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Sydney GREENSTREET (1879 / 1954)

Sydney Greenstreet

Acteur britannique, né le 27 décembre 1879, à Sandwich (Angleterre). Décédé le 18 janvier 1954, à Hollywood.

En huit ans de présence à l’écran et 25 films seulement, il fut l’un des plus fameux méchants du cinéma et le plus grand, à coup sûr, dans la catégorie poids lourds ! Dès son apparition en Kasper Gutman dans «Le faucon maltais» (1941), Sydney Greenstreet devient un personnage mythique : John Huston le rend encore plus inquiétant en le filmant en contre-plongée. Nommé cette année-là pour l’oscar du meilleur second rôle, il n’obtient pas le prix mais chacune de ses prestations suivantes aurait mérité pareil honneur.

Issu d'une famille nombreuse, il avait hérité de son père le goût des affaires, s'embarquant à dix-huit ans pour Ceylan afin d'y faire fortune dans le commerce du thé. La réussite n'étant pas au rendez-vous, le voilà de retour à Londres où il ne s’intéresse que modérément à son travail dans une brasserie mais bien davantage au théâtre. Après quelques atermoiements, il débute sur scène en 1904 dans une pièce inspirée des aventures de Sherlock Holmes : il y joue déjà un personnage maléfique, le fameux Moriarty. Deux ans plus tard, une tournée l’entraîne en Amérique où il s’installe pour une carrière théâtrale fructueuse. On le retrouve à Broadway où il se produit aussi bien dans les comédies musicales que dans les classiques shakespeariens comme «La mégère apprivoisée» (1935) auprès d’un couple prestigieux, Alfred Lunt et Lynn Fontanne. Pourtant, malgré le succès, Sydney Greenstreet refuse obstinément toutes les propositions cinématographiques jusqu’au jour où John Huston repère cette impressionnante masse de 130 kilos dans «There Shall Be Night» : à 61 ans, il accepte enfin d'apparaître à l'écran. Le jeu en valait la chandelle puisqu'il entre aussi sec dans l'histoire du cinéma !

Après un petit galop en général protecteur de Custer (Errol Flynn) dans «La charge fantastique» (1941), on le retrouve, âme noire sous complet blanc, en suppôt du nazisme dans «Intrigues en Orient» (1943) mais surtout en partenaire privilégié de Bogart dans de louches intrigues d’espionnage : Dr.Lorenz dans «Griffes jaunes» (1942), Signor Ferrari dans «Casablanca» (1942) ou Major Duval de «Passage to Marseille» (1944), il est fasciné par les dictatures, qu’elles soient nippones ou germaniques, et plonge avec délectation vers le côté obscur de la force (rien d’étonnant à ce qu’il ait inspiré George Lucas pour le monstrueux Jabba The Hutt de «Star Wars» ! ). Dans «Conflict» (1945), les rôles pour une fois s’inversent puisque le psy roublard qu’il incarne réussit à piéger un Bogart assassin.

Avec Peter Lorre, la complicité sera telle qu'ils furent partenaires dans neuf films : outre leur participation commune aux classiques de Bogart, ils apparaissant, mi-comiques, mi-inquiétants dans «Hollywood Canteen» (1944). Jean Negulesco et Don Siegel sauront mettre en valeur ce duo atypique de “Laurel et Hardy du crime” dans «Le masque de Dimitrios» (1944), «The Verdict» (1946) – il y est superintendant de Scotland Yard mais aussi criminel puisqu’on ne se refait pas ! – et «Three Strangers» (1946) où la cupidité le mène à la folie. Les fins tragiques de film noir lui réussissent visiblement : il excellera dans ce genre, à l’exception de «Christmas in Connecticut» (1945) où il affiche une mine gourmande et réjouie dans la cuisine de Barbara Stanwyck.

Dans «La vie passionnée des soeur Brontë» (1946), il joue le grand écrivain Thackeray, protecteur de Charlotte (Olivia de Havilland), mais le magnat tyrannique de «L’impitoyable» (1948) surprend davantage lorsque, amoureux fou de son épouse qui le trompe, il disparaît en mer en luttant avec son rival. Ses derniers rôles le confrontent aux plus grandes stars. Roi du savon dans «Marchands d'illusion» (1947), il perd ses bonnes manières et crache sur la table jusqu’au moment où Clark Gable le ridiculise en public. «Flamingo Road» (1949) lui offre le privilège de se faire buter par Joan Crawford ! Face à Spencer Tracy et James StewartJames Stewart, la chaleur l’assaille pour la dernière fois dans «Malaya» (1949). Sa santé déclinante ne lui permettra plus que d'interpréter le rôle du détective Nero Wolfe pour la radio. Au cinéma, son emploi sera aussitôt repris par Francis L.SullivanFrancis L.Sullivan ou Victor BuonoVictor Buono mais aucun de ses successeurs n’atteindra la suave malignité de l’ami Sydney.

Sydney Greenstreet épousa Dorothy Marie Ogden qui lui donna un fils, John Ogden Greenstreet (1920-2004).

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11941THE MALTESE FALCON (Le faucon maltais)
21942ACROSS THE PACIFIC (Griffes jaunes)
31942CASABLANCA
41943BACKGROUND TO DANGER (Intrigues en orient)
51944PASSAGE TO MARSEILLE (Cap sur Marseille)
61944BETWEEN TWO WORLDS
71944THE MASK OF DIMITRIOS (Le masque de Dimitrios)
81944THE CONSPIRATORS (Les conspirateurs)
91944HOLLYWOOD CANTEEN
101945PILLOW TO POST
111945CONFLICT (La mort n'était pas au rendez-vous)
121945CHRISTMAS IN CONNECTICUT , de Peter GODFREY 
131945THREE STRANGERS
141946DEVOTION (La vie passionnée des soeurs Brontë)
151946THE VERDICT
161947THAT WAY WITH WOMEN
171947THE HUCKSTERS (Marchands d'illusions)
181948RUTHLESS (L'impitoyable) , de Edgar G.ULMER 
191948THE WOMAN IN WHITE (La femme en blanc)
201948THE VELVET TOUCH (Quand le rideau tombe)
211949FLAMINGO ROAD (Boulevard des passions)
221949MALAYA
L'Encinémathèque
Ed.7.2.1 : 1-7-2015