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Vincent LINDON (1959)

Vincent Lindon

Acteur français, né le 15 juillet 1959, à Boulogne-Billancourt (Seine/Hauts-de-Seine, France).

Neveu de l'éditeur Jérôme Lindon, fondateur des éditions de minuit et révélateur de Samuel Beckett. Vincent Lindon est le fruit des amours de la journaliste Alix Dufaure, officiant à "Marie-Claire", et de Laurent Lindon, créateur de l'entreprise des auto-radios Audioline. D'une parentèle riche de notables et de bourgeois, il est également le petit-neveu au énième degré du constructeur d'automobiles André Citroën.

En 1964, ses parents divorcent, occasionnant chez l'enfant ces troubles que l'on nomme aujourd'hui "obsessionnels compulsifs”. Très occupée, aérienne pour ne pas dire volatile, sa mère ne tarde pas à se remarier avec le journaliste Pierre Bénichou qui devient ainsi, par voie de conséquence, le beau-père du futur acteur. De son père, celui-ci parlera moins, tout en laissant transparaître un grand amour et une profonde admiration.

De nourrice en nourrice, délaissé par des parents trop impliqués dans leurs vies professionnelles, le garçonnet traverse une enfance malheureuse dans une cage dorée où l'ennui le dispute à la rage. Il se découvre des talents solitaires, comme cette excellente pratique du skateboard dont il garde, aujourd'hui cinquanteniare, toujours de beaux restes.

Le baccaluréat en poche, Vincent émigre aux États-Unis chez l'oncle Jérôme. Il suit les cours des universités de New York et de Boston tout en "faisant de la musique". En 1981, de retour en France, il se retrouve régisseur sur une tournée de Coluche avant que sa mère ne lui obtienne un stage d'aide-costumier sur le tournage du fil d'Alain Resnais, «Mon oncle d'Amérique». Sous le charme de Gérard Depardieu, il décide, après une courte expérience journalistique au "Matin", de rejoindre le cours Florent, sous l'enseignement de Francis Huster, pour tenter une aventure artistique.

En 1983, recommandé par Huster, il fait discrètement ses débuts cinématographiques dans «Le faucon» de Paul Boujenah. De film en film, les rôles s'allongent («L'addition» de Denis Amar en 1984, «Parole de flic» avec Delon en 1985, «Yiddish Connection» de Paul Boujenah en 1986, etc). En 1987, il fait sa première montée des marches cannoises au sein de l'équipe du film de Diane Kurys, «Un homme amoureux». Mais n'allez pas croire que les choses allèrent vite : Vincent est un avance-petit, un homme suffisamment pressé pour choisir de grimper lentement. Il reviendra bien plus tard au Festival, ovationné aux côtés d'un Alain Cavalier l'ayant filmé et dirigé dans «Pater» (2011), avant d'y connaître la joie suprême d'une palme de la meilleure interprétation pour sa performance dans «La loi du marché» (2015).

L'année 1988 marque une étape importante dans sa carrière et «Quelques jours avec moi» de Claude Sautet, puis «L'étudiante» avec Sophie Marceau l'installent dans la continuïté. Lelouch confirme la promesse avec «Il y a des jours et des lunes» (1990), «La belle histoire» (1991) et «Tout ça… pour ça !» (1993), tandis que «L'irrésolu», qui marque sa rencontre cinématographique avec Sandrine Kiberlain, semble avoir été imaginé pour lui.

Longtemps sur la réserve, il lui faudra approcher la quarantaine, poser sa voie et voir ses rides bien creusées pour accéder aux "… héros des temps modernes" : «Fred» (1996) et «Ma petite entreprise» (1998) de Pierre Jolivet, «Le septième ciel» (1997), «L'école de la chair» (1998) et «Pas de scandale» (1999) de Benoît Jacquot (Vincent Lindon est un acteur de “familles”). La décennie suivante ne sera pas plus dédaigneuse et «Le coût de la vie» (2003), «Je crois que je l'aime» (2006) ou «Mademoiselle Chambon» (2009) ne déparent pas à son tableau de titres.

Rare au petit écran, on aura pu néanmoins l'apprécier dans quelques téléfilms («L'île de la jeune fille bleue» et «Saute, ma puce» en 1984, «Une vie comme je veux» en 1985).

Acteur bourgeois, il décèle dans ses personnages d'hommes simples comme une revanche du père, cet homme longtemps considéré comme le "manuel" de la famille Lindon. Affublé de tics, il les perd dès que la caméra se met à ronronner : dans «Pater», tourné dans son propre appartement, il les subit sans contrôle quand il est lui-même tandis qu'ils disparaissent aussitôt qu'il compose son personnage de ministre !

Ouvert à l'homme de la rue avec lequel il s'entretient volontiers dans les bars du soir, il n'aime pas parler de son métier ni de ses films. Acteur écorché, angoissé, nostalgique, il ne professe pas une bien grande opinion de lui même. Bavard tout autant que discret, il ne cite pas les noms pourtant connus de ses grandes amours (Claude Chirac, Caroline de Monaco, Chiara Mastroianni qui ne fera pas pour autant de Catherine Deneuve sa «Belle maman», etc), préférant évoquer les femmes en général. Père d'un petit Marcel (1997) né d'une liaison feutrée, il fut l'époux de Sandrine Kiberlain (1998/2003) qui lui donna une fille, Suzanne (2000).

"Je ne suis pas quelqu'un dont on pourra dire : il y a eu avant Lindon, puis après Lindon. Donc, en fait, c'est une vie d'artiste qui ne sert pas à grand chose".

Vincent Lindon ? un acteur en déséquilibre…

Christian Grenier

Sources : «Vincent Lindon: Revolvers» de Thierry Demaizière, Alban Teurlai (2012), documentaire dans lequel il ne nous dit pas grand chose sur lui tout en en nous apprenant beaucoup.

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1984
L'ADDITION
2
1985
PAROLE DE FLIC
3
1986
YIDDISH CONNECTION
4
1986
DERNIER ÉTÉ À TANGER
5
1988
QUELQUES JOURS AVEC MOI
6
1988
L'ETUDIANTE
7
1989
LA BAULE-LES PINS
8
1990
IL Y A DES JOURS ET DES LUNES...
9
1990
GASPARD ET ROBINSON
10
1990
NETCHAÏEV EST DE RETOUR
11
1991
LA BELLE HISTOIRE
12
1992
LA CRISE
13
1993
TOUT ÇA… POUR ÇA!
14
1993
L'IRRESOLU
15
1995
VITE STROZZATE (Le jour du chien)
16
1996
LES VICTIMES
17
1996
FRED
18
1997
LE SEPTIEME CIEL
19
1998
PAPARAZZI
20
1998
BELLE MAMAN
21
1998
MA PETITE ENTREPRISE
22
1999
PAS DE SCANDALE
23
2000
MERCREDI, FOLLE JOURNÉE!
24
2001
CHAOS
25
2001
LE FRERE DU GUERRIER
26
2001
VENDREDI SOIR
27
2003
LE COÛT DE LA VIE
28
2004
LA CONFIANCE REGNE, d'Etienne CHATILIEZ
 
29
2005
LA MOUSTACHE, d'Emmanuel CARRERE
 
30
2005
L'AVION, de Cédric KAHN
 
31
2006
JE CROIS QUE JE L'AIME
32
2007
CEUX QUI RESTENT, d'Anne Le NY
 
33
2008
MES AMIS, MES AMOURS, de Lorraine LEVY
 
34
2008
POUR ELLE, de Fred CAVAYE
 
35
2008
WELCOME, de Philippe LIORET
 
36
2009
MADEMOISELLE CHAMBON
37
2011
LA PERMISSION DE MINUIT, de Delphine GLEIZE
 
38
2011
PATER, d'Alain CAVALIER
 
39
2011
TOUTES NOS ENVIES, de Philippe LIORET
 
40
2012
QUELQUES HEURES DE PRINTEMPS, de Stéphane BRIZÉ
 
41
2012
AUGUSTINE, d'Alice WINOCOUR
 
42
2013
LES SALAUDS, de Claire DENIS
 
43
2013
MEA CULPA, de Fred CAVAYE
 
44
2015
JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE, de Benoît JACQUOT
 
45
2015
LA LOI DU MARCHÉ, de Stéphane BRIZÉ
 
46
2015
LES CHEVALIERS BLANCS, de Joachim LAFOSSE
 
47
2017
RODIN, de Jacques DOILLON
 
48
2017
L'APPARITION, de Xavier GIANNOLI
 
49
2018
EN GUERRE, de Stéphane BRIZÉ
 
50
2019
DERNIER AMOUR, de Benoît JACQUOT
 
Éd. 9.1.4 : 7-11-2019