut pas uniquement le partenaire de Laurel et Hardy. Il parut aussi en sergent chez Howard Hawks dans «La patrouille de l’aube» (1930) et plus tard en majordome dans «Angel» (1937), en paysan hollandais dans «Correspondant 17» (1940), en fermier écossais dans «To Be or Not to Be» (1942) ou en cocher dans «Mariage royal» (1950), ce qui lui donnera tout de même l’occasion d’être dirigé par Lubitsch, Hitchcock ou Stanley Donen. Avant que la maladie ne l’oblige à quitter l’écran, il fit sa dernière apparition chez un autre grand cinéaste, Frank Capra, qui lui offrit le rôle d’un marin ivre dans «Si l’on mariait papa» (1951).

Naturalisé américain en 1920, James Finlayson avait épousé l’année précédente Emily Cora Gilbert. Lorsqu’il mourut d’une crise cardiaque à 66 ans, ses fidèles complices faisaient une tournée en Europe mais ses obsèques virent reparaître la fine fleur du burlesque – Mack Sennett, Billy BevanBilly Bevan ou Snub PollardSnub Pollard – pour un dernier salut à leur ami Jimmy.

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11927LOVE 'EM AND WEEP , Court métrage
21927CALL OF THE CUCKOO , Court métrage
31927DO DETECTIVES THINK? (Les deux détectives) , Court métrage
41929LIBERTY , Court métrage
51929BIG BUSINESS (Fais pas le clown/Oeil pour oeil/Beaucoup de bris pour rien) , Court métrage [ Non crédité ]
61929THE HOOSE-GOW (Derrière les barreaux) , Court métrage [ Non crédité ]
71930NIGHT OWLS (Les deux cambrioleurs) , Court métrage
81931CHICKENS COME HOME , Court métrage [ Non crédité ]
91931PARDON US (Sous les verrous)
101932THE CHIMP (Prenez garde au lion) , Court métrage
111932PACK UP YOUR TROUBLES (Les sans-soucis)
121933ME AND MY PAL , de Lloyd FRENCH, Charley ROGERS. Court métrage 
131933THE DEVIL's BROTHER (Fra Diavolo)
141935THICKER THAN WATER (Qui dit mieux?) , Court métrage
151935BONNIE SCOTLAND (Bons pour le service)
161936THE BOHEMIAN GIRL (La bohémienne)
171936OUR RELATIONS (C'est donc ton frère!)
181937WAY OUT WEST (Laurel et Hardy au Far-West)
191937THE TOAST OF NEW YORK (L'or et la femme) [ Non crédité ]
201938BLOCKHEADS (Têtes de pioche)
211939FLYING DEUCES (Laurel et Hardy conscrits)
221940A CHUMP AT OXFORD (Les as d'Oxford) [ Non crédité ]
231940FOREIGN CORRESPONDENT (Correspondant 17)
241942TO BE OR NOT TO BE (Jeux dangereux) [ Non crédité ]
251949DOWN MEMORY LANE , de Phil KARLSON. Film de montage [ Images d'archives ] 
L'Encinémathèque
Ed.7.2.2 : 31-8-2016