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Rosine DERÉAN (1910 / 2001)

 Rosine Deréan

Actrice française, née Rosine Jeanne Schlotterbeck (reconnue Degoulet), le 23 février 1910, à Paris (Seine, France). Décédée le 14 mai 2001, à Genillé (Indre-et-Loire, France).

Sa mère, Camille Schlotterbeck, dite Exiane, a tout juste dix-huit ans lorsqu'elle donne jour à Rosine en son domicile du Boulevard Berthier dans le 17ème arrondissement de la capitale. Elle est alors vedette aux "Folies-Bergère" et compte aussi quelques films muets à son actif.

La jeune Rosine effectue d'abord ses études chez les sœurs à cornette mais, dotée d'un caractère entier, n'en gardera pas le meilleur des souvenirs. Il en alla de même avec sa mère, leurs rapports n'étant guère plus harmonieux. Pure enfant de la balle, elle décide très vite de devenir elle aussi comédienne. À vingt ans, sans avoir pris le moindre cours d'art dramatique, elle débute au cinéma grâce à Julien Duvivier qui lui confie le premier rôle féminin dans «Les cinq gentlemen maudits» (1931), un “polar” teinté d'exotisme maghrébin. Sa carrière est lancée…

L'année suivante, on la voit apparaître dans pas moins de sept films, dont «Le chien jaune» (1932) qui nous la montre en fille de salle d'hôtel auprès d'un Maigret inattendu (Abel Tarride) et d'un médecin bizarre (on ne pouvait mieux faire que de lui prêter les traits de Robert Le ViganRobert Le Vigan). S'ensuivit un mélodrame lacrymal – genre alors fort prisé – de Maurice Tourneur ayant pour titre «Les deux orphelines» (1932) dans lequel elle incarne l'une des deux infortunées, la débutante Renée Saint-Cyr – à laquelle elle ressemble beaucoup physiquement – recevant le rôle de sa soeur. Deux ans plus tard, on retrouve notre Rosine sous les traits de Dany, jolie blonde enjouée amoureuse de Jean-Pierre Aumont, le maître-nageur du «Lac aux dames» de Marc Allégret (1934). Son interprétation est unanimement saluée par la critique et le public, pour un travail qui restera, avec «Les deux orphelines», l'un de ses préférés. Sacha Guitry la dirige trois fois : en voleuse de bijoux héroïne du «Roman d'un tricheur» (1936), pour le prologue de «Faisons un rêve» (1936) en duo avec Claude Dauphin, puis dans un double rôle dans «Les perles de la couronne» (1937).

Elle entame alors une courte carrière théâtrale, dont il subsiste encore quelques traces («Pacifique» en 1937, «Le nez de Cléopâtre» en 1938,…).

Le 20 juillet 1937, Rosine convole en justes noces avec Claude Dauphin sous le ciel lumineux de Roquebrune-sur-Argens et la cymbalisation lancinante des cigales provençales, leurs témoins respectifs étant Jean-Pierre Aumont et Blanche MontelBlanche Montel. Hélas, leur bonheur est de courte durée. La guerre éclate en 1940 et, discrètement, Claude rejoint les Forces Françaises Libres installées à Londres. Restée en France, Rosine se retire dans leur château de "La Bourdillière" à Genillé, en Touraine. Patriote et résistante engagée, elle y cache des pilotes anglais. En 1943, à la suite d'une dénonciation, elle est arrêtée et déportée au camp de concentration de Ravensbrück où elle échappe de peu à la mort. Actrice combattante, décorée de la Légion d'honneur et de la Croix de Guerre avec palme, elle n'en restera pas moins modeste. Quand on la félicitait pour son attitude courageuse, ses beaux yeux myosotis s'illuminaient et elle répondait, étonnée et sans une once de vanité : "J'ai fait mon devoir, c'était normal".

À la Libération, elle renoua furtivement avec le cinéma en nous assurant que «L'assassin n'est pas coupable» (1945) des homicides perpétrés au sein des milieux cinématographiques. Puis tomba un grand silence médiatique jusqu'à son ultime apparition dans «Agence matrimoniale» (1951).

Entre-temps, divorcée et ayant abandonné ses activités artistiques, Rosine s'était retirée dans son petit village tourangeau où elle s'éteignit peu après son 91ème anniversaire. Elle fut incinérée au crématorium d'Esvres-les-Tours (Indre-et-Loire) et ses cendres dispersées à Genillé, là où elle résida si longtemps et où la municipalité inaugura, le 25 avril 2009, une salle des fêtes à son nom.

Yvan Foucart (propos recueillis auprès de Rosine Deréan lors de visites à Genillé, en 1988, 1991 et 1998; entretiens avec son fils décédé en 2008)

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1931
LES CINQ GENTLEMEN MAUDITS / DIE FÜNF VERFLUCHTEN GENTLEMEN
2
1932
AUX URNES, CITOYENS!
3
1932
BARRANCO, LTD
4
1932
LE CHIEN JAUNE
5
1932
MAQUILLAGE / JE T'ATTENDRAI
6
1932
LA BELLE MARINIÈRE
7
1932
CE COCHON DE MORIN
8
1932
LES DEUX ORPHELINES
9
1934
LAC AUX DAMES
10
1935
VEILLE D'ARMES
11
1936
LE ROMAN D'UN TRICHEUR
12
1936
FAISONS UN RÊVE…
13
1937
ARSÈNE LUPIN DÉTECTIVE
14
1936
GIGOLETTE
15
1937
LES PERLES DE LA COURONNE
16
1945
L'ASSASSIN N'EST PAS COUPABLE, Sorti en 1946
Éd. 9.1.4 : 28-9-2019