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Maria SCHELL (1926 / 2005)

Maria Schell

Actrice autrichienne, née Margarete Schell, le 15 janvier 1926, à Vienne (Autriche). Décédée le 26 avril 2005, à Preitenegg (Carinthie, Autriche).

Fille de l'auteur dramatique suisse Ferdinand Hermann et de la comédienne autrichienne Margarete Noé von Nordberg, Margarete Schell, “Gritil” pour les intimes, traverse une enfance bourgeoise, bientôt entourée de sa soeur Immy et de ses deux frères, Maximilian et Carl. Les quatre enfants connaîtront une carrière artistique plus ou moins conséquente, MaximilianMaximilian Schell accédant, tout comme son aînée, à une renommée internationale dont nous finirons bien par reparler.

En 1938, fuyant l'Anschluss, la famille s'installe en Suisse. Mais bientôt, l'adolescente est placée dans une école alsacienne de Colmar où elle parfait son instruction. De retour au pays, elle entame des études et une carrière commerciales. La voici bientôt secrétaire lorsqu'elle reçoit une proposition cinématographique, faisant alors sa première apparition à l'écran («Steibruch», 1942). Prenant goût à l'affaire, la jeune femme s'inscrit dans une école d'art dramatique et de chant de Zurich.

La guerre terminée, Maria entame un parcours théâtral, se produisant sur les scènes bernoises et viennoises, notamment dans «Le malade imaginaire» de Molière. Elle se montrera régulièrement sur les planches dans des oeuvres de Shakespeare («Hamlet»), Goethe («Faust»), George Bernard Shaw («Pygmalion»), etc.

En 1948, elle renoue avec le septième art en apparaissant dans un film austro-allemand, «L'ange à la trompette», replongeant à cette occasion dans les années sombres qui ont secoué ces deux pays au cours de la décennie. Deux années plus tard, le sujet fait déjà l'objet d'un remake par une compagnie londonienne qui invite notre vedette à reprendre son personnage. Le producteur britannique Alexandre KordaAlexandre Korda lui fait alors signer un contrat non exclusif de sept ans qui lui laissera suffisamment de liberté pour poursuivre ses activités sous des cieux plus teutons.

À cette époque, on la voit souvent donner la réplique à l'acteur Dieter Borsche («C'est arrivé un jour» en 1950, «Dr.Holl» en 1951) au point de faire naître une rumeur vraisemblablement non avérée, d'autant plus que son compatriote O. W. Fischer ne tarde pas à prendre à ses côtés cette place de choix («Bis Wir ins Wiedersehn» en 1952, «Le rêve brisé» en 1953,…). Les commères en prendront bientôt leur parti puisque en 1954, sur les plateaux de «Le dernier pont», la blonde autrichienne rencontre l'amour en la personne de Horst Hächler, acteur et assistant, qui deviendra son premier époux (1957) et le père de leur fils Olivier (1962). Pour que la petite histoire ne nous fasse pas oublier la grande, empressons-nous d'ajouter que le film en question, dans lequel elle incarne une infirmière allemande enlevée par des partisans yougoslaves finissant par toucher sa sensibilité, lui vaut d'être mentionnée au tableau d'honneur du Festival de Cannes (1954).

Son personnage de femme forte confrontée à un destin implacable devient bien vite récurrent et c'est tout naturellement qu'elle endosse le costume de la lavandière «Gervaise» (1955) imaginée par Zola dans «L'assommoir». C'est au tour du Festival de Venise d'honorer notre vedette en lui offrant une coupe Volpi.

En 1958, Maria Schell s'apprête pour la soirée des oscars où «Gervaise» est en compétition pour la statuette du meilleur film étranger. Sa beauté illumine l'acteur Yul BrynnerYul Brynner qui parvient à la faire engager pour être sa partenaire dans «Les frères Karamazov» de Richard Brooks, un rôle convoité par Marilyn Monroe. À peine achevé le tournage de «Nuits blanches» de Luchino Visconti, dans lequel elle vient de donner la réplique à Marcello Mastroianni et qui sera couronné par les juges de la Mostra, l'actrice s'installe donc à Hollywood. C'est le début d'une courte aventure américaine où elle aura le plaisir, mêlant avec le même bonheur sourire et larmes, de côtoyer Gary Cooper («La colline des potences», 1959) et Glenn Ford («La ruée vers l'ouest», 1960).

En 1961, de retour sur le vieux continent, Maria Schell apparaît dans un film très controversé et difficile à revoir sur nos écrans, «The Mark», de Guy Green, en mère d'une fillette convoitée par un pédophile qui n'hésitera pas à la séduire dans l'espoir de parvenir à ses fins.

Mais les temps ont changé dont «La grande roue» (1961) ne cesse de tourner dans le même sens, apportant ses petites et grandes révolutions, y compris dans les domaines artistiques. La France offrira à Maria Schell ce qu'il est permis de considérer comme sa dernière grande composition lorsque, marquise à la tête d'une famille tirant «Le diable par la queue», (1968), elle donne une partie de son coeur à Yves Montand dans une comédie truculente de Philippe de Broca. D'aucuns y virent une nouvelle orientation dans l'itinéraire de la comédienne, mais la suite fut moins heureuse, atteignant sa périgée avec «L'amour dans les prisons des femmes» de l'infatigable Jesús Franco. Une paire de superproductions britannique («Le voyage des damnés», 1976) et américaine («Superman», 1978), lui permet de se retrouver sur le devant de l'écran, avant que Jacques Rouffio ne lui fasse symboliquement et tardivement passer le relai à celle qui lui a succédé dans le coeur des adorateurs des beautés germaniques, Romy SchneiderRomy Schneider («La passante du Sans-Souci», 1982).

Divorcée en 1965, Maria Schell épouse en secondes noces le réalisateur et producteur autrichien Veit Relin – dont elle aura une fille, Marie Theres (1966) – qui la dirigera dans «Die Pfarrhaukomödie» (1972), avant de divorcer à nouveau (1986). Se partageant essentiellement entre le théâtre et la télévision, elle est l'une des héroïnes de la série «Die glückliche Familie» (1987/1993), lorsque, dépressive et marquée par son rôle, elle tente de mettre fin à ses jours (1991). Au soir de son existence, elle se retire dans une propriété familiale de la campagne autrichienne où elle vit recluse et prisonnière de ses souvenirs. En 2002, son frère Maximilian nous fait découvrir sa solitude et ses errements psychologiques dans un documentaire qui fera beaucoup parler, «Meine Schwester, Maria».

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1948
DEN ENGEL MIT DER POSAUNE (L'ange à la trompette)
2
1948
MARESI, de Hans THIMIG
 
3
1950
ES KOMMT EIN TAG (C'est arrivé un jour)
4
1951
Dr.HOLL, de Rolf HANSEN
 
5
1951
SO LITTLE TIME (Je ne suis pas une héroïne)
6
1951
THE MAGIC BOX (La boite magique)
7
1952
BIS WIR INS WIEDERSEHN
8
1953
DER TRÄUMENDE MUND (Le rêve brisé), de Josef von BAKY
 
9
1953
SO LANGE DU DA BIST (Tant que tu m'aimeras)
10
1953
THE HEART OF THE MATTER
11
1954
DIE LETZTE BRÜCKE (Le dernier pont)
12
1954
NAPOLÉON
13
1955
DIE RATTEN (Les rats)
14
1955
GERVAISE
15
1956
LIEBE (Tant que mon coeur battra)
16
1956
ROSE BERND
17
1957
LE NOTTI BIANCHE (Nuits blanches)
18
1957
UNE VIE
19
1958
THE BROTHERS KARAMAZOV (Les frères Karamazov)
20
1958
DER SCHINDERHANNES (Le brigand au grand coeur)
21
1959
THE HANGING TREE (La colline des potences)
22
1959
RAUBFISCHER IN HELLAS/AS THE SEA RAGES, de Horst HÄCHLER
 
23
1960
CIMARRON (La ruée vers l'ouest)
24
1961
THE MARK
25
1961
DAS RIESENRAD (La valse de l'adieu)
26
1963
L'ASSASSIN CONNAIT LA MUSIQUE
27
1963
ZWEI WHISKY UND EIN SOFA
28
1968
LE DIABLE PAR LA QUEUE
29
1968
DER HEISE TOD/99 MUJERES (L'amour dans les prisons des femmes)
30
1969
IL TRONO DI FUOCO (Le trône de feu), de Jesus FRANCO
 
31
1972
DIE PFARRHAUSKOMÖDIE, de Veit RELIN
 
32
1974
THE ODESSA FILE (Le dossier Odessa)
33
1975
FOLIES BOURGEOISES
34
1976
VOYAGE OF THE DAMNED (Le voyage des damnés)
35
1978
SUPERMAN THE MOVIE
36
1978
DIE ERSTE POLKA, de Klaus EMMERICH
 
37
1984
KRÁL DROZDIA BRADA, de Miloslav LUTHER
 
38
1985
NINETEEN NINETEEN, de Hugh BRODY
 
Éd. 9.1.4 : 23-10-20198