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James DONALD (1917 / 1993)

James Donald

Acteur britannique, né le 13 mai 1917 à Aberdeen (Ecosse). Décédé le 3 août 1993, à Tytherley (Wiltshire, Angleterre).

Quatrième fils d'un ecclésiastique presbytérien, James Donald perd sa maman alors qu'il est à peine âgé de 18 mois. Elevé par sa grand mère, il termine sa scolarité aux universités de McGill de Montréal, puis d'Edimbourg (Ecosse), étant sujet, dès cette époque, à de graves difficultés respiratoires. Il ambitionne de devenir professeur de littérature lorsqu'il a l'occasion d'assister à une représentation de «The Late Christopher Bean» dans sa distribution originale, à savoir Cedric Hardwicke et Edith Evans. Subjugué par le jeu des comédiens, il sait désormais vers quelle voie tourner ses regards.

Il délivre ses premiers mots sur scène en campant un révolutionnaire fançais dans «The Scarlet Pimpernel» sans toutefois parvenir à faire se une place sous la lumière des rampes écossaises. Il s'installe alors à Londres (1936) où il obtient le droit de suivre un cursus d'art dramatique au London Theater Studio. Il lui faudra attendre quelques années avant que l'acteur et dramaturge Noel Coward ne lui fasse confiance («Noel Coward's Present Laughter» et «The Happy Bread» en 1943). La Seconde Guerre Mondiale bat son plein, mais ses problèmes d'asthme retardent sa mobilisation. Les autorités militaires finissent pourtant à se rappeler à son bon souvenir, lui octroyant une formation tardive de typiste avant de l'enrôler dans les services du code du British Intelligence Service, lorsque l'Armistice est signé.

Maintenu sous les drapeaux, il parvient néanmoins à mener parallèlement une carrière de comédien sur les scènes londoniennes, une activité théâtrale qui sera le fil rouge de son parcours professionnel (on le vit notamment dans une adaptation anglaise de «L'aigle à deux têtes» en 1947).

En 1942, James Donald apparaît sur les écrans britanniques, déjà grâce à l'influence de Noel Coward. Son personnage de médecin militaire sur un navire de Sa Gracieuse Majesté dans «In Which We Serve/Ceux qui servent en mer» donne le ton : il y apparaît décontracté et sympathique, pour la circonstance un tantinet désoeuvré, dans cette oeuvre quasi-documentaire co-réalisé par David Lean. L'habit faisant le toubib, James Donald sera médecin à deux autres occasions dans des oeuvres n'ayant pas traversé la Manche de leur temps, «Cage of Gold» en 1950 et «White Corridors» en 1951.

Le costume d'officier lui seyant tout autant, il l'endossera dès lors à de nombreuses reprises : «San Demetrio London/Le navire en feu» (1943), «Gift Horse/Commando sur Saint-Nazaire» (1952), «L'ombre d'un géant» en 1966, et surtout pour les personnages qui lui auront permis d'acquérir une notoriété internationale, le Major Clipton du «Pont de la rivière Kwai» (1957) et le Colonel Ramsey de «La grande évasion». Redevenu simple soldat, il combattra en terre africaine dans «The Way Ahead/L'héroïque parade» (1944) avant de débarquer sur le sol de la mère patrie (!) dans le très curieux «Went the Day Well ?/48 heures» d'Alberto Cavalcanti (1942) où, sous le faux uniforme britannique d'un caporal allemand, il intègre un commando infiltré clandestinement dans la campagne anglaise avec des intentions pas très presbytériennes.

Le réalisateur Michael Powell – censé l'avoir distribué dans «Un de nos avions a disparu» (1942) sans qu'il nous ait été possible de l'identifier – soulignera son intelligence, une qualité qui, selon lui, sera la cause de son absence, malgré un essai très probant, au générique de «Gone To Earth» (1950) que David O.Selznick s'apprête à financer pour son éblouissante Jennifer Jones : il aurait pu faire de l'ombre au soleil himself ! L'acteur signera néanmoins aux bas des livres comptables de quelques grosses productions américaines, souvent tournées en Europe, et l'on est étonné de le retrouver vêtu de peaux de bêtes dans «Les vikings». (1958). Notre surprise n'aura d'égale que celle de le reconnaître sous des dehors aristocratiques dans «Le beau Brummel» (1954), même si on lui a déja vu pareil accoutrement («The Pickwick Papers», 1952). Sa partition la plus remarquable sous les capitaux de l'Uncle Sam demeure néanmoins son incarnation de Théo Van Gogh, frère du peintre et témoin de «La vie passionnée de Vincent Van Gogh» (1956) à laquelle il ne pourra éviter la conclusion que l'on sait.

Après avoir participé à quelques évasions moins importantes que la précédente («King Rat» en 1965, «Hannibal Brooks/L'extraordinaire évasion» en 1969), James Donald, diminué par une santé déclinante, prendra ses distances avec le métier pour finir ses jours comme viticulteur dans la campagne ensoleillée du Wiltshire britannique où la Camarde, soucieuse de s'entourer de talents ignorés, viendra le retirer des bras de son épouse, la charmante Ann, et de son beau fils sous le prétexte fallacieux d'un cancer à l'estomac.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11942IN WHICH WE SERVE (Ceux qui servent en mer)
21942WENT THE DAY WELL? (48 heures)
31943SAN DEMETRIO LONDON (Le navire en feu)
41944THE WAY AHEAD (L'héroïque parade)
51949TROTTIE TRUE , de Brian Desmond HURST 
61950CAGE OF GOLD
71951WHITE CORRIDORS , de Pat JACKSON 
81952BRANDY FOR THE PARSON , de John ELDRIDGE 
91952GIFT HORSE (Commando sur Saint-Nazaire)
101952THE PICKWICK PAPERS , de Noel LANGLEY 
111954BEAU BRUMMELL (Le beau Brummell)
121956LUST FOR LIFE (La vie passionnée de Vincent Van Gogh)
131957THE BRIDGE ON THE RIVER KWAI (Le pont de la rivière Kwaï)
141958THE VIKINGS (Les vikings)
151959THIRD MAN ON THE MOUNTAIN (Le troisième homme sur la montagne) , de Ken ANNAKIN 
161963THE GREAT ESCAPE (La grande évasion)
171967THE JOKERS (Scotland Yard au parfum) , de Michael WINNER 
181967QUATERMASS AND THE PIT (Les monstres de l'espace)
191969HANNIBAL BROOKS (L'extraordinaire évasion) , de Michael WINNER 
L'Encinémathèque
Ed.7.2.1 : 1-7-2015