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Lisette LANVIN (1913 / 2004)

Lisette Lanvin

Actrice française, née Elisabeth Etiennette Marie Caremil, le 3 septembre 1913, à Grasse (Alpes-Maritimes). Décédée le 27 juillet 2004, à Suresnes (Hauts-de-Seine).

Lisette Lanvin n'aura brillé qu'une décennie ; regrettons-le car elle était dotée de tous les atouts nécessaires à une grande carrière. Le visage radieux, de grands yeux bleu lavande : rien d'étonnant à ce qu'elle vit le jour à Grasse. Fille d'Auguste Caremil, chef de cuisine, et de Marie Ricord, elle ne connut pas son père, tombé au feu sous le ciel de Verdun.

Après des études effectuées à Cannes, elle monta à Paris avec le ferme désir de devenir comédienne. Patiente, elle exerça divers petits métiers : dactylo, vendeuse, standardiste dans une maison de couture, etc. Elle débuta cependant très vite puisque à 18 ans, Carl Lamac, producteur et cinéaste allemand, l'engagea pour sa version française de l'opérette «La chauve-souris» (1931) qu'il préparait pour son épouse, la très populaire Anny Ondra. Le film tourné en Hongrie, Lisette enchaîna sur place avec «Rouletabille aviateur» (1932), en fille d'un commissaire sauvée de la noyade par le célèbre journaliste-détective aux traits de Roland Toutain, le premier véritable casse-cou du cinéma français.

Lisette décrocha très rapidement ses premiers rôles féminins. Sensible, attachante, jolie, elle bénéficia très vite de la cote d'amour du public. Elle participa ainsi à l'un des tout premiers Maigret de l'écran, «Le chien jaune» (1932), réalisé par Jean Tarride qui accorda le rôle du célèbre commissaire divisionnaire à son père Abel, dans une adaptation qui n'enthousiasma guère Georges Simenon. Après un détour «Au Pays du Soleil» (1932) en compagnie d'Alibert, la jeune actrice, en fille de banquier, crut bientôt découvrir «Le secret d'une nuit» (1934) que sa mère partagerait avec un jeune employé (Albert Préjean).

La post-synchronisation n'étant pas encore au point, l'époque était aux coproductions internationales et la U.F.A. appela Lisette à rejoindre ses studios berlinois de Neubabelsberg pour «Les deux favoris» (1936) où elle s'y montre sous les costumes portés par Marika Rökk dans la version teutonne. En France, s'apprêtant à réaliser son premier film de long métrage, Marcel Carné lui permit de nous offrir la très belle composition d'une toute jeune fille attirée par l'amant de sa mère, «Jenny» (1936), tenancière d'une boîte de nuit. Son interprétation dans «Nitchevo» (1936) de Jacques de Baroncelli mérite aussi d'être mentionnée, de même que celle de la jeune épouse trompée par Charles Boyer dans «Orage» (1937) de Marc Allégret, sa rivale n'étant autre qu'une toute jeune et timide Michèle Morgan qui la citera dans son livre de souvenirs : "Tout au long d'un tournage difficile, Lisette vint à mon secours en étant compréhensive, adorable et en s'ingéniant à me remonter le moral". S'ensuivit «Une femme sans importance» (1937) d'après la pièce d'Oscar Wilde où, américaine puritaine, elle s'éprend néanmoins à la fois du jeune Gilbert Gil et de son père, Pierre Blanchar !

Lisette Lanvin respirait la douceur ; sa sensibilité et son talent lui permettaient d'être à l'aise aussi bien dans le drame que dans la comédie. C'est ainsi qu'elle encadra Raimu et Fernandel, deux garçons de café engagés dans la course annuelle de la Canebière, dans «Les rois du sport» (1937). Séduit à son tour, le maître Sacha Guitry en fit la petite amie d'un industriel pour «Les perles de la couronne» (1937) et sa Louisette de «Remontons les Champs-Elysées» (1938). Elle rejoignit ensuite son papa de cinéma (Charles Vanel) qui officiait dans les steppes prussiennes où il dut ajourner la résolution de ses soucis conjugaux pour faire face aux assauts de «La brigade sauvage» (1938).

Trois mois après la déclaration de la Seconde Guerre Mondiale, Lisette Lanvin convola en justes noces avec le lieutenant Guy Mortier, directeur commercial dans le civil, ses amis Jean-Pierre Aumont et Blanche Montel étant les témoins d'une union sans nuages de trente-trois années, à laquelle seul le décès de son mari put mettre un terme.

Après la guerre, l'actrice nous revint, peu inspirée, dans «Métiers de fous» (1948), une comédie d'André Hunebelle, et «La route inconnue» (1948) de Léon Poirier, retraçant le long chemin spirituel de Charles de Foucauld.

Lisette se produisit également au théâtre, notamment avec «La bête noire» (1933) de Steve Passeur (1934), «Avant le derby» de Somerset Maugham, «La prisonnière» d'Edouard Bourdet et «Dieu sauve le roi !» (1938) de Sacha Guitry pour une soirée de gala en l'honneur des souverains britanniques en visite à Paris.

Délicieux cocktail d'élégance et de fantaisie, Lisette Lanvin aurait dû, à l'instar d'une Danielle Darrieux, accomplir une brillante carrière. Que s'est-il donc passé qui l'en empêcha ? Si elle en détint la réponse, elle la garda pour elle. Longtemps retirée sur la côte varoise, puis dans la région parisienne, elle déclinait tout interview, ayant définitivement refermé le couvercle de la boîte de ses souvenirs artistiques.

Yvan Foucart

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11932HÔTEL DES ETUDIANTS
21932T'AMERO SEMPRE/JE VOUS AIMERAI TOUJOURS [ Version française ]
31933PAS BESOIN D'ARGENT
41934JEUNESSE
51935LA COQUELUCHE DE CES DAMES
61935LE CHANT DE L'AMOUR
71936HEISSES BLUT/LES DEUX FAVORIS [ Version française ]
81935ROSE
91936JENNY
101937UNE FEMME SANS IMPORTANCE
111937LES PERLES DE LA COURONNE
121937LES ROIS DU SPORT
131937ORAGE
141938REMONTONS LES CHAMPS-ELYSEES
151948METIER DE FOUS
161948LA ROUTE INCONNUE
L'Encinémathèque
Ed.7.2.1 : 18-6-2015