La bibliothèque de L'Encinématheque

Valerie HOBSON (1917 / 1998)

Valerie Hobson

Actrice britannique, née le 14 avril 1917, à Larne (Irlande). Décédée le 13 novembre 1998, à Londres (Angleterre).

Fille d'un officier de marine de Sa Gracieuse Majesté, la jeune Valerie dirige ses tous premiers pas vers la danse classique. Mais le théâtre eut raison de ses jeunes ambitions, lui permettant en outre d'attirer l'attention d'un talent scout de la Universal et de décrocher, à 16 ans un contrat cinématographique inespéré.

Ses premières apparitions sur les écrans nationaux, en vedette dès son troisième film, durent être suffisamment convaincantes (…, «Badger's Green» en 1934) pour que la compagnie l'envoie en Amérique rejoindre quelques uns de ses compatriotes qui l'y ont précédée (Leslie Howard, Claude Rains, Charles Aubrey Smith, etc). C'est ainsi qu'à 17 ans, notre jouvencelle débarque à Hollywood, vivant un conte de fées à faire pâlir nombre demoiselles encore aujourd'hui ! Hélas, sa première contribution au cinéma d'outre-Atlantique devait finir à la poubelle, les scènes où elle figurait dans «Great Expectations» ayant été coupées au montage.

La Universal spécialisée dans les films mystérieux et fantastiques, c'est dans ce genre que notre demoiselle ne tarde pourtant pas à se faire remarquer. Ainsi en est-il de «Mystery of Edwin Drood» (1934) où ce vilain Claude Rains lui crée beaucoup d'ennuis. Enfin, premier pas vers la célébrité, la jolie Valerie se voit offrir l'opportunité de remplacer Mae Clarke, un temps espérée, dans le deuxième volet consacré au monstre imaginé par Mary Shelley : «La fiancée de Frankenstein» (James Whale, 1935), c'est elle, si l'on veut bien considérer que seul le baron savant porte ce nom, et non pas son horrible créature.

Tombée de Charybde en Scylla, on la retrouve peu après entre les pattes d'un autre phénomène plus ou moins naturel, «The Werewolf of London/Le monstre de Londres», en l'occurence son époux lycanthrope s'apprêtant à la consommer à la sauce rouge sang. S'ensuivirent quelques travaux de moindre importance («Chinatown Squad» en 1935, «Tugboat Princess» en 1936) qui firent ressurgir en elle le désir de (re)tourner sous les cieux plus certains, bien que davantage embrumés, de la mère patrie. C'est pour mieux y retomber entre les mains d'un Yankee déjà bien reconnu, Raoul Walsh, qui, de passage à Londres, la fait accuser de meutre dans «When Thief Meet Thief» (1937).

A 19 ans, Valerie Hobson devient alors l'une des actrices en vogue du cinéma britannique – appauvri il est vrai par l'appel des rondelles sonnantes de l'Oncle Sam  – que les meilleurs réalisateurs sauront utiliser à bon escient : Zoltan Korda qui en fait la partenaire du jeune Sabu à peine descendu de son éléphant dans «Alerte aux Indes» (1938), Michael Powell qui laisse croire à ce méchant teuton de Conrad Veidt, alias «L'espion noir» (1938), que la belle roule pour la Germanie, avant d'inverser leurs rôles dans «Contraband/Espionne à bord» (1940). La guerre venue, partisane tchèque, elle seconde «L'irrésistible Tartu» (1943) dans ses actions de sabotage contre l'ennemi moustachu.

Devenu l'épouse du producteur Anthon Havelock-Allan en 1939, Valerie Hobson interromp sa carrière entre 1943 et 1946, pour s'occuper de leur premier enfant, Simon (1944), affecté du syndrome de Down (“mongolisme”). Après la naissance de leur second fils, Mark (1951), le couple devait finir par divorcer (1952).

L'actrice réapparaît sur les écrans en 1946 dans une oeuvre purement britannique de Compton Bennet, «The Years Between», narrant l'histoire d'une jeune veuve s'apprêtant à convoler en secondes noces avant que son défunt époux ne fasse une réapparition inattendue. Peu après, nul doute qu'elle sut apprécier l'ironie du destin lorsque David Lean, alors encore trentenaire, lui proposa d'incarner l'Estella adulte des «Grandes espérances» (1946), rôle qui devait constituer son titre de gloire.

Mystérieuse, troublante, élancée, le port aristocratique, Valerie Hobson illumine de toute la hauteur de son regard majestueux ce fleuron de l'humour noir britannique que constitue «Noblesse oblige» (1949) : veuve de l'une des huit victimes campées par Alec Guinness, c'est elle qui attend notre tueur en série devant la prison dont il eut put sortir définitivement si cet imbécile n'avait oublié ses mémoires dans la cellule où il les avait écrits alors qu'il se pensait condamné !

Après avoir donné dans le drame passionnel sous le masque de «Blanche Fury (Jusqu'à ce que mort s'en suive)» et les caméras technicolor de Marc Allégret, l'actrice se confiera à nouveau, dans son dernier film, aux bons soins d'un réalisateur français, René Clément, venu tourner, aux dissonances de Big Ben, les aventures sentimentales d'un bourreau des coeurs. «Monsieur Ripois» (1953), au visage faussement angélique de Gérard Philippe, n'en demeure pas moins un aventurier des boudoirs au parcours pour le moins chaotique.

En 1954, Valerie Hobson met un terme à sa carrière cinématographique pour épouser un membre du parlement britannique, John Profumo, dont elle aura un fils, David (1955). On reparlera d'elle en 1963 lorsque son conjoint sera placé au centre d'un scandale aux parfums d'espionnage et d'adultère, partageant sa maîtresse, Christine Keeler, avec un attaché de l'ambassade soviétique en poste dans la capitale. L'épouse bafouée n'en soutiendra pas moins son mari volage jusqu'à ce que mort s'ensuive, ce qui adviendra en 1998, lorque son coeur si souvent chahuté ne résistera pas à une dernière crise.

Christian Grenier

Cliquez sur les iconespour accéder aux illustrations.

Cliquez sur les iconespour accéder à la fiche technique du film.

Cliquez sur les mots soulignés de la fiche technique pour faire apparaître les illustrations.

Cliquez sur la fiche technique pour la faire disparaître.

English translation

Click on the iconsto reveal the pictures.

Click on the iconsto reach the data sheet of the film.

Click on the words underlined of the data sheet to reveal the pictures.

Click on the data sheet to remove.

Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11934BADGER's GREEN , de Adrian BRUNEL 
21934LIFE RETURNS , de Eugene FRENKE 
31934MYSTERY OF EDWIN DROOD
41935THE BRIDE OF FRANKENSTEIN (La fiancée de Frankenstein)
51935WEREWOLF OF LONDON (Le monstre de Londres)
61935CHINATOWN SQUAD
71935THE GREAT IMPERSONATION , de Alan CROSLAND 
81935AUGUST WEEKEND , de Charles LAMONT 
91936THE SECRET OF STAMBOUL (Le secret de Stamboul) , de Andrew MARTON 
101937JUMP FOR GLORY/WHEN THIEF MEETS THIEFS (Les deux aventuriers)
111938THE DRUM (Alerte aux Indes)
121938THIS MAN IS NEWS , de David MacDONALD 
131938Q PLANES (Armes secrètes)
141938THE SPY IN BLACK (L'espion noir)
151940CONTRABAND (Espionne à bord)
161941ATLANTIC FERRY
171943THE ADVENTURES OF TARTU (L'irrésistible Tartu)
181946THE YEARS BETWEEN
191946GREAT EXPECTATIONS (Les grandes espérances)
201947BLANCHE FURY (Jusqu'à ce que mort s'en suive)
211948THE SMALL VOICE (Heures d'angoisse) , de Fergus McDONNELL 
221949KIND HEARTS AND CORONETS (Noblesse oblige)
231949TRAIN OF EVENTS (Le train du destin) [ Sk."The Composer" ]
241949THE INTERRUPTED JOURNEY , de Daniel BIRT 
251949THE ROCKING HORSE WINNER
261952THE CARD (Trois dames et un as)
271952MEET ME TONIGHT [ Sk."Ways and Means" ]
281952THE VOICE OF MERRILL
291953MONSIEUR RIPOIS
L'Encinémathèque
Ed.7.2.1 : 2-102015