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Doris DURANTI (1917 / 1998)

Doris Duranti

Actrice italienne, née le 25 avril 1917, à Livourne (Toscane, Italie). Décédée le 10 mars 1995, à La Romana (République Dominicaine).

Fille d'un anarchiste et antifasciste convaincu, Doris Duranti se montre très jeune difficilement domptable. À 17 ans, elle fait une fugue et commence une collection d'amants qui ne cessera que tardivement. Parmi eux, le comédien Nino Besozzi l'encourage à tenter sa chance à l'écran. Revenue à de meilleurs sentiments familiaux, c'est en compagnie de sa mère qu'elle s'installe à Rome pour tenter de concrétiser ce rêve.

Prise en charge par l'agent Eugenio Fontana qui la met en relation avec le monde des affaires cinématographiques, elle débute à l'écran dès 1935. Après quelques figurations plus ou moins importantes, elle intègre un petit groupe de touristes perdus dans le désert africain et bientôt protégés par «L'escadron blanc» placé sous le commandement d'Augusto Genina (1936). Enduite de cire, elle joue les Abyssiniennes dans «Sentinelle di bronze» (1937) et c'est parée de ses plus beaux atours qu'elle incarne une créature exotique dans «Sotto la croce del Sud» (1938). Son faciès “oriental” – front large et bombé, orbites étirées – la prédisposant à jouer les femmes mystérieuses, intrigantes et bien souvent fatales, elle devient une star du cinéma italien de la période dite des "téléphones blancs" (1937/1941).

Au fil des ans, son prestige se renforce et, durant un certain temps, elle entretient une liaison qui favorise sa carrière avec Armando Leoni, membre influent de la firme cinématographique Scalera et propriétaire d’une importante chaîne de salles de cinéma. Elle est l’interprète de, notamment, «Cavalleria rusticana» (1939), «Il cavaliere di Kruja» (1940), «La figlia del corsaro verde» (1940), «Il re se diverte» (1940), «La contessa Castiglione» (1942), «Calafuria» (1943), «Resurrezione» (1943),…

Elle tient sans doute un de ses meilleurs rôles dans «Carmela» (1942), dans lequel elle dévoile fièrement sa poitrine. Durant le tournage de ce film, elle rencontre Alessandro Pavolini, Ministre de la Culture Populaire de 1939 à 1943, qui ne tarde pas à devenir son amant.

Alors que l’Italie se transforme bientôt en champ de bataille, elle finit par se retrouver dans le Nord du pays, où le gouvernement de la République fasciste de Salo s’est installé et où elle tourne «Rosalba» (1944) qui, semble-t-il, ne fait l’objet d’aucune projection publique. Elle y retrouve aussi Alessandro Pavolini, devenu un des leaders du tout neuf Parti Fasciste Républicain, formé en novembre 1943. À la mi-avril 1945, celui-ci, qui finira sous les balles des partisans le 28 du même mois, arrive à faire passer sa maîtresse en Suisse où elle prend la précaution de contracter un mariage afin de ne pas y être inquitée.

Alors que l’ère mussolinienne prend définitivement fin, il est plus prudent pour une actrice aussi compromise que Doris Duranti de prendre un plus grand large. Elle s’exile alors en Amérique du Sud où elle s'offre une paire d'incursions dans le septième art local. À Saint-Domingue, elle se rapproche du dictateur Rafael Trujillo au point qu'une liaison “sentimentale” ne semblera pas impossible.

Quelques années plus tard, estimant qu’elle peut rentrer sans danger au pays natal, elle renoue avec le cinéma italien en incarnant, avec une sensualité toujours aussi affirmée, une femme infidèle dans «Il voto» (1950), son personnage de Carmela la reliant à l'évidence avec le titre qui fit sa gloire. Jusqu’en 1954, elle figurera encore au générique de plusieurs autres films, parmi lesquels «Clandestino a Trieste» (1951), «Tragico ritorno» (1952), «La muta di Portici» (1952),… Pour la seule année 1952, elle apparut une demi-douzaine fois sur les écrans transalpins sans que cela ne choqua quiconque. Parmi ces titres, elle apparaît sous son vrai nom dans la production franco-italienne de Jean Delannoy, «La minute de vérité».

Dans sa biographie sulfureuse publiée en 1987, elle fera part de ses regrets de n'avoir pas répondu favorablement à la proposition que lui fit, en ce temps-là, le producteur américain Sam Zimbalist de le suivre en Amérique. Car l’époque où elle était une des reines incontestées de Cinecittà est révolue et une nouvelle génération de vedettes féminines tient désormais le haut du pavé. Doris Duranti repart alors à l’étranger et s’installe à Saint Domingue, emportant dans ses bagages le journaliste de télévision Mario Ferretti. Pas simplement pour la route, puisqu'ils ouvriront ensemble un restaurant au nom empreint de nostalgie, "Vecchia Roma".

En 1975, elle effectuera un dernier retour devant les caméras en tenant un second rôle dans la production italienne «Divina creatura».

Marlène Pilaete, Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1936
LO SQUADRONE BIANCO (L'escadron blanc)
2
1937
SENTINELLE DI BRONZO
3
1938
SOTTO LA CROCE DEL SUD
4
1939
DIAMANTI
5
1939
CAVALLERIA RUSTICANA
6
1940
E SBARCATO UN MARINAIO
7
1940
IL CAVALIERE DI KRUJA
8
1940
LA FIGLIA DEL CORSARO VERDE (La fille du corsaire)
9
1942
CAPITAN TEMPESTA (Capitaine Tempête)
10
1942
TRAGICA NOTTE
11
1942
IL LEONE DI DAMASCO (Le lion de Damas)
12
1942
LA CONTESSA CASTIGLIONE
13
1942
CARMELA
14
1943
CALAFURIA
15
1944
NESSUNO TORNA INDIETRO
16
1950
ESTRELA DA MANHÃ, de JONALD
 
17
1951
CLANDESTINO A TRIESTE
18
1952
TRAGICO RITORNO
19
1952
A FIL DI SPADA (Au fil de l'épée)
20
1952
LA MINUTE DE VÉRITÉ
21
1975
DIVINA CREATURA (Divine créature)
Éd. 9.1.4 : 19-11-2019