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Elisha COOK Jr (1903 / 1995)

Elisha Cook Jr

Acteur américain, né Elisha Vanslyck Cook Jr, le 26 décembre 1903, à San Francisco (Californie). Décédé le 13 juillet 1995, à Big Pine (Californie).

Elisha Cook Jr, le plus fameux freluquet du cinéma américain, a lui-même donné la meilleure définition de son emploi : “J'ai joué des minables, des souteneurs, des mouchards, des alcooliques et des communistes (!). Je ne lisais pas les scripts, on me disait juste de venir bosser le lendemain." Sur ces bases simples, il construisit à partir de 1936 une filmographie pléthorique de 150 rôles, tant au cinéma qu'à la télévision, en un demi-siècle de présence assidue à l'écran.

Issu d'une famille de comédiens, il suit un cours d'art dramatique à Chicago et fait ses débuts sur scène à 14 ans ; pendant vingt ans, il ne quitte pas les planches, travaillant même à plusieurs reprises avec la grande Ethel Barrymore, sans parler de sa participation au succès de «Her Unborn Child» (1930) – aussitôt porté à l'écran – et de «Ah, Wilderness !» (1933) d'Eugene O'Neill qui triomphe à Broadway pendant deux ans. Curieusement, la célébrité venue, il refusera toutes les propositions théâtrales, considérant qu'il était avant tout un acteur de cinéma spécialisé dans les petits rôles, ce qui lui permettait, le tournage achevé, de repartir pêcher la truite dans son repaire de la Sierra Nevada !

Poids plume, il joue un jockey dans «Two in a Crowd» (1936) et chausse des lunettes rondes qui accentuent son air ahuri dans «Pigskin Parade» (1936), «L'amour en première page» (1937) ou «Charmante famille» (1937), une comédie loufoque d'un Otto Preminger débutant. «Stranger on the 3rd Floor» (1940), où il est accusé à tort de meurtre, oriente sa carrière naissante vers le polar. La consécration lui vient d'un second rôle remarqué dans «Le faucon maltais» (1941) de John Huston : chargé par son ventripotent patron (Sydney Greenstreet, sa parfaite antithèse !) de filer Bogart, Wilmer, porte-flingue malingre et parfumé, ne fait pas le poids mais son talent s'impose enfin à tous. La même année, il participe à trois autres classiques, «Sergent York» (1941) et «Boule de feu» (1941) de Howard Hawks ainsi qu'au délirant «Hellzapoppin» (1941) : scénariste binoclard, il imagine les aventures loufoques d'Olsen et Johnson pour finir, au dernier plan, transformé en tonneau percé de toutes parts !

Très vite, “Cookie” devient une figure familière du film noir et collectionne les morts violentes, comme il aimait à le rappeler. Bad boy poignardé par son pote Lawrence Tierney dans «Né pour tuer» (1947) de Robert Wise, étranglé par Franchot Tone dans «Les mains qui tuent» (1944) de Robert Siodmak, il connaîtra plus souvent qu'à son tour la mort par balle, au détour de polars célèbres nommés «Dillinger» (1945), «The Gangster» (1947), «L'ennemi public» (1957) ou «Hold-Up» (1957). Lorsqu'il file de nouveau Bogart, dans «Le grand sommeil» (1946) de Hawks, cela ne lui porte pas chance puisqu'il meurt empoisonné ! Il joue les durs face à Laurel et Hardy dans «Fantômes déchaînés» (1942) où il apparaît grimé en vieille dame tout en cachant un flingue sous son tricot. Dans «Troublez-moi ce soir» (1952), il a toutes les peines du monde à surveiller sa nièce névrosée, une certaine Marilyn Monroe qui finit par l'assommer… Sa meilleure performance, selon ses propres mots, il la doit à «L'ultime razzia» (1956) de Stanley Kubrick : époux trompé et soumis d'une belle garce, la pulpeuse Marie Windsor, il trahit ses complices et fait capoter le casse mitonné par Sterling Hayden.

«L'homme des vallées perdues» (1953), où un Jack Palance ricanant le descend dans la gadoue, lui donne le goût du western. Il enchaîne sur d'autres classiques où il ne sera jamais à l'abri d'un tabassage en règle : «L'aigle solitaire» (1954), «La rivière de nos amours» (1955), «La chevauchée des bannis» (1959), «La vengeance aux deux visages» (1961) et plus tard «Pat Garrett et Billy le Kid» (1973) de Sam Peckinpah. Dans le registre fantastique, il fréquente le maléfique Vincent Price chez les petits maîtres que sont William Castle («La nuit de tous les mystères», 1958) ou Roger Corman («La malédiction d'Arkham», 1963) avant de louer à Mia Farrow et John Cassavetes l'appartement démoniaque de «Rosemary's Baby» (1967).

Dans «La légende de Jesse James» (1972), il paraît encore en employé de banque timoré bien qu'il ait près de 70 ans. Robert Aldrich, pour «L'empereur du nord» (1973), se souvient de son efficace présence, sans parler des séries télévisées populaires où il apparaît fréquemment, des «Mystères de l'Ouest» à «Magnum». C'est l'époque où, en hommage aux films légendaires où il parut, de jeunes cinéastes font appel à lui, comme John Flynn pour «Echec à l'organisation» (1973) ou William Wiard pour «Tom Horn» (1979). Il retrouve même le rôle de Wilmer Cook dans «The Black Bird» (1975), une suite du fameux film de John Huston, et la boucle est bouclée lorsque Steven Spielberg lui réserve une apparition dans «1941» (1980), dont le titre évoque justement l'année de son premier grand succès, quand Wim Wenders lui donne son dernier rôle dans «Hammett» (1982), une biographie de l'auteur du «Faucon maltais».

Elisha Cook Jr se maria à deux reprises, avec Mary Lou Cook (1929/1942) puis Peggy McKenna qu'il épousa en 1943.

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11930HER UNBORN CHILD , de Albert RAY 
21936TWO IN A CROWD , de Alfred E.GREEN 
31936PIGSKIN PARADE
41936LOVE IS NEWS (L'amour en première page)
51937DANGER-LOVE AT WORK (Charmante famille)
61938NEWSBOYS' HOME
71940HE MARRIED HIS WIFE
81940STRANGER ON THE THIRD FLOOR
91940TIN PAN ALLEY
101941MAN AT LARGE , de Eugene FORDE 
111941THE MALTESE FALCON (Le faucon maltais)
121941I WAKE UP SCREAMING/HOT SPOT
131941HELLZAPOPPIN
141941A GENTLEMAN AT HEART , de Ray McCAREY 
151942A-HAUNTING WE WILL GO (Fantômes déchaînés)
161944PHANTOM LADY (Les mains qui tuent)
171944UP IN ARMS (Un fou s'en va-t-en guerre)
181944DARK MOUNTAIN , de William BERKE 
191944DARK WATERS , de Andre de TOTH 
201946THE BIG SLEEP (Le grand sommeil)
211947BORN TO KILL (Né pour tuer)
221947THE GANGSTER
231948FLAXY MARTIN , de Richard BARE 
241949THE GREAT GATSBY (Le prix du silence)
251952DON'T BOTHER TO KNOCK (Troublez-moi ce soir)
261953SHANE (L'homme des vallées perdues)
271953THUNDER OVER THE PLAINS (La trahison du capitaine Porter)
281954OUTLAW's DAUGHTER , de Wesley BARRY 
291955THE INDIAN FIGHTER (La rivière de nos amours)
301956THE KILLING (L'ultime razzia)
311956VOODOO ISLAND , de Reginald Le BORG 
321957CHICAGO CONFIDENTIAL
331957PLUNDER ROAD (Hold-Up)
341957BABY FACE NELSON (L'ennemi public)
351958HOUSE ON HAUNTED HILL (La nuit de tous les mystères)
361959DAY OF THE OUTLAW (La chevauchée des bannis)
371963THE BLACK ZOO (Les fauves meurtriers)
381973ELECTRA GLIDE IN BLUE
391976ST.IVES (Monsieur Saint-Yves)
401980CARNY , de Robert KAYLOR 
L'Encinémathèque
Ed.7.2.2 : 26-9-2016