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Giulietta MASINA (1920 / 1994)

Giulietta Masina

Actrice italienne, née le 22 février 1920, à San Giorgio di Piano (Émilie-Romagne, Italie). Décédée le 23 mars 1994, à Rome (Lazio, Italie).

Fille d'un professeur de littérature, Giulietta Masina passe son enfance en Émilie-Romagne, région dont elle est originaire. Sortie de l'adolescence, elle émigre à Rome où, installée chez une tante, elle s'inscrit à l'université. Nantie de ses licences de lettres et de philosophie, elle s'intéresse à l'art dramatique et découvre le théâtre au sein d'une compagnie locale. En 1943, elle participe à une série radiophonique, «Cico e Pallina», écrite par un certain Federico Fellini. La légende veut qu'ils se marièrent trois semaines après leur rencontre, mais il semble plus raisonnable d'écrire quelques mois plus tard. Une chose est sûre : le 30 octobre de la même année, les deux jeunes gens s'unirent pour constituer le couple le plus créatif du cinéma transalpin d'après guerre.

En 1944, la jeune femme fait une fausse couche consécutive à une chute dans un escalier. L'année suivante, elle met au monde Federichino, qui décèdera 2 semaines après sa naissance des suites d'une pneumonie. Le sort en est jeté : les Fellini n'auront pas de descendance.

Après une figuration dans «Païsa», Giulietta Masina se fait remarquer par ses seconds rôles dans «Senza pieta» (1948, qui lui vaut le Nastro d'Argento du meilleur second rôle féminin décerné par l'association de la critique italienne), et «Les feux du music-hall» (1950, pour lequel elle récolte la même distinction), le premier film dont Federico Fellini assure la réalisation, en collaboration avec Alberto Lattuada.

Elle enchaîne avec une dizaine de productions, où elle laisse la plupart du temps la vedette à d’autres actrices comme Eleonora Rossi DragoEleonora Rossi Drago («Volets clos», 1951), Yvonne Sanson («Wanda la pécheresse» 1952), Antonella LualdiAntonella Lualdi («Il romanzo della mia vita», 1952) ou encore Ingrid Bergman («Europa 51» 1951). C’est Fellini qui lui offre son premier rôle véritablement principal, celui du clown lunaire Gelsomina, dans «La strada» (1954), faisant d'elle une star internationale. Il la dirige encore ensuite dans «Il bidone» (1955) et «Les nuits de Cabiria» (1957) grâce auquel elle le glâne le Grand Prix d’Interprétation du festival de Cannes ainsi qu'un nouveau Nastro d'Argento.

Partenaire fréquente d'Alberto Sordi («Cameria bella presenza offresi…» de Giorgio Pastina en 1951, «Buonanotte… avvocato !» de Giorgio Bianchi en 1958, etc), elle est également l’interprète, sous la direction d’autres réalisateurs, de «Cento anni d'amore» (1954), «Fortunella» (1958) et «L'enfer dans la ville» (1958). On la voit en outre dans la co-production italo-allemande «La donna dell’altro» (1959) et dans la co-production franco-germano-italienne «La grande vie» (1959), une oeuvre peu connue de Julien Duvivier.

En 1965, son époux lui rend un hommage éternel en faisant d'elle le sujet de son nouveau film, «Juliette des esprits». Toutefois, après 1969, l'actrice décide de mettre un terme à sa carrière, refusant même les rôles proposés par Federico. Elle devait rester sur ses positions – se permettant toutefois deux incartades pour le petit écran – jusqu'en 1985 pour réapparaître aux côtés de Marcello Mastroainni dans «Ginger et Fred», également réalisé par son seigneur et maître. En 1991, Giulietta nous offre, lumineuse, le dernier de ces petit morceaux de tendresse nostalgique qui faisaient son charme et notre bonheur («Aujourd'hui peut-être» de Jean-Louis Bertucelli).

Chanteuse, actrice, danseuse, musicienne, Giulietta Masina savait tout faire. Incontestablement, elle appartenait à cette famille de fantaisistes qui, comme Charles ChaplinCharles Chaplin en Amérique et Pierre ÉtaixPierre Étaix en France, vous arrachaient un rire là ou des larmes eussent été plus convenables. Le 23 mars 1994, cinq mois après le décès de Federico, elle se décide à rejoindre son mentor au paradis des anges tristes, nous laissant sur terre le plus délicieux des souvenirs. À la question qui lui était rituellement posée "Est-t-il difficile de vivre avec un génie?", elle répondait avec beaucoup de malice "Bien moins que de vivre avec un imbécile !".

Marlène Pilaete, Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1948
SENZA PIETÀ (Sans pitié)
2
1950
LUCI DEL VARIETÀ (Les feux du music-hall)
3
1951
PERSIANE CHIUSE (Volets clos)
4
1951
SETTE ORE DI GUAI
5
1951
CAMERIERA BELLA PRESENZA OFFRESI…
6
1952
WANDA LA PECCATRICE (Wanda la pécheresse)
7
1951
EUROPA '51 (Europe 51)
8
1952
LO SCEICCO BIANCO (Courrier du coeur)
9
1953
DONNE PROIBITE (Femmes damnées)
10
1954
VIA PADOVA 46
11
1954
LA STRADA
12
1955
BUONANOTTE… AVVOCATO!
13
1955
IL BIDONE
14
1957
LE NOTTE DI CABIRIA (Les nuits de Cabiria)
15
1958
FORTUNELLA
16
1958
NELLA CITTÀ L'INFERNO (L'enfer dans la ville)
17
1959
JONS UND ERDME/LA DONNA DELL' ATRO
18
1959
DAS KUNSTSEIDENE MÄDCHEN (La grande vie)
19
1965
GIULIETTA DEGLI SPIRITI (Juliette des esprits)
20
1966
SCUSI, LEI E FAVOREVOLE O CONTRARIO ?
21
1967
NON STUZZICATE LA ZANZARA
22
1969
THE MADWOMAN OF CHAILLOT (La folle de Chaillot)
23
1985
PERINBABA
24
1985
GINGER & FRED
25
1990
AUJOURD'HUI PEUT-ÊTRE
Éd. 9.1.4 : 8-10-2019